Catégorie : International

  • D’où vient l’argent-3

    D’où vient l’argent-3

    Dans le billet précédent nous avons encore pu établir quelques petites choses à retenir :
    – les Etats ne créent pas l’argent mais seulement les pièces et les billets, qui représentent très peu,
    – le travail ne crée pas d’argent,
    – le rôle des entreprises est de faire circuler l’argent de banque en banque,
    – les banques vivent de la croissance,
    – la consommation est le moteur de la croissance,
    les politiques sont au service de la croissance,
    – et enfin la SURPRISE.
    Bien bien, mais la logique du crédit c’est, clairement, la dette. Il est facile de voir que tout le monde est endetté : les particuliers, les entreprises, les collectivités, les Etats. Cela s’explique mais pose quelques questions.
    Pour les particuliers, les ressources propres des ménages ne suffisent pas à alimenter la croissance. Le recours au crédit s’est donc généralisé et, à part quelques crises de non-remboursement, c’est le moteur principal de la consommation et la pompe du crédit. Il faut quand même noter un aspect paradoxal de l’investissement des particuliers : quand on fait un crédit pour acheter sa maison ou construire sa piscine, ça consiste à s’endetter pour quelque chose qui ne rapporte rien. C’est comme de l’argent enterré. Alors qu’avec le même endettement, on pourrait faire un investissement qui rapporte et qui permette donc d’investir encore plus. A titre d’exemple, il vaut mieux s’endetter pour un troupeau de brebis que pour un hangar de stockage de matériel. Evidemment, il est hélas difficile de résister au matraquage prônant l’envie de posséder une voiture, une maison, une cuisine équipée ou un écran TV, mais c’est exactement de l’argent jeté par les fenêtres. C’est d’ailleurs le but.
    Attention, méfiez-vous quand même des vendeurs d’investissements prétendument hyper-rentables et qui ont mis beaucoup de gens sur la paille. Et pour ça, il faut d’abord bien intégrer que, dans le domaine de l’économie et de la finance, vous ne rencontrerez que des escrocs. Et ce malheureux constat explique l’attrait pour l’économie solidaire, les investissements propres, verts, équitables ou durables… qui sont exactement la même chose, comme l’est le vin bio au vin conventionnel… c’est-à-dire du vin.
    Pour les entreprises, c’est un peu la même problématique. Le crédit est la base du fonctionnement et de la consommation des entreprises. Et, de même que pour les particuliers, les investissements d’entreprises peuvent être plus ou moins rentables. C’est pour cela, entre autres, que l’on voit des entreprises qui se louent des bâtiments en cascade, ou qui s’achètent des produits intermédiaires, alors qu’en fait c’est toujours le même actionnaire derrière. En gros, c’est de la consommation inter-entreprise et c’est vital pour les banques.
    Alors maintenant, l’endettement des Etats. Il y a plusieurs choses paradoxales. En effet ceux-ci pourraient créer gratuitement et sans intérêts l’argent dont, eux et les collectivités, ont besoin. Mais ils ne le font pas pour une bonne raison, qui est le soutien de leur monnaie. Et pourquoi ? Parce que, comme vous le savez, l’argent  est très mal réparti. Il y en a qui en ont beaucoup et beaucoup qui en ont peu. Et l’argent est en général dans une monnaie. Et ceux qui ont leur fortune dans cette monnaie ne veulent pas voir dévaloriser leur trésor et donc interdisent aux Etats de créer de l’argent.
    D’autre part, il y a un discours officiel contradictoire puisque que l’on ne peut pas à la fois demander de baisser les impôts et de réduire le déficit. C’est idiot. Il faudra y revenir.
    Néanmoins nous pouvons maintenant arriver à la SURPRISE annoncée plus haut, et qui est :
    -les politiques sont au service des banques.
    En conclusion, il me semble que l’on comprend mieux pourquoi je dis que c’est la finance qui nous gouverne, et que les élus ne sont que ses serviteurs.
    Allez encore bonne année, c’est le même prix.

