Catégorie : Classe politique

  • Girouettes

    Girouettes

    Voila encore un truc à dégonfler proprement : c’est la capacité des élus à appliquer un programme politique. Il n’y a que deux solutions.

    Soit les élus ont des convictions, des idées fortes auxquelles ils adhèrent et qu’ils défendent. Ces idées sont portées par un parti, leur parti, et c’est pour cela qu’ils sont élus.

    Soit il y a des étiquettes, des écuries, des casaques et les candidats choisissent celle qui leur donne le plus de chance d’être élu. Auquel cas ils changent de casquettes, c’est-à-dire de partis, au gré des circonstances et non seulement ils n’ont aucune conviction mais en plus ils se fichent éperdument de leurs engagements. Et c’est exactement ce que nous observons et même depuis longtemps. Si nous restons sur la période en cours, tout le monde a compris que LRM avait débauché la moitié des élus du PS et un tiers des élus de LR pour faire une soi-disant nouvelle majorité. Et tout le monde peut voir que LRM veut recommencer pour les municipales. Certes les municipales n’ont strictement aucune importance, en fait toutes les équipes municipales font exactement les mêmes choses, mais ça ne fait que renforcer ma démonstration.

    Or donc il est bon de rappeler que ce qui compte en politique ce sont les programmes et non les hommes. Je veux dire que les hommes ne sont que les porteurs plus ou moins brillants et efficaces du contenu du programme de leur mouvement ou de leur parti. Par principe les programmes ont été élaborés collectivement et représentent les aspirations grandes ou petites d’une partie de la population. C’est pour ça qu’il y a des partis, c’est pour ça qu’il y a des programmes.

    Hélas en pratique les programmes, aujourd’hui, ne sont plus qu’un assemblage de mesures, sans grande cohérence, censées attirer quelques électeurs. Néanmoins avec un programme on peut faire une politique. Ça reste vrai.

    Du coup, toujours en théorie, les élus devraient être les soldats d’un programme et devraient déployer leur énergie à le mettre en œuvre. Non ne riez pas, moi aussi je sais, bien évidemment, que nous sommes loin de cette vision idyllique. Parce que ça fait longtemps que élus se moquent des programmes comme de leurs premières chaussettes et que la politique n’est qu’une affaire de com et de pub.

    Pourtant les dérives de personnalisation sont, au moins depuis Napoléon Bonaparte, jugées définitivement néfastes et la primauté du programme s’est imposée comme le plus solide rempart de la démocratie. Chaque fois que des citoyens se sont réunis pour réfléchir à l’avenir de notre pays ils ont élaborés des programmes. Le XXe siècle a connu la réussite de beaucoup de ces phases constructives. Mais cette règle de base ne plaît pas aux puissants qui redoutent par-dessus tout d’avoir des comptes à rendre à qui que ce soit. Alors ils ont remis en selle le pouvoir personnel, le culte du guide qui loin des attentes citoyennes est constamment sous le feu des projecteurs, afin que tout le monde croie qu’il est la source et l’embouchure du fleuve qui irrigue le pays.

    On a déjà donné, on a déjà payé, alors s’il vous plaît dites-nous ce que vous voulez faire et faites-le ; et ne dites plus seulement qui vous aller mettre.

    Après peut-être on votera pour vous.

    Michel Costadau

  • Il était une fois l’autoroute

    Il était une fois l’autoroute

    Y a pas à dire c’était un beau projet, beaucoup trop onéreux certes, mais qui permettait de donner une nouvelle notoriété à Castres et, en secret, de prendre une petite revanche par rapport à Albi. C’est vrai qu’Albi était, déjà, reliée à Toulouse par une autoroute quasiment gratuite et en tous cas gratuite dans le Tarn. Certes cette autoroute n’était, en fait, que l’aménagement de la nationale mais on disait l’autoroute. Alors évidemment pour aller de Castres à Albi par autoroute il aurait fallu faire 120 km  au lieu des 40 km qui séparent les 2 villes mais quand on aime on ne compte pas

    C’était, donc, un beau un grand projet et il y en a sûrement encore certains qui se disent que finalement ça n’aurait peut-être pas été aussi catastrophique que ça, et que peut-être Castres ne serait pas, automatiquement, devenu une des cités dortoir du grand Toulouse, ou une zone industrielle de la grande banlieue toulousaine.

    Bien sûr tout le monde savait que pour des raisons économiques, ce projet n’était pas réalisable. D’ailleurs mettre un concessionnaire au début ça paraissait, même, une bonne idée. C’était une manière de dire que ça devait être rentable, puisqu’une société privée s’en occupait et le privé, comme chacun sait, c’est rentable par principe car il faut bien nourrir les actionnaires, sinon ils vont mettre leur argent ailleurs. Seulement après il a bien fallu parler de la subvention d’équilibre et de la caution solidaire des pouvoirs publics pour garantir au privé que ça serait rentable. C’est là que tout le monde a vu ce que ça coûterait aux collectivités et à l’Etat et ce pendant euh…. pendant longtemps. A vrai dire il y avait un cas favorable pour les calculs, c’était celui d’un accroissement inespéré, énorme, rapide et continu du trafic, pour atteindre des fréquentations comparables à celles du périphérique de Toulouse et à ses embouteillages. Au XXe siècle ç’aurait été, encore, possible mais au XXIe ça relevait du même obscurantisme que ceux qui au Moyen Age croyaient encore à la pierre philosophale, alors bien sûr personne n’a été dupe. C’est-à-dire que d’une part le trafic prévisible était assez faible et que d’autre part la progression du trafic n’était pas quelque chose de très crédible avec tous ces Grenelle de l’environnement  et ce grandissant souci de durabilité dont parlaient les technocrates, et finalement ça faisait une addition tellement salée que même les plus optimistes faisaient semblant de se tromper sur les chiffres.

