Catégorie : International

  • Saumure

    Saumure

    Donald tu ne peux pas donner ce que tu n’as pas. Tu as plein de choses, tu es très riche, mais le Golan ne n’appartient pas, ni à toi, ni à ton pays. En plus il ne faut pas parler de ce qu’on ne connaît pas, ça se voit tout de suite. Tu n’as rien compris à la Syrie et tu t’en vas en laissant un champ de ruines. En fait tu es trop accro à Israël. Ce pays a déjà fait plus de victimes que tous les pogroms européens du siècle dernier, mais toi tu t’obstines. Tu dois bien y avoir quelques intérêts, mais il faudrait qu’un jour tu nous les dise parce que ça ne saute pas aux yeux et, en attendant, les morts s’ajoutent aux morts, en tas.

    Seulement Donald, tu as un mur dans la tête, pas au figuré, en vrai. Et c’est préhistorique, c’est pas moderne. Les Chinois en ont édifié des kilomètres pour protéger leurs biens, les Romains aussi c’était il y a pas mal de temps, puis les murs se sont rejoints pour faire des châteaux-forts créant ainsi un extérieur et un intérieur, un enfermement. Ensuite, les intellectuels ont inventé les murs idéologiques censés remplacer les murs de pierres et les remparts par des slogans assénés à la population. Mais les tenants du mur préhistorique ont bien résisté et sont encore nombreux, les tenants des châteaux-forts, bastions et autres forteresses aussi, et les servants des remparts idéologiques travaillent encore à plein régime.

    Alors nous, la génération d’après-guerre, nous avons développé le combat contre les barrières quelles qu’elles soient, forgeant ainsi le concept de l’Homme, y compris les noirs, les femmes et les indiens, membres d’une unique humanité. Cette émergence est encore balbutiante car nos armes ne sont que l’éducation, la compréhension et l’adhésion.

    Du coup aujourd’hui, pour peu qu’il ne soit pas enfermé, chacun a dans l’esprit toutes les composantes de cette évolution, la partie préhistorique avec les hauts murs, la partie médiévale avec les forteresses et leurs faubourgs, la partie idéologique avec ses préjugés et la désinformation, et enfin la partie ouverte avec la prise de conscience de l’humanité.

    Rien n’est encore gagné car la protection de leurs biens, par des moyens de plus en plus sophistiqués, préoccupe encore beaucoup les riches, si ce n’est pas de plus en plus.

    Et toi Donald tu es le chantre de la partie la plus archaïque de ces concepts : le mur. Ta seule idée c’est enfermer, pas seulement avec le mur mexicain, mais avec tous les repoussoirs que tu voudrais édifier devant les avancées des briseurs de barrière : entre inférieurs et supérieurs, entre hommes et femmes, entre nations pauvres et pays riches, entre hommes et hommes. Tout cela est en train de voler en éclat Donald, mais toi tu as seulement une truelle d’une main et le ciment que tu as volé aux Américains de l’autre. Alors tu ne sais faire que ça : du mur. Vous voulez de l’égalité : du mur, vous voulez le respect des noirs : du mur, vous voulez le respect des femmes : du mur, vous voulez le respect des indiens : du mur, vous voulez une protection sociale : du mur, vous voulez vous exprimer : du mur, vous ne voulez plus de guerre : du mur.

    Alors forcément c’est obscur dans ta tête Donald. Tu es enfermé dans ton téléphone et personne ne peut te joindre à cause du mur que tu as dressé devant tes yeux.

    Michel Costadau

  • Mafia

    Mafia

    Il est toujours beaucoup plus facile de voir les défauts chez les autres que chez soi. Et aussi plus facile d’en parler. Et c’est le cas de l’Algérie. Nous sommes au spectacle et tout le monde est d’accord pour dire que ce pays est aux mains d’une clique opaque qui tient les rênes du pouvoir en plaçant ses affidés aux postes clés. Evidemment si je dis que c’est un gouvernement mafieux, là vous m’arrêterez en me disant qu’il y a quand même des élections et que les élections c’est le label de la démocratie. Aïe, aïe, aïe. Et bien moi je confirme, oui c’est exactement ça un régime mafieux. D’ailleurs pour ceux qui en doutent, il y a aussi des élections chez cosa nostra. Certes il n’y a souvent qu’un seul candidat, pour cause d’empêchements divers et variés mais il y a bien un élu choisi démocratiquement par ses pairs.

