Catégorie : International

  • Compatible

    Compatible

    Tout le monde voudrait bien que Google soit moins hégémonique … mais tout le monde s’en sert. Tout le monde sait bien que les moteurs de recherche et les réseaux sociaux utilisent les données privées à des fins commerciales ou politiques… mais tout le monde s’en sert. Et pourtant il n’y a pas, là-dedans, une schizophrénie cherchant à se faire mal volontairement. Pas du tout.

    Non il y a le poids, la pression, la puissance, les moyens gigantesques et la volonté d’écrasement monopolistique de structures entièrement tournées vers l’argent. Faire de l’argent avec l’argent, c’est la martingale du fou.

    Si je vous dis ça c’est parce qu’il y a d’autres personnes pleines de bonne volonté qui essayent de contrer la toute puissance de ces sociétés et de faire des logiciels libres, des bases de données libres.

    Le but est d’offrir les mêmes services que les grands, pour pouvoir  s’en passer. Pour cela, ils développent donc des moteurs ou de réseaux alternatifs, qui ne prélèvent aucune donnée privée, qui ne sont protégés par aucune licence et qui ne vendent aucune donnée. Et même quand ils utilisent Google, ils brouillent les pistes pour qu’on ne puisse pas accéder à l’utilisateur et donc ne recueillir aucune information à des fins commerciales.

    L’idée est excellente mais, rêvons un peu, si le succès était au rendez-vous, il y aurait le risque de devenir calife à la place du calife. Et ces gens-là en sont conscients, parce que faire une alternative à gGogle, partagée par presque tous les internautes, ça revient à conquérir le pouvoir que l’on voulait lui retirer. C’est presque cornélien ce truc et ça me rappelle quelque chose.

    Alors l’idée qui leur est venue est de faire local, c’est-à-dire de créer autant de petits moteurs ou de petits réseaux qui se répartissent le travail, voire  se connectent entre eux. Cette notion de répartition pour contrer la centralité est très à la mode de nos jours, que ce soit pour les ventes paysannes par rapport aux centrales d’achat, pour les monnaies alternatives par rapport à la spéculation, pour le stockage personnel par rapport au cloud ou même pour les produits éthiques par rapport à l’exploitation humaine.

    Seulement voila, ça ne marche pas. Je veux dire que si l’ennemi c’est Google, ses méthodes et ses affiliés, eh bien ça ne le gêne pas le moins du monde. A vouloir rester petit, même s’il y a beaucoup de petits…. on reste dans des niches que justement Google aurait du mal à investir. En fait c’est complémentaire, on va dire que c’est compatible. C’est Google compatible, comme les OGM de Bayer.

    En réalité,  la seule manière de développer cette approche par répartition pour qu’elle concurrence vraiment les sociétés commerciales, serait de changer les mentalités pour que tout le monde cherche à se passer des hégémoniques. Seul le changement de mentalité peut permettre de modifier les comportements marchands.

    Alors ça me rappelle le dilemme du dernier billet sur la prise du pouvoir pour changer le pouvoir. On comprend bien du coup que tous les discours des partis ont pour seul but la prise du pouvoir et n’ont aucune chance de changer quoi que ce soit, puisque : soit ils deviennent seulement calife à la place du calife et rien ne change, soit ils ne cherchent pas à prendre le pouvoir et alors ils sont « pouvoir compatible » et ne servent que de faire-valoir.

    Ce n’est plus cornélien, c’est élémentaire.

    Et c’est pourquoi il me semble que ma méthode de la privation de pouvoir est prometteuse.

    Michel Costadau

  • Assass

    Assass

    J’ose pas parler de Gaza, ni des US, j’ose pas parler de NNDL, ni de la SNCF, ni d’Air France, j’ose pas parler de l’Iran, ni de la Corée, j’ose pas parler de la Syrie, ni de la Turquie, ni du Yémen, j’ose pas parler de l’Afghanistan, ni de la Birmanie, ni du Mali, ni de l’Indonésie, ni du Guatemala. J’ose pas.

    J’ose pas parler parce que j’ai honte, j’ai honte et je suis effaré, j’ai honte et je suis impuissant. J’ai honte et j’ai mal, oh pas physiquement, mais pour tous ces assassinats à ciel ouvert, toutes ces tueries.