    En plus, sur le plan économique il y avait deux autres aspects assez embêtants, c’était d’une part que le Tarn devrait financer une autoroute à moitié en Haute-Garonne et d’autre part l’expérience cruelle du désistement de l’Etat dans l’aménagement de l’ancienne mine dite  La Découverte.

    Pour la Haute-Garonne le problème était simple : ils étaient contre le projet et donc s’interdisaient d’y mettre le moindre denier. L’hypocrisie était que dans l’esprit de tout le monde, Toulouse était le principal bénéficiaire du projet mais espérait que les Tarnais seraient assez « braves » pour le payer en entier.  Il était même question de racheter des routes à la Haute-Garonne pour pouvoir assurer la continuité du projet. Ce qui faisait que non seulement ça ne coûtait rien à la Haute-Garonne, mais en plus ça lui rapportait. Un comble.

    Pour la Découverte, l’expérience était cuisante et surtout onéreuse parce que sous couvert de décentralisation et d’autonomie locale l’Etat avait bel et bien abandonné ce projet avant d’avoir donné tout ce qu’il avait promis, et comme ce n’était pas des privés qui avaient le projet mais des collectivités publiques, tintin pour se faire payer, alors ça coûtait et je crois bien que ça coûte encore. Cet état de fait avait sérieusement émoussé la confiance des dites collectivités dans les projets réputés rentables à une certaine échéance, échéance qui correspondait au désengagement de l’Etat. Peut-être aurait-il fallu mettre une clause de rendez-vous pour vérifier que la rentabilité était effectivement arrivée, mais ce n’est pas ce genre de clause qui arrête l’Etat quand il ne veut plus payer.

    C’était aussi un projet qui était réputé donner du travail aux Castrais. A vrai dire on ne savait pas trop de quelle manière et du travail il y en avait déjà à Castres avec l’agro-alimentaire, les carrières et évidemment les laboratoires Fabre.

    La première idée était que, par exemple, les laboratoires Fabre construisent des unités à Toulouse, et que les Castrais pourraient utiliser l’autoroute pour aller travailler à Toulouse. Super oui mais si les investisseurs avait l’idée de construire à Castres où à Soual, alors il n’était plus nécessaire d’aller à Toulouse pour travailler et tout le monde y gagnait et surtout les Castrais.

    Alors il y avait eu une deuxième idée, c’est que non seulement les laboratoires Fabre mais aussi d’autres entreprises construisent des usine ou des bureaux à Castres et donc que les Castrais aient vraiment du travail et en plus à côté de chez eux. Seulement les Castrais ne sont pas fous et ils ont vite vu qu’avec une autoroute ce ne serait pas eux qui auraient du travail en plus mais les Toulousains et toute la banlieue est de Toulouse. Donc OK pour les bureaux mais sans l’autoroute.

    Il y avait quand même une troisième idée, c’était le site d’enfouissement des déchets toxiques. C’était un besoin énorme de la métropole toulousaine et l’autoroute aurait permis de sécuriser ces transports dangereux avec bien sûr une prime pour le concessionnaire. C’est vrai qu’à un moment Castres avait pu être considéré comme un cul-de-sac dans le sens ou, en venant de Toulouse, après Castres il y avait Mazamet et après Mazamet plus rien ou plutôt si, après Mazamet il y avait la montagne et ce n’était pas synonyme de civilisation donc c’était bon pour les déchets. Alors là les Castrais ont bien réagi, ils ont dit qu’ils étaient peut-être un cul-de-sac mais que ce n’était pas une raison pour que les autres les considèrent comme des demeurés et viennent faire leurs besoins chez eux, et donc cette idée n’était pas bonne mais alors pas du tout bonne.

    Là où le projet  mettait tout le monde mal à l’aise c’était par rapport à l’agriculture. L’agriculture c’était la vocation de tous les territoires traversés, car entre Castres et Toulouse il y avait le Lauragais, le nord du Lauragais certes mais le Lauragais quand même. Dans toutes les communes concernées les élus n’arrêtaient pas de proclamer leur vocation agricole pour ne pas dire leur dévotion agricole. Préserver les exploitations, ne pas morceler les parcelles, encourager les installations, fournir les imprimés des primes et subventions et de temps en temps convaincre les populations de la non-toxicité des produits employés. Bref hors l’agricole rien d’intéressant.

    Et donc ce tracé avec son couloir de 1000 ha pour les voies et les à ctés, la division de centaines de parcelles, la coupure de centaines de chemins et, comme un poison à diffusion lente, cette urbanisation galopante le long de la voie en commençant par les accès, ça faisait désordre, donc les élus ne pouvaient pas être pour, mais comme déjà ils ne pouvaient pas être contre et bien c’était une inflation de langue de bois comme on n’en avait jamais vu et pourtant on avait vraiment l’habitude dans le coin. Alors ça donnait du genre « de toute façon c’est déjà décidé en haut et on a plus rien à dire » ou « tout ce qu’ils veulent c’est qu’on se mette d’un côté ou de l’autre pour nous faire porter le chapeau » ou encore « mettre tout le monde d’accord sur un truc comme ça ce n’est pas possible » et aussi « ça fait 20 ans qu’on en parle alors tu sais on en pense plus rien ». Cette samba ne pouvait rien donner de très bon et c’est pour ça que l’Equipement avait carte blanche pour porter le projet, de façon à ce que les élus ne donnent pas l’impression d’être les auteurs du projet mais seulement des spectateurs qui du coup cherchaient seulement à aider leurs populations.

