Catégorie : Classe politique

  • J’aimerais

    J’aimerais

    J’aimerais tant que quelqu’un me dise qu’il n’y a plus de guerres, plus de tortures, plus de prisonniers,

    J’aimerais bien que les glaciers ne fondent plus, que les loups aient leurs territoires,

    J’aimerais que les nuages ne soient plus radioactifs, qu’il n’y ait plus de galeries remplies de bidons toxiques,

    J’aimerais que tout le monde mange à sa faim, que les coups de fouets n’existent plus, qu’il n’y ait plus de cités dortoir, de cités concentrationnaires, de cités déshéritées, de prisons à ciel ouvert,

    J’aimerais que quelqu’un me dise que les enfants ont le ventre plein et non le ventre ballonné,

    J’aimerais que les citoyens ne s’ennuient plus au point de passer des heures devant la télé.

    J’aimerais ça parce que c’est possible, parce que ça ne dépend que de nous, ça ne dépend que des hommes.

    Bien sûr ce ne serait pas le paradis. Il y aurait toujours, les maladies, les inondations, les tremblements de terre. Il y aurait toujours les hommes et les femmes, les envies, la jalousie, le désir de possession. Il y aurait toujours les années au climat difficile, les microbes, les naufrages et les requins. Mais reconnaissez qu’il y a vraiment de quoi s’occuper, du vrai travail à faire, de la recherche, de l’apprentissage, des découvertes et des améliorations. Et c’est un immense chantier qui nous attend.

    A vrai dire, ce travail est déjà commencé. Un tout début de connaissance de notre planète et de l’univers, un début de balbutiement sur la nature humaine, les relations, l’éducation. En fait non, sur l’éducation nous en sommes encore au stade zéro. En fait il y a tout à faire.

    Mais au lieu de consacrer nos efforts à notre espèce, à nos individus, à notre connaissance, nous nous épuisons dans la guerre entre nous, dans la consommation de denrées létales, dans le saccage de notre territoire, car notre territoire c’est la terre. Et pourquoi cela ? Pourquoi ces inutiles massacres ? Pourquoi ces horreurs continuelles ?

    Pourquoi : parce que si au 19e siècle nous avons bien identifié les rouages du capitalisme et de l’exploitation de l’homme, nous avons utilisé les armes pour lutter contre lui, les mêmes armes que lui. Et comme ça au lieu de le supprimer nous l’avons développé. A tel point qu’aujourd’hui il a mis la main sur tout notre territoire, sur notre aire de vie. Car ce qui compte ce n’est pas de prendre le pouvoir à l’intérieur de la coquille, mais de percer la coque, de remplacer l’enveloppe, de la dissoudre. Quand vous changez d’ordinateur, si vous gardez le même logiciel vous n’avez rien changé.

    Alors au résultat, notre terre et notre civilisation sont aux mains de gangsters organisés qui ont choisi leur seul et propre profit et non le bien commun. L’idée qu’il faut penser aux autres comme à autant de nous-mêmes ne s’impose pas par la force, elle ne s’impose pas tout court, elle s’enseigne et elle s’acquiert.

    Car maintenant nous découvrons que le combat doit être celui des modes de pensée, des idées, de l’esprit, pas celui des armes, pas celui de la conquête violente, mais de l’éducation, de la discussion, de la compréhension. C’est le logiciel qu’il faut changer.

    Il nous faut apprendre aux hommes qu’ils sont une même espèce et qu’ils ne se connaissent pas. Et que toute notre énergie doit nous être consacrée.

    Pour moi, ça devrait être ça le sens de la vie. La connaissance de l’homme, de ses qualités de ses défauts, de ses rêves, de ses phobies. La connaissance de la nature, pour être dans la nature et non contre elle. Pour découvrir que nous faisons partie de la nature, que nous sommes la nature.

    Michel Costadau

  • L’Usine

    L’Usine

    Quand je dis que le monde est devenu une unique et vaste usine de production de denrées, achetées par ceux qui y travaillent avec l’argent que leur donnent les propriétaires de l’usine, je ne fais que décrire la triste réalité. Rien que du connu. Les US produisent, la Chine, le Bengladesh, la France et la Suisse produisent. Et les Canadiens, les Indiens, les Australiens et les Chiliens consomment. Le monde entier produit et le monde entier consomme. Et cette situation a un moteur, un carburant, une religion et c’est le PIB. Tout le monde roule au PIB, vénère le PIB, adore le PIB. Les voitures, les médicaments, les armes, les distractions, le pétrole, les vacances, l’alimentation, les monnaies ne sont que les instruments du PIB. Aujourd’hui aucune vie n’est possible sans le PIB. C’est un gros problème.

