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  • Médias Lecture du journal

    Médias Lecture du journal

    Je vous avais promis, pour illustrer les mensonges des médias, de faire une lecture commentée et éducative d’un quotidien pendant une semaine. En fait ça se simplifie puisque Le Monde du vendredi 22 mai 2015 me fournit suffisamment de matière pour lui dédier un texte. Voici donc mes impressions brutes quand j’ai lu ce journal.

    En une « La cité syrienne de Palmyre aux mains de l’Etat islamique« , sur toute la page 2 « L’Etat islamique s’empare de Palmyre » et sur toute la page 18 « Il faut sauver Palmyre« . Sauver de quoi ? Là on est présence d’un syndrome classique de l’impérialisme occidental. Le patrimoine mondial appartient à l’occident, c’est notre propriété, culturelle certes, mais propriété quand même. C’est un reste de la colonisation. Donc quand on y touche on nous touche, on nous attaque et donc on se défend. Pas vous ni moi, mais la classe possédante et ses médias. Oui parce que Palmyre leur appartient. Vous, vous croyez que ça appartient aux Syriens, et bien non ça appartient à l’occident. On a même mis une étiquette de patrimoine mondial dessus, comme sur les oreilles du bétail. Pas touche c’est à nous.

    Par contre quand en France on démolit un site archéologique, ou une zone humide pour faire une autoroute ou un barrage, y a rien à dire, c’est le business alors c’est accepté, légalisé et béni. Quand au Brésil on rase la forêt amazonienne pour faire pousser du soja ou du maïs, y a rien à dire, c’est le business alors c’est accepté, légalisé et béni. Quand on donne des autorisations de forage, en Arctique, en baie de Somme ou en mer Noire pour extraire du pétrole ou du gaz pour nos petites cuisinières, y a rien à dire, c’est le business alors c’est accepté, légalisé et béni. Bon je crois que vous avez compris. Dans cette affaire il est important que les médias soient au service de l’argent pour délivrer le mensonge qui va bien. Le mensonge c’est de faire croire aux citoyens que l’EI menace quelque chose qui nous appartient, alors que c’est l’occident qui menace la planète avec sa fuite en avant. Le mensonge c’est de justifier notre présence militaire par la protection de « notre » patrimoine. Le mensonge c’est de faire croire qu’il est normal que les touristes aux dollars et aux euros puissent se balader dans les sites syriens pour enrichir leur souvenirs de vacances et leur collection de photos, là c’est Huguette devant le temple de zébulon en 2013, pendant que derrière la montagne, nos avions bombardent un camp de réfugiés.

    Toujours en première page « Mali : un commando français élimine deux chefs djihadistes« . Là on explique clairement, que l’exécution de suspects sans la moindre forme juridique, fait partie des pratiques françaises qu’il faut louanger et encourager. Il est bien expliqué que ce n’est pas un acte de guerre, avec une bataille, non c’est une exécution comme les drones américains ou israéliens qui « opèrent » les cibles de leur choix. C’est de l’assassinat, mais de l’assassinat idéologiquement justifié, comme si l’Etat avait des droits que n’ont pas ses citoyens et comme si ça devait calmer la haine à notre égard des populations sahéliennes. Je ne comprend pas que l’on autorise notre pays à mener des actions terroristes, avec le soi-disant mobile de justement lutter contre le terrorisme. C’est la porte ouverte à toutes les dérives, parce que qui définit les cibles, qui décide qu’un tel, dans sa montagne, est coupable et doit être exécuté ? Pourquoi pas vous ? Des dérives il y en a déjà beaucoup trop et elles ne servent que ceux qui nous possèdent et nous dirigent. Alors les médias sont là pour cacher le méfait et le transformer en fait de gloire que l’on va chanter dans les écoles. Car pour cacher un acte terroriste on le labélise, de justice, d’ordre, de protection et de la sacro-sainte défense des valeurs. Oui mais ces valeurs-là ce sont le dollar et l’euro, pas la fraternité.

    En page 6 « Le «rêve fou» des gays irlandais à l’heure du vote, L’Eglise catholique, en perte d’influence, fait discrètement campagne contre le mariage homosexuel« . Trop beau pour être vrai que l’on parle des agissement discrets de l’Eglise. Car et ce n’est pas son moindre défaut, l’Eglise agit. L’Eglise c’est un lobby, un puissant lobby qui pèse sur notre vie de la manière la plus réactionnaire qui soit. L’Eglise agit toujours dans le sens des puissants, des riches, des libéraux mais sous la couverture de la morale. On ne voit pas au premier abord ce qui les gêne dans le mariage homosexuel, eh bien c’est tout simplement que par principe il ne peut pas être religieux, car eux, comme les musulmans ils vendent le mariage religieux comme la seule manière d’autoriser  le viol. Seulement entre deux hommes ou deux femmes il est difficile de parler de viol.

    En page 6 aussi « Les provocations de Viktor Orban gênent les conservateurs européens, Le premier ministre hongrois, membre du Parti populaire européen, a de nouveau vanté les vertus de la peine de mort, depuis Strasbourg« . Bon un petit couplet sur la peine de mort, ça rassure les lecteurs. Le détournement d’information vient de la mention de l’appartenance d’Orban au groupe conservateur du parlement européen, qui ne doit en aucun cas être assimilé aux partis fascistes qui eux truffent leur discours de recours à tout un tas de punitions pour racoler le bon peuple. Vous savez, la différence entre les conservateurs et les fascistes elle est plus mince que du papier à cigarettes, mais comme ils chassent le même électorat, ils font croire qu’il y a une différence. Donc les fascistes vantent la peine de mort et les conservateurs disent ah non nous on est pour couler les bateaux des migrants mais ça ne s’appelle pas la peine de mort. Comment ça s’appelle d’ailleurs ?

    En page 8 « L’Europe veut bannir les «minerais de sang», Le parlement souhaite interdire l’importation de métaux issus de zones de conflit« . Mais que voilà une bonne idée pour faire du mano pulite, ça veut dire, mains propres grâce simplement aux médias. J’espère qu’il est clair pour vous que le pillage industriel de la planète, non seulement se moque des conflits mais même souvent les provoque de façon à justifier un protection militaire des sites. Alors voilà que l’Europe a des états d’âme, je n’irai pas jusqu’à dire qu’il doit y avoir des élections bientôt ou une conférence sur le réchauffement, mais ça ne m’étonnerait pas. Alors comment, sans changer quoi que ce soit aux affaires en cours, peut-on se donner un petit coup de propre. Eh bien tout simplement les médias sont là pour faire passer le message que l’Europe a des valeurs et envisage etc. etc. Ca ne coûte rien, ça ne sera suivi d’aucun effet, tout le monde est d’accord c’est donc un mensonge propre. Moi, vous voyez, j’en ai marre de ces effets de manche des politiciens à la noix qui nous prennent pour des imbéciles et se permettent de manipuler l’opinion sans que personne ne dise rien.

    En page 9 « Regain climatosceptique à l’Académie des sciences, A l’approche de la conférence climat, certains académiciens contestent l’origine humaine du réchauffement. » Ca se passe en France et, comme le titre précédent, c’est une médiatisation qui ne coûte rien, mais là elle révèle en plus toute l’incurie du monde scientifique. Au cas ou vous en douteriez, je vous rappelle que le monde scientifique est à la solde des puissants et du business et les scientifiques eux-mêmes ne sont que des pions au service des entreprises. Leur notoriété, vous le savez, vient de la publication d’articles dans des revues ad hoc, articles que personne ne lit, validés par une équipe éditoriale taillée sur mesure. Comme personne ne les lit, il est facile de faire des articles creux, sans la moindre base scientifique et truffés de bêtises. C’est le cas dans cet article qui cite des revues chinoises qui probablement n’existent même pas ou en tous cas font paraître n’importe quoi, sachant évidemment que la Chine est à 100 % contre le réchauffement climatique. En fait ça veut dire qu’elle s’en moque complètement dans la pratique, mais qu’elle est très active sur le sujet pour que personne ne doute qu’elle fait tous les efforts qu’il faut et même plus.

    En page 10 « Espionnage : les curieux achats des douanes, «Le Monde» a retrouvé la trace de l’acquisition d’IMSI-catcher, des dispositifs d’écoute illégaux. » Qu’un ministère, c’est l’Etat en fait, achète ouvertement des produit dont il interdit l’usage par des lois,  il n’y a là pas de quoi me surprendre. C’est tout à fait normal, à partir du moment où  l’on sait que ces gens-là font ce qu’ils veulent. Non le point à noter c’est que le journal se fait un petit coup de pub en disant qu’il a enquêté et qu’il a trouvé. Evidemment l’information est choisie, complètement anodine, car on voit mal Le Monde enquêter sur le colonialisme israélien ou les fraudes à l’emploi des entreprises. C’est comme ça que le bon public a le sentiment que les journalistes veillent et que ce qui sort dans la presse est la révélation de ce que certains voulaient cacher. Tout le reste est donc par principe propre.

    En page 14 « A Béziers, le combat idéologique passe par le journal municipal, Robert Ménard, élu avec le soutien du FN, veut «tenir la population locale au courant, sans les filtres de la presse subventionnée». » Ca c’est vraiment intéressant car on n’est que dans des contradictions. D’un coté Ménard qui dit dans un journal financé par la mairie qu’il veut donner des informations qu’on ne trouve pas dans les journaux subventionnés, sous-entendu par ses ennemis. Ca me fait penser à ce patron qui essayait de justifier le salaires des pdg en disant qu’ils travaillent 70 h par semaine. Moi j’en conclus directement que l’ouvrier qui travaille 35 h par semaines devrait donc toucher la moitié du salaire du patron. Imparable. Ce qui fait l’intérêt de Ménard c’est que dans la cour de l’école c’est lui qui a le poil à gratter. Alors tout le monde tousse. A trop vouloir se justifier, on amène la suspicion. Mais, et ce n’est pas un gag, Le Monde n’a pas à se justifier sur l’entreprise de désinformation qu’il pratique. Et pour une fois il a raison car personne ne le croirait.

    Michel Costadau

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    J’adore les recettes de cuisine. Outre le langage décalé qu’elles utilisent, elles représentent l’aboutissement de tels efforts et de tant de hasard qu’elles méritent un immense respect. Mais ce n’est pas de cette cuisine-là que je veux vous parler, mais de la tambouille que font les médias avec l’information pour former un écran déformant entre nous et la réalité. Pendant toute l’étude nous essayerons quand même de garder bien ouvertes nos papilles gustatives pour que le fumet du discours finisse par nous monter à la tête.