    Michel Costadau

  • D’ou vient l’argent-2

    D’ou vient l’argent-2

    Mais au fait, me direz-vous, pourquoi est-ce qu’il n’y a que les banques qui peuvent créer de l’argent. Et les Etats alors ? Bonne question. Avant, il y a très longtemps, c’était les Etats qui créaient l’argent avec des pièces, des billets, des bons du trésor et autres crédits. Mais alors pourquoi ça a changé ? C’est assez simple : on pourrait croire que les gouvernements, c’est-à-dire les politiques, ont décidé d’abandonner leur privilège régalien et de donner gentiment aux banques ce pouvoir. Hélas c’est exactement le contraire : les banques ont demandé gentiment aux politiques de reconnaître qu’ils n’avaient que le pouvoir qu’elles voulaient bien leur donner…et les politiques, dont le courage est, vous le savez, immense, ont dit : ……..euh, bon d’accord, mais quand même vous nous laissez les élections.  En fait ça ne s’est pas passé tout à fait comme ça mais c’en est exactement l’esprit. Bien sûr les Etats ont gardé le droit de frapper la menue monnaie, c’est-à-dire les pièces et les billets, et de choisir les effigies. Non mais !
    C’est le moment de traiter une des questions en suspens. Pourquoi l’argent circulant de banques en banques permet-il d’en créer plus ? Tout simplement parce que les banques, quand elles créent de l’argent, doivent respecter, en théorie, un certain pourcentage de réserve, c’est-à-dire d’argent qu’elles ont déjà, soit en dépôt soit en propre. Et donc, quand leurs réserves augmentent, elles peuvent prêter plus et donc créer plus d’argent. Et c’est exactement ce qui se passe quand vous payez une entreprise : elle met cela en banque et paye ses fournisseurs qui mettent cela en banque, qui eux-mêmes…
    Néanmoins, pour vivre, vous n’avez pas que l’argent du crédit, bien qu’il y ait beaucoup de crédit à la consommation c’est vrai. Vous en gagnez aussi par votre travail. Mais cet argent que vous verse une entreprise ou un client, existe déjà. Le travail ne crée pas d’argent, il crée de la valeur. On pourrait avoir le sentiment que les entreprises créent de l’argent, puisqu’elles vendent plus qu’elles n’achètent. Oui mais c’est de l’argent existant. L’entreprise fait circuler l’argent et fait des bénéfices, mais ne crée pas d’argent, sauf les banques bien entendu. Par contre, l’entreprise, pour vous payer, payer les actionnaires et se développer, va sûrement emprunter auprès d’une banque. Et c’est à ce moment-là, uniquement, qu’il y a création d’argent par la banque.
    Nous pouvons maintenant répondre à deux autres questions en suspens sur l’équilibre entre création et destruction d’argent et l’équilibre entre croissance et stagnation.
    Pourquoi l’équilibre entre création et destruction d’argent est-il instable ? Réponse : d’une part parce que les deux mécanismes sont disjoints et fonctionnent indépendamment, et d’autre part parce que le moyen de régulation par le taux du crédit est vraiment dérisoire. Quand personne ne veut s’endetter, ce qui est pareil que ne pas vouloir consommer, l’argent vient rapidement à manquer et entraîne la stagnation ou la récession. Mais quand il y a multiplication des prêts augmentant trop l’argent en circulation, cela peut entraîner une perte de sa valeur provoquant l’inflation. Et quand, faute de moyens, les crédits ne sont pas remboursés, ce sont alors les banques qui font faillite. Il faut comprendre que la croissance est la seule obsession des banques. Cela explique les cadeaux faits aux entreprises et qui sont réellement hallucinants, mais n’ont d’autre objet que de stimuler la croissance, c’est-à-dire le crédit, c’est-à-dire la création d’argent, c’est-à-dire le revenu des banques. Ces cadeaux ne font qu’illustrer le lien de dépendance des politiques avec les banques.
    Bonne et heureuse année. A suivre.