    Parce que le PIB a ses gènes.

    Le premier c’est l’augmentation obligatoire ou la fuite en avant. Plus de production pour plus de produits, plus de clients pour plus de consommation, plus de recherche et de découvertes pour plus de nouveaux produits, plus d’internet pour écouler plus de produits, plus de pub pour acheter plus de produits, et plus d’argent pour ….. plus d’argent. Le but unique, le seul souci de la classe politique c’est d’augmenter le PIB, par tous les moyens. Celui dont le PIB baisse est mis au piquet. Et il n’y a qu’une seule chose qui n’augmente pas c’est la qualité. Là c’est plutôt le contraire.

    Le deuxième, c’est l’accumulation des déchets ou la pollution généralisée. Le PIB n’a pas les moyens de retraiter ou réparer tous les dégâts qu’il fait, ça ne serait pas rentable. Il laisse donc cette tâche aux Etats qui eux tentent par tous les moyens de transférer les responsabilités des propriétaires sur chacun de nous. Au résultat, la planète est un véritable dépotoir avec un grand nombre de zones, en bas comme en haut, où plus aucune activité humaine n’est possible. C’est aussi pourquoi le réchauffement, la qualité de l’air, de la mer et aussi les droits de l’homme ou de la nature sont immolés sur l’autel de la consommation et de la production. Ça ne vous a jamais étonné que les pouvoirs publics donnent sans compter aux entreprises qui s’installent dans leur région, vous n’avez pas trouvé bizarre qu’aucun compte ne soit jamais fait des sommes dépensées dans ce sens, sommes que nous payons les yeux fermés. Moi si, et j’ai compris que l’Etat est marqué au fer rouge par le PIB. Pas marqué au bien commun, non, marqué au PIB.

    Et le troisième gène, le plus terrible, c’est la destruction de la vie. Après les massacres de la conquête de l’Ouest, des colonisations européenne, japonaise et autres, des guerres mondiales et locales, le modèle imposé à chacun « produire/consommer » empêche le monde entier de vivre. A chaque individu on dit ce qu’il doit faire, ce qu’il doit produire, ce qu’il doit chercher, comment il doit le faire, à quelle cadence. On lui dit aussi ce qu’il doit acheter, ce qu’il doit consommer, ce qu’il doit remplacer. Dans les écoles, on apprend à devenir les rouages de l’usine, on forme des travailleurs, pas des êtres pensants. Plus aucun individu ne se pose de questions pour trouver les formes, les moyens, les choix de sa propre vie. Il y a seulement le nivellement de : quel est ton travail ? ce qui veut dire qui est ton propriétaire ? et qu’est ce que t’as acheté ? ce qui veut dire à quel propriétaire as-tu donné ton argent ?

    Et c’est pourquoi ceux qui ont voté Trump, Modi ou Macron, et sont les vrais fanas du « produire/consommer »,  n’ont fait que ratifier le choix du business pour les nouveaux chantres du PIB.

    Et le prochain dictateur sera celui qui permettra aux usines de produire encore plus de biens et de services, aux citoyens de consommer encore plus.

    C’est la loi du PIB. C’est le fonctionnement de l’usine.

    Michel Costadau

  • Guy Phozat

    Guy Phozat

    Je m’aperçois que je ne vous ai pas encore parlé de Phozat, oui Guy Phozat et que je ne vous ai pas raconté ses aventures. Ça m’étonne parce que c’est très instructif. En plus il n’est pas tout jeune et ça fait un moment que je le côtoie. Mais mieux vaut tard que jamais. Allons-y.

    On va commencer par les présentations. Guy est né au Mont Santo, à côté du Mexique, il y a plusieurs dizaines d’années. Et aux dernières nouvelles il vient de retrouver sa mère Bayer, celle qui l’a élevé après qu’il ait perdu ses parents.