    Dans le registre agricole, il y avait quand même un aspect positif que le syndicat agricole avait tout de suite repéré, c’était la circulation des moissonneuses et autres gros engins. En effet, à partir du moment où on parlait d’autoroute à péage, ça voulait dire que subsistait partout, en double de l’autoroute,  une route nationale qui du coup aurait été peut-être moins encombrée et donc plus facile de circulation. Bien sûr il aurait fallu pour cela que le trafic local soit faible par rapport au trafic total ou, pour le dire différemment, que les gens qui avaient l’habitude de prendre la nationale prennent celle de prendre l’autoroute. Et là aussi l’argument a fait long feu parce que pour prendre l’autoroute en local  il faut avoir une entrée près de chez soi et une sortie près de là où on va. Et là, à moins de mettre des bretelles tous les 5 km y avait un gros gros problème.

    Il y avait aussi cette délicatesse de langage qui s’appelait  « deux fois deux voies ». Certains utilisaient ce vocable pour indiquer qu’il ne s’agissait pas d’une autoroute, encore moins à péage mais bien d’un aménagement de la route comme le prévoyait le plan d’aménagement du territoire, alors que d’autres utilisaient le même terme pour désigner le projet d’autoroute qui effectivement comportait deux fois deux voies, sans prononcer le mot parce qu’au final la vitesse n’était déjà plus très populaire. L’ambiguïté se doublait d’une contradiction économique insoluble. En effet si on disait deux fois deux voies en pensant autoroute alors on se voyait opposer la position inconfortable des pouvoirs publics obligés de payer une deuxième fois les travaux puisque le projet était concédé au privé, et si on disait deux fois 2 voies en pensant route on se faisait opposer que le plan ne prévoyait que certaine zones en deux fois deux voies mais pas le tracé entier. A cela s’ajoutait la hantise de devoir utiliser le terme d’autoroute en site propre, parce qu’alors on aurait eu peur de se faire opposer que ça aurait fait quatre fois deux voies au moins par endroit. Les Tarnais ne sont pas des Auvergnats mais quand même quatre voies dans un sens et quatre voies dans l’autre pour aller à Toulouse c’était dur à avaler et on se serait cru dans un feuilleton américain à la télé mais justement  ce qu’ils ont de bien ces feuilletons c’est qu’ils sont là-bas et pas ici.

    Voila un peu l’histoire et finalement, comme vous le savez, il s’est passé ce que tout le monde souhaitait sans oser le dire et même en disant que c’était ce que tout le monde redoutait le plus, c’est-à-dire l’abandon du projet autoroute au profit d’un aménagement des nationales en particulier pour améliorer la sécurité, parce que souvenez-vous le tout voiture on en parlait déjà de moins en moins et les usines ça se ferme mais les autoroutes il faut toujours payer.

    Michel Costadau

  • L’Appel des Appels

    L’Appel des Appels

    Depuis que Macron est malade y a de la détente dans l’atmosphère. C’est pas la fête mais on commence à y penser. C’est le moment de lancer l’Appel des Appels sur les élections européennes.

    Nous, réunis en assemblée plénière, demandons à tous les électeurs de réfléchir avant de voter. Pour cela nous donnons à la population les pistes suivantes issues des trois jours de réflexion que nous avons menée ensemble.

    Première piste : il est beaucoup question de créer ou de renforcer des offices supranationaux dans divers domaines : banque européenne, armée européenne, justice européenne. Cependant comme les citoyens n’ont déjà plus aucun contrôle de leurs propres institutions nationales : Banque de France, Armée française, Justice française, créer des institutions encore plus loin des citoyens serait un nouveau recul démocratique. Et aux mains de qui seraient-elles ?

    Deuxième piste : le travail des élus du parlement européen consiste à entériner sans modifications les directives de la commission composée uniquement de technocrates non élus. Vous n’élisez donc pas vos représentants mais vous choisissez les employés de la commission.

    Troisième piste : les partis en présence n’ont aucun programme, en particulier par rapport à l’immigration. Leur attitude sur l’immigration n’est qu’hypocrisie. D’un côté un discours contre les immigrés jugés responsables de tous les maux, à tel point qu’aucun élu n’ose manifester ne serait-ce que du respect pour ces personnes. De l’autre côté l’accueil de centaines de milliers de travailleurs exploités à fond pour faire tourner à faible coût nos usines, nos services et notre agriculture. C’est aussi plus de 5 000 morts par an par refus d’assistance. Tant qu’ils n’ont pas de programme crédible humainement, voter consiste à tuer.

    Quatrième piste : les fondements uniquement économiques de l’Europe conduisent à l’extinction du vivant. Sous prétexte de protéger la pêche ou l’élevage ou la forêt, l’Europe est un énorme prédateur qui détruit les biotopes et milieux naturels et contribue  massivement aux gaz à effet de serre. Les aides à l’agriculture chimique sont un versement direct de poisons dans la nature. Jusqu’à quand voterez-vous pour vos fossoyeurs ?