    J’ai mal pour tous ces mensonges répétés à longueur d’images, de radios et de journaux. J’ai mal de l’avarice et de l’hypocrisie des nantis sur leurs avantages, leur pré-carré, leurs distractions, leurs possessions et leurs privilèges. J’ai mal du cynisme hallucinant et de la perversité de nos élus, élus soi-disant démocratiquement, en France, aux US, en Israël et ailleurs. Nos élus il y a là un possessif qui coince. Ils ne sont pas à nous, ça c’est sûr.

    Qui peut encore croire que ces élus défendent la population. Personne, personne sauf ceux à qui ça profite, sauf ceux qui sont du bon coté de la hache quand elle tombe sur les têtes des jeunes, des femmes, des enfants et des vieux aussi c’est vrai. Non le monde n’est pas partageur, n’est pas secourable, n’est pas humain.

    Notre monde, là aussi le possessif est de trop, ce n’est pas notre monde c’est leur monde. Leur monde à ces ignobles rapaces, profiteurs, actionnaires qui riment avec tortionnaires. Oui ça rime et ça va mal.

    Aujourd’hui il y a comme une exacerbation des conflits, une montée des pressions. La dinguerie -tm- du monde s’accélère et ça devient inquiétant. Pas besoin d’avoir été à l’école pour voir que le conflit syrien est au centre d’une lutte Est-Ouest. US contre Russie. Monde contre monde.

    Au centre c’est Israël contre Iran, avec entre les deux Syrie et Irak. Irak les US y sont déjà, Syrie encore à l’abri de la Russie, mais où US et Europe frappent tranquillement. Y a pas que ça : Turquie du coté Iran, Egypte du coté Israël,  Lybie déjà détruite, Tunisie, Algérie sous contrôle français, le reste ne compte pas. Inde plutôt US, Moyen-Orient plutôt Russie. La Syrie est donc seulement un champ de bataille. Les cartes sont battues et les assassins sont en place.

    Alors ça pourrait bien dégénérer. Parce que c’est exactement les uns contre les autres. Et c’est le fonctionnement des dominants. Leur fonctionnement c’est la guerre, pas entre eux, entre nous.

    Alors on pourrait parler d’autres choses, je rigole, ah oui des mariages enrubannés, du festival des canettes, de la trois milliardième réformette de l’apprentissage des languettes.

    Oui et d’ailleurs c’est de ça dont ils parlent dans leur monde à eux, celui où il est possible de tuer sans être puni, celui où l’argent peut tout, c’est-à-dire assassiner, encore assassiner pour dire : voyez j’ai raison.

    Michel Costadau

  • Gaz

    Gaz

    D’habitude c’est moi qui vous explique les trucs, mais là je vous demande votre avis : en quoi est-il mieux de larguer, sur des populations, des bombes ou des gaz ? Excusez-moi, je ne vois pas bien clair sur ce sujet. Les deux ont pour objet de tuer et de détruire. Vous allez me dire que les gaz ça ne tue que des gens alors que les bombes ça détruit aussi des bâtiments et ça fait des réfugiés. Bon et alors, c’est ça votre réponse ? Je ne vois pas ce que ça change. Une bombe est une bombe, une cible est une cible, une victime est une victime, je n’arrive pas à sortir de là. C’est vrai que le gaz c’est pas très propre, mais les bombes c’est pas vert non plus.

    En plus, larguer de bombes ou des missiles pour punir ceux qui ont lancé des gaz, ça vous fait pas un peu drôle ? Ca fait truand marseillais en plein règlement de comptes, non ? A quoi ça rime de punir quand la sanction est plus dommageable que la faute. Et puis qui décide ce qui est une faute ? Un tribunal, une instance internationale, un aréopage de sages âgés ? Les médias ? Personne ?

    En plus je me demande si dévaster sans rien défendre, gagner ni conquérir, à quoi ça rime. A montrer ses muscles comme à la foire. A bruler des munitions pour satisfaire le PIB. Ou bien à entrainer la soldatesque mais dans quel but ? Serait-ce nous qui sommes visés ?

    Ca fait beaucoup de questions mais, par contre, ce que je comprend bien c’est que nous faisons la guerre par procuration. Il est complètement faux de dire que les Français se battent ici ou là. Aucun Français ne se bat, car honnêtement les Français ne sont plus concernés que par des sondages et il n’y a aucune mobilisation de la population, je ne dis même pas les armes à la main, mais au moins dans des comportements de participation.

    Clairement, nos combattants sont seulement des gens payés pour ça, comme les mercenaires de la Renaissance. Et aux ordres de qui sont-ils ces vaillants guerriers ? Certainement pas à nos ordres, même pas à celui de notre représentation ex-démocratique alors ….. ben oui ils sont aux ordres de la finance qui nous gouverne. Là ça me fait vraiment mal que la finance joue au train électrique sur notre pauvre planète. Bien sûr nous n’avons aucun moyen de les en empêcher mais je crois que ça on pourrait, on devrait le changer. Comment ? Encore une question.