    Si je vous en parle c’est parce que Guy a reçu en venant au monde le don magique de  détruire les plantes sur lesquelles il mettait les pieds. Evidemment il a fallu attendre qu’il fasse ses premiers pas pour observer le phénomène, mais très vite il a eu un succès fou bien qu’à double tranchant. En effet, ses débuts n’ont pas fait que des heureux. Les massifs de roses, les doux hortensias, les vertes allées dans lesquelles il sautillait se fanaient tout soudain. Il ne fallut pas longtemps à ses parents pour se rendre compte qu’il en était responsable. Alors au lieu de le pénaliser ou d’essayer de le guérir, ce qui on le verra plus tard aurait été préférable, ils ont cherché à utiliser et même à valoriser ce don. D’abord ils lui ont construit des engins lui permettant de se déplacer sans toucher le sol, bicyclette, tricycle, voiture, ulm. Chez lui le potager était interdit, de même que la pelouse, ce qui en a fait un gamin obligé de suivre les chemins empierrés, lui qui adorait marcher à travers champs.

    Pendant ce temps, ses parents prenaient contact avec les gens qui en avaient marre de désherber. Au début ils l’emmenaient en lui disant on va faire une promenade, mais assez vite il devint autonome et se rendait tout seul chez ce ou ceux qu’il fallait bien appeler des clients. Et donc, de bouche à oreille sa réputation s’étendit assez rapidement. Bien entendu on ne l’appelait que pour faire face à des situations difficiles, quand il y avait un vrai envahissement imprévu et que son piétinement rendait service. En fait on ne l’utilisait qu’exceptionnellement, c’est-à-dire une fois tous les 10 ans Hélas petit à petit, la facilité aidant, on l’appelait juste pour faire propre. Cependant il y avait là une vraie contradiction puisque certains mettaient en place des pelouses ou ce que l’on appelle des espaces verts, alors que d’autres faisait venir Guy pour les détruire.

    Néanmoins n’allez pas croire que Guy abusait de ce don. Au contraire, il limitait ses interventions au maximum. Il se faisait payer et même cher, ce qui limitait un peu l’usage. Mais la facilité aidant, il était de plus en plus demandé. On pourrait dire que jusque là tout allait bien, enfin façon de parler, parce que, quand même, de plus en plus de verdures étaient détruites.

    Tout allait bien donc jusqu’au jour ou deux évènements se produisirent. Le premier fut la révélation du mauvais côté de son don, à savoir l’empoisonnement du sol et pas seulement de la plante, et le second fut la découverte de plantes qui lui résistaient et sur lesquelles il pouvait marcher sans qu’elles se fanent.

    Voilà donc les présentations faites, en route pour les prochaines aventures de Guy Phozat.

    Michel Costadau

  • Glypho-2

    Glypho-2

    Encore le glypho et encore Hulot. J’ai lu attentivement le communiqué de presse des deux ministres et après analyse c’est consternant.

    Regardons les mesures annoncées, il y en a 5 :

    1 – Création ou mise à jour d’une base de données sur les solutions  pour se passer du glypho. Ca mange pas de pain, ça fait travailler les informaticiens, et les fournisseurs sont contents,

    2 – Trouver de nouvelles alternatives pour les usages où il resterait des impasses. Là il y a une contradiction dans la phrase, parce que s’il y a des impasses c’est justement parce qu’il n’y a pas d’alternatives sinon il n’y aurait pas d’impasse. Alors, quant au fait d’en trouver de nouvelles, euh on dit pas bien ni quand ni comment,

    3 –  Mobilisation générale des chambre, des lycées agricoles et des coopératives pour promouvoir les alternatives au glypho. La trompette ça fait du bruit mais ça ne gagne pas une bataille. On comprend du coup qu’il y a seulement incitation mais aucune obligation, c’est très soft,

    4 – Suivi et publication des quantités vendues et utilisées de produits contenant du glypho. Là il y a  clairement une entourloupe car il n’y a aucun moyen de contrôler l’utilisation, ni de corréler vente et utilisation. Je rappelle pour les naïfs que rien n’oblige un agriculteur à acheter ses produits en France, ni à les mettre dans une seule armoire,

    5 – Contacts avec les autres pays volontaires, en marge des réunions européennes. Encore quelques réunions et frais de déplacements pour nos technocrates et quelques clips pour nos politiques.

    Et évidemment création  d’un groupe de travail pour suivre ces formidables décisions.

    Bling, il n’y a donc aucune mesure concrète sur la suppression du glypho, seulement un effet d’annonce comme d’habitude.

    Alors j’ai encore relu le communiqué pour voir où était la faille.