    Pour cerner l’ampleur de la tâche qui nous attend, posons-nous quelques questions simplissimes : est-ce que les médias sont objectifs ? réponse : non jamais ; est-ce que les médias diffusent des mensonges ? réponse : non rarement, et encore : est-ce que les médias cherchent à donner une information au plus près de la réalité ? réponse : surtout pas, les médias ne cherchent qu’à utiliser les évènements pour faire passer leur propre message. En fait le média crée l’info, car en soi, aucun événement ne crée la moindre info, il faut d’abord qu’on en parle. Il faut bien comprendre cela : quand vous regardez un journal télévisé, vous avez le sentiment que vous allez être informé des événements qui sont survenus (depuis la veille !), et qu’on va vous donner les informations que tout citoyen est en droit de connaître, eh bien ça n’a aucun rapport avec ça. Quand vous le regardez, vous subissez les informations que sa rédaction  a créées (inventé) pour ses spectateurs. Pour ceux qui auraient un doute, on a pu facilement mettre le doigt dessus récemment avec la création de l’info de la mort d’un chef d’entreprise. En effet, il n’était pas mort, mais il n’avait pas besoin de l’être réellement pour pouvoir faire une info. On a parlé d’erreurs dans la chaine de décision, de malencontreux concours de circonstance, eh bien non pas du tout, c’est simplement que pour une fois la distance entre la réalité et l’info délibérément inventée par les médias était trop grande et que ça n’est pas passé. La notion importante est celle de distance. Les médias font profession d’utiliser la réalité pour la mettre au service de leur ligne de pensée. Certes la distance n’est pas toujours aussi grande que dans l’exemple précédent, mais l’important est de se substituer à la réalité, d’une part parce que pour le média (i.e. son propriétaire), la population n’a pas à connaître la réalité et d’autre part parce que dans cette opération de transfert il est possible de glisser le message souhaité. Quand je dis que la population n’a pas à connaître la réalité, pensez par exemple aux différences de salaires entre employés, ou entre hommes et femmes, ou à la rémunération des patrons ou des actionnaires, pensez aussi aux prétendues  statistiques sur le chômage, aux agressions, au niveau de vie, au pouvoir d’achat, aux vacances ou à notre action militaire au Mali. Oui tout cela est masqué, trafiqué, transformé dans le but principal de faire que les gens ne sachent pas vraiment ce qui se passe, mais seulement ce qu’on leur indique d’en penser.

    Voilà, le plus important est dit : les médias déforment sciemment la réalité afin de faire en quelque sorte la propagande de leurs idées, ce qui d’ailleurs leur permet d’avoir un public. En effet,  c’est avec cette ligne « éditoriale » que leur public s’y retrouve et reste fidèle au média.

    Ouf, pour nous détendre un peu, je vous propose  une première recette de cuisine, cuisine élémentaire certes, car, comme on l’a dit, il faut garder les papilles en alerte. C’est le rognon confit. Voila, vous prenez un rognon de veau et surtout vous le laissez exactement comme il est, sans rien enlever ni rajouter à part un peu de poivre si vous voulez. Ensuite vous l’enveloppez dans une feuille de papier d’alu comme pour une patate à mettre sous la braise. Puis vous prenez une cassolette dans laquelle vous mettez le rognon et un peu d’eau juste pour le couvrir. Ensuite vous faites bouillir l’eau pendant vingt minute, (tant qu’il y a de l’eau il n’y a aucun risque qu’il soit trop cuit). Ensuite vous le sortez de l’eau et vous ouvrez l’alu immédiatement (c’est le moment le plus important) et, sans trop vous brûler les doigts, vous mettez le rognon cuit dans une assiette que vous rangez aussitôt au frigo. Voila c’est fini ; le lendemain, ou quelques heures après, vous pouvez couper le rognon en rondelles pour le manger par exemple à l’apéritif ou à table. On reprend. Cependant, dans le flot ininterrompu de nouvelles que déversent les médias, ce qui nous intéresse c’est ce que j’appelle l’info, sachant que le résultat de la descente de Squaw valley n’est pas une info. Aujourd’hui l’info est sociétale c’est-à dire- concerne (et donc déforme) tout les aspects de notre vie publique et privée. On ne va pas entrer dans un débat sur la réalité pour savoir si, par exemple, une photo « est » la réalité (bien sur que non). Moi ce que je cherche c’est de pouvoir approcher le plus possible du fait, du déroulement, de la parole ou de l’acte qui a été ou va être fait. Attention, on n’est pas dans le contexte de la justice qui a exactement le même problème, mais doit désigner un coupable. Non, mon propos ne concerne que notre propre opinion, c’est à dire simplement y voir (clair) et donc pouvoir agir en conséquence. Mais, avec cette dérive sociétale, presque tous les sujets sont devenus propices à la propagande des médias. Chaque fait divers (un déraillement de train de même que la tuerie de Charlie sont des faits divers) est l’occasion pour les médias de donner leur éclairage. Exemple sur l’excellent site http://fr.sputniknews.com/, un matin je lis « Marine Le Pen virtuelle présidente de la France ». Bloum !, je me dis, tiens, j’ai du louper un épisode. Mais non, tout simplement ce site présentait sa propre lecture d’un sondage qui donnait Marine en tête au premier tour de la présidentielle. L’information n’était pas fausse, mais faisait tout simplement abstraction du second tour (qui n’a pas encore eu lieu, pas plus que le premier d’ailleurs). Encore un exemple : sur Le Monde papier, je lis « La Savoie interdit les camions les plus polluants« . Tiens c’est bien ça. Seulement, pas de bol, ce n’est pas une information (car on a aucune idée de comment ça va être mis en œuvre : quantité, durée, dispositif et donc de ce que ça veut dire réellement) c’est, donc, juste de la pure propagande.

    Pour se préparer à ce qu’on va lire, voir ou entendre, une première approche consiste à caractériser chaque média (ceux que l’on fréquente le plus régulièrement en tous cas) en fonction du type de message qu’il a l’habitude de faire passer. Ainsi, le Figaro est plutôt dans une posture de défense du bastion européen : propriété, argent, religion, la « civilisation » en général, le Monde, lui est tout entier tourné vers la défense de l’argent et la promotion de l’Etat voyou d’Israël, Libé a plutôt pour objectif de faire rire les bobos en particulier par des jeux de mots (qui sont un peu lassants à force), et La Dépêche (du midi), est plutôt dans une position fascisante (c’est-à-dire éloge de la délation, oblitération des faits et promotion de l’insignifiant). Je viens de citer quelques grands médias, mais hélas la sauce est la même pour les journaux militants, syndicaux ou sociétaux. Vous ne trouverez pas plus « la » réalité dans l’Humanité, dans La Raison, ou dans Ecolomag. Dans ce contexte, se forger son propre jugement peut paraître une tache insurmontable. Mais dans la pratique ce n’est pas du tout le cas, car les gens ont généralement un jugement « a priori » et ne voient dans le média que l’occasion de conforter leur opinion et leurs sentiments. Et donc logiquement chacun ira vers le média qui est le plus proche de sa propre opinion. La boucle est bouclée, puisque les gens ne critiquent alors que les médias qui ne reflètent pas leur opinion, sans se rendre compte que du coup ils passent à coté de l’essentiel qui est de savoir ce qui s’est vraiment passé. Par une logique imparable les médias profitent totalement de cette tendance, d’une part en abondant dans le sens des lecteurs (ou spectateurs ou auditeurs) mais aussi en inondant le pauvre auditeur d’un flot de pseudo-informations qui lui donnent (au lecteur) le sentiment d’être informé.

    Par exemple, l’assassinat de Nemtsov est immédiatement imputé par beaucoup de médias à Poutine alors même qu’aucune indication n’est disponible (pas de revendication, pas de munitions particulières, pas d’annonces antérieures…). Du coup la Russie se retrouve dans la position d’accusée et c’est à elle de se défendre. Heureusement, la Russie n’est pas très sensible aux accusations a priori qu’on lui fait tous les jours. Vous me direz qu’il s’agit là d’un événement sans importance et qu’on peut en penser ce que l’on veut. Certes, mais c’est pour dire que le mécanisme est assez général. Pour continuer, moi aussi, j’ai cette espèce de jugement à priori sur les évènements du monde. Et cet a priori consiste à me méfier, c’est à dire à remettre totalement en cause la transcription que rapportent les médias. Spontanément, à partir du moment où elles donnent un éclairage je ne les crois pas, voire je cherche à voir si ce n’est pas le contraire (sachant que le contraire n’est pas du tout la forme la plus pernicieuse). Exemple, il y a en ce moment une pluie d’information sur une évolution vers une plus grande transparence des banques (comptes anonymes, transferts invisibles, prête-noms….). Et tous les médias de donner le sentiment aux populations qu’un progrès est en cours dans ce domaine. Que croire ? Pour ce qui me concerne, mon opinion est que c’est sûrement vrai que Genève va donner plus d’information à Paris sur les détenteurs de comptes dans ses établissements, mais qu’il est tout aussi vrai que ceux qui avaient (ont) ces pratiques financières ne sont absolument pas gênés par cette évolution. Il est probable que soit d’autres méthodes sont pratiquées, soit certaines failles continuent à être utilisées par tous ces fraudeurs et autres blanchisseurs. En un mot, ceux auxquels on est censés s’attaquer ont déjà trouvé la parade ou d’autres manières de faire et c’est donc eux qui ont en quelque sorte autorisé les établissements bancaires à lancer cette campagne. Dans le cas que je viens d’exposer, il est donc clair qu’il n’y a aucun progrès et qu’on est même probablement en face d’une nouvelle dégradation de la situation.

    A nouveau, beaucoup vont se dire que j’ai l’esprit mal tourné et que je vois du noir partout. A ceux- là je peux dire que la situation (des comptes bancaires) à laquelle sont censé s’attaquer les politiques, s’est construite sous leurs (nos) yeux, et donc avec la douce bénédiction des médias qui se font maintenant une vertu en dénonçant certaines pratiques qu’ils ont été les premiers à couvrir. Comment les gens peuvent-ils dire que maintenant la situation devient plus propre, alors qu’à aucune moment ils ne se sont inquiété de possibles déviances et qu’ils ont « cru » que tout se passait légalement. Ils « croient » donc maintenant, tout naturellement, que la situation s’est améliorée,  puisqu’on le leur dit.

    Allez, on a bien mérité une deuxième recette élémentaire. Cette fois c’est la salade d’hiver, salade mixte bien entendu. D’abord une endive, coupée en rondelles (plus les rondelles sont fines et plus il y a de salade et réciproquement), ensuite un pamplemousse coupé en petits cubes (sans la peau bien sur), ensuite un avocat coupé aussi en petits cubes, éventuellement on peut y rajouter quelques demi-rondelles de kiwis mais ça n’est pas indispensable. Ensuite, vinaigre balsamique, huile d’olive, et une petite cuillère de moutarde (surtout pas de savora ou autres ketchup… beurk). Mettez au frais et remuez avant de servir.