    Ce qui me gêne aussi c’est que, ailleurs, c’est vrai qu’il y a des gens qui se battent pour eux, il y a des populations mobilisées, il y a des guerres de libération, d’indépendance. Mais tout est recouvert par la finance du manteau du terrorisme. Tous ceux qui luttent contre la finance sont traités comme des terroristes. Les grévistes sont qualifiés de saboteurs, les zadistes de rebelles, les manifestants de casseurs, les opposants de traîtres et les pauvres de repris de justice. C’est à se taper la tête contre les murs, et le mur de la finance est dur alors on se fait mal.

    Nous sommes en pleine guerre et personne ne sait comment l’arrêter. Moi j’ai une petite idée, vous la connaissez, mais elle est encore peu partagée.

    Michel Costadau

  • Raciste1

    Raciste1

    -Attends là qu’est-ce que tu viens de dire ?
    -Je viens de dire que tous les hommes sont frères,
    -Gloups, je croyais avoir mal entendu,
    -Oui tous les hommes sont frères,
    -Euh tu blagues hein, même les Arabes ?
    -Oui les Arabes sont nos frères,
    -J’y crois pas, même les Chinois, ça c‘est pas possible,
    -Si, les Chinois sont nos frères,
    -Oh putaing, pas les noirs quand même, n’importe quoi ?
    -Si, les noirs sont nos frères et même, pas de bol pour toi, nous descendons tous des noirs,
    -Là tu me fais marcher, nous tu veux dire, on a des ancêtres noirs,
    -Oui, c’est la migration des hommes vers le nord et un peu de génétique qui leur a donné la peau blanche,
    -Ah mais alors les Tartares c’est pas nos frères quand même ?
    -Bien sûr que si les Tartares sont nos frères, là c’est plutôt la migration vers l’est et un peu de génétique qui a fait la différence,
    -Alors, comme ça, on est tous frères,
    -Cousins si tu préfères,
    -Oui c’est mieux, mais à quoi ça sert qu’on soit tous frères,
    -C’est pour dire qu’il n’y a pas plusieurs races, il n’y en a qu’une, c’est la race humaine : homo sapiens sapiens,
    -Mais pourtant il y a bien du racisme quand même,
    -Ah ça oui, le racisme c’est toutes les dérives pour permettre que certains se croient supérieurs aux autres, les ethnies, les peuples, les tribus et même le sang,
    -Ah mais on n’est pas tous égaux quand même, y en a des plus rapides et des plus intelligents, non ?
    -Oui bien sûr, mais le racisme c’est quand certains basent leur supériorité sur une particularité physique, mentale ou génétique, par exemple être blanc ou peul,
    -Etre blanc c’est pas un défaut quand même,
    -Non, c’est un profil génétique et il y a beaucoup de profils génétiques dans l’espèce humaine et donc beaucoup de différences,
    -Tu veux dire que la différence est source de racisme,
    -Oui parce qu’on parle de race de chevaux, de chiens ou de blé obtenus par croisement et sélection, alors certains ont voulu voir des races chez les hommes, par exemple avec la noblesse ou le droit du sang,
    -Alors il n’y a pas plusieurs races d’hommes,
    -Non il y a une seule race d’homme mais les blancs sont racistes, entre autres parce que pendant longtemps ils ont entretenu l’idée qu’ils étaient les plus civilisés sur terre. Remarque que les Aborigènes faisaient exactement pareil,
    -Les quoi ?
    -Laisse tomber,
    -Tu veux dire que le racisme c’est moderne ?
    -Non, peut-être pas, mais le racisme actuel est surtout lié aux à la prise de pouvoir des religions,
    -Alors là je t’arrête, parce que être tous frères c’est pas un peu catho ça ?
    -Oui c’est le discours des cathos, mais en vrai les religions soutiennent qu’il n’y a qu’une seule vraie religion, la leur. C’est le moteur du racisme,
    -Tu veux dire que les guerres de religion c’est du racisme,
    -Exactement, car quand on veut justifier une guerre ou une colonisation, il faut trouver un mobile, par exemple les convertir à la vraie religion,
    -Mais il n’y a pas de religion supérieure aux autres,
    -Bien sûr que non et il n’y a pas d’hommes supérieurs aux autres mais le principe  de supériorité a pour objectif la domination. Et c’est aussi le remède suprême à la médiocrité,
    -Alors, si j’ai bien compris, les racistes sont des minables, mais c’est quand même nos frères ?
    -Ben oui.