    Au début, les ministres commencent par rappeler qu’il existe un plan global de diminution des phytos qui demande un réduction de 25 % en 2020 et de 50 % en 2025. Outre que l’on ne sait pas de quel chiffres de consommation, actuellement en hausse, l’on part, ni avec quel critère on mesure la réduction, ces chiffres semblent envisager une réduction de 25 % en cinq ans, de 2020 à 2025, ce qui n’est guerre ambitieux, sachant que le glypho n’est pas, loin de là, le seul produit dangereux.

    Pourtant le titre du communiqué semble clair : il s’agit de la sortie définitive du glypho. Et d’un seul coup je découvre qu’à vrai dire il ne s’agit pas vraiment d’en sortir mais seulement de s’engager dans la sortie. La nuance est importante car ça veut dire qu’on parle d’un chemin et non d’un but. Voila la faille, les ministres ne disent pas courageusement : voici comment on sort du glypho, mais seulement : nous vous proposons un chemin à parcourir. Ce chemin est balisé sur trois ans. Après on verra si on trouve une suite.

    C’est comme s’ils s’offraient une promenade. Bonne ballade Hulot.

    Michel Costadau

  • Assass

    Assass

    J’ose pas parler de Gaza, ni des US, j’ose pas parler de NNDL, ni de la SNCF, ni d’Air France, j’ose pas parler de l’Iran, ni de la Corée, j’ose pas parler de la Syrie, ni de la Turquie, ni du Yémen, j’ose pas parler de l’Afghanistan, ni de la Birmanie, ni du Mali, ni de l’Indonésie, ni du Guatemala. J’ose pas.

    J’ose pas parler parce que j’ai honte, j’ai honte et je suis effaré, j’ai honte et je suis impuissant. J’ai honte et j’ai mal, oh pas physiquement, mais pour tous ces assassinats à ciel ouvert, toutes ces tueries.

    J’ai mal pour tous ces mensonges répétés à longueur d’images, de radios et de journaux. J’ai mal de l’avarice et de l’hypocrisie des nantis sur leurs avantages, leur pré-carré, leurs distractions, leurs possessions et leurs privilèges. J’ai mal du cynisme hallucinant et de la perversité de nos élus, élus soi-disant démocratiquement, en France, aux US, en Israël et ailleurs. Nos élus il y a là un possessif qui coince. Ils ne sont pas à nous, ça c’est sûr.

    Qui peut encore croire que ces élus défendent la population. Personne, personne sauf ceux à qui ça profite, sauf ceux qui sont du bon coté de la hache quand elle tombe sur les têtes des jeunes, des femmes, des enfants et des vieux aussi c’est vrai. Non le monde n’est pas partageur, n’est pas secourable, n’est pas humain.

    Notre monde, là aussi le possessif est de trop, ce n’est pas notre monde c’est leur monde. Leur monde à ces ignobles rapaces, profiteurs, actionnaires qui riment avec tortionnaires. Oui ça rime et ça va mal.

    Aujourd’hui il y a comme une exacerbation des conflits, une montée des pressions. La dinguerie -tm- du monde s’accélère et ça devient inquiétant. Pas besoin d’avoir été à l’école pour voir que le conflit syrien est au centre d’une lutte Est-Ouest. US contre Russie. Monde contre monde.

    Au centre c’est Israël contre Iran, avec entre les deux Syrie et Irak. Irak les US y sont déjà, Syrie encore à l’abri de la Russie, mais où US et Europe frappent tranquillement. Y a pas que ça : Turquie du coté Iran, Egypte du coté Israël,  Lybie déjà détruite, Tunisie, Algérie sous contrôle français, le reste ne compte pas. Inde plutôt US, Moyen-Orient plutôt Russie. La Syrie est donc seulement un champ de bataille. Les cartes sont battues et les assassins sont en place.

    Alors ça pourrait bien dégénérer. Parce que c’est exactement les uns contre les autres. Et c’est le fonctionnement des dominants. Leur fonctionnement c’est la guerre, pas entre eux, entre nous.

    Alors on pourrait parler d’autres choses, je rigole, ah oui des mariages enrubannés, du festival des canettes, de la trois milliardième réformette de l’apprentissage des languettes.

    Oui et d’ailleurs c’est de ça dont ils parlent dans leur monde à eux, celui où il est possible de tuer sans être puni, celui où l’argent peut tout, c’est-à-dire assassiner, encore assassiner pour dire : voyez j’ai raison.