    Cinquième piste : L’europe détruit des milliers d’emplois dans le but de sauvegarder la rétribution des actionnaires. Comme un chômeur coûte beaucoup moins cher qu’un ouvrier ou un employé en activité, c’est vrai qu’il n’y a pas de travail pour les Européens. Le chômage à 10 % ne concerne que les demandeurs d’emplois. Il faudrait y rajouter tous ceux qui ont choisi de ne pas travailler, ou travaillent au noir, ou sont maintenus artificiellement hors chômage : RSA, auto-entrepreneur. La population ne refuse pas de travailler, elle veut seulement qu’il soit possible d’avoir des activités qui correspondent à ses aptitudes et non pas un boulot en attente de robotisation. C’est pourquoi il semble difficile de demander du travail et en même temps de voter pour ceux qui le suppriment.

    Sixième piste : en plus de l’énorme gâchis des denrées alimentaires, l’Europe laisse en vente des produits dangereux pour la santé. Elle a inventé des normes dans le but de rendre commercialisables des denrées, sucrées, salées, grasses, ou imprégnées de composants dangereux. Par exemple, soit les salades sont mangeables soit elles sont interdites à la vente, alors pourquoi y a-t-il marqué : à laver abondamment avant de consommer. Idem le vin contient des sulfites ou des nitrites : est-ce bon ou mauvais pour la santé ?

    Septième piste : l’Europe a fait des privatisations son principal moteur. Mais force est de constater que ces privatisations se font au détriment des services publics. Je n’ai pas lu que les candidats pour faire rouler des trains privés veuillent desservir toutes les petites gares D’ailleurs la notion de service public européen n’existe pas, alors que ce serait la preuve d’une vraie volonté de servir les populations. Voter c’est encourager la suppression des services publics.

    Huitième piste : A quoi rime la privatisation d’Edf. Le privé va-t-il inventer une nouvelle électricité. Dans l’industrie la privatisation se traduit en général par une offre de nouveaux produits. Dans le domaine d’Edf que veut-on nous faire croire ? Je ne connais pas d’autre électricité que l’électricité. Il ne s’agit donc que d’appâter des capitaux en manque de rendement, en bradant tous les investissements faits avec notre argent. Voter c’est donc choisir les capitaux au détriment des citoyens.

    Voilà, le jour du vote restez chez vous à vous occuper de vos affaires ça sera plus utile.

    Michel Costadau

  • Mondialisation

    Mondialisation

    Bon j’explique ou j’explique pas, comme dit Platon Makowski dans le film de Lounguine « Un nouveau Russe ». Allez j’explique.

    L’énorme vague de la mondialisation, partie d’Europe il y a un peu plus d’une centaine d’années, a maintenant fait le tour du monde et revient s’étaler sur nos villes et nos campagnes. L’écume de cette vague d’uniformisation provoque, chez nous, un effet inattendu de particularisme.

    Par uniformisation j’entends la transformation de tous les individus en salariés, ne produisant plus rien pour eux et étant obligé de tout acheter avec l’argent qu’ils reçoivent pour leur travail. Le vecteur de cet échange étant le couple produit manufacturé ou immatériel///argent réel ou virtuel.

    Par particularisme j’entends le besoin croissant de différenciation que ressentent beaucoup de gens pour émerger de la couche de glu des comportements économiques. C’est un vrai combat pour vivre ou plutôt revivre, puisque l’uniformisation a tendance à gommer toutes les caractéristiques personnelles et à nier les pensées individuelles ou collectives. Cette réaction tend à redonner, à recréer de l’identité.

    Et c’est ainsi que le nationalisme US, le brexit britannique, l’autonomie catalane et le populisme hongrois ou italien ont une seule et même source : la mondialisation. A force d’avoir voulu ramener chaque individu et chaque collectivité à un standard unique, la population se rebiffe et veut de l’autonomie, de l’identité, du particularisme.

    Pour alimenter votre réflexion, essayez d’expliquer pourquoi les tribus indiennes du Brésil vous paraissent arriérées. En fait, elles se débrouillent très bien depuis très longtemps. Il n’y a aucune raison à ce jugement, à part la mondialisation.

    En fait, la mondialisation a été possible à cause des différents stades de fonctionnement des sociétés humaines. C’est ce choc culturel sous-tendu par des armes, qui a permis la vague. Ça a commencé par l’exode rural, les guerres, la colonisation, les guerres, le libéralisme, les guerres et maintenant la finance et les guerres.

    L’exode rural continue mais il s’est mondialisé et ça s’appelle maintenant l’immigration. La colonisation continue mais elle s’est mondialisée et ça s’appelle maintenant l’aide au développement, le libéralisme continue et ça s’appelle le niveau de vie ou le pouvoir d’achat. Les guerres, quant à elles, continuent et y a pas besoin de photos.

    On peut donc dire avec certitude que ceux qui vantent les mouvements de globalisation, de regroupement, voire de concentration sont complètement à contre-courant. Et en France nous sommes complètement égarés. Tous nos politiques sont à fond dans la construction européenne, dans les supra budgets, dans les multinationales. C’est exactement le contraire de ce que demande la population. Il ne s’agit plus de faire le Monde ou l’Europe mais de redonner à chaque individu ses attributs, ses spécificités, ses différences et ses valeurs. Rien d’étonnant donc à ce que les chantres du libéralisme soient sur un courant d’intégration européenne. Ceux-là défendent la mondialisation comme outil de domination, de colonisation, d’exploitation.