    Michel Costadau

  • Secteur

    Secteur

    Est-ce qu’un vote doit toujours concerner tous les électeurs ? Disons, plus précisément, est-ce que tout ceux qui ont le droit de vote peuvent voter tout ? Spontanément vous allez me répondre ben oui, quand t’es inscrit t’as le droit de voter. Mais on est ici pour réfléchir alors réfléchissons. Attention je ne parle pas du refus de vote, je parle du contraire de l’interdiction de vote, c’est-à-dire de la pertinence du vote pour certains électeurs. Par exemple, quelle est la place des hommes dans un vote sur le droit à l’avortement. Hein ? Eh oui, il est clair qu’ils ne sont pas concernés. Je veux dire : quels droits peuvent ils acquérir ou refuser avec ce vote. Strictement aucun ou alors celui de décider à la place des femmes ce qui est bon ou pas pour elles. C’est d’ailleurs une attitude assez générale qu’ont les hommes de répondre à la place des femmes et je me demande s’il ne faudrait pas changer un peu ces mauvaises habitudes patriarcales, entérinées par la loi en plus. Ouille ! Pour la suite on va dire qu’un vote où certains électeurs n’ont pas le droit de voter, par exemple quand seules les femmes votent, s’appelle un vote sectorisé.
    Et très actuellement, outre l’Irlande, il me semble que ce type de vote pourrait concerner aussi la Hongrie, la Pologne et quelques autres. Et je ne parle pas de la purification ethnique dans les Balkans.
    En fait il y a déjà eu des cas récent de vote sectorisé, c’est-à-dire où le vote n’a pas concerné tout le monde. Par exemple le « référendum » sur NDDL où seule la Loire Atlantique a voté, alors que le projet est national. C’est clairement un vote sectorisé ? En effet pourquoi la Loire Atlantique et pas la France entière ou la région Pays-de-Loire, ou même la seule ville de Nantes qui est la plus concernée par les avions. Pourquoi ? Eh bien ça s’appelle un choix politique. En l’occurrence c’était vraiment un mauvais choix.
    Revenons au vote sectorisé pour voir comment on pourrait l’utiliser…s’il existait. Vous le savez, le monde actuel est aux mains de la finance et les riches font ce qu’ils veulent sans tenir compte le moins du monde ni des lois ni des pauvres. Et donc on pourrait imaginer que les riches n’aient plus le droit de voter puisque déjà riches. Alors seuls les pauvres voteraient et, toujours en imagination, on pourrait penser qu’ils votent pour ceux qui les sortiraient de la misère. Ce qui fait qu’à la fin plus personne ne voterait, mais ce serait une bonne fin parce que tout le monde serait riche.
    Bof à vrai dire je ne sais pas si c’est une bonne chose que tout le monde soit riche. Et en fait ça n’a aucune chance d’arriver. Pourquoi ? Eh bien parce que les riches ont envie de rester riches et ils savent très bien qu’ils ne sont riches que parce qu’il y a des pauvres. On peut dire que les riches entretiennent les pauvres, comme les fourmis entretiennent des pucerons, parce qu’ils en ont besoin.  Par contre, l’idée n’est quand même pas si farfelue, parce que je ne pense pas que les riches tiennent plus que ça au droit de vote. Ils ont déjà les médias, les candidats, l’argent et prônent cette notion catastrophique que voter c’est donner son avis. Ca fait longtemps que les élections sont pour eux un problème résolu et sous contrôle.
    Michel Costadau
  • La République et la Couronne