    Michel Costadau

  • Maillon

    Maillon

    C’est sûr que l’atmosphère politique a bien changé depuis un an. Elle s’est même copieusement obscurcie puisque la nouvelle posture du pouvoir c’est de ne pas faire de politique et de dire que la politique c’est dépassé. Des élus qui ne font pas de politique on aura tout vu, c’est comme des banquiers qui ne font pas d’argent. Comme s’il pouvait y avoir une vision plus moderne des choses. Mais, non, il n’y a pas de vision moderne ni postmoderne des choses, il y a les choses c’est-à-dire la réalité et c’est tout.

    Depuis un an il n’y a donc plus d’opinions, de choix de société, de priorités, ni de bien public, il y a seulement une liste de choses à faire. Comme une liste de courses et c’est en parcourant les rayons du super que représente pour eux notre société, que nos gouvernants découvrent de temps en temps que ce qui est dans les gondoles est aussi sur leur liste. Bingo.

    Vous allez me dire mais c’est pas nouveau ça, c’est la technocratie. Eh non c’est pas nouveau, c’est juste un peu plus chaque fois. Et cette fois le saut  a été conséquent. Mais ça veut surtout dire que, définitivement, nous ne sommes plus gouverné par Paris mais par Bruxelles et Francfort. C’est-à-dire par des gens au seul contact du business et de la finance. Et comme vous le savez Bruxelles est vraiment un modèle dans le genre business first.

    On peut dire qu’avant, c’est-à-dire il y a longtemps les partis politiques, c’est-à-dire Paris, avaient des programmes, des valeurs, en liaison avec une vision de la société, ses défauts, ses inégalités et aussi ses demandes et ses besoins. Maintenant Bruxelles a une seule feuille de route : l’économie. Et le programme consiste en trois lettres : PIB. Je vous ai déjà parlé de cette religion et il ne faut pas cesser d’en parler, car c’est vraiment le mal du siècle.

    Ce que je veux dire c’est que tout cela ne change pas la réalité. Et je pense qu’une posture de négation de la réalité n’est pas tenable et qu’il faut une soupape ou un maillon faible comme vous préférez. Et donc je ne sais pas si c’est un scoop, un pronostic, une vision  ou un vœu mais je ressens clairement que Macron ne finira pas son mandat. Voilà c’est tout, bises et bonne soirée A+

    Ah oui, vous voulez les arguments, la preuve, la démonstration.

    Mais, vous savez, tout cela est assez ténu et on marche un peu à l’intuition dans ce domaine.

    Néanmoins en fait c’est simple, parce qu’en voulant être le seul à avoir raison il est en train de se mettre tout le monde à dos. Pour le moment, ses amis le soutiennent encore parce qu’ils tirent profit de la financiarisation de la société, mais comme tous les électrons libres, on finit par les éliminer. Et il ne peut pas faire autrement que d’assumer, c’est la stratégie classique de la fuite en avant. Commencer à réfléchir ou se remettre en cause, c’est la preuve qu’on a des doutes et c’est dans ces doutes que les opposants s’engouffrent. Alors aucun doute, droit dans ses bottes, comme Jupé en 14 dont il a pris allègrement la place, il avance en niant la réalité. Et quand la religion du PIB rencontre le mur de la réalité ça coince. Notre société est bloquée et il va falloir qu’un maillon saute.

    Michel Costadau

  • Gaz

    Gaz

    D’habitude c’est moi qui vous explique les trucs, mais là je vous demande votre avis : en quoi est-il mieux de larguer, sur des populations, des bombes ou des gaz ? Excusez-moi, je ne vois pas bien clair sur ce sujet. Les deux ont pour objet de tuer et de détruire. Vous allez me dire que les gaz ça ne tue que des gens alors que les bombes ça détruit aussi des bâtiments et ça fait des réfugiés. Bon et alors, c’est ça votre réponse ? Je ne vois pas ce que ça change. Une bombe est une bombe, une cible est une cible, une victime est une victime, je n’arrive pas à sortir de là. C’est vrai que le gaz c’est pas très propre, mais les bombes c’est pas vert non plus.

    En plus, larguer de bombes ou des missiles pour punir ceux qui ont lancé des gaz, ça vous fait pas un peu drôle ? Ca fait truand marseillais en plein règlement de comptes, non ? A quoi ça rime de punir quand la sanction est plus dommageable que la faute. Et puis qui décide ce qui est une faute ? Un tribunal, une instance internationale, un aréopage de sages âgés ? Les médias ? Personne ?

    En plus je me demande si dévaster sans rien défendre, gagner ni conquérir, à quoi ça rime. A montrer ses muscles comme à la foire. A bruler des munitions pour satisfaire le PIB. Ou bien à entrainer la soldatesque mais dans quel but ? Serait-ce nous qui sommes visés ?