    Nos politiques n’ont rien compris et surtout ne veulent rien comprendre. Et nous on trinque.

    Michel Costadau

  • Insoumis

    Insoumis

    Il y a des phrases qui ont le don de me hérisser et me font bondir au quart de tour. Par exemple :

     » Ne vous y trompez pas, Macron espère que vous n’irez pas voter, .. il serait même prêt à vous donner de l’argent pour que vous restiez chez vous. » Chaque voix LFI est une force supplémentaire pour arrêter les délires libéraux de ce président et ses députés godillots.

    C’est du mensonge délibéré. Non seulement il n’y a rien de vrai la dedans, mais en plus c’est anti-éducatif au possible. Faire croire au lecteur qu’aux européenne voter LFI peut arrêter les délires libéraux du gouvernement, c’est vraiment prendre les gens pour des demeurés.

    Le gag c’est que exactement au même moment je me dis que ces élections sont un bonne occasion pour les courants dits d’opposition, GJ, RN, LFI, DLF, Générations, de …. ne pas voter.

    En effet non seulement, le parlement issu de ce scrutin n’a aucun pouvoir, mais en plus un arrangement entre partis transforme la proportionnelle de chaque pays en la mainmise, à Strasbourg, d’une majorité conservatrice sur l’UE. Et il y a aussi cette affaire britannique qui revient à élire des doubles députés, c’est-à-dire à moitié faux.

    Nous avons donc une excellente raison de ne pas cautionner ces errements technocratiques, puisque nos bulletins ne servent à rien. Cette élection n’ayant strictement aucun enjeu, c’est donc le moment de montrer l’utilité du non-vote. Car si une petite dizaine de partis français, plutôt que de critiquer l’europe appelaient à boycotter ce simulacre de démocratie, je crois que ça aurait un peu de poids.

    Et voilà que la dessus, LFI appelle non seulement à voter pour lui, mais à voter tout court. Alors, là, j’ai le sentiment qu’ils sont en train de se tromper de route.

    En toutes choses il faut une certaine logique. Que LFI se veuille un parti de gouvernement c’est leur droit. Mais la seule chance qu’ils ont d’y arriver c’est de s’allier au RN, un peu comme en Italie. Par contre le RN est aussi un parti de gouvernement mais lui a quand même beaucoup plus de chance d’y arriver, en particulier en s’alliant avec LR, comme en Europe centrale.

    LFI se veut aussi un parti d’opposition. Or depuis que nous ne sommes plus en démocratie l’opposition ne sert à rien, c’est comme si elle n’existait pas. Il serait temps de s’en rendre compte, plutôt que de faire croire au gens que l’opposition contribue à la vie politique.

    En plus c’est aussi un parti légèrement élitiste, dans le sens où ils défendent une ligne plutôt intellectuelle avec des propositions qui se veulent intelligentes. Seulement, j’ai le sentiment qu’ils mélangent sérieusement ces trois caractéristiques et que ça brouille complètement le message qu’ils veulent faire passer. D’où le malaise.

    Eh oui qu’est ce qu’il leur a pris de cautionner cette comédie sur la reconstruction du toit d’une cathédrale, ou de se lancer dans une course aux votes. J’ai bien peur que ce soit une position uniquement électoraliste, comme si les électeurs allaient revenir parce qu’on tombe dans le panneau du politiquement correct. Ou alors dans le but de ne pas fâcher ceux qui ne votent pas pour eux mais pourraient y venir. C’est vrai qu’il y a eu des votes inattendus ces dernières années, en Grèce, en Italie, au RU, en Espagne, et hier en Ukraine mais ça toujours été pour des partis en rupture avec le système, mêmes si une fois installés ils trahissent.

    De la même manière LFI s’accroche désespérément aux GJ, comme si c’était leurs petits soldats courageux devant les grenades. Mais je n’ai pas l’impression qu’ils soient payés de retour.

    Du coup je ne comprends pas bien cette attitude. Je veux bien des insoumis mais pas des valets.

    Michel Costadau

  • Va t’en

    Va t’en

    A force de jouer avec la com, c’est elle qui t’a eu. Juste au moment de faire ton discours pour tirer à toi la couverture jaune, voilà que les flammes rouges de la cathédrale t’ont coupé la parole. Eh oui, à tant crier au loup, il est venu et tu n’as pas vu venir le coup. Tu as complètement paniqué en te disant : mais y a personne qui va m’écouter. Moment de vérité. Alors tu es allé voir l’accident, tu n’as pas aidé, tu n’as servi à rien, tu n’as fait que regarder, comme tout le monde. Eh oui la com c’est ça. Il faut dire que c’est un drôle de coup, car c’est plus qu’un toit qui a brûlé, c’est un symbole, le symbole de la domination, du pouvoir religieux, du pouvoir féodal.

    Et la seule chose qui te vient à l’esprit c’est que tu veux reconstruire. Mais comment peux-tu dire ça, toi qui ne sais que démolir, démolir les services publics, démolir les retraites, démolir l’École, démolir la protection sociale, démolir edf, nous démolir.