    La République et la Couronne

    Quand je lis dans les romans policiers anglais que les constables sont au service de la Couronne, ça me hérisse au plus haut point car il n’y a aucun honneur à servir les têtes couronnées tout au contraire. Mais en y réfléchissant je me suis rendu compte que, chez nous, nous avions remplacé la Couronne par la République. Aïe. Et ça m’a fait tilt. Est-ce que c’est mieux ? En plus notre République est représentée par une blonde avec un bonnet phrygien ou une matrone au sein nu ou un profil grec, enfin quelque chose qui ne s’appuie pas sur le meilleur du féminin.
    Bon la Couronne. Mettre ses qualités, son énergie et ses revenus au service de cette bande de profiteurs et d’écorcheurs du peuple que sont les rois, les reines et leurs semblables c’est indéfendable. Car sous la couronne il y a directement des personnes physiques, de vrais parasites autoproclamés. On peut faire ce que l’on veut dans la vie, mais perdre toute respectabilité en s’inclinant obséquieusement devant des puissants inutiles et méprisants c’est trop, beaucoup trop. Même petit, même faible on peut, on doit avoir sa dignité et le minimum de quant à soi qui permet de prétendre au titre de personne humaine et non de caniche.
    Alors la République. Bien sûr l’avantage de la République c’est que c’est un symbole et donc être à son service c’est servir des idées, des valeurs, c’est servir le bien public. Celà en théorie ou dans le passé, parce que pratiquement la République on ne sait quand même plus très bien ce que c’est ni qui c’est. C’est un peu le revers de la médaille. Hélas pour le QUI, on a une petite idée. Eh oui les ors de la République résidences, véhicules, avions, châteaux, tapis rouges et domestiques ne sont pas à la disposition de la population mais seulement …. des politiques.  Et ceux-là sont ils des travailleurs, des gens simples et de bon contact, élevant une famille dans les valeurs de la droiture, de la probité et du sens des autres ? Non, vous le savez bien, ce serait plutôt le contraire et alors c’est sûr qu’il y a un problème. Parce que du coup cette idée du bien commun, du bien pour tous n’a plus de sens. Puisque ce serait plutôt le bien pour soi.
    Alors, alors, alors comme toujours la réalité ne peut être évitée et il faut se rendre à l’évidence, la Couronne a son public. Elle distrait, elle fait rire ou pleurer une partie de la population. Mais aussi elle fait rêver. C’est là le secret, elle représente une compensation aux misères de la vie pour des gens eux-même malmenés. Bien sûr c’est ridicule et complètement négatif, c’est ringard mais c’est comme ça.
    Et donc, maintenant est ce que la République fait rêver ? Gloups. La République ne fait pas du tout rêver, elle a plutôt une image de guerre, de pauvreté, de naïveté échevelée et même d’injustice, car la balance qu’elle tient souvent à la main est lourdement plombée.
    Autant la Couronne est un modèle qui pourrait faire envie, autant la République est une chimère à laquelle personne ne souhaite ressembler. Elle ne sert qu’aux discours et encore de moins en moins.
    Que peut on conclure ? Bien sûr pas question de revenir à la Couronne, on a déjà donné. Maintenant comment rétablir ce souci du bien public dans notre caste d’égoïstes ? Comment redonner du sens au bien commun, au bien pour tous ? Comment, certainement pas en votant pour eux en tous cas.
    Michel Costadau
  • Euro 20