    Maintenant un mot sur la télé. Sans trop se tromper, on peut dire qu’il y a Arte et les autres (je ne parle pas des milliers de chaînes que l’on peut capter avec tel ou tel satellite, mais seulement des 10 (+ou-) anciennes chaines hertziennes). Arte c’est ok, dans les autres il y a deux catégories, les chaines d’infos et les autres des autres. Paradoxalement les chaines d’info sont les moins dangereuses. Réglons leur sort tout de suite : la notion d’info en continu, y compris avec les bandeaux défilants, tue l’info. Certes il y a les images mais, une fois de plus, paradoxalement, elles sont assez maigres puisque leur proximité souhaitée avec l’événement fait qu’en moyenne il y a peu à montrer. Bien sûr leur nocivité est absolue comme les autres chaînes mais les commentaires sont moins travaillés. Par contre, pour les autres des autres, l’info, quand il y en a, est mieux préparée et le message souhaité a eu le temps d’être élaboré. Elles sont donc, encore plus, à éviter totalement car il n’y a aucune manière de se défendre. Ce que j’appelle se défendre c’est arriver à se mettre en situation de non absorption et donc de réagir, dans sa tête, en temps réel. Hélas c’est quasiment impossible car ça va beaucoup trop vite. 10 images, puis l’interview de la personne qui a plus ou moins vu quelque chose et qui a peur, puis le jugement du studio qui énumère la liste à laquelle cela s’ajoute, et qui dit que certains vont faire quelque chose. Ca y est, c’est trop tard, le mal est fait, et on reste comme deux paillassons sur lequel le commentateur vient de s’essuyer les pieds. Le temps d’enlever la boue et les déchets qu’il nous a laissés, il est parti et le foot a commencé. Vous allez croire que j’exagère, mais je vais vous donner un argument massue vous qui êtes des téléspectateurs avertis et qui ne regardez pas la pub (personne ne la regarde rassurez-vous). Eh bien, alors, dites-moi pourquoi il y a encore de la pub à la télé (sur internet et dans les journaux aussi). Vous n’osez pas le dire, hein, et pourtant vous le savez c’est parce que ça marche et même super bien. D’ailleurs personne ne la regarde et pourtant tout le monde l’a vue. Ah oui, la pub xxxxx avec cette photo, oui c’est assez marrant quand même mais tu sais je l’ai pas regardée, mais bien sûr ! Alors, ne me dites pas que les messages de l’info (tout le monde regarde les infos) ne passent pas, ils passent très très bien. Et c’est là que nous en sommes. Oui on en est maintenant presqu’au problème de l’œuf et de la poule (Alexandre Vialatte). Est-ce parce que j’avais (je parle de moi et de tous ceux qui n’ont pas la télé) déjà mon propre jugement que je ne regarde pas la télé, ou est-ce que je me suis fait, petit à petit, mon propre jugement, ce qui m’a conduit à ne pas (plus) regarder la télé. Vous avez dit l’œuf et la poule, et bien c’est simple comme bonjour, car s’il n’y avait pas de poules il n’y aurait pas d’œufs. Ceci nous aide, donc, à trancher le dilemme. A savoir que si vous n’avez pas de jugement propre ce n’est pas le fait de ne pas regarder la télé qui va vous en donner un (de jugement). Donc il faut d’abord essayer de comprendre comment va le monde (le monde commence exactement avec votre voisin) et ensuite vous vous passerez facilement de la télé.

    Continuons à parler de la propagande des médias, et demandons nous s’ils jouent un rôle politique, comme par exemple vous faire apparaître telle position sociétale ou tel vote comme le plus proche de leurs idées (qui, hélas, pourraient ou devraient être aussi les vôtres). La réponse est cinglante et positive, à savoir que les médias sont la politique. En fait ils n’ont qu’un objectif c’est que vous traduisiez dans les urnes les messages qu’ils vous font passer. D’ailleurs tous les grands médias sont dans les mains des gens du système. Au bout de cette chaîne, il y a donc le vote, c’est à dire mettre dans l’urne le bulletin de « leur » choix.

    Olé olé, bon on a droit à une troisième recette élémentaire. C’est l’omelette pochée. D’abord on prépare une omelette (une omelette c’est toujours trois œufs, j’y peux rien) avec la fourchette et seulement du poivre (beaucoup). On prend une feuille pas trop grande de batavia que l’on coupe en menus menus morceaux. On mélange la salade avec l’omelette. Ensuite dans une casserole un peu large on fait bouillir de l’eau. Quand l’eau bout à gros bouillons, on y laisse descendre l’omelette et on regarde ça, sans baisser le feu pendant au moins trois minutes. Avec une écumoire on retire ce qui flotte de la flotte et on le met dans une passoire pour égoutter. Cinq minutes après, on verse la passoire dans une assiette et on met sur la table, chaud ou froid comme petite entrée.

    Bon c’est pas tout ça, mais je vous avais promis une méthode alors on en est où de la méthode. Le b a ba consiste à se protéger au maximum des images. Pour cela bien sûr, éviter toutes les images qui défilent, contre lesquelles on ne peut rien, et qui vous mettent dans une position d’absorbeur. Donc pas de télé, pas de film ou de vidéos dans les mails ou sur les sites. Les images, on se méfie de toutes, il n’y en a pas d’anodines. Pour les photos dans les journaux ou dans les pages web, c’est un peu moins dangereux mais il faut survoler. Enfin les textes, là on peut lire, ou commencer à lire à peu près n’importe quoi : on est en mesure de réagir et donc pas en situation d’absorption.

    Donc pour atteindre quand même la réalité dans le flot de déformations qui nous entoure, voici quelques recommandations.

    – règle 1 : ne faire aucune confiance à ce que l’on entend, voit ou apprend dans les médias. Remettre en cause radicalement leurs assertions et essayer de trouver quel est l’objectif du message (ça en général c’est assez facile). Si, par exemple, on vous annonce une possible baisse du chômage, dites-vous que le but est, probablement, de préparer la population à l’annonce d’une prochaine hausse. En gros, prenez le plus de recul possible sur l’information. Ca permet de commencer à cerner la distance qui a été créée entre la réalité et vous.

    – règle 2 : là où l’on voudrait connaître un peu plus précisément la réalité, surtout ne pas regarder d’images mais multiplier la lecture de ce qui s’en dit sur journaux, sites, radios, y compris hors de France. Le principe, de cerner la réalité essentiellement par les commentaires (et donc en évitant le direct et bien sûr en appliquant la règle 1) permet une approche assez correcte. Comme cela demande un peu de travail et de temps, cette méthode ne peut s’appliquer qu’aux sujets auxquels on a choisi de s’intéresser.

    – règle 3 : dans le cas d’un gros événement, c’est dans la première seconde ou les premières minutes que l’on peut capter les éléments les plus proches de la réalité. Ensuite, dans les heures qui suivent, les faits se brouillent car les médias ont eu le temps de travailler le message et de créer la distance souhaitée avec la réalité. Bon exemple que celui d’AZF, quand, une heure après l’explosion, le directeur du site déclarait qu’il avait les éléments pour affirmer que Total n’était absolument pas responsable de l’explosion que d’ailleurs il n’expliquait pas. A cet instant-là, vous pouviez avoir la conviction que Total était entièrement responsable de l’explosion.

    – règle 4 : éviter totalement les images, la lecture ou l’écoute des menteurs professionnels. Les menteurs professionnels sont tous les politiques et leurs séides, tous les entrepreneurs, cadres compris, tous les membres des organisations gouvernementales ou non, en fait tous ceux qui font fonctionner « not’ bon maître ». C’est simple à comprendre, ils sont payés pour faire marcher une machine pas pour distiller la vérité ou nous faire toucher la réalité. Vous allez me dire que, du coup, on ne va plus pouvoir rien lire, mais si gros bêtas, il y a les journalistes (en appliquant les règles), certains sites, le marché, le café, le boulot, là vous pouvez ouvrir grands vos yeux et vos oreilles, il y a beaucoup à apprendre.

    – règle 5 : attention à ne pas servir, bêtement, de relais aux médias c’est à dire à colporter les bruits qui courent, ou à transférer des mails racistes, ou à recommander des vidéos douteuses. Dans les manifs Charlie, les réseaux sociaux ont joué un rôle de tamtam, sans reposer sur le moindre partage entre les gens. Je veux bien croire qu’il y ait des cas où l’effet tamtam soit positif mais, hélas je n’en connais aucun. Par contre, il est toujours possible de mettre un frein à cette dérive en disant « ….mais vous êtes sûrs ?…. ». Bon appétit.

    Michel Costadau

  • Gréce

    Gréce

    Savez-vous où se trouve le cœur de l’Europe ? C’est pas vraiment une blague, c’est juste pour dire que l’Europe, ce n’est pas un pays. Mais alors qu’est-ce que c’est ? qu’est-ce que c’est ?

    Ce  texte assez simpliste (oui on fait aussi de l’économie) a, comme d’habitude, pour but d’aider à comprendre le monde dans lequel nous vivons.

    Alors on va parler de l’UE et de tout ce qui va avec et surtout de la Grèce.

    A l’issue de la démonstration, on verra que l’UE est devenu une énorme machine antidémocratique vouée à la protection de l’argent et non des citoyens. On verra aussi que la Grèce est en première ligne de la résistance à cette machine. On verra enfin que l’Europe, en mal d’agrandissement, cherche à se confronter à la Russie et que l’Ukraine est son terrain de jeu. On découvrira aussi que ce qui ne va pas n’a aucun rapport avec des dettes ou des déficits, mais seulement avec la démission honteuse et létale de notre classe politique. On en conclura donc que notre avenir n’est plus entre nos mains (sauf si …………..).

                Au début ça s’appelait le Marché commun et c’était une simple ouverture des  frontières de quelques pays à la libre circulation des produits, et on voyait à peu près ce que c’était. Aujourd’hui ça s’appelle, je crois, l’Union Européenne et plus personne ne saurait dire ce que c’est. Alors comment est on passé de l’un à l’autre.