    Michel Costadau

  • D’où vient l’argent-1

    D’où vient l’argent-1

    Après avoir vu que « Gagner sa vie » consiste à gagner de l’argent, une question se pose : mais au fait d’où vient l’argent ? Le sujet étant assez large, plusieurs billets seront nécessaires.
    On commence.
    Depuis une centaine d’années la méthode de création de l’argent est, presque exclusivement, le crédit. Comment ? Et bien chaque fois qu’une banque, car elles seules ont ce droit, prête trois sous, elle ne sort pas d’argent de son portefeuille ni de celui de ses clients, elle ne fait que créer une ligne sur un écran ; et quand l’emprunteur prend l’argent sur son compte, c’est à ce moment-là que l’argent est créé. Et cet argent se met à circuler, passe de comptes en banque en comptes en banque et finit par retourner à la banque prêteuse pour rembourser le prêt.
    Trois choses à retenir :
    – ce sont les banques qui créent l’argent,
    – les banques ne créent pas l’argent pour elles mais pour l’emprunteur,
    – la circulation a autant d’importance que la création.
    En effet, l’argent en circulant de banque en banque leur permet d’en créer encore plus. Comment ? Ouap, ce sera pour un prochain billet.
    Vous allez me dire qu’à force de créer de l’argent il va y en avoir trop. Non en fait, sauf quelques crises, ça ne se passe pas comme ça parce que de l’argent il s’en détruit aussi, presque autant qu’il s’en crée.
    Comment se détruit l’argent : tout simplement par la consommation. En effet, l’argent créé par la banque pour votre crédit vous sert à payer des fournisseurs ou acheter des produits, et aussi à vivre et même à voyager. Chaque fois que vous dépensez de l’argent, vous aidez quelqu’un à rembourser ses dettes. Et donc quand vous mangez, quand vous roulez, quand vous prenez l’avion ou quand vous construisez une maison, vous détruisez de l’argent. C’est par la consommation qu’entreprises, particuliers, administrations ou collectivités peuvent rembourser leurs emprunts. Et rembourser consiste à annuler le crédit qui a été créé. Notre système économique fonctionne comme ça par création et destruction d’argent.
    Trois nouvelles choses à retenir :
    – pratiquement tout l’argent en circulation n’est finalement que le montant des crédits qui n’ont pas encore été totalement remboursés,
    – les entreprises sont toutes endettées et seule la consommation de leurs produits leurs permet de rembourser leurs prêts,
    – l’équilibre entre création et destruction est très instable.
    Pourquoi cet équilibre est-il instable ? Ouap ce sera pour un prochain billet.
    Bien sûr, pour prix de ses services la banque prêteuse prélève au passage des intérêts. Clairement elle prend des frais sur de l’argent qu’elle a inventé et qui ne lui a rien coûté. Mais c’est comme ça qu’elle gagne sa vie. Il y a aussi d’autre moyens pour les banques de gagner de l’argent. Comment ? Ouap ce sera pour un prochain billet.
    Mais au fait, pourquoi continuer à créer de l’argent, n’y en a-t-il pas déjà assez ? Non, car il faut comprendre que, pour gagner de l’argent, les banques ont besoin de prélever des intérêts et donc de faire des prêts et donc de créer de l’argent. La création d’argent est, donc, la cause et non pas la conséquence de ce qu’on appelle la croissance. Il y a là un cercle vicieux simplissime. Pour faire de nouveaux prêts il faut que les échanges commerciaux se développent et qu’entreprises, particuliers et administrations s’endettent. Et le développement de ces échanges s’appelle la croissance qui n’est, hélas, que la croissance du PIB. L’absence de croissance s’appelle la stagnation et appauvrit les banques. Nous avons alors trois nouvelles choses à retenir :
    – les banques vivent des intérêts sur les crédits qu’elles accordent,
    – pour pouvoir créer de nouveaux crédits, les banques ont besoin de la croissance du PIB,
    – l’équilibre entre croissance et stagnation est très fragile.
    Pourquoi cet équilibre entre croissance et stagnation est-il fragile ? Ouap ce sera pour un prochain billet. Joyeux Noël.
    A suivre.

    Michel Costadau

  • Complot

    Complot

    Quand j’entends Rajoy parler des Catalans, Trump des Mexicains, Merkel des immigrés,  Macron des Palestiniens, et le Vatican des Syriens, j’aimerais, oui, j’aimerais beaucoup que ce soit parce qu’ils ont reçu des ordres, parce qu’ils obéissent, et que ce soit pour ça qu’ils tiennent de tels discours. C’est tellement insupportable ce mépris des politiques pour la population, qu’on préfèrerait que ce soit le complot d’un petit groupe tirant les ficelles du monde entier. D’une certaine manière, ça nous rassurerait de savoir qu’il y a quelque part un acteur puissant caché et que nos élus ne sont en fait que des exécutants.
    Oui vous savez, une entité occulte avec des codes et des symboles, qui donnerait des ordres à tous les hommes et maintiendrait le désordre mondial à partir d’une petite sphère, voire  d’une seule personne. Cette idée n’est pas jeune, elle a déjà eu de nombreux adeptes. Elle est même ancrée dans nos croyances, et il faut dire que l’histoire donne de nombreuses prises à cette théorie du complot. Cette théorie se décline, en fait, de beaucoup de manières : de la domination directe à la reconstruction du passé, en passant par toutes les étapes de la remise en cause de la réalité par les moyens les plus divers. Elle est même utilisée par de petits bandits pour se disculper et faire croire qu’il ne s’agit que d’une cabale à leur égard. Il faut dire que la réalité n’est elle-même pas si facile que ça à saisir, parce qu’un même évènement auquel assistent des milliers de personnes, donne immédiatement lieu à des dizaines d’interprétations. Comme si la population  n’avait pas tellement envie de voir une et une seule réalité. D’où le succès des faussaires laissant entrevoir la présence  de forces inconnues qui agissent cachées mais ont des influences partout.
    Seulement hélas, trois fois hélas, cette théorie n’existe pas. Il n’y a pas, sur terre, le petit groupe des initiés qui tire toutes les ficelles. Il n’y a pas la puissance invisible qui donne les ordres et châtie les réfractaires. Il n’y a pas le big brother qui vous espionne nuit et jour. Non il n’y a pas de photographies des fastes de Versailles ou des guerres napoléoniennes. La photo n’existait pas. Non il n’y a pas de troisième œil. Non il n’y a pas d’humain programmé pour régner, que ce soit dans sa famille, dans son pays, sur la Terre ou dans l’univers. Non, non et non, le complotisme n’existe pas.
    Ce qui est vrai, par contre, c’est qu’il y a beaucoup de sociétés plus ou moins secrètes, de mafias, de groupes de pression et de manipulation des gens et des idées. Oui il y en beaucoup, beaucoup trop. Oui mais beaucoup ça ne fait pas un.
    Cependant, aujourd’hui, et c’est là que je voulais en venir, un grand nombre de personnes ont le sentiment de n’être pas victimes de ces théories du complot, de s’être débarrassés de cette notion. Presque tout le monde pense avoir dépassé ces recours aux forces cachées et a la conviction de connaître le monde tel qu’il est.
    Hélas, encore hélas, on va voir que ce n’est pas le cas.
    Car il y a une théorie du complot qui a encore beaucoup d’adeptes : c’est la religion.
    Eh oui, une force immanente, omniprésente, qui a ses ministres, ses interprètes, ses initiés, sur terre, chargés de véhiculer sa parole, de faire régner sa morale, de juger du bien et du mal. Une entité, immatérielle, éternelle mais invisible, qui donne l’origine et la fin, qui donne le sens, c’est exactement la croyance que demandent les religions. Que ces croyances soient religieuses, philosophiques, anthroposophiques ou astrologique, que ce soient des sectes, des églises, des écoles, des temples, des autels ou des confréries, elles ressortent toutes exactement de la théorie du complot.
    Et c’est pas drôle.