    Euro 20

    Allez, fini les rêveries ; on revient dans le dur, c’est-à-dire la politique, pour faire un petit balayage des 20 pays de la zone euro. C’est pas reluisant du tout. Je vois quand même six démocraties : Allemagne, Belgique, Grèce, Irlande, Italie, Portugal, mais trois pays voyous : Chypre, Luxembourg, Malte, un Etat religieux : Vatican, quatre Etats fascisants : Espagne, France, Lettonie, Lituanie et six pays populistes : Autriche, Estonie, Finlande, Pays-Bas, Slovaquie, Slovénie.
    Je suis sûr que vous êtes d’accord avec moi, mais je vais quand même vous donner quelques éléments.
    Quand je parle de démocraties je veux dire des pays où le parlement a le pouvoir, ou tout au moins compte beaucoup. Les bons exemples en ce moment sont évidemment Allemagne, Italie et Portugal. Parce que, ce que les médias nous décrivent comme blocages et impuissance sont seulement les nécessaires discussions entre représentants des diverses sensibilités de la population. Eh oui la population est partagée. Elle à le droit d’être représentée dans sa diversité et tous les mécanismes pour masquer cette réalité sont du domaine du fascisme. Cqfd. Certains ont des préventions à l’égard de la Grèce au prétexte qu’elle pactiserait trop avec le système. Ce n’est vraiment pas sérieux car tous les pays d’Europe non seulement pactisent, mais ont tous ce que j’appelle la religion du PIB. On y reviendra.
    Pour les Etats voyous, y a pas photo. Soit pour le blanchiment, soit pour les mafias, soit pour la corruption, ou pour les trois mon général, ce sont de tristes Etats dont personne n’est fier, mais dont tout le monde se sert.
    L’Etat religieux est une honte, sans commentaire.
    Les Etats fascisants dont nous faisons partie sont ceux qui ne jouent plus le jeu démocratique et sont aux mains de castes qui exercent un pouvoir presque sans contrôle. On peut aussi les caractériser par le fait que toute la classe politique et donc tous les partis sont très à droite, même ceux de gauche je veux dire. L’Espagne, en plus, montre une grande collusion entre l’exécutif et le judiciaire, indiquant bien ainsi qu’elle n’a pas digéré le fascisme franquiste et, à preuve, nous joue une pièce minable avec la Catalogne.
    Les Etats populistes sont des pays encore un peu démocratiques mais où les sentiments xénophobes de la population sont exacerbés et utilisés au lieu d’être discutés et contrebalancés. Dans ce cas ce n’est pas l’opinion qui gouverne, c’est la rumeur. En plus ils sont assez petits, avec des atouts touristiques exceptionnels, mais une histoire récente  très tourmentée.
    Au total, bien maigre bilan et en plus comme je l’ai dit tous ces 20 pays de la zone euro sont à fond dans le système. Et quand je parle de religion du PIB, c’est pour dire que toute l’action politique n’a qu’un seul but :  favoriser le développement de la finance. D’ailleurs il n’existe plus en Europe de partis en rupture avec le capitalisme, il n’y a que les habillages de la collaboration. Notons aussi que tous les dirigeants de tous ces pays ont une propension à savoir ce qui est bon pour la population, sans jamais tenir compte des mouvements, manifestations, pétitions, propositions, associations de ladite population. C’est de la science infuse ou …. du mépris.
    Maintenant si nous restons 5 minutes en France, nous pouvons constater que toutes les prétendues réformes gouvernementales ne sont que des leviers pour développer le business. Privatisations, dérégulation, allègement de la protection sociale, sabordage de l’école, utilisation de la pollution  et de normes comme arguments pour renouveler les véhicules, les installations industrielles ou agricoles. Tout est bon pour alimenter l’ogre dévorant de la croissance du PIB, qui aurait c’est vrai beaucoup de mal à progresser sans le soutien sans faille de nos classes politiques. C’est ça l’Euro.
     Michel Costadau
  • Questionnement

    Questionnement

    Je suis certain, même si vous ne le dites pas, que vous vous posez des questions, que vous avez des interrogations qui traînent comme ça dans vos têtes. Et vous avez raison. Je vais juste contribuer en vous donnant quelques unes des questions que je me pose moi aussi, auxquelles  je n’ai pas la réponse et qui n’en ont d’ailleurs peut-être pas. C’est du vrac. Y a pas d’ordre.
    Q1 : depuis l’origine de l’humanité, combien est-il né d’êtres humains et combien sont morts. Ce nombre de morts est-il supérieur ou inférieur à la population actuelle. En gros, est-ce que nous avons une parenté de plusieurs milliards ou dizaines de milliards de prédécesseurs qui sont déjà passés sur terre ou au contraire sommes nous le gros de la troupe ?
    Q2 : homme et femme sont les versions sexuées de l’espèce humaine, rien de compliqué. La question c’est : est-ce que la connaissance et la maîtrise actuelle des moyens de procréation  n’auraient pas tendance à faire que se profile une évolution distincte homme et femme, qui deviendraient alors deux espèces et non plus la même. Les femmes ne produisant plus alors que des femmes. La question se pose aussi de savoir si les mécanismes de reproduction sexués sont une bonne évolution de la vie ou une voie de garage ?
    Q3 : l’univers semble avoir deux extrémités qui ne sont pas de même nature, d’une part une origine il y a longtemps par une espèce de naissance explosive, et d’autre part un gigantesque volume actuel dont on ne connaît pas très bien la limite. Du côté de l’origine, la question pourrait être : y a-t-il un avant ce point de départ. Pour ça j’ai un semblant de réponse qui est qu’il n’y rien avant parce que le temps qui nous sépare de cette origine est, en fait infini, c’est-à-dire qu’on peut s’en rapprocher autant qu’on veut mais on n’y est pas encore, comme si le temps s’allongeait plus on s’en rapprochait. C’est une image bien sûr, mais en gros l’origine en question est très très très loin. Et puis c’est du passé et même si la compréhension de l’avant aide à comprendre l’après, ça ne changera pas la situation actuelle. Par contre, pour l’autre extrémité c’est plus embêtant et se pose la question de l’au-delà, pas le religieux mais le spatial. Les théoriciens nous disent que l’univers construit son propre espace pour dire que l’univers occupe toujours tout l’espace existant. Mais quand même la limite en question est liée au temps, c’est-à-dire  que l’âge et la distance sont une seule grandeur. Je ne suis pas tout à fait convaincu et je me demande quand même s’il n’y  a pas une frontière.
    Q4 : même isolés, les humains ont eu une évolution similaire. Par exemple le langage et l’écriture sont nés à plusieurs endroits en même temps et ont donc donné des langues et des écritures différentes. De même la phase médiévale avec seigneurs de la guerre, châteaux forts et servage a eu lieu un peu partout. Et ces diverses émergences se sont fécondées les unes les autres. Or maintenant nous n’avons plus qu’une seule civilisation écrasante et dominante sur terre, certes avec des survivances archaïques à pas mal d’endroits, mais qui sautent beaucoup d’étapes d’évolution que nous nous avons connues. Alors je me demande si cette unicité, cette réduction,  ne comporte pas une tendance à le stérilisation par manque de diversité.
    Q5 : il y a une situation paradoxale avec le vivant, parce que d’une part la durée de vie de chaque individu est assez courte, mais par le mécanisme de la reproduction notre espèce a une sorte de continuation qui pourrait durer longtemps. Comme une tendance à l’éternité. Par contre, notre planète et même l’univers, eux, ne sont pas vivants, il sont uniques avec un destin qu’on ne connaît pas trop mais qui ne comprend aucun mécanisme de reproduction. La question c’est pourquoi cherche-t-on de la vie, c’est-à-dire d’autres vies, dans l’univers. Euh pas moi, mais il y en a qui s’intéressent à ça. Alors ils cherchent de l’eau ou des protéines. Ma question c’est, chercher une vie assez semblable à la nôtre me paraît enfantin, parce que ce n’est pas les protéines qui nous caractérisent mais la notion d’éternité, ou plutôt de temps long, que je viens d’évoquer. Est-ce qu’il y a d’autres choses qui se reproduisent elles-mêmes dans l’univers, ça c’est une question.
    Bon tout ça en va pas vous empêcher de dormir. A suivre.
    Michel Costadau
  • Céline