    La com vient de te planter et toi tu ne cherches qu’à recommencer. A refaire un coup de pub avec un incendie. Tu te vois déjà en train d’inaugurer un monument restauré et vanter la solidarité nationale qui a permis …… Est-ce que tu te rends compte combien tu es creux et vide à ne voir que la pub comme moyen de gouvernement. Tu veux lutter contre les fausses nouvelles mais toi tu ne fais que ça. Personne ne sait comment sera réparée la cathédrale, sauf toi. Micro et caméra c’est tout. Et sur ce coup-là tu as choisi la facilité pour dire, non pas ce que nous pensons, ça tu n’en sais pas le premier mot, mais pour vendre le politiquement correct qui consiste à ne rien dire tout en tenant le micro pendant une heure. Tu ne réfléchis pas et pourtant tu devrais. Parce que reconstruire identiquement  le symbole de la monarchie et de l’exploitation, ah que voila un beau programme.

    Tu as des milliers de personnes dans les rues tous les samedis qui veulent que l’on change leur situation, pas pour revenir en arrière, pas pour remonter au moyen âge ou à la royauté mais bien au contraire pour aller de l’avant, changer l’esprit de la société, secouer les veilles pierres et construire de l’humain. De l’humain et du respect. Mais toi, comme d’habitude, tu n’as pas réfléchi alors tu es tombé dans le panneau du glorieux passé, de l’histoire, des légendes. Parce que c’est une histoire atroce que raconte ce monument. C’est vraiment un mauvais symbole. Celui de tout ce sang versé dans les sillons du servage, de l’esclavage et de la guerre.

    Et, en plus, tu vas encore utiliser notre argent pour le plaisir d’un troupeau perverti de chanoines endimanchés. Déjà tous tes copains s’y mettent car eux tiennent au pouvoir que tu leur laisses, de faire ce qu’ils veulent. Seulement tous ces dons, ces élans de générosité, eh bien c’est que de la déduction fiscale. C’est autant d’impôt qu’ils ne paieront pas. Alors si c’est pas eux et comme c’est pas toi, qui va payer les impôts, eh oui c’est nous, les éternels dindons de la farce. Eh bien moi je dis non.

    Et maintenant ton discours ne vaut plus rien, effacé, gommé, recouvert par la pub. Ton discours n’est que celui de l’ancien monde que tu défends. En fait ça ne doit pas être bien important ce que tu veux dire puisque tu as préféré aller au spectacle plutôt que débiter tes âneries devant des écrans vides.

    Alors va-t’en. Tu as déjà assez fait de dégâts comme ça. Va-t’en et ne claque pas la porte en partant, les courants d’air ça attise les flammes.

    Michel Costadau

  • Tour

    Tour

    RIC en toutes matières. Ce slogan des GJ collé sur les panneaux routiers est un super révélateur sur ce mouvement et sur notre société.

    Sur ce mouvement car RIC est le cri des sans grades n’ayant jamais droit à la parole. Celle de ceux qui n’ont rien à perdre parce que quand on est au bas de l’échelle on ne pas descendre plus. En fait ce n’est pas une demande de référendum, c’est une demande d’exister.

    Sur notre société, parce qu’il ne devrait pas y avoir de référendums. La notion de référendum est née de la dichotomie entre la population et sa représentation. Quant une société a des élus en réelle représentation des électeurs et en communication avec eux, il n’y a aucun besoin de consulter la population toutes les 5 minutes, par sondage, référendums ou débats.

    On explique.

    Il m’apparait de plus en plus clairement que le mouvement GJ est un mouvement de type révolutionnaire. Il ne s’agit pas de bourgeois ou des classes aisées mais plutôt du bas de l’échelle. Il ne semble pas guidés par des intellectuels ou des éduqués. C’est le genre révolte spontanée, c’est à dire inspirée directement par des conditions de vie jugées insupportables. Certes nous ne sommes pas au Tchad et les conditions désastreuses dont je parle ne sont pas du même registre que dans les pays déshérités et dévastés par la colonisation. Chez nous les conditions révoltantes s’appellent manque de moyens financiers, déclassement social, ballotage continuel dans le travail, à l’école, dans le logement, absence totale de perspectives pour s’en sortir, fragilité éducative, idéologique et répression continuelle parce qu’il est plus facile de taper sur les faibles que sur les puissants.

    Et d’un seul coup ils prennent conscience de leur nombre, c’est-à-dire découvrent qu’ils ne sont pas des cas isolés mais bien une partie significative de la société.

    Autre marqueur important, la phobie des délégués, des dirigeants, des représentants. C’est typiquement révolutionnaire. Parce que vouloir être écouté ne passe pas par des négociations entre mandataires, mais par la suppression immédiate des barrières installées par le pouvoir. Les réseaux sociaux ont remplacés les barricades.

    Quant au référendum, vous savez ce que j’en pense ça a la forme, le gout et l’odeur de la démocratie mais c’est de la com. Ca a toujours été utilisé par ceux au pouvoir soit pour un plébiscite : Afrique, De Gaulle, Merkel, Poutine, soit pour trouver une porte de sortie honorable : De Gaulle, Cameron, Renzi, soit pour bluffer la population : De Gaulle, Mitterand, Chirac et indirectement Sarkozy. Le référendum est la mesure de la distance entre la population et sa représentation. Et cette distance est grande comme nous le montrent les anglais en ce moment. Moins les élus sont représentatifs et plus ils utilisent les bouées référendaires. Jusqu’à une certaine limite puisque depuis le referendum raté de Chirac et son contournement par Sarkozy plus aucun referendum n’a été organisé chez nous. Par contre, tellement il y a d’écarts entre les élus et les électeurs que touts les élections deviennent des référendums, cqfd.