    Michel Costadau

  • Bipartisme

    Bipartisme

    Non, l’Allemagne n’est pas en crise parce qu’elle n’arrive pas à former un gouvernement, c’est tout notre système politique qui est au bout du rouleau. J’ai déjà expliqué que les méthodes utilisées par la classe politique pour se maintenir au pouvoir, non démocratiquement, pouvaient être différentes selon les pays. En France, nous avons l’élection présidentielle et en Allemagne comme aux US ils ont le bipartisme. Ces deux modes de fonctionnement sont tout autant inacceptables l’un que l’autre, car leur seul but est de supprimer la pluralité de la composition du corps électoral, c’est-à-dire notre diversité, qui est justement notre richesse de pensée et de réalisation. A vrai dire, il y a beaucoup d’autres méthodes utilisées dans le monde par les politiques pour garder le pouvoir : le parti unique, la dictature militaire ou civile, le bourrage des urnes et autres recettes moyenâgeuses.
    Bref, ce qui nous concerne aujourd’hui, c’est le prétendu patinage allemand. Les électeurs n’ayant, cette fois, pas obéi à la bipartition, voilà les politiques qui cherchent une majorité à trois ou quatre partis. Bien sûr, certains profiteront de cette situation pour vanter les mérites des autres méthodes, en rappelant que le multipartisme conduit au syndrome des majorités introuvables. Et tout le monde de se gausser de ces ridicules Allemands incapables politiquement, et fonctionnant seulement avec de grandes coalitions majoritaires . Vous savez ce que je pense de cette notion de majorité, inutile d’y revenir, la solution n’est pas là. Pas plus chez eux que chez nous.
    La solution est pourtant on ne peut plus simple et nous l’avons sous les yeux depuis longtemps. La base de la démocratie est, depuis toujours, le principe du gouvernement de la représentation populaire. Une fois élu, le parlement représente, certes très mal pour le moment, l’ensemble de la population. Et c’est cet ensemble qui doit gouverner. Si gouvernement il doit y avoir, alors tous les partis doivent y participer. Pourquoi certains électeurs n’auraient pas droit d’avoir leurs idées défendues. Y a-t-il vraiment des élus non représentatifs ? Certains sont-ils plus élus que d’autres ? Cessons ces lamentations de phoques et ouvrons les yeux. Tous les élus sont égaux. Il n’y en pas qui sont plus égaux que les autres. Ce mécanisme majorité/opposition est une vilaine plaie dans nos prétendues démocraties.
    Certes c’est un peu plus compliqué que ça, parce que ce fonctionnement collectif de tous les élus n’est pas possible avec la classe politique actuelle. Eh oui, les élus actuels sont incompatibles avec la démocratie. Clairement, il nous faut trouver un tout autre type de personnes pour représenter les électeurs et les gouverner. Ce genre de personnes existe, et même en grand nombre, et ce sont ces gens-là qui font fonctionner les associations par exemple. Ils sont capables de travailler ensemble, de chercher le bien commun, de penser à tous et trouvent des solutions à presque tous les problèmes. Evidemment ils n’ont pas pignon sur rue. Ce sont des obscurs et des bénévoles. Ils ne peuvent pas accéder à la représentation nationale, parce que la classe politique actuelle cherche uniquement l’entre-soi. Voilà notre réalité.
    La recherche de la meilleure décision est un idéal sur lequel se sont assis les politiques, car ce n’est pas du tout la meilleure décision qu’ils recherchent, mais uniquement la satisfaction des groupes de pression qui les ont mis en place. Et pour cela il leur faut un pouvoir sans partage, sans limite et sans comptes à rendre. Mais ça ne s’appelle pas la démocratie.