    Une chose est sûre c’est qu’on y est passé, lentement, sûrement, sans à-coups mais plutôt dans une complète continuité. Et pourtant les épisodes politique locaux (ça veut dire dans chaque pays) n’ont pas manqué avec changements de majorités en veux-tu en voilà. Est-ce que vous voulez me faire dire que ces notions de changements de majorités ne sont que de la poudre au yeux (je me répète mais il paraît que c’est très pédagogique). Eh bien c’est exactement ce que l’on peut penser en regardant ce qui s’est passé. C’est vrai que, comme tout le monde j’ai voté Mitterrand, mais lui ou les autres nous ont exactement emmenés sur le même chemin dit de la construction européenne. Ce qui est marrant, mais surtout très grave, c’est que depuis la création du marché commun jusqu’à aujourd’hui, l’idée qu’il y a (avait) de réels avantages à construire une union n’a jamais été remise en cause, ou tout au moins, il a été constant de marginaliser ceux qui s’interrogeaient sur cette réalité (souverainistes, nationalistes). Mais dans les faits, je ne crois pas que l’on puisse citer une seule amélioration de la vie des Français liée à notre appartenance à cette union. On peut faire le tour si vous voulez, en analysant thème par thème ce qu’il en est. Dans le domaine social, que ce soit le travail (chômage), la protection sociale, l’école ou les retraites, le constat est plutôt accablant et marque réellement un recul constant. Dans le domaine politique, les prétendues réformes sur l’assainissement des partis, la décentralisation (voire la recentralisation on ne sait plus), le respect des minorités ou la laïcité, sont au point plus que mort et même en constante dégradation. Pour ce qui est du rayonnement de la France, c’est aussi la Bérézina et j’ai déjà expliqué que l’impérialisme français, qui est tout simplement la suite du colonialisme mais sous un autre nom, est responsable de beaucoup de troubles intérieurs. En fin de compte, il y a un hiatus énorme entre les idées que l’on continue à nous vendre (Europe sociale, respect de la personne, droit européen…) et la réalité (centre de rétention, dumping social, bases américaines en Europe (dans lesquelles en plus on pratique la torture), TAFTA, PAC……)

    Pourtant, je le répète, tout s’est déroulé sous nos yeux. Mais Bruxelles commence plus à ressembler à un mirador qu’à un gentil chef d’orchestre. Je m’explique. Les institutions européennes sont un modèle d’opacité. En effet la gestion de l’UE est totalement définie et confiée à des non-élus responsables devant…..personne (c’est la farce habituelle de l’élu qui choisit la personne qui désigne celui qui va faire le boulot) (comme vous le savez je n’ai aucune confiance dans les élus, mais c’est plus accessible que des mercenaires). Maintenant l’UE est un super-Etat aux mains de technocrates. C’est vrai qu’avec notre présidence de la République, elle aussi responsable devant personne, on n’a pas à chercher loin pour savoir d’où vient l’erreur. A cela s’ajoute (et on continue d’en créer dans la plus grande discrétion) tout un tas d’autres instances (FESF, Euro groupe, CESE, MSE, FSE, BEI, Europol, OESP…) encore plus irresponsables. Notez bien que le piège est bien fait puisque la définition de ces institutions a, plus ou moins, été votée dans la période légendaire des référendums sur la constitution européenne. Il y a eu, à cette occasion-là, un total déni de démocratie. En France, le texte a, d’abord, été rejeté par référendum (ça c’était une expression presque populaire) mais ensuite  adopté à cause d’un vote du parlement français (cherchez l’erreur). C’est une double honte parce qu’il y a eu complet détournement du choix des électeurs, mais aussi parce que personne n’a rien dit. Et d’ailleurs, pourquoi personne n’a rien dit (moi le premier) c’est parce que les institutions en question sont loin, très loin de nous et qu’on nous a habitués à comprendre que de toute façon ils font ce qu’ils veulent. Les institutions européennes sont même tellement loin qu’elles fonctionnent de manière complètement autonome sans que nous en ayons la moindre connaissance (celui qui peut me dire par qui et quand est définie la feuille de route du président de la Commission européenne est le bienvenu). De même, quand les électeurs ont-ils demandé à la Commission de s’intéresser à l’Ukraine ? ou donné leur accord pour l’adhésion au traité transatlantique ? (beurk). Les fonctionnaires de l’UE traitent seulement avec les lobbies (l’immeuble des lobbies est juste face de celui de la Commission) et ne sont sensibles qu’aux sirènes libérales (qui sont les seules ayant le droit de nager dans les eaux de l’ENA). C’est pourquoi dans ce texte nous aurons tendance à appeler toutes les institutions européennes « not’ bon maître » (y en a que ça va irriter, comme d’habitude, mais le but n’est pas de se faire plaisir mais de se dessiller les yeux).

    Quand je dis que la transformation du marché commun en un mirador s’est faite lentement mais sûrement, il faut ajouter que les médias ont joué un grand rôle (tiens ça fait un moment qu’on ne nous ressort plus les couplets Jean Monet, l’entente de peuples et la paix définitive). Pour vous distraire, une petite blague sur la paix : le célèbre Packard inventeur des supermarchés (non ce n’est celui auquel vous pensez, ni l’autre d’ailleurs) décrivait ses magasins comme des îlots de pertes dans des océans de bénéfices. Moi je dis pareil pour l’Europe, des îlots de paix dans des océans de guerre (Afrique, Asie, Moyen Orient, Sud Est-asiatique…). Je dis ça pour la France hélas, mais quand même le grand prédateur reste les US.

    Donc lentement mais surement, indépendamment des couleurs des différents gouvernements une super gouvernance s’est mise en place. Au début ça paraissait à notre mesure, De Gaulle semblait avoir un pouvoir sur l’adhésion de la GB, mais qu’en est il aujourd’hui du pouvoir de notre pauvre Président. Il faut noter que, médiatiquement, il y a eu un glissement sémantique avec l’invention du mot Europe pour désigner l’UE. On parle alors indistinctement de UE, Europe, Bruxelles, voire tout simplement de l’Union (Au fait vous saviez que l’Union a un siège au Conseil de sécurité de L’ONU ??). Au niveau des mots, l’idée de base de l’entourloupe médiatique est de dématérialiser (en plus c’est à la mode) les complexes montages politiques des quelque 20 pays pour en faire une entité unique qui dès lors s’impose comme une acteur simple, capable de créer dans l’esprit des gens un concept de communauté, d’appartenance, un creuset dans lequel tout le monde se retrouve. Et du coup l’Europe parle, l’Europe agit comme elle était un pays (L’Europe veut améliorer ses rapports avec le Brésil !!!!).

    On sent, et ce n’est pas seulement une impression, que notre pays est soumis à un rouleau compresseur politique et technocratique par rapport auquel le pouvoir élu par nous, loin de nous défendre, n’est qu’un stupide collaborateur.

    Tout le monde en rigole (à tort) mais la technocratie, en particulier paperassière, n’est pas du tout le signe de la complexité de la tâche à laquelle est confronté not’ bon maître, mais seulement une mesure de la distance qui les sépare de notre vie quotidienne. Et cette distance est grande à dessein car, pour not’ bon maître, les idées des électeurs sont à priori mauvaises. Il faut dire que la population a plutôt une tendance spontanée à préférer améliorer son sort qu’à enrichir des actionnaires ou encenser des corrompus (mais elle lit quand même Closer !).

    Bon, nous avons posé le décor, il y a des populations qui sont encapsulées dans des pays et ces pays ont inventé une machine à diriger basée sur des institutions opaques et des agents (technocrates) irresponsables. L’ensemble de cette vingtaine de pays forme ce que l’on peut appeler le bastion européen, au-dessus duquel règne le mirador. Comme le niveau de vie (ça veut dire la capacité à consommer) est plus élevé dans le bastion qu’à l’extérieur, il y a, aussi, ce problème dit de l’immigration (mais on verra ça une autre fois).

    Maintenant posons-nous la question de la liberté de manœuvre (exprimée par ses votes par exemple) de chaque pays à l’intérieur de ce bastion, et, question de fond, que peut vraiment faire un gouvernement nouvellement élu, par rapport au précédent.

    Si c’est rien ça remet totalement en cause la notion de vote démocratique. Je veux dire que si c’est le peuple, comme ça doit être le cas en démocratie, qui décide des orientations et choix de la société, alors il faut que le vote permette aux nouveaux élus de traduire la volonté du peuple en actes. Si au contraire on considère (et c’est exactement ce que l’on veut nous faire croire) que tout nouveau gouvernement est pieds et poings liés par les décisions et orientations précédentes, il y a de l’escroquerie dans l’air à vouloir nous faire croire qu’il fallait en changer (de gouvernement). Réfléchissons concrètement avec des exemples. Que je sache, un traité de paix signé par un gouvernement n’empêche en aucune façon un autre gouvernement (du même pays) de déclarer la guerre aux mêmes ou à d’autres. Certes l’exemple de la guerre est mal choisi parce que il y a vraiment autre chose à faire que ça. Mais enfin, si nous prenons la guerre d’indépendance de l’Algérie, ce n’est pas le même gouvernement qui a déclaré et la guerre et celui qui l’a arrêtée. Si le gouvernement dit au peuple : non je ne peux pas arrêter la guerre car c’est l’Etat qui l’a déclarée et je ne peux rien faire contre les engagement de l’Etat qui valent pour toutes les générations à venir. Vous voyez un peu le désastre.

    J’ai comme l’impression (et vous aussi bien sûr) qu’on est en train de parler de la Grèce. Eh oui, il faudrait savoir si le nouveau gouvernement grec est totalement lié par les engagements pris par le précédent ou s’il peut (et doit) les dénoncer et pratiquer une autre politique.

    La question n’est pas simple, car sur la table de jeu il n’y a pas qu’une seule boule de billard mais plusieurs. En tous cas, l’une des boules s’appelle l’UE et il serait temps de savoir si cette boule est un des rouages des banques ou un rempart pour que les peuples européens (berceau de la démocratie) puissent librement exercer leurs choix.

    L’Europe se targue à longueur de journaux de défendre ses prétendues valeurs démocratiques, glorieusement héritées du Siècle des lumières (lesquelles étaient à 90 % françaises, faut-il le rappeler : les temps ont bien changé). Essayons de voir de plus près de quelles valeurs parle l’UE. On ne va pas revenir sur la liberté d’expression (qui n’est pas plus grande en France qu’au Chili), on a déjà vu ça précédemment. Bon le seul truc que j’ai lu sur le sujet dans des articles de fond c’est que l’Europe défend un modèle avec de la protection sociale mais peu d’emplois, alors que les autres pays n’ont pas de protection sociale (on ne sait pas si, du coup, ils ont plus d’emplois, mais c’est l’idée). Eh oui c’est un peu court parce que, évidemment, personne ne peut dire si un Sénégalais (au Sénégal) est plus libre qu’un Français (en France). Il est quand même entendu que les Ukrainiens et les Grecs sont moins libres que nous (c’est pas de bol, ça tombe sur eux !!)

    Pour rester sur les Grecs (en tout bien tout honneur), il faut d’abord se débarrasser de la pollution médiatique envahissante sur ce sujet. Comme par miracle, toute la presse a pris fait et cause pour not’ bon maître (et donc contre la Grèce), pour qu’ils ne tombent pas dans les pièges tendus par ce pays, soudain rebelle. Cette posture indécente (l’Europe doit éviter de tomber dans le piège grec) en est même ridicule (il a été établi que le ministre des Finances grec ne respecte pas le dress code en vigueur (col de veste remonté par exemple) et que ça a fortement nui aux messages qu’il voulait faire passer (sic)). Et de même l’accord de février est décrit comme une reculade totale de la Grèce qui est passée par là où le voulait Bruxelles et cette reculade fait déjà des ravages à l’intérieur de la coalition au pouvoir, dont la cohésion ne tient plus qu’à un fil etc. etc. Tous ces mensonges répétés sont vraiment inutiles et dangereux. Alors y a-t-il moyen d’y voir un peu plus clair.

    Ben oui c’est assez simple. La Grèce a connu depuis quelques années des problèmes budgétaires importants conduisant à un fort endettement (mais beaucoup moins important que celui du Japon, des US ou d’autres). Seulement cet endettement était d’un pays de la zone euro et les mécanismes de banque centrale qui marchent au Japon ou aux US (parce qu’ils ont leur monnaie)  ne peuvent être utilisés par la Grèce. Donc l’UE n’est pas contente (là on voit clairement que ce ne sont pas les peuples qui se sont exprimés mais bien les financiers (au nom des peuples hi ! hi ! hi !)).