    Il faut aussi ajouter que notre histoire récente n’est que celle de la trahison de la représentation. Aussi bien celle des mouvements de rue que celle des élus. Les délégués ont toujours cherchés à faire marcher le système et non à représenter les sentiments, les demandes, ou la colère de la population.

    Une révolution moderne c’est quand le système se réforme tout seul sous la pression des révoltés. Mais depuis un moment seules les révoltes des riches ont été entendues.

    Moi je dis chacun son tour.

    Michel Costadau

  • Concepts

    Concepts

    Je ne sais pas qui croit à l’éternité, en tous cas moi j’ai du mal. Il me semble que l’éternité, on ne saura vraiment si ça existe qu’à la fin, quand justement il n’y en aura pas, ce qui complique pas mal le jugement. Evidemment on peut aussi envisager de faire semblant d’y croire, manière, mais là intervient alors la notion de croyance, et ça complique plutôt les choses. On peut cependant faire le pari que l’éternité a une réalité et inventer le concept. Clairement, l’éternité est un concept trompeur. Certes il a quelques vertus mathématiques pour donner une issue à une suite de calculs fastidieux, mais ça n’a aucune utilité pratique. Et le problème c’est que, si ça n’existe pas, on est bien embêté pour dire quand est-ce qu’est la fin, puisqu’il doit y en avoir une. Mais ce n’est pas le sujet. Le sujet c’est qu’il y en a qui abusent des concepts.

    Parce que dans un contexte plus proche que l’éternité, il y a le concept d’égalité. Alors là on atteint des sommets. Franchement s’il y a quelque chose sur terre qui est perçu par tout le monde comme évident c’est la différence, l’inégalité, voire l’injustice. Et pourtant l’égalité tourne à fond dans toutes les bouches des politiques : à travail égal salaire égal, égalité homme-femme, égalité des chances, égalité devant la loi, tous égaux, stop aux inégalités. Hélas, avec la moitié de la population au smic et 200 000 sans abris, tandis que les autres ne savent plus comment dépenser leur argent, on est, très, très loin de l’égalité. Vous le savez, je ne suis pas du tout pour l’égalité, qui est un fourre-tout catholico-bourgeois et qui ne veut rien dire. Je suis plutôt pour la différence, c’est-à-dire l’inégalité, puisque c’est la réalité, mais sans l’injustice ou l’exploitation du faible par le fort, du pauvre par le riche. La société n’est pas là pour supprimer les inégalités, mais pour éviter que les inégalités créent de l’exploitation. Et ce n’est pas franchement le cas.

    Si nous continuons notre casse bouteille, il y a aussi la liberté, joli concept s’il en est et qui ne veut pas dire grand-chose non plus. C’est probablement le moteur de la plupart des conflits passés, présents et à venir. Avec cette notion on se mord la queue. La liberté c’est-à-dire la possibilité de faire à peu près ce que l’on veut, n’a de sens qu’en dehors d’une société. Or c’est justement les sociétés, qui ayant aliéné presque tous leurs ressortissants, ont crée le concept de liberté. Qui n’est du coup que le nom de la cage qui retient chacun prisonnier. Un individu libre n’a de sens qu’avec ses seules contraintes biologiques, sans contraintes sociales, religieuses ou politiques. C’est dans ce sens que beaucoup d’animaux sont plus libres que nous. Tout le monde sait que dans nos sociétés, l’on ne peut pas faire ce que l’on veut au nom du sacro-saint principe de la protection des biens des riches, mais certains ont l’idée que l’on peut au moins penser ce que l’on veut. Encore hélas, cela est une bien cruelle illusion, puisque la seule chose que nous avons devant les yeux, dans les oreilles et sous le nez, n’est que le placard publicitaire de nos dirigeants. Il est donc devenu très difficile de penser, et du coup agir selon ses idées n’a plus beaucoup de sens. La liberté de penser n’est qu’un leurre.

    Oui, je sais, je n’ai pas parlé de la fraternité, ni de La Marseillaise d’ailleurs, mais j’ose pas ça me fait trop mal.

    Michel Costadau

  • Saumure

    Saumure

    Donald tu ne peux pas donner ce que tu n’as pas. Tu as plein de choses, tu es très riche, mais le Golan ne n’appartient pas, ni à toi, ni à ton pays. En plus il ne faut pas parler de ce qu’on ne connaît pas, ça se voit tout de suite. Tu n’as rien compris à la Syrie et tu t’en vas en laissant un champ de ruines. En fait tu es trop accro à Israël. Ce pays a déjà fait plus de victimes que tous les pogroms européens du siècle dernier, mais toi tu t’obstines. Tu dois bien y avoir quelques intérêts, mais il faudrait qu’un jour tu nous les dise parce que ça ne saute pas aux yeux et, en attendant, les morts s’ajoutent aux morts, en tas.

    Seulement Donald, tu as un mur dans la tête, pas au figuré, en vrai. Et c’est préhistorique, c’est pas moderne. Les Chinois en ont édifié des kilomètres pour protéger leurs biens, les Romains aussi c’était il y a pas mal de temps, puis les murs se sont rejoints pour faire des châteaux-forts créant ainsi un extérieur et un intérieur, un enfermement. Ensuite, les intellectuels ont inventé les murs idéologiques censés remplacer les murs de pierres et les remparts par des slogans assénés à la population. Mais les tenants du mur préhistorique ont bien résisté et sont encore nombreux, les tenants des châteaux-forts, bastions et autres forteresses aussi, et les servants des remparts idéologiques travaillent encore à plein régime.