  • Papers

    Papers

    Qu’est-ce que c’est encore que cette histoire de paradis fiscal. Comme si le monde entier n’était pas déjà le paradis des financiers. Tous ça est une blague de mauvais goût. Non, la seule chose à dire c’est que nous hébergeons avec des attentions de cocotte, des zones dédiées à la fraude, que l’on appelle honteusement des pays et même des Etats. Je ne vous parle pas des îles Marshall dont personne ne sait trop où elles sont, non je vous parle de Malte, du Luxembourg, de Man, de Monaco, du Lichtenstein, de l’Andorre, de Guernesey. Rien que des trucs de chez nous, bien au chaud sous la couette des champions de la démocratie, des héros des droits de l’homme, des donneurs de leçons au monde entier.
    Et bien sûr il y a plusieurs types de paradis selon ce que vous voulez cacher. Il y a ceux pour planquer de l’argent plus ou moins propre, ceux pour ne pas payer d’impôts, ceux pour faire des sociétés écrans, ceux pour n’être pas recherchés par la police, et quelques autres. Il y a aussi tous les spécialistes capables de vous donner tous les conseils dont vous auriez besoin. Ceux-là sont non seulement au courant de toutes les combines possibles, mais ils en créent, ils en inventent tous les jours, de façon à ce que, quand une vague tentative hypocrite de normalisation se fait jour, la parade soit déjà en place, afin que les pseudo-opérations de dénonciations n’enfoncent que des portes ouvertes, les bonnes portes restant closes.
    En ayant dit ça est-ce qu’on a tout dit : hélas non, car quand on met clairement sur sur le tapis ces dysfonctionnements, il y a un certain nombre de discours politiques que l’on ne comprend plus. Par exemple, les efforts que doivent faire les salariés pour attirer chez nous l’argent des investisseurs ne sont compréhensibles que si les bénéfices qu’il produit restent aussi chez nous avec l’impôt correspondant. Parce que si, au contraire, les bénéfices s’en vont dans les paradis, le cercle vicieux des dégradations des condition de travail ne se justifie plus. C’est de l’exploitation pure et dure comme au bon vieux temps.
    La réalité c’est que la fraude est la règle du jeu. Ceux qui sont respectueux du droit et de la justice, comme nous, sont les dindons de la farce. Ils n’ont rien compris. Ca veut dire nous n’avons rien compris, les autres oui, parce que la fraude est encouragée de tous les côtés.
    Est-ce que les entreprises fraudent : oui toutes. Est-ce que les institutions religieuses fraudent : oui toutes.  Est-ce que les riches fraudent : oui tous. Est-ce que les banques fraudent : oui toutes. Est- ce que les administrations, les ministères, les collectivités  fraudent : oui tous et toutes. Est-ce que les pauvres fraudent : ben non, avec quoi voulez-vous qu’ils fraudent.
    Je suis sûr que vous avez compris.
    Michel Costadau
  • Ouragan

    Ouragan

    Quelle leçon les pouvoirs publics vont-ils bien pouvoir tirer de la dévastation que viennent de subir les Caraïbes, et de celles à venir. En fait, les pouvoirs publics sont, à quelques exceptions près les politiques, et comme vous le savez avec eux il faut se méfier. En fait ce que je redoute c’est que les habitants reçoivent une aide juste pour reconstruire les bicoques en tôle ondulée qui viennent de s’envoler, et quelques fois avec eux dedans et qui s’envoleront donc encore la prochaine fois.
    Si on prend les choses rationnellement, il me semble qu’il y a trois aspects, d’abord la prévention, ensuite l’anticipation et enfin le rétablissement.
    La prévention est quasiment inexistante puisqu’il n’y a aucune norme de construction ou d’infrastructure appliquée pour de tels cas. Qui plus est, nous savons très bien la complaisance avec laquelle lesdits pouvoirs publics autorisent des constructions. De plus, il n’y a pas que les habitations qui sont concernées, mais aussi les réseaux, électricité, eau, téléphone y compris internet ainsi que la présence, et en l’occurrence l’absence, de zones sécurisées.
    L’anticipation, c’est-à-dire le temps d’avance que l’on se donne pour diminuer l’impact de l’évènement par sa prévision est, jusqu’à maintenant, essentiellement basée sur la météo et consiste surtout à déplacer la population.
    Quand au rétablissement c’est, aussi, un domaine consternant  puisque je crois qu’il n’existe même plus de plans ORSEC ou similaires, et les réponses relèvent plutôt de bouts de ficelles ou de  mesures complètement inadaptées comme les interdictions diverses, y compris de circuler, qui pleuvent dans ces cas-là.
    D’ailleurs, je viens de voir dans Acteurs Publics du 13 septembre la « Nomination d’un délégué interministériel pour la reconstruction de Saint-Martin et Saint-Barthélémy » preuve s’il en est que non seulement rien n’était prévu, mais que l’on reste dans le domaine archi-dépassé de la technocratie.
    Déjà on peut voir qu’il y a une leçon qui n’a pas été tirée, c’est le fait que les politiques continuent à être les passagers clandestins de l’aide et font à eux seuls l’information bien avant le contenu de l’assistance. Peut-être même servent-ils à masquer ces contenus. De là à dire que les politiques utilisent les circonstances et le malheur des victimes pour se propulser sur le devant de la scène, il n’y a qu’un pas que je franchis sans difficulté tant est honteuse la compassion hypocrite dont ces gens-là font preuve.
    Je crois que l’on est dans un des domaines favoris de la technocratie, à savoir les effets de pointes. Par exemple, aujourd’hui j’ai déjeuné dans un relais sur l’autoroute de Bordeaux et j’ai attendu trois quarts d’heure pour être servi tant il y avait de monde. Cependant, quand j’ai eu fini de déjeuner, il n’y avait plus personne faisant la queue, et si j’étais arrivé à cette heure-là je n’aurais eu aucun temps d’attente.
    Et nous voyons donc une des lois fondamentale de la technocratie qui est de ne jamais dimensionner quoi que ce soit sur le maximum d’utilisateurs ou d’utilisation mais seulement sur une moyenne, voire sur le minimum. Les pics sont alors censés durer peu de temps et amener les gens à adapter leur comportement en conséquence. Seulement, on a ainsi un nombre incalculable d’heures perdues dans les embouteillages, dans la queue à l’hôpital, aux guichets …et de nombreuses victimes.
    Il y a cependant des cas où le dimensionnement est sur la pointe, par exemple l’électricité. En effet, aujourd’hui personne n’accepterait que le courant disparaisse 12h/jour de novembre à mars à cause de la trop forte demande.  On voit donc bien que quand c’est nécessaire, ils savent faire alors pourquoi pas contre les ouragans. Vous n’y croyez pas, euh… moi non plus.
    Michel Costadau
  • Les US