    Not’ bon maître s’amène donc avec ses gros sabots et fait une proposition d’aide assortie d’obligations de réformes (toutes de tendance ultralibérale évidemment (et pourquoi évidemment ?)). Les Grecs refusent (ce sont alors des socialistes qui sont au pouvoir!) et disent on va faire un référendum sur les demandes européennes. Alors L’UE utilise son pouvoir occulte (ça veut dire qu’on ne sait pas comment ils l’ont fait, mais ils l’ont fait) et interdit le référendum (de toutes façons ils n’auraient pas accepté le résultat mais c’est plus souple de le faire avant). Et toc, le gouvernement grec démissionne, élection et là, oh surprise (!) victoire de la droite qui dit qu’il faut absolument accepter les propositions de l’UE. Et voila, le mirador entre en action et attaque la population (baisser le salaire ne peut pas s’appeler un cadeau), pas tout le monde bien sûr, car ils connaissent quelques règles. Par exemple :

    – c’est plus facile de prendre 1 euro à dix pauvres que 10 euros à un riche,

    – il faut toujours taper sur les mêmes (les fonctionnaires par exemple) comme ça il n’y a qu’eux qui sont mécontents,

    – plus un traité (contrat, paragraphe, conditions) est incompréhensible moins les gens posent de questions (on aurait pu s’attendre au contraire mais non c’est comme ça) etc. etc.

    Cependant, cette politique dite d’austérité ne fait pas que des heureux dans la population et c’est donc une autre coalition (Syriza) qui, cette année, prend le pouvoir. On en est donc revenu à l’étape du référendum et on a perdu plusieurs années. C’est maintenant que la notion d’expression de la volonté populaire prend tout son sens, car soit le nouveau gouvernement grec peut dénoncer les accords antérieurs, soit c’est le mirador qui décide mais alors la notion de démocratie n’a plus de sens. Bien sûr ne me faites pas dire que la tâche du gouvernement grec est facile et qu’il n’y a qu’à annuler je ne sais quelle dette. Sûrement pas. Non je ne dis pas que c’est facile mais je dis que le problème n’est pas là. Cela dit, contrairement au matraquage médiatique, le gouvernement grec ne se débrouille pas si mal pour le moment. Il n’a pas une grande marge de manœuvre mais il a passé une première étape sans trop de difficultés et s’est donné 4 mois (6 aurait été mieux bien sur) pour trouver de nouvelles défenses.

    Le problème c’est que tous les pays rampent devant not’ bon maître. La France mère des prétendus droits des peuples devrait s’efforcer de faire respecter la volonté des électeurs grecs. Or c’est exactement le contraire qui se produit. La France (et donc nous to be clear) s’aligne bêtement sur Bruxelles pour réclamer le respect des engagements antérieurs. C’est du suicide politique parce que plus on affaiblit la démocratie plus on fait le lit des tyrans et des mafias.

    Donc entre le discours de not’ bon maître qui dit défendre la démocratie en imposant de s’en tenir aux accords passés et le discours grec acté par un vote populaire contre ces accords, il ne devrait pas y avoir d’hésitation. Soit ce sont les électeurs qui disent ce qu’ils souhaitent, et la démocratie c’est de respecter cela, soit c’est big brother. Y en a qui jouent avec le feu en ce moment. Comme en Ukraine (mais faute de place on verra ça plus tard aussi).

    En conclusion, y a une question que l’on ne s’est pas encore posée : mais au fait pourquoi not’ bon maître agit-il ainsi et que (ou qui) défend-ils réellement ? La réponse n’est certainement pas une histoire de complot international, avec des juifs au milieu, pour contrôler le monde. Cependant il y a des riches qui veulent garder leur richesse, et c’est tout le problème, mais une fois encore pourquoi not’ bon maître agit-il ainsi ? C’est tout simplement un réflexe classique d’avarice. Je m’explique : nos riches le sont parce qu’on peut mesurer leur fortune en € (ou en $…) et cette fortune est soit liquide soit immobilisée. Pour la partie liquide, le seul danger c’est la dévaluation de la valeur (inflation par exemple). Pour la partie immobilisée, le seul danger c’est la récession de l’activité (moins de CA = en général moins de bénéfices). Ce qu’on peut ajouter c’est qu’il y a depuis un moment (30 ans ?) trop d’argent liquide et pas assez d’argent immobilisé (et ce qu’on appelle la crise c’est tout simplement que les riches ont trop d’argent liquide). Donc not’ bon maître a une seule ligne de conduite qui se traduit par deux règles : maintenir l’euro a un niveau de valeur constant, voire croissant et augmenter le PIB par tous les moyens possibles. Ca n’a l’air de rien, mais ces deux règles font des catastrophes. Pourquoi, parce que ce que souhaitent les populations c’est à peu près le contraire à savoir que leur souhait (aux populations) serait plutôt une augmentation des salaires (ce qui en général s’accompagne d’inflation) et une plus grande offre de travail (ce qui en général nécessite d’immobiliser de l’argent).

    Nous avons donc, clairement, deux mouvements contradictoires dans le monde. D’un côté les possédants qui mènent une politique de préservation de la richesse et de l’autre des populations qui souhaitent un peu plus de partage. En théorie, via la démocratie, le combat devrait être équilibré puisque les électeurs peuvent faire entendre leur voix. Mais, hélas, les élus ont bâillonné et trahis les électeurs et sont maintenant au service de la fortune et du coup les riches ont tous les pouvoirs et ils en profitent comme on vient de le voir. Et donc pour répondre à la question du début, eh bien le cœur de l’Europe il est à Washington.

    Michel Costadau

  • Impérialisme

    Impérialisme

    L’objectif de ce texte est de montrer que l’attentat contre Charlie hebdo n’est pas une attaque contre la liberté d’expression ou contre la démocratie en France ou pour imposer en France une religion.

    Et que par conséquent tous les gens qui ont défilé dans les rues pour défendre cela se sont fait manipulé dans les grandes largeurs par notre gouvernement.

    On y apprendra aussi certaines réalités de notre monde dit moderne.

     

    J’ajoute que ces réflexions, que certains prendront mal, c’est leur droit, n’ont pas pour but de convaincre une majorité de personnes mais seulement de donner quelques éléments à ceux qui intuitent déjà que ce qui se passe dans le monde a peu de rapport avec les informations qui circulent dans les médias.

     

    C’est en début d’après midi du 7 janvier que j’ai appris, par mon voisin, que Charlie Hebdo avait été attaqué. Un passage sur internet me l’a confirmé!. Puis une réaction de Sarkozy « c’est la démocratie française qui est attaquée » m’a fait bondir et j’ai donc envoyé un premier mail à 15h30 à une vingtaine de copains disant « Non ce n’est pas la démocratie française qui est attaquée c’est l’impérialisme français… ». Presque tous m’ont répondu « mais non Michel ».

    Alors a commencé une période noire de manipulations politiques qui me révoltaient alors que j’essayais de réfléchir car je sentais qu’il y avait un truc mais je me sentais complètement isolé à faire une analyse à 180° de ce que je voyais autour de moi.

    Heureusement un de mes copains a réagi en me disant que tout le monde n’était pas en train de hurler avec les loups (mais presque quand même) et j’ai pu me rassurer un peu.

    Aujourd’hui 26 janvier je commence à pouvoir mettre quelques mots sur le papier.

     

    Ma conviction c’est que l’attentat contre Charlie hebdo fait partie de la résistance que manifestent certains peuples devant la guerre que leur livrent les pays dits occidentaux. Parmi ces mouvements de résistance il y en a qui mènent une lutte armée chez eux et il y en a qui préconisent de porter aussi la lutte chez nous. Ces mouvements de résistances (pendant la guerre de 45 les résistants français étaient des terroristes (vu de Berlin), idem pour le FLN…) ont lieu pour une bonne partie dans des pays dits musulmans. La religion est donc amenée à y jouer un grand rôle essentiellement parce que c’est un élément unificateur, comme un ciment qui crée une notion de communauté (comme, on y reviendra, pendant les croisades).

    Pour dire les choses encore plus simplement il y a des gens, par exemple au Moyen Orient, qui ne sont pas très contents qu’on leur pique leur pétrole, qu’on envoie des bombes sur leurs enfants, qu’on les prive de liberté et qu’en plus on se moque grassement de leur croyance et de leur misère dans des gazettes européennes pour jeunes bourgeois. C’est sur ce terreau que poussent les réseaux de résistance qui viennent jusque chez nous.

     

    Voila, bon maintenant il faut un peu argumenter cette opinion. Ca ne va pas être facile.

     

    Donc on repart du début : est ce la démocratie française qui a été attaquée? A vrai dire je ne vois pas qui la démocratie française gêne, en France je veux dire. Je ne sais pas trop ce qu’est la démocratie française mais disons que ça peut ressembler à toutes nos institutions qui font qu’on a des élus (plus ou moins représentatifs) qui « maintiennent » des services publics (certes de moins en moins publics). Bien sur il est question de 6me république et de tout un tas de trucs qui ne marchent pas même que c’est vraiment une honte (et qu’il vaudrait mieux parler de pseudo démocratie), mais je n’ai rien entendu de cela lors des évènements du 7 janvier. Si donc en France la démocratie Française ne gêne réellement personne, hélas ce n’est pas le cas hors de France.

     

    Parce que hors de France, la démocratie Française elle cartonne pas mal. D’abord et avant tout en Afrique en collaborant avec des dictatures (on dit aussi parti unique ou dirigeant à vie), en les installant, les finançant et les maintenant par la force  dans le seul but de servir les intérêts des firmes dites hexagonales (pétrole, bois, agrumes….) et qui sont surtout des multinationales mais à nous. Attention la France cartonne en Afrique mais aussi au Moyen Orient et dans une partie du Sud est asiatique.

    Bien sur la France n’est pas seule à cartonner, le fer de lance de ce combat étant les US, suivi par presque tous les pays dit développés. En fait tous ces pays occidentaux (Australie compris malgré la géographie) sont sous la coupe idéologique des US qui sont non seulement les plus forts militairement et de beaucoup, mais aussi les générateurs de la pensée impérialiste.

    Vous allez me dire que j’exagère, que les US sont le pays  de la liberté d’entreprendre, du contre pouvoir de la presse… Non je n’exagère pas, pour vous en convaincre il suffit de lister quelques éléments de cette politique : l’impuissance de l’ONU (Palestine, famines, presque 100 conflits armés sur terre……), les grandes oreilles, les drones, la ségrégation, la NSA, l’OTAN, le TAFTA, le FMI, la Troïka, les tribunaux internationaux, la mascarade de la lutte contre le réchauffement, la dénucléarisation….et la torture ordinaire. Tout cela n’est que la partie émergée de l’iceberg impérialiste.

    Réfléchissez (un peu plus de 30 secondes si possible) à ce que veut vraiment dire le fait que sur terre les capitaux circulent totalement librement alors que les trois quarts des êtres humains n’ont pas cette liberté. C’est surement ça la civilisation???