    Parce que non, non et non ce ne sont pas les élections qui font la démocratie, loin de là. Des élections il y en a en Afrique, en Egypte, en Afghanistan, en Ukraine presque partout à vrai dire. Ça fait longtemps que le fonctionnement des élections a été contourné par les avides du pouvoir. Ça fait longtemps qu’ils ont compris que faire adouber par la population le candidat de son choix était possible via un ensemble de manœuvres bien rodées : d’abord posséder les médias, ensuite acheter les donneurs d’ordres, puis créer un repoussoir, enfin focaliser le sentiment des électeurs sur la solution, c’est-à-dire le candidat choisi. Après ça, arrive le règne qui permet de se renflouer et en plus de s’amuser. J’ajoute encore que ce ne sont pas les constitutions, les institutions ni les Cours suprêmes, Conseils d’état ou constitutionnel qui font la démocratie. Ça aussi il y en partout et ça ne prouve strictement rien.

    Vous savez comme moi que ce qui fait la démocratie c’est quand la population a des représentants qui réalisent ses aspirations. Mais ce n’est pas le cas en Algérie, là tout le monde est d’accord. Et si je dis que ce n’est pas non plus le cas chez nous là il y en a qui tiquent encore. Pourtant ça fait combien de temps que les électeurs sont manipulés, désinformés, baladés et volés. Allez n’allons pas chercher trop loin ça fait deux générations pour l’Algérie comme pour nous.

    Et la volte-face actuelle de la clique au pouvoir fait ressortir clairement que chaque fois que les Algériens ont voté ils ont donné un crédit démocratique à une dictature.

    En fait je suis extrêmement surpris que la réclamation se soit focalisée sur l’abandon de la candidature du tyran en titre. Clairement, aucune aucune alternative n’existe et le retrait d’une candidature ne change strictement rien. Si une situation devait être favorable à la pratique du non-vote, l’Algérie serait en ce moment le cas idéal. Le non-vote indiquant alors que c’est un système qui est rejeté et pas seulement une personne. Soyons clair, avec la bénédiction de Paris, le pouvoir Algérien va passer la main a un clone qui va faire les promesses qui vont bien. Mais un nouveau nom ne changera rien au système algérien actuel. Et c’est pareil chez nous.

    Michel Costadau

  • Presque rien

    Presque rien

    Ah mais alors quel suspense ! Je veux parler de cette date fatidique du 28 mars 2019 à 11h59. Oui c’est l’ heure ou les Britanniques doivent quitter le navire. Et que va-t-il se passer ce jour-là ? Vous voulez le savoir : eh bien rien, voila il ne va rien se passer. Et le lendemain ? le lendemain eh bien rien non plus. Mais quand même dans les semaines qui suivent il va bien se passer quelque chose ? Eh bien non, rien, toujours rien.

    Ah me direz vous, mais c’est parce que c’est reporté. Oui c’est presque sûr la date va être repoussée de 2 mois et puis peut-être encore de 2 ans. Bon mais alors au plus tard dans 2 ans à force de la force ce sera le brexit ? Eh bien non rien, rien, rien.

    Ah bon mais alors tout ça pour ça.

    Oui tout ça pour rien. On explique.

    Si vous vous souvenez, les motivations des Britanniques il y a deux ans tournaient autour de quelques points de souveraineté : immigration, justice européenne, régulation économique. Et ce scrutin a été marqué, comme partout ailleurs, par une forte poussée populiste. Et dans le sentiment populiste il y a une seule dimension : c’est la dimension america first qui se traduit par des penchants nationalistes, xénophobes, antisystème et de repli sur soi.

    Evidemment ces sentiments n’ont aucun rapport avec le marché commun qui est seulement une histoire de gros sous des financiers. On voit d’ailleurs là toute la perversité du vote dit démocratique : les électeurs ne répondent jamais à la question posée mais manifestent seulement leur humeur du moment. Et donc le résultat ne veut rien dire. En général.

    Seulement voilà, le résultat du scrutin qui nous occupe voulait dire en bon français : d’accord pour sortir de l’Union européenne et du Marché commun. Et ce dernier point, les financiers et une bonne partie de la population ne le souhaitaient pas et le souhaitent encore moins.

    Ah je vois que ça commence à s’éclaircir. Ce que demandaient les électeurs avec leur vote populiste n’est pas du tout incompatible avec le maintien des financiers dans les délices du marché commun. Pas du tout. Nous voila donc avec une situation cornélienne, qu’on pourrait presque qualifier de shakespearienne : comment sortir de l’Union européenne tout en restant dans le Marché commun. Cette contradiction mobilise tous les fins esprits de la planète depuis deux ans et ils sont en train de trouver les solutions. Et même ils les ont trouvées. Certes ces solutions ont été, momentanément, rejetées par les députés britanniques, mais avec quelques retouches c’est celles qui seront adoptées. Et ces solutions ont justement la particularité de ne rien changer.