    Les US

    C’est en lisant « Le Christ à la carabine » de Kapuscinski que je me suis, à nouveau, interrogé sur les différents niveaux d’accès à la réalité que nous avions. Autant dans tout le volet sur les Palestiniens je suis en terrain connu : attentats sionistes, déplacements de population, et autres guerres : en gros l’Etat voyou d’Israël et son soutien occidental, autant sur l’Amérique Latine je redécouvre les bains de sang et le colonialisme US.
    Ma première réaction est de me dire que la haine pour les US de cette population latine mais surtout indienne, doit être quelque chose d’énorme, car on ne fait tant de mal pendant si longtemps sans conséquences. Je me demande d’ailleurs s’il ne faut pas lire le Venezuela à cette aune-là.
    Ma seconde réaction c’est l’incroyable double jeu US sur la démocratie. D’un côté, voila un pays soit disant libre, où même les policiers sont élus, défenseur acharné des droits de l’individu, et de l’autre côté, une machine à fomenter des coups d’Etat, à établir et maintenir des dictateurs, à piller les ressources en exploitant une population maintenue dans l’illettrisme.
    Par quel mécanisme invisible  les US sont-ils devenus la référence du monde libre, du monde démocratique ? A bien y regarder, tout dans leur histoire est antidémocratique et dictatorial. De la sanglante conquête de l’Ouest, à la chasse aux communistes, en passant par la prohibition et la Guerre de sécession, tout n’est qu’hypocrisie à base religieuse et mafieuse. Un pays uniquement basé sur l’argent. On découvre aujourd’hui, avec stupeur, que chez eux, les noirs sont encore une sous-classe sans droit de vote et d’éligibilité, que les policiers ont le droit de tirer dans le dos sans être jamais inquiétés, que la coupure entre les possédants disposant du pouvoir et les autres, obligés de vendre leur maison pour soigner leurs enfants est un fossé insondable. Et ce fossé continue à s’agrandir, l’élection de Trump par des petits blancs racistes en est la preuve.
    Par quel mystère avons-nous pu être abusés à ce point.
    Il faut admettre que seul un puissant et constant  matraquage médiatique peut orienter ainsi nos opinions. Ce matraquage existe bel et bien et, on l’a déjà évoqué, s’appelle les médias. Les médias nous vendent seulement leur réalité. Et l’on comprend aussi pourquoi ces médias sont possédés par la finance.  Hélas ce matraquage non seulement continue, bien sûr, mais clairement il concerne bien d’autres domaines que le maquillage du rêve américain. Pour moi, d’une manière symbolique, le cœur de cette bataille est le PIB.
    Comment peut-il se faire que nous soyons attachés à la progression de cet indice aux mains de la finance. Qu’est-ce qui progresse quand le PIB augmente et qu’est-ce qui régresse quand il diminue. Le PIB n’empêche ni le chômage, ni la misère, ni l’insécurité. Alors à quoi sert-il ? Je pense que le système lui-même ne sait pas répondre à ces questions. C’est du domaine de la croyance. Exactement comme la conquête de l’Ouest, horrible guerre américaine mythifiée à souhait et qui n’a, en fait, pas d’autre but que la fuite en avant. La fuite en avant est la seule loi des US. La fuite en avant est le dénominateur commun de notre monde.
    Par exemple, on essaie de nous maintenir dans l’idée qu’un pays, qu’une entreprise, croît quand son chiffre d’affaires augmente. Mais ces chiffres-là ne concernent que les actionnaires. Tous les jours on peut voir que la valeur d’une entreprise n’a pas de rapport avec son chiffre d’affaires. Une entreprise s’achète et se vend entre 0 et 100 fois son produit annuel. Ce qui veut dire que bien d’autres facteurs entrent en jeu pour déterminer son prix.
    Tout ça pour dire que la réalité est quelque chose qui nous échappe de plus en plus. D’ailleurs, le business parle maintenant de réalité augmentée, de reality show, de réalité virtuelle. Et les médias nous proposent de la téléréalité.
    Euh, est-ce que vous avez bien compris que c’est de nous qu’il s’agit.
    Michel Costadau
  • La Guerre