     

    L’impérialisme c’est trois choses le pouvoir absolu de l’argent (bien au dessus des lois), la fuite en avant (toujours plus d’activités, le problèmes se résoudront d’eux même), la guerre pour protéger le pouvoir d’une minorité (les riches) et faire que ça continue (CQFD).

     

    Evidemment il faut un sésame pour tout ça et ça s’appelle la démocratie, qui est actuellement le meilleur moyen connu pour accroitre le pouvoir des riches et le développement de l’argent dans un pays. En effet les US et l’Europe ont le monopole pour la détermination de ce qui est démocratique ou pas. Si un pays est jugé pas démocratique (ou trop démocratique, cf. le Chili de 1973) alors pan la guerre (souvent par milices interposées qu’il suffit d’armer). Et ça marche.

    Quand je dis que les US sont actuellement les leaders de l’impérialisme, c’est qu’avant on avait une autre méthode, certes moins démocratique, mais encore plus efficace c’était le colonialisme. Et là c’est la France et l’Angleterre qui étaient les leaders.

    Là il faut que je vous parle des (soi-disant) bienfaits de la colonisation qui pour avoir été durables (pas au sens de Davos) ne sont guère valorisés par les populations locales. Oui car, c’est une surprise, il y a des populations locales dans toutes nos (anciennes) possessions coloniales. Vous allez me dire que je m’éloigne du sujet puisqu’on est parti de Charlie Hebdo et qu’on est à la décolonisation. Eh bien justement il y a un lien.

    Et ce lien c’est la guerre que mène notre pays, ou plutôt les guerres que nous livrons au Mali, en Centre-Afrique, au Tchad, au Nigéria, mais aussi en Afghanistan , en Iraq, en Syrie et j’en oublie beaucoup, à toutes ces armes que nous vendons à des pays ou à des groupuscules et à ces embargos que nous mettons sur certains.

    Ces guerres sont exactement, comme on a su le faire il y a presque mille ans, des croisades dont le but est d’abord d’enrichir les croisés mais aussi avec des habillages plus seyants comme rétablir la démocratie (on dit aussi la protection de la propriété, la liberté de commercer ou même la vraie religion…), permettre le développement économique qui n’est qu’un blanc seing aux investissements étrangers : mines, arachides, pétrole….

    Et donc ces populations locales eh bien elles renâclent (c’est triste quand même parce qu’on on leur a tout appris à ces gens là il ne faut pas l’oublier!!), c’est à dire qu’elles préféreraient que plutôt de tout leur piquer on partage un peu.

     

    En fait, ces pays, sont encore dans une démarche de décolonisation. Quand je dis ces pays c’est plus de la moitié du monde.

    Pour illustrer ça il me semble que ce qu’on a appelé récemment le printemps arabe est simplement une nouvelle étape de décolonisation. Vous allez me dire qu’il n’y en a pas eu partout par exemple en Algérie. Eh bien si justement mais, en Algérie, c’était la victoire du FIS que Chirac et Pasqua ont annulée ou interdite enfin un truc qu’on peut se permettre quand on est un pays impérialiste patenté.

    Mais quand même tous ces pays résistent et cherchent à mettre en place des régimes plus autonomes et défenseurs de leurs intérêts. Le problème c’est que l’occident n’autorise pas toutes les solutions possibles (ça s’appelle les affaires étrangères) et que l’ont se trouve avec des régimes hybrides ou carrément fantoches, un peu partisans de l’occident et un peu défenseurs de leur identités mais tous nés de cette phase de décolonisation.

     

    La décolonisation c’est tout simplement d’essayer de remplacer les valeurs de l’occupant par les siennes propres.

     

    Je vois déjà les doigts se lever en disant mais ces régimes ne respectent pas les droits de l’homme, en particulier celui des femmes. C’est tout à fait vrai. Ca l’est surtout si l’on parle de nos droits de l’homme actuel avec 200 ans de république mais ce n’est pas le stade de développement où en sont ces pays. Eux (hélas pour beaucoup avec note aide) ils sont en retard, c’est à dire presqu’encore à notre moyen âge qui est cependant leur âge actuel. Ce décalage doit-il être respecté ou au contraire ignoré. C’est une question mais pour moi il est clair qu’il doit être respecté car c’est seulement de l’évolution par elle même des mentalités d’une population que de nouvelles règles et de nouvelles institutions bénéfiques pour la population peuvent naitre. D’ailleurs c’est comme ça que nous avons fait en France et pour ceux que ça chiffonnent il ne faudrait pas non plus que nous nous prenions pour des modèles de liberté, d’égalité et de fraternité. Ca fait combien de temps que les femmes votent chez nous? Alors un peu de calme ou je vous ressort les photos de religieuses de 1950 avec de cornettes d’un mètre de long pour… euh pour, eh bien vous voyez on sait même plus pour quoi.

     

    Mais la décolonisation, sans passage sous la coupe impérialiste, ça ne plait pas aux grandes puissances (c’est le nom (à double sens) que l’on donne aux leaders de l’impérialisme). Alors on va faire la guerre chez eux, essentiellement pour créer le plus grand désordre possible de façon à ce que nos vaillantes multinationales puissent continuer à prospérer, et aussi avec un habillage démocratique en mettant en place des collaborateurs locaux (pendant la guerre de 45 on disait collabos) chargé d’occuper le devant de la scène. Cette guerre de l’impérialisme contre la décolonisation dure depuis une cinquantaine d’année et en fait elle est maintenant mondiale. Amérique du Sud, Afrique, Asie du Sud est, Moyen Orient.

     

    Partout les populations qui souhaitaient s’émanciper (même un tout petit peu) sont combattues. Avec un beau cortège de bombardements, de victimes, de famine, de corruption, de mensonges, d’attentats et ……d’aide internationale non gouvernementale comme au temps des kermesses. Bref pour celui qui ouvre les yeux c’est la guerre partout (l’Europe n’a pas établi la paix elle a transféré la guerre à l’extérieur). Ca s’appelle la mondialisation.

    Mais attention cet état de guerre crée un fort ressentiment d’injustice et de révolte dans les pays et les populations concernées, en plus avec l’impunité des agresseurs (c’est le moins que l’on puisse dire). C’est pour ça que se sont développés des mouvements de résistance dans le monde entier. Dans le plus grand désordre certes avec quelques bonnes réussites mais aussi parfois avec des aspects beaucoup moins reluisants.

     

    Bref retenons deux choses

    -d’une part dans beaucoup de pays musulmans la revendication nationaliste (ou décolonialiste si vous préférez) a pris un contour politico-religieux, ce qui donne clairement un aspect moyenâgeux (mais pour eux c’est un progrès) à certaines luttes,

    -d’autre part il y a quand même des pays qui résistent en entier (pas seulement par des luttes internes contre un pouvoir collabo), ils sont peu nombreux, d’abord la Russie, ensuite l’Iran, quelque pays d’Amériques latines, et peut être un ou deux pays d’Afrique, voire depuis quelque jours la Grèce. Ceux là subissent de plein fouet la guerre impérialiste.

     

    Alors exit l’attaque de la démocratie française regardons maintenant la « mise en cause de la liberté d’expression ». Seulement kézaco la liberté d’expression. Est ce que dire dans la rue à un inconnu que vous croisez « je vous emmerde » c’est de la liberté d’expression, je crois que c’est plutôt de l’agression, peut être de la provocation et surement de la bêtise. Est ce que dire à des actionnaires « vous êtes vraiment payés à ne rien faire » c’est de la liberté d’expression oui assurément sauf  bien sur qu’on a rarement l’occasion de le faire. Ou alors par personne interposée ou dans des écrits que personne ne lit. La liberté d’expression demande d’abord d’avoir des convictions personnelles ou collectives et de pouvoir les exprimer publiquement ou en privé. Par conviction il faut entendre des opinions, des analyses et l’envie de les faire partager. Si l’on n’exprime pas des opinions alors on est dans la sphère des médias, du baratin et de la parlote et on ne peut plus se targuer de liberté d’expression.

    On en est donc à se demander est ce que Charlie hebdo était un journal d’opinion qui exprimait les convictions de ses auteurs. Certes certain des journalistes avaient des opinions (Cabu a été et était peut être encore antimilitariste), mais, pour moi, le journal ne représentait pas un courant d’opinion.

    D’ailleurs il revendiquait de se moquer de tout et par conséquent de ses propres convictions. Par exemple la différence entre Charlie hebdo et Médiapart est immense car ce dernier est un journal d’opinion et étaye clairement ses jugements par des dossiers et un travail de recherche et d’analyse assez poussé. De même le Canard enchainé a un réseau d’informateur, assez mystérieux certes, mais qui lui permet de sortir des infos assez décapante.

    Ce n’est pas le cas de Charlie Hebdo ou tout au moins ca fait très longtemps que ce n’est plus le cas (départ de Choron?). C’était plutôt devenu (arrivée de Val?) un journal anticonformiste, satyrique et provocateur avec un public de citadins qui aime à ne pas sentir de limite, peut être pour compenser une certaine absence de convictions justement.

    Au final et très clairement on ne peut pas dire qu’un courant d’opinion a été décimé par cet attentat. Je peux passer à coté de quelque chose mais si quelqu’un peut me dire quoi, je suis preneur. J’espère que personne n’essayera d’évoquer la liberté de la presse car du coté presse c’est franchement la désinformation qui est à l’œuvre chez nous.

    OK, mais être seulement dans la dérision n’est pas une raison pour se faire massacrer. Ca c’est sur et c’est pourquoi je dis que les raisons sont ailleurs. Alors prendre la défense de Charlie hebdo au nom de la liberté d’expression n’a pas beaucoup de sens et fait obstacle aux vraies raisons. Hélas pour comprendre le geste des agresseurs (et éventuellement éviter de nouvelles attaques) il aurait fallu un procès mais pour cela encore eut il fallut qu’ils soient pris vivants et jugés et condamnés. Mais la France préfère dire à leur place qu’il faut en penser. Ce n’est pas comme cela que l’on traite un très grave problème.

     

    En conclusion, tous ceux qui ont défilés après l’attentat se sont retrouvés défenseurs de l’impérialisme français. En particulier la manif du 11 a été une ovation pour que continuent les massacres dans les guerres que mène la France (ainsi que tous les impérialistes occidentaux). En fait tous les manifestants ont donc été piégés parce que croyant soutenir la liberté d’expression ils ont soutenus l’exploitation occidentale.

    Malheureusement quand je dis tous, je me trompe parce qu’il y en avait qui était bien venus pour ça. En effet il ne faut pas croire qu’en France tout le monde est pour la solidarité et la justice. En effet il y en a beaucoup qui sont pour l’inégalité et le maintien par la force de nos avantages et qui se plaisent à voir maltraités tous ceux qui revendiquent un tout petit peu de partage. Seulement les démocrates, légitimement indignés par l’attentat, étaient aussi à coté d’eux et par leur présence ont donné un blanc seing à l’oppression occidentale. C’était d’ailleurs le but recherché. Pauvre France.