    Céline

    Voilà un billet bien délicat à écrire, car je vais essayer d’expliquer pourquoi il aurait fallu republier les pamphlets de Céline. Vous le savez, ces écrits sont une accumulation de critiques et de haine des juifs et donc éminemment racistes. Délicat, parce qu’il est de nos jours devenu pratiquement impossible d’aborder le sujet de l’antisémitisme. Toute tentative en ce sens est immédiatement torpillée par une série de réactions, d’entretiens et de coups… de téléphone. C’est ce qui vient d’arriver à Gallimard, qui n’est pourtant pas le premier venu.
    Alors pourquoi aurait-il fallu republier ces textes ?
    D’abord la réponse et ensuite la démonstration. Réponse : fondamentalement, pour essayer de dénouer les non-dits de la période des deux dernières guerres mondiales, dont le refoulement est en grande partie responsable des discours populistes et de leur audience, et aussi pour comprendre le blocage politique de notre société.
    Démonstration : la première guerre a été une vraie boucherie. L’entre-deux-guerres un combat entre les peuple et les castes, c’est-à-dire entre les pauvres et les riches avec la victoire de ceux-ci, et la deuxième guerre un règlement de comptes entre impérialistes avec l’achèvement de l’hégémonie américaine. Du coup, le monde issu de la dernière guerre a jeté un voile sur notre histoire, dissimulant ainsi les comportements de nos concitoyens bien à rebours de la version officielle.
    Car, entre autres, pendant la dernière guerre, la France n’était pas tout entière rebelle aux forces d’occupation, essayant par tous les moyens de lutter contre l’envahisseur, avec détermination et conviction. Et non seulement la population ne s’est pas battue, mais certains ont même plutôt bien profité. En particulier, ce qu’on appelle aujourd’hui la ferme France, qui s’est honteusement enrichie. Le masque dont cette réalité a été recouverte a fait le lit d’une France honteuse de son passé mais ne pouvant en faire le deuil.
    C’est dans cette trame que s’est retrouvé Céline. Il a exactement vécu ou plutôt habité cette période, et ses écrits sont tout entiers marqués par la guerre et le racisme qui ont dévasté cette époque. Un écorché vif dans un monde de fous. Et il a écrit ou plutôt parlé de toute l’horreur que lui provoquait ce monde, et du coup de sa faible considération pour la condition humaine descendue si bas. Céline a été traversé par ces courants et ces luttes, il a été antisémite, il a été bolchevique, il a fait la guerre, il a été en prison, il été exilé et, sans cesse, il a crié que le monde allait à sa perte.
    Clairement, il est impossible d’envisager de se débarrasser de l’antisémitisme sans mettre sur la table les raisons qui l’ont provoqué et entretenu. C’est une grande introspection collective qui est nécessaire. Et non pas un ostracisme qui s’abreuve aux même sources que le racisme.
    C’est pourquoi il me semble que la réédition des pamphlets pourrait être l’occasion de remettre un peu à plat notre passé. Nous avons tout à gagner à reconnaître nos erreurs et à dénoncer ceux qui les ont ignorées ou en ont profité. Oui nous avons été collabos, oui nous avons été racistes, et du coup nous le sommes encore beaucoup trop.
    Alors bien sûr je  rêve, car il est probable que Gallimard en lançant son annonce ne cherchait qu’à faire vendre du Céline. Vendre, toujours vendre, quelle horreur.