    La Guerre

    Voilà, on va parler des attentats et pas dans le sens du poil. Pas du tout. On va parler de notre monde et de ses nombreux accidents. Qu’est-ce qui est plus grave, à supposer que grave soit approprié, Fukushima ou Barcelone, l’automobile ou le terrorisme.
    A  Barcelone, les enquêteurs ont mis au jour une douzaine de cellules djihadistes, et à Wolfsburg les enquêteurs ont mis au jour une manipulation du logiciel de mesure de la pollution sur des millions de véhicules.
    A Barcelone, l’enquête démontre que les terroristes préparaient d’autres attaques, et à Wolfsburg les enquêteurs ont établi que tous les autres constructeurs automobiles avaient des procédés similaires de piratage des normes.
    A Barcelone, on est sous le choc disent les médias, et  à Wolfsburg avec les médias on sable le champagne de premier constructeur mondial.
    Oui j’en ai assez de la sauce aux attentats qu’on nous sert pour justifier encore plus de répression dans nos existences déjà laminées par  l’argent. Et cette sauce n’a qu’un seul but : stigmatiser la population et surtout les musulmans pour de pures raisons de pétrole et de guerre de religion. Poursuivre les terroristes, démanteler les réseaux, ok,  pour….pour sauver des vies humaines. Parce que les noyés de la méditerranée, les famines du Soudan, les asphyxiés du Sin-Kiang, les morts de la route, ce n’est pas des vies humaines, c’est quoi alors ?
    Oui il y des attentats, eh bien y a pas de quoi en faire un plat. Notre société, ou plutôt notre monde est accro à l’accident. Les attentats ne sont qu’un des modes de fonctionnement de notre société.
    L’accident c’est la mort brutale de gens qui n’avaient rien demandé. Dans les années 50, l’automobile tuait 17 000 personnes par an, oui pas 170 mais 100 fois plus. Je ne me souviens pas que l’on ait montré à la une des journaux ces accidents avec avocats, procès et comptes rendus. Je ne me souviens pas qu’il y ait eu des descentes de police dans les usines ni de bronca sur les voitures avec pressions morales pour dénoncer ce crime organisé.
    Vous voulez des pressions morales. Je cite « En Belgique, les enseignants d’une école maternelle tirent la sonnette d’alarme après avoir découvert certains signes de radicalisation dans le comportement d’enfants inscrits dans l’établissement, a rapporté lundi le quotidien belge Het Laatste Nieuws. ». Horreur.
    La route aujourd’hui c’est 3000 morts par an, oui pas 30 mais 100 fois plus et c’est dans la rubrique faits divers et chiens écrasés. Et pourtant beaucoup de jeunes vies ont été fauchés par ces chauffards qui, sans vergogne, s’émeuvent maintenant des filières de Syrie où l’on bombarde comme à l’entraînement et du Maroc où l’on viole et torture en toute impunité.
    Je ne sache pas que l’on n’ait jamais voulu éliminer la voiture, sauf les écolos pour respirer l’air pur de la campagne dans leurs centres-villes. Non, on nous a fait accepter les accidents de la route, en nous vendant l’amélioration de la sécurité, les autoroutes, les radars et autres galéjades. D’ailleurs maintenant il serait plutôt question de pollution et de particules fines que d’accidents.
    Alors voilà le constat : clairement  le capitalisme, maintenant mondial, est incapable d’assurer une vie normale sur notre terre. Il ne sait fabriquer que du malheur, des inégalités, de l’injustice, des réfugiés. C’est une continuation de la maudite conquête de l’Ouest avec ses massacres de millions d’Indiens. Un bon Indien est un Indien mort, un bon terroriste est un terroriste mort. Un bon opposant est un opposant mort. Sans remords mais les yeux fermés.
    Parce que les yeux ouverts on voit partout des sans-abris, partout des enfants malmenés, en Ethiopie ou au Venezuela mais aussi à Calais et à Budapest. Des millions de déplacés, d’immigrés, partout des massacres, des murs, des conflits, des exécutions et des camps, oui chez nous des camps et derrière les barrières ce ne sont pas des  pintades c’est des hommes comme vous et moi. Vous osez appeler ça un monde harmonieux et fait pour l’homme. Moi non.
    Le capitalisme mondial ne connaît qu’un traitement : son seul médicament c’est la guerre. Oui la guerre. On nous fait vivre dans la guerre, dans la haine, dans l’égalité des chances du plus fort. Aujourd’hui se préparent les guerres de demain en Asie, en Amérique et même en Europe. Tout ça pour pouvoir piller tranquillement la planète. Aujourd’hui, les plans de licenciement s’appellent plan de sauvegarde de l’emploi, le sabordage de l’air s’appelle marché du carbone et la disparition de la biodiversité, c’est-à-dire de la vie, s’appelle croissance ou même progrès. Le travail des enfants s’appelle délocalisation. Le trafic d’organe s’appelle médecine. Et le trafic d’esclave s’appelle marché du travail. Vous aurez beau vous cacher derrière des ONG, du bénévolat ou des manifs, il n’y a qu’un seul système capitaliste et il ne s’arrête pas à votre porte. Pas à la mienne non plus bien sûr, mais moi j’ai honte, je crie, car je ne sais plus où me mettre. Alors je le dis.