    Ca fait beaucoup de questions mais, par contre, ce que je comprend bien c’est que nous faisons la guerre par procuration. Il est complètement faux de dire que les Français se battent ici ou là. Aucun Français ne se bat, car honnêtement les Français ne sont plus concernés que par des sondages et il n’y a aucune mobilisation de la population, je ne dis même pas les armes à la main, mais au moins dans des comportements de participation.

    Clairement, nos combattants sont seulement des gens payés pour ça, comme les mercenaires de la Renaissance. Et aux ordres de qui sont-ils ces vaillants guerriers ? Certainement pas à nos ordres, même pas à celui de notre représentation ex-démocratique alors ….. ben oui ils sont aux ordres de la finance qui nous gouverne. Là ça me fait vraiment mal que la finance joue au train électrique sur notre pauvre planète. Bien sûr nous n’avons aucun moyen de les en empêcher mais je crois que ça on pourrait, on devrait le changer. Comment ? Encore une question.

    Ce qui me gêne aussi c’est que, ailleurs, c’est vrai qu’il y a des gens qui se battent pour eux, il y a des populations mobilisées, il y a des guerres de libération, d’indépendance. Mais tout est recouvert par la finance du manteau du terrorisme. Tous ceux qui luttent contre la finance sont traités comme des terroristes. Les grévistes sont qualifiés de saboteurs, les zadistes de rebelles, les manifestants de casseurs, les opposants de traîtres et les pauvres de repris de justice. C’est à se taper la tête contre les murs, et le mur de la finance est dur alors on se fait mal.

    Nous sommes en pleine guerre et personne ne sait comment l’arrêter. Moi j’ai une petite idée, vous la connaissez, mais elle est encore peu partagée.

    Michel Costadau

  • La République et la Couronne

    La République et la Couronne

    Quand je lis dans les romans policiers anglais que les constables sont au service de la Couronne, ça me hérisse au plus haut point car il n’y a aucun honneur à servir les têtes couronnées tout au contraire. Mais en y réfléchissant je me suis rendu compte que, chez nous, nous avions remplacé la Couronne par la République. Aïe. Et ça m’a fait tilt. Est-ce que c’est mieux ? En plus notre République est représentée par une blonde avec un bonnet phrygien ou une matrone au sein nu ou un profil grec, enfin quelque chose qui ne s’appuie pas sur le meilleur du féminin.
    Bon la Couronne. Mettre ses qualités, son énergie et ses revenus au service de cette bande de profiteurs et d’écorcheurs du peuple que sont les rois, les reines et leurs semblables c’est indéfendable. Car sous la couronne il y a directement des personnes physiques, de vrais parasites autoproclamés. On peut faire ce que l’on veut dans la vie, mais perdre toute respectabilité en s’inclinant obséquieusement devant des puissants inutiles et méprisants c’est trop, beaucoup trop. Même petit, même faible on peut, on doit avoir sa dignité et le minimum de quant à soi qui permet de prétendre au titre de personne humaine et non de caniche.
    Alors la République. Bien sûr l’avantage de la République c’est que c’est un symbole et donc être à son service c’est servir des idées, des valeurs, c’est servir le bien public. Celà en théorie ou dans le passé, parce que pratiquement la République on ne sait quand même plus très bien ce que c’est ni qui c’est. C’est un peu le revers de la médaille. Hélas pour le QUI, on a une petite idée. Eh oui les ors de la République résidences, véhicules, avions, châteaux, tapis rouges et domestiques ne sont pas à la disposition de la population mais seulement …. des politiques.  Et ceux-là sont ils des travailleurs, des gens simples et de bon contact, élevant une famille dans les valeurs de la droiture, de la probité et du sens des autres ? Non, vous le savez bien, ce serait plutôt le contraire et alors c’est sûr qu’il y a un problème. Parce que du coup cette idée du bien commun, du bien pour tous n’a plus de sens. Puisque ce serait plutôt le bien pour soi.
    Alors, alors, alors comme toujours la réalité ne peut être évitée et il faut se rendre à l’évidence, la Couronne a son public. Elle distrait, elle fait rire ou pleurer une partie de la population. Mais aussi elle fait rêver. C’est là le secret, elle représente une compensation aux misères de la vie pour des gens eux-même malmenés. Bien sûr c’est ridicule et complètement négatif, c’est ringard mais c’est comme ça.
    Et donc, maintenant est ce que la République fait rêver ? Gloups. La République ne fait pas du tout rêver, elle a plutôt une image de guerre, de pauvreté, de naïveté échevelée et même d’injustice, car la balance qu’elle tient souvent à la main est lourdement plombée.
    Autant la Couronne est un modèle qui pourrait faire envie, autant la République est une chimère à laquelle personne ne souhaite ressembler. Elle ne sert qu’aux discours et encore de moins en moins.
    Que peut on conclure ? Bien sûr pas question de revenir à la Couronne, on a déjà donné. Maintenant comment rétablir ce souci du bien public dans notre caste d’égoïstes ? Comment redonner du sens au bien commun, au bien pour tous ? Comment, certainement pas en votant pour eux en tous cas.
    Michel Costadau
  • Euro 20