    Alors nous, la génération d’après-guerre, nous avons développé le combat contre les barrières quelles qu’elles soient, forgeant ainsi le concept de l’Homme, y compris les noirs, les femmes et les indiens, membres d’une unique humanité. Cette émergence est encore balbutiante car nos armes ne sont que l’éducation, la compréhension et l’adhésion.

    Du coup aujourd’hui, pour peu qu’il ne soit pas enfermé, chacun a dans l’esprit toutes les composantes de cette évolution, la partie préhistorique avec les hauts murs, la partie médiévale avec les forteresses et leurs faubourgs, la partie idéologique avec ses préjugés et la désinformation, et enfin la partie ouverte avec la prise de conscience de l’humanité.

    Rien n’est encore gagné car la protection de leurs biens, par des moyens de plus en plus sophistiqués, préoccupe encore beaucoup les riches, si ce n’est pas de plus en plus.

    Et toi Donald tu es le chantre de la partie la plus archaïque de ces concepts : le mur. Ta seule idée c’est enfermer, pas seulement avec le mur mexicain, mais avec tous les repoussoirs que tu voudrais édifier devant les avancées des briseurs de barrière : entre inférieurs et supérieurs, entre hommes et femmes, entre nations pauvres et pays riches, entre hommes et hommes. Tout cela est en train de voler en éclat Donald, mais toi tu as seulement une truelle d’une main et le ciment que tu as volé aux Américains de l’autre. Alors tu ne sais faire que ça : du mur. Vous voulez de l’égalité : du mur, vous voulez le respect des noirs : du mur, vous voulez le respect des femmes : du mur, vous voulez le respect des indiens : du mur, vous voulez une protection sociale : du mur, vous voulez vous exprimer : du mur, vous ne voulez plus de guerre : du mur.

    Alors forcément c’est obscur dans ta tête Donald. Tu es enfermé dans ton téléphone et personne ne peut te joindre à cause du mur que tu as dressé devant tes yeux.

    Michel Costadau

  • Mafia

    Mafia

    Il est toujours beaucoup plus facile de voir les défauts chez les autres que chez soi. Et aussi plus facile d’en parler. Et c’est le cas de l’Algérie. Nous sommes au spectacle et tout le monde est d’accord pour dire que ce pays est aux mains d’une clique opaque qui tient les rênes du pouvoir en plaçant ses affidés aux postes clés. Evidemment si je dis que c’est un gouvernement mafieux, là vous m’arrêterez en me disant qu’il y a quand même des élections et que les élections c’est le label de la démocratie. Aïe, aïe, aïe. Et bien moi je confirme, oui c’est exactement ça un régime mafieux. D’ailleurs pour ceux qui en doutent, il y a aussi des élections chez cosa nostra. Certes il n’y a souvent qu’un seul candidat, pour cause d’empêchements divers et variés mais il y a bien un élu choisi démocratiquement par ses pairs.

    Parce que non, non et non ce ne sont pas les élections qui font la démocratie, loin de là. Des élections il y en a en Afrique, en Egypte, en Afghanistan, en Ukraine presque partout à vrai dire. Ça fait longtemps que le fonctionnement des élections a été contourné par les avides du pouvoir. Ça fait longtemps qu’ils ont compris que faire adouber par la population le candidat de son choix était possible via un ensemble de manœuvres bien rodées : d’abord posséder les médias, ensuite acheter les donneurs d’ordres, puis créer un repoussoir, enfin focaliser le sentiment des électeurs sur la solution, c’est-à-dire le candidat choisi. Après ça, arrive le règne qui permet de se renflouer et en plus de s’amuser. J’ajoute encore que ce ne sont pas les constitutions, les institutions ni les Cours suprêmes, Conseils d’état ou constitutionnel qui font la démocratie. Ça aussi il y en partout et ça ne prouve strictement rien.

    Vous savez comme moi que ce qui fait la démocratie c’est quand la population a des représentants qui réalisent ses aspirations. Mais ce n’est pas le cas en Algérie, là tout le monde est d’accord. Et si je dis que ce n’est pas non plus le cas chez nous là il y en a qui tiquent encore. Pourtant ça fait combien de temps que les électeurs sont manipulés, désinformés, baladés et volés. Allez n’allons pas chercher trop loin ça fait deux générations pour l’Algérie comme pour nous.

    Et la volte-face actuelle de la clique au pouvoir fait ressortir clairement que chaque fois que les Algériens ont voté ils ont donné un crédit démocratique à une dictature.

    En fait je suis extrêmement surpris que la réclamation se soit focalisée sur l’abandon de la candidature du tyran en titre. Clairement, aucune aucune alternative n’existe et le retrait d’une candidature ne change strictement rien. Si une situation devait être favorable à la pratique du non-vote, l’Algérie serait en ce moment le cas idéal. Le non-vote indiquant alors que c’est un système qui est rejeté et pas seulement une personne. Soyons clair, avec la bénédiction de Paris, le pouvoir Algérien va passer la main a un clone qui va faire les promesses qui vont bien. Mais un nouveau nom ne changera rien au système algérien actuel. Et c’est pareil chez nous.

    Michel Costadau