    Michel Costadau

  • Composition

    Composition

    La mode est à la composition. Il paraît que nous sommes en train d’assister à une recomposition du paysage politique. Vous noterez que quand je dis assister c’est bien pour marquer que l’on attend de nous que nous soyons des spectateurs et non des acteurs. Sauf que justement, pas de bol, c’est nous qui votons. Et c’est donc nous qui devrions être acteurs. Au lieu de ça on assiste à un spectacle son et lumière donné par la classe politique et dans lequel le seul rôle qui nous reste c’est d’applaudir et dire encore encore.

    Alors, que les électeurs veuillent sortir du jeu le PS et LR, ça c’est vraiment bien et c’est ce que je demande depuis plusieurs années. Mais qu’ils veuillent les remplacer par les mêmes, là y a un truc qui m’échappe, parce que ce n’est pas tel ou tel parti mais c’est la classe politique qui pose  problème, et les mêmes étant les mêmes je ne vois pas où est le bienfait. Il est vrai que le schisme vient d’en haut, le même étant le même. Si en plus on parle de lui comme du dauphin, je me demande dans quel régime nous sommes tombés.

    Bien sûr, et heureusement, il y en a quelques uns qui disent assez assez, mais ceux-là n’ont pas leur place dans les médias. Ou plutôt si, ils ont leur place mais uniquement pour les critiquer et jamais pour faire sérieusement état de leurs arguments. D’ailleurs il n’est plus question d’arguments il n’est question que de publicité.

    Dans ce genre, le dernier truc que je viens de lire me laisse pantois : « Le gouvernement a préparé minutieusement les 100 jours après les législatives ». C’est présenté comme une information au même titre que les morts de Téhéran. Et pourtant c’est le top de la désinformation.

    D’abord, ça ignore l’étape législative, comme si le résultat était déjà acquis, à savoir une majorité présidentielle de godillots. Du coup, l’élection législative, c’est-à-dire le choix de la représentation populaire devient un évènement mineur, comme s’il n’y avait plus d’élection. Et un pays dans lequel il n’y a plus d’élection, je ne sais pas comment l’appeler, mais certainement pas démocratie. D’ailleurs j’ai lu aussi que dans l’attaque sur Raqqa il y avait les Les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes, c’est vous dire où va se nicher la démocratie.

    Ensuite, ça ressemble à un scoop : quelqu’un de très bien informé dévoile presque une botte secrète : des chose sont préparées, on ne sait pas lesquelles mais elles sont prêtes. C’est rassurant. Ca ne sera pas la pagaille. Un programme va se dérouler. Heures après heure, jour après jour tout est prévu. On ne sait toujours pas quoi mais c’est prévu, et c’est ça qui est important parce que ça veut dire que la situation qu’on ne connaît pas non plus est maitrisée d’avance. 

    Enfin c’est une prouesse de désinformation : ce n’est pas le contenu qui compte, c’est la forme, l’image évoquée, le message subliminal. On dirait de l’info mais ce n’est que de l’intox. On a déjà dit que les médias sont aux mains de la finance et qu’ils nous font croire ce qu’ils veulent, mais on doit aussi rappeler que les Français sont des veaux, si non ça ne marche pas. Elevés sous la mère, label rouge – belle arnaque ça aussi-, et bientôt bio, mais des veaux quand même.

    Du coup, en fait de recomposition, c’est plutôt de la composition. J’espère que l’on n’est pas en train de retourner au parti unique, comme en 58. Parce que, absence d’élections, parti unique et président non responsable, c’est exactement le tiercé gagnant de la dictature. Dictature de la finance bien sûr mais dictature quand même, comme en Afrique.

    Alors avec notre famille politique régnante ce serait bête qu’on nous confonde avec les régimes africains. Il est vrai que c’est nous qui les avons inventés mais il n’y a pas de quoi être fiers.

    Et puis, après tout, pourquoi ne pas être en accord avec la réalité. Ce n’est plus l’Europe de l’Atlantique à l’Oural, c’est la finance de Paris à Dakar.

    Michel Costadau