    Euro 20

    Allez, fini les rêveries ; on revient dans le dur, c’est-à-dire la politique, pour faire un petit balayage des 20 pays de la zone euro. C’est pas reluisant du tout. Je vois quand même six démocraties : Allemagne, Belgique, Grèce, Irlande, Italie, Portugal, mais trois pays voyous : Chypre, Luxembourg, Malte, un Etat religieux : Vatican, quatre Etats fascisants : Espagne, France, Lettonie, Lituanie et six pays populistes : Autriche, Estonie, Finlande, Pays-Bas, Slovaquie, Slovénie.
    Je suis sûr que vous êtes d’accord avec moi, mais je vais quand même vous donner quelques éléments.
    Quand je parle de démocraties je veux dire des pays où le parlement a le pouvoir, ou tout au moins compte beaucoup. Les bons exemples en ce moment sont évidemment Allemagne, Italie et Portugal. Parce que, ce que les médias nous décrivent comme blocages et impuissance sont seulement les nécessaires discussions entre représentants des diverses sensibilités de la population. Eh oui la population est partagée. Elle à le droit d’être représentée dans sa diversité et tous les mécanismes pour masquer cette réalité sont du domaine du fascisme. Cqfd. Certains ont des préventions à l’égard de la Grèce au prétexte qu’elle pactiserait trop avec le système. Ce n’est vraiment pas sérieux car tous les pays d’Europe non seulement pactisent, mais ont tous ce que j’appelle la religion du PIB. On y reviendra.
    Pour les Etats voyous, y a pas photo. Soit pour le blanchiment, soit pour les mafias, soit pour la corruption, ou pour les trois mon général, ce sont de tristes Etats dont personne n’est fier, mais dont tout le monde se sert.
    L’Etat religieux est une honte, sans commentaire.
    Les Etats fascisants dont nous faisons partie sont ceux qui ne jouent plus le jeu démocratique et sont aux mains de castes qui exercent un pouvoir presque sans contrôle. On peut aussi les caractériser par le fait que toute la classe politique et donc tous les partis sont très à droite, même ceux de gauche je veux dire. L’Espagne, en plus, montre une grande collusion entre l’exécutif et le judiciaire, indiquant bien ainsi qu’elle n’a pas digéré le fascisme franquiste et, à preuve, nous joue une pièce minable avec la Catalogne.
    Les Etats populistes sont des pays encore un peu démocratiques mais où les sentiments xénophobes de la population sont exacerbés et utilisés au lieu d’être discutés et contrebalancés. Dans ce cas ce n’est pas l’opinion qui gouverne, c’est la rumeur. En plus ils sont assez petits, avec des atouts touristiques exceptionnels, mais une histoire récente  très tourmentée.
    Au total, bien maigre bilan et en plus comme je l’ai dit tous ces 20 pays de la zone euro sont à fond dans le système. Et quand je parle de religion du PIB, c’est pour dire que toute l’action politique n’a qu’un seul but :  favoriser le développement de la finance. D’ailleurs il n’existe plus en Europe de partis en rupture avec le capitalisme, il n’y a que les habillages de la collaboration. Notons aussi que tous les dirigeants de tous ces pays ont une propension à savoir ce qui est bon pour la population, sans jamais tenir compte des mouvements, manifestations, pétitions, propositions, associations de ladite population. C’est de la science infuse ou …. du mépris.
    Maintenant si nous restons 5 minutes en France, nous pouvons constater que toutes les prétendues réformes gouvernementales ne sont que des leviers pour développer le business. Privatisations, dérégulation, allègement de la protection sociale, sabordage de l’école, utilisation de la pollution  et de normes comme arguments pour renouveler les véhicules, les installations industrielles ou agricoles. Tout est bon pour alimenter l’ogre dévorant de la croissance du PIB, qui aurait c’est vrai beaucoup de mal à progresser sans le soutien sans faille de nos classes politiques. C’est ça l’Euro.
     Michel Costadau
  • Non-droit