    Michel Costadau

  • Mansuétude

    Mansuétude

    La mansuétude des pouvoirs publics est vraiment inégalable. Il y a quelques jours alors que des jeunes s’étaient assis sur un pont parisien pour se reposer de la chaleur, l’Etat a envoyé des policiers pour les rafraîchir avec des brumisateurs à main et ensuite les transporter à l’ombre. Une telle sollicitude a de quoi réconforter sur l’attention portée aux citoyens et doit nous ravir pour une utilisation si pertinente et démocratique de nos impôts.

    Tout aussi sympathique a été la fourniture, gratuitement, de petites bouteilles d’eau fraiches dans les trains arrêtés en plein soleil et en panne de climatisation. C’est une attention qui dénote un vrai esprit de service public, comme seule la SNCF sait le faire. On y reviendra la semaine prochaine. Evidemment ce serait encore mieux si la clim marchait et si les trains ne s’arrêtaient pas entre deux arrêts. Mais on ne peut pas avoir la privatisation et le service en même temps. Faut choisir, euh, quand on a le choix.

    Vous le voyez je blague, c’est pour détendre l’atmosphère qui est un peu plombée en ce moment.

    Mais là je vais être sérieux pour vous parler du RIP. On parle beaucoup du RIP en ce moment, comme d’une avancé démocratique. Malheureusement il n’en est rien. Il y a en effet une énorme barrière basée sur les pourcentages. Pour qu’un RIP soit non pas adopté, mais puisse seulement poursuive son parcours il faut que 10 % du corps électoral signe la demande. Ça parait peu 10 % mais c’est exactement le score qu’obtiennent nos politiques pour leur permettre d’être élus. Je vous refais le calcul une dernière fois : 50 % de votants, 20 % recueillis par les meilleurs soit 10 % du corps électoral.

    On demande donc au RIP pour être soumis au vote de la population le même score que peut faire le meilleur des candidats élu par la même population. En toute logique, avec 10 % de signatures le RIP devrait donc être directement adopté. Ou alors la barre des signatures devrait être à 10 % de 10 % soit 1 % du corps électoral. Or il se trouve que c’est exactement là le score actuel de la pétition sur le RIP. Et donc le référendum devrait être officiellement lancé maintenant. Evidemment il ne le sera pas parce que les politiques demandent 10 fois plus de signatures.

    Il y a quelques semaines nous évoquions déjà le double langage des politiques. Et l’actualité nous donne une nouvelle illustration de cette parole défaillante : c’est l’introduction du respect des mesures climatiques comme contrepartie dans les accords commerciaux. Nous atteignons là des sommets.

    L’autorisation de commercialisation de produits ne respectant aucunes règles sanitaires, biologiques ou environnementale est compensée par la participation non pas des producteurs mais des pays de production à des initiatives pour le climat. On croit rêver : c’est la prime au mensonge. Les pays n’ont jamais eu de parole et affublent leurs agissements du doux nom de développement durable, commerce des armes par exemple. Alors vouloir nous faire croire qu’ils vont vraiment faire quelque chose pour le climat c’est de la provocation. Soit les pays font réellement des actions visibles pour combattre le réchauffement et alors il est possible de discuter avec eux. Soit ils ne font rien et ce n’est pas la signature d’accords commerciaux qui va les inciter à faire quelque chose puisqu’ils ont obtenu l’accord sans rien faire. Mais la mansuétude des pouvoirs publics est sans égale.

    Michel Costadau

  • Renault

    Renault

    Aujourd’hui on regarde le ratage de l’affaire Renault. Oui, l’affaire Renault. Les politiques ont montré, une fois de plus, qu’ils étaient lamentables. Ça a commencé par la confusion entre Ghosn et Renault. Le gouvernement s’est focalisé sur Ghosn alors que c’est Renault qui était attaqué.

    Que s’est-il passé ?

    Voila que d’un coup, sans prévenir, Nissan lance une offensive contre Ghosn, le mettant dans l’incapacité de diriger ses 2 entreprises et l’Alliance. Le but de Nissan, en lançant ces accusations, était et est toujours de modifier le rapport de force entre Nissan et Renault. Seulement l’Etat français avait un compte à régler avec Ghosn. Souvenez-vous l’histoire des droit de vote double et l’achat en catastrophe par l’Etat d’actions Renault pour plus de 50M€. Ghosn voulait diminuer le pouvoir de l’Etat au conseil d’administration, ce qui aurait été un bonne chose, mais ça n’a pas marché.

    Du coup, quand Nissan a fait emprisonner Ghosn, nos politiques sont tombés dans le piège et ont chargé Carlos au lieu de le défendre, c’est-à-dire défendre Renault.

    Bien sûr en termes de com c’était du pain béni populiste de vilipender ce patron emblématique. Et les médias ont évidemment emboîté le pas. Mais hélas c’est vraiment n’importe quoi de faire croire qu’il y a des dirigeants honnêtes, altruistes et généreux qui touchent 3 smic. Non, non et non, ces gens-là ne font ça que pour l’argent et d’ailleurs ils rapportent gros aux actionnaires. Ghosn apporte chaque année 1Mrd€ à Paris. Il n’y a donc pas d’affaire Ghosn mais bien une affaire Renault. Et l’affaire Renault est sérieuse.

    Continuons l’explication. A cause de l’emprisonnement de Ghosn, les politiques ont été chercher un vieux dirigeant sur la fin pour être sûr de son obéissance. Et ce dirigeant, conseillé par les politiques je suppose, a plutôt joué la carte Nissan, alors que c’est l’ennemi, l’ennemi associé et partenaire certes, mais c’est souvent comme ça dans le business. On appelle ça une opération de rééquilibrage. Il est clair que Nissan préfèrerait ne pas avoir d’administrateurs Renault à son conseil. C’est comme si l’Etat français avait un droit de regard sur une société japonaise. Du coup l’initiative de Nissan a mis Renault dans une position affaiblie, ce qui était le but recherché.

    C’est à ce moment-là que les Agnelli ont proposé une fusion de Renault avec FCA qui aurait modifié, plutôt dans le bon sens pour Renault, le rapport de force entre Renault et Nissan. Le management de Renault, qui, en fait n’a pas son mot à dire, était d’ailleurs assez pour cette opération, qui aurait permis d’affronter les énormes besoins d’investissement de l’automobile dans les 5 ans qui viennent.

    Seulement nos ridicules politiques n’ont vu qu’une seule chose : la disparition de leur rôle d’actionnaire de référence au profit des Italiens. Ils ont donc louvoyé, ni oui ni non. La suite vous la connaissez, FCA a retiré son offre. Renault ne sait plus trop ou aller et Nissan est du coup en bonne position pour négocier le rééquilibrage ou la séparation, ce qui serait catastrophique pour Renault.

    Maintenant quelques  remarques :

    – l’Etat actionnaire ça n’a aucun sens, soit une entreprise est publique, soit elle est privée. Pareil pour les services. Alors regardez bien EDF ça va partir en live,

    – on ne peut pas mettre un bandit à la tête d’une entreprise et ensuite lui reprocher d’être un bandit. Ça ne tient pas debout, et bien sûr au lieu de défendre l’entreprise on accuse le bandit,

    – pour l’entreprise Renault, je ne suis pas un spécialiste, mais je la verrais bien rentrer dans le giron de WW. Ghosn a fait un coup magique avec Nissan et avec lui l’Alliance marchait et les Japonais l’ont apprécié. Mais les Japonais ont plutôt des associations entre eux et les Européens aussi. C’est culturel. Y a que l’Etat qui n’est pas à sa place dans ce puzzle.

    Michel Costadau

  • Revenus

    Revenus

    Quelquefois les choses simples demandent beaucoup d’explications. Il en est ainsi pour les différences de salaires et d’une manière générales de revenus. Tout le monde pense que ce n’est qu’une question de chiffres. Celui qui gagne 2 000 gagne deux fois plus que celui qui gagne 1 000. Ça paraît simple mais ça ne l’est pas du tout. Disons clairement, pour mettre de l’ambiance, que celui qui gagne 10 000 est, tout simplement, au-dessus des lois.

    On explique.

    D’abord il y a des seuils. Le premier est à 1500. C’est la première marche pour ne pas être dans la misère et ce sont les aides compensatoires qui permettent de vivre. Le seuil suivant est à 3000. En dessous ce n’est pas facile et il y a encore des aides, mais ça permet de mener une vie moyenne. Le seuil suivant est à 5000. Là on entre dans la possibilité d’aller dans les magasins pour dépenser. Entre 5000 et 10000 il y a une zone où l’on commence à ne pas trop savoir quoi faire de l’argent.

    Voilà pour les seuils, mais il y a aussi, et c’est le plus important, le coût relatif.

    Le principe en est simple : le prix d’un produit n’est pas lié aux revenus de l’acheteur. Ce qui revient à dire que plus on gagne et moins les choses paraissent chères et la vie parait plus tranquille. Pour les petites sommes, comme un tube de sauce tomate, ça paraît non significatif, mais pour les plus gros achats ça devient hallucinant. C’est un question de pourcentage. Un vélo à 300 c’est 10 % pour celui qui gagne 3000 et 1 % pour celui qui gagne 30 000. Il s’agit bien sûr du même vélo mais 1 % c’est comme une virgule, c’est inexistant. On peut se tromper, ça n’aucune importance. On peut même recommencer presque autant de fois que l’on veut. Par contre 10 % c’est beaucoup dans le sens où ça entre en conflit avec d’autres besoins qu’il faut aussi satisfaire. Et bien sûr il est impossible de recommencer.

    Pour dire les choses encore plus crûment : la vie courante, nourriture, logement, loisirs et éducation sont une promenade pour les gros salaires et un combat permanent pour les petits revenus. Et je ne vous parle pas des loyers ou de l’acquisition de résidences. Là ça devient ségrégationniste. Avec 2 000 il paraît difficile d’avoir un loyer de 3 000. Et en plus vous ne seriez pas bien accueilli avec votre Dacia. Je blague.

    Alors quand je dis qu’à partir de 10 000 on est au-dessus des lois, c’est très simple. Un PV à 45 ou même à 100 ça ne compte pas. Le retrait de permis est en général celui du chauffeur et même si c’est votre permis, au pire il faut louer un chauffeur pendant quelques mois. Ce qui est important à comprendre c’est qu’à partir d’un certain niveau de revenus on a l’esprit libre, on a le droit de faire des bêtises, de se moquer des pauvres clampins qui essayent de garder la tête hors de l’eau, et même de leur marcher dessus.

    Voilà maintenant c’est plus simple, ce n’est pas qu’une question de chiffre. Et donc 3 000 ce n’est pas trois fois mille c’est six fois, et 10 000 ce n’est pas dix fois mille, c’est l’infini.

    Michel Costadau

  • L’Appel des Appels

    L’Appel des Appels

    Depuis que Macron est malade y a de la détente dans l’atmosphère. C’est pas la fête mais on commence à y penser. C’est le moment de lancer l’Appel des Appels sur les élections européennes.