    Michel Costadau

  • Bitcoin

    Bitcoin

    J’ai eu plusieurs questions sur les crypto-monnaies. C’est pas très intéressant, mais bon on y va.
    Est ce que le ₿ est une monnaie. Réponse : non. En fait, c’est d’une certaine manière de l’argent comme le sont les tickets-restaurant ou les jetons du casino, mais trop variable. Aussi ce qui lui manque c’est qu’il en est prévu une quantité limitée. Une monnaie ne peut pas obtenir de valeur par sa rareté et est donc par principe en quantité illimitée. Or, à l’heure actuelle, il semblerait que cette rareté lui confère une certaine valeur. Si jamais l’émission de ₿ pouvait recommencer, alors la question se poserait, mais ce n’est pas le cas pour le moment.
    Bon d’accord, mais alors si ce n’est pas une monnaie, qu’est-ce que c’est ?
    C’est, tout simplement, une valeur, peut-être comme l’or mais plutôt comme un objet d’art. Et une valeur ça peut varier. C’est le principe de la brocante. Certaines choses ont une valeur à un moment donné, d’autres pas. Pour fonctionner, la valeur a besoin d’échange. S’il s’échange beaucoup de ₿ ça vaut quelque chose, s’il n’y a aucun échange ça vaut zéro.
    Mais vous allez me dire qu’il y a aussi un aspect éthique et moral dans le ₿, ce serait comme de l’argent propre. Et du coup, certains se demandent si quand même ça ne pourrait pas remplacer l’argent créé par les banques. C’est vrai que le ₿ propose une traçabilité des transactions et, du coup, a un petit air de lutte contre le blanchiment et les trafics d’argent. Il se présente un peu comme un produit de supermarché avec sa date limite et sa teneur en divers ingrédients. Mais, hélas, il n’existe pas d’argent propre ; c’est un mythe désastreux, ça n’a même pas de sens. Il y a l’argent, point. Maintenant, si vous voulez discuter de la valeur du ₿ par rapport au $, abonnez-vous au Wall Street Journal plutôt qu’à non-vote2017.
    Et si vous me demandez, comme un tuyau de turfiste, s’il faut en acheter, je vous dirai non seulement de ne pas en acheter mais de vendre ceux que vous pourriez avoir.
    Dacodac, mais quand même c’est un moyen de paiement, c’est donc un peu de l’argent. Oui c’est un moyen de paiement, mais ce n’est pas de l’argent. Comme on l’a dit, ça a une certaine valeur mais ça ne devient de l’argent que quand il se monétise, quand il s’échange, se vend ou s’achète. C’est comme une action, ça vaut quelque chose uniquement quand on la vend ou qu’on l’achète. D’ailleurs, beaucoup de milliardaires le sont essentiellement à cause d’un stock d’actions. Et ça peut ne rien valoir. Une action est d’ailleurs aussi un moyen de paiement, pas pour faire les courses mais pour acheter ou vendre des sociétés. Le ₿ peut donc bien être un moyen de paiement, sans pour autant être de l’argent pas plus qu’une monnaie.
    Mais alors pourquoi dit-on que c’est une crypto-monnaie ? C’est un abus de langage qui veut indiquer que le coffre-fort des ₿, c’est-à-dire votre compte en ₿, est protégé par des codages cryptés en tous genres. Maintenant, si vous saviez ce que je pense réellement des codages inviolables, vous seriez peut-être moins rassurés.
    Enfin, pour finir, il n’est pas inutile de rappeler que, quand même, le coffre-fort des ₿ consomme énormément d’énergie, à cause de tous les centres de données et des heures de calcul que ça mobilise.
    Pour la planète, c’est très moyen.

    Michel Costadau