    Non-droit

    Que peut bien être un « espace de non-droit ». Est-ce par exemple un chantier, une usine où les travailleurs ne sont pas déclarés : eh non. Euh une cité où les dealers font la loi et où la police ne vient plus : non pas du tout. Alors une route où les conducteur ne respectent pas les règles de circulation : non plus. Ou une association, un groupe de personnes au sein duquel les femmes ne sont  pas considérées à égalité des hommes voire harcelées : non pas du tout. Ah oui, c’est quand notre armée bombarde des hôpitaux : non, non et encore non.
    Non, pour nos gouvernants, une zone de non-droit c’est la ZAD de NDDL ou la ZAD de Roybon.
    Les ZAD voilà l’ennemi. Et pourtant il est clair que ces lieux sont surtout des espaces de création, de travail, de concertation et de réflexion. On y reviendra.
    Seulement ce sont aussi des espaces de résistance collective et je suis sûr que c’est ça le caillou dans leurs chaussures, pointues au demeurant.
    Et du coup, en réfléchissant à cette notion de résistance, je me suis rendu compte qu’elle était beaucoup plus répandue que je ne pensais. Eh oui chacune de nos maisons, de nos couples, de nos journaux, de nos familles, de nos sites, de nos réunions, sont de vrais lieux de résistance car on n’y pratique pas les valeurs du système mais la discussion, le respect, l’initiative et le partage. Et la réflexion.
    En quelque sorte nous avons disséminé des ZAD partout où il y a des personnes qui ne pensent pas comme eux. Et les ZAD physiques comme Sivens ou NDDL sont la concrétisation, le passage à l’acte comme disent les psy, de notre esprit de résistance. Et c’est donc à cette occasion que le système frappe. Bien sûr les zadistes savent qu’ils se mettent en première ligne et ne sont pas surpris de prendre des coups. C’est pour ça qu’en général ils sont jeunes et en pleine forme mais bien soutenus par des plus âgés.
    Cependant on pourrait croire que résister seulement dans sa tête, dans son cercle privé et entre amis ne gêne pas le système. Eh bien si, parce que c’est là que se forgent les idées et les méthodes de la résistance. Comme par exemple le respect de la nature, les actions coopératives et volontaires, les pseudo-monnaies, les alternatives à la consommation …. et le non-vote qui me paraît de plus en plus être une arme que nous devons développer.
    En fait, quels sont les comportements de démarcation des acteurs dans les ZAD ?
    D’abord le refus de la société marchande, c’est-à-dire celle ou l’argent permet de tout vendre et tout acheter. Les zadistes ont supprimé le pouvoir de l’argent. C’est un point fondamental. Ensuite le binôme de fonctionnement entre la liberté individuelle et les formes coopératives. Cela permet des échanges et l’entraide sans la notion de réciprocité, mais avec celle de don et de gratuité. C’est une forme nouvelle entre l’association et l’individu. Autre point caractéristique, l’absence de carcan conduit à un nomadisme important, l’expérience étant appréciée et volontiers partagée. Et l’envie de bouger est naturelle chez l’homme.
    Paradoxalement, la forme des actions revêt aussi le contraire du militantisme qui se caractérise par une dichotomie entre un statut de dominé et des revendications de libération. Non, dans la zad personne n’est enchaîné à son destin. C’est par le rayonnement de son être que se forgent de nouveaux rapports aux gens et aux choses. Autre élément un peu paradoxal, la faible fréquence des grandes réunions. Non pas qu’il n’y ait pas de problèmes à résoudre, loin de là, mais surtout parce que cette notion d’AG permanente ou de vote sur les grèves ou les actions, appartient au passé et porte encore en elle le mécanisme de la prise pouvoir par quelque uns, ce qui est exactement le contraire d’une ZAD. Dans une ZAD personne n’a de pouvoir pour que chacun en ait un peu.
    Une ZAD est donc avant tout une zone de liberté. Ceux qui veulent nier cette réalité ont déjà perdu la bataille de la communication. Clairement, c’est nous qui construisons le nouveau monde alors que la caste le détruit. Et en plus on fait ça gratuitement.
    Michel Costadau