    Nous, réunis en assemblée plénière, demandons à tous les électeurs de réfléchir avant de voter. Pour cela nous donnons à la population les pistes suivantes issues des trois jours de réflexion que nous avons menée ensemble.

    Première piste : il est beaucoup question de créer ou de renforcer des offices supranationaux dans divers domaines : banque européenne, armée européenne, justice européenne. Cependant comme les citoyens n’ont déjà plus aucun contrôle de leurs propres institutions nationales : Banque de France, Armée française, Justice française, créer des institutions encore plus loin des citoyens serait un nouveau recul démocratique. Et aux mains de qui seraient-elles ?

    Deuxième piste : le travail des élus du parlement européen consiste à entériner sans modifications les directives de la commission composée uniquement de technocrates non élus. Vous n’élisez donc pas vos représentants mais vous choisissez les employés de la commission.

    Troisième piste : les partis en présence n’ont aucun programme, en particulier par rapport à l’immigration. Leur attitude sur l’immigration n’est qu’hypocrisie. D’un côté un discours contre les immigrés jugés responsables de tous les maux, à tel point qu’aucun élu n’ose manifester ne serait-ce que du respect pour ces personnes. De l’autre côté l’accueil de centaines de milliers de travailleurs exploités à fond pour faire tourner à faible coût nos usines, nos services et notre agriculture. C’est aussi plus de 5 000 morts par an par refus d’assistance. Tant qu’ils n’ont pas de programme crédible humainement, voter consiste à tuer.

    Quatrième piste : les fondements uniquement économiques de l’Europe conduisent à l’extinction du vivant. Sous prétexte de protéger la pêche ou l’élevage ou la forêt, l’Europe est un énorme prédateur qui détruit les biotopes et milieux naturels et contribue  massivement aux gaz à effet de serre. Les aides à l’agriculture chimique sont un versement direct de poisons dans la nature. Jusqu’à quand voterez-vous pour vos fossoyeurs ?

    Cinquième piste : L’europe détruit des milliers d’emplois dans le but de sauvegarder la rétribution des actionnaires. Comme un chômeur coûte beaucoup moins cher qu’un ouvrier ou un employé en activité, c’est vrai qu’il n’y a pas de travail pour les Européens. Le chômage à 10 % ne concerne que les demandeurs d’emplois. Il faudrait y rajouter tous ceux qui ont choisi de ne pas travailler, ou travaillent au noir, ou sont maintenus artificiellement hors chômage : RSA, auto-entrepreneur. La population ne refuse pas de travailler, elle veut seulement qu’il soit possible d’avoir des activités qui correspondent à ses aptitudes et non pas un boulot en attente de robotisation. C’est pourquoi il semble difficile de demander du travail et en même temps de voter pour ceux qui le suppriment.

    Sixième piste : en plus de l’énorme gâchis des denrées alimentaires, l’Europe laisse en vente des produits dangereux pour la santé. Elle a inventé des normes dans le but de rendre commercialisables des denrées, sucrées, salées, grasses, ou imprégnées de composants dangereux. Par exemple, soit les salades sont mangeables soit elles sont interdites à la vente, alors pourquoi y a-t-il marqué : à laver abondamment avant de consommer. Idem le vin contient des sulfites ou des nitrites : est-ce bon ou mauvais pour la santé ?

    Septième piste : l’Europe a fait des privatisations son principal moteur. Mais force est de constater que ces privatisations se font au détriment des services publics. Je n’ai pas lu que les candidats pour faire rouler des trains privés veuillent desservir toutes les petites gares D’ailleurs la notion de service public européen n’existe pas, alors que ce serait la preuve d’une vraie volonté de servir les populations. Voter c’est encourager la suppression des services publics.

    Huitième piste : A quoi rime la privatisation d’Edf. Le privé va-t-il inventer une nouvelle électricité. Dans l’industrie la privatisation se traduit en général par une offre de nouveaux produits. Dans le domaine d’Edf que veut-on nous faire croire ? Je ne connais pas d’autre électricité que l’électricité. Il ne s’agit donc que d’appâter des capitaux en manque de rendement, en bradant tous les investissements faits avec notre argent. Voter c’est donc choisir les capitaux au détriment des citoyens.

    Voilà, le jour du vote restez chez vous à vous occuper de vos affaires ça sera plus utile.

    Michel Costadau

  • Mondialisation

    Mondialisation

    Bon j’explique ou j’explique pas, comme dit Platon Makowski dans le film de Lounguine « Un nouveau Russe ». Allez j’explique.

    L’énorme vague de la mondialisation, partie d’Europe il y a un peu plus d’une centaine d’années, a maintenant fait le tour du monde et revient s’étaler sur nos villes et nos campagnes. L’écume de cette vague d’uniformisation provoque, chez nous, un effet inattendu de particularisme.

    Par uniformisation j’entends la transformation de tous les individus en salariés, ne produisant plus rien pour eux et étant obligé de tout acheter avec l’argent qu’ils reçoivent pour leur travail. Le vecteur de cet échange étant le couple produit manufacturé ou immatériel///argent réel ou virtuel.

    Par particularisme j’entends le besoin croissant de différenciation que ressentent beaucoup de gens pour émerger de la couche de glu des comportements économiques. C’est un vrai combat pour vivre ou plutôt revivre, puisque l’uniformisation a tendance à gommer toutes les caractéristiques personnelles et à nier les pensées individuelles ou collectives. Cette réaction tend à redonner, à recréer de l’identité.

    Et c’est ainsi que le nationalisme US, le brexit britannique, l’autonomie catalane et le populisme hongrois ou italien ont une seule et même source : la mondialisation. A force d’avoir voulu ramener chaque individu et chaque collectivité à un standard unique, la population se rebiffe et veut de l’autonomie, de l’identité, du particularisme.

    Pour alimenter votre réflexion, essayez d’expliquer pourquoi les tribus indiennes du Brésil vous paraissent arriérées. En fait, elles se débrouillent très bien depuis très longtemps. Il n’y a aucune raison à ce jugement, à part la mondialisation.

    En fait, la mondialisation a été possible à cause des différents stades de fonctionnement des sociétés humaines. C’est ce choc culturel sous-tendu par des armes, qui a permis la vague. Ça a commencé par l’exode rural, les guerres, la colonisation, les guerres, le libéralisme, les guerres et maintenant la finance et les guerres.

    L’exode rural continue mais il s’est mondialisé et ça s’appelle maintenant l’immigration. La colonisation continue mais elle s’est mondialisée et ça s’appelle maintenant l’aide au développement, le libéralisme continue et ça s’appelle le niveau de vie ou le pouvoir d’achat. Les guerres, quant à elles, continuent et y a pas besoin de photos.

    On peut donc dire avec certitude que ceux qui vantent les mouvements de globalisation, de regroupement, voire de concentration sont complètement à contre-courant. Et en France nous sommes complètement égarés. Tous nos politiques sont à fond dans la construction européenne, dans les supra budgets, dans les multinationales. C’est exactement le contraire de ce que demande la population. Il ne s’agit plus de faire le Monde ou l’Europe mais de redonner à chaque individu ses attributs, ses spécificités, ses différences et ses valeurs. Rien d’étonnant donc à ce que les chantres du libéralisme soient sur un courant d’intégration européenne. Ceux-là défendent la mondialisation comme outil de domination, de colonisation, d’exploitation.

    Nos politiques n’ont rien compris et surtout ne veulent rien comprendre. Et nous on trinque.

    Michel Costadau

  • Tour

    Tour

    RIC en toutes matières. Ce slogan des GJ collé sur les panneaux routiers est un super révélateur sur ce mouvement et sur notre société.

    Sur ce mouvement car RIC est le cri des sans grades n’ayant jamais droit à la parole. Celle de ceux qui n’ont rien à perdre parce que quand on est au bas de l’échelle on ne pas descendre plus. En fait ce n’est pas une demande de référendum, c’est une demande d’exister.

    Sur notre société, parce qu’il ne devrait pas y avoir de référendums. La notion de référendum est née de la dichotomie entre la population et sa représentation. Quant une société a des élus en réelle représentation des électeurs et en communication avec eux, il n’y a aucun besoin de consulter la population toutes les 5 minutes, par sondage, référendums ou débats.

    On explique.

    Il m’apparait de plus en plus clairement que le mouvement GJ est un mouvement de type révolutionnaire. Il ne s’agit pas de bourgeois ou des classes aisées mais plutôt du bas de l’échelle. Il ne semble pas guidés par des intellectuels ou des éduqués. C’est le genre révolte spontanée, c’est à dire inspirée directement par des conditions de vie jugées insupportables. Certes nous ne sommes pas au Tchad et les conditions désastreuses dont je parle ne sont pas du même registre que dans les pays déshérités et dévastés par la colonisation. Chez nous les conditions révoltantes s’appellent manque de moyens financiers, déclassement social, ballotage continuel dans le travail, à l’école, dans le logement, absence totale de perspectives pour s’en sortir, fragilité éducative, idéologique et répression continuelle parce qu’il est plus facile de taper sur les faibles que sur les puissants.

    Et d’un seul coup ils prennent conscience de leur nombre, c’est-à-dire découvrent qu’ils ne sont pas des cas isolés mais bien une partie significative de la société.

    Autre marqueur important, la phobie des délégués, des dirigeants, des représentants. C’est typiquement révolutionnaire. Parce que vouloir être écouté ne passe pas par des négociations entre mandataires, mais par la suppression immédiate des barrières installées par le pouvoir. Les réseaux sociaux ont remplacés les barricades.

    Quant au référendum, vous savez ce que j’en pense ça a la forme, le gout et l’odeur de la démocratie mais c’est de la com. Ca a toujours été utilisé par ceux au pouvoir soit pour un plébiscite : Afrique, De Gaulle, Merkel, Poutine, soit pour trouver une porte de sortie honorable : De Gaulle, Cameron, Renzi, soit pour bluffer la population : De Gaulle, Mitterand, Chirac et indirectement Sarkozy. Le référendum est la mesure de la distance entre la population et sa représentation. Et cette distance est grande comme nous le montrent les anglais en ce moment. Moins les élus sont représentatifs et plus ils utilisent les bouées référendaires. Jusqu’à une certaine limite puisque depuis le referendum raté de Chirac et son contournement par Sarkozy plus aucun referendum n’a été organisé chez nous. Par contre, tellement il y a d’écarts entre les élus et les électeurs que touts les élections deviennent des référendums, cqfd.

    Il faut aussi ajouter que notre histoire récente n’est que celle de la trahison de la représentation. Aussi bien celle des mouvements de rue que celle des élus. Les délégués ont toujours cherchés à faire marcher le système et non à représenter les sentiments, les demandes, ou la colère de la population.

    Une révolution moderne c’est quand le système se réforme tout seul sous la pression des révoltés. Mais depuis un moment seules les révoltes des riches ont été entendues.

    Moi je dis chacun son tour.

    Michel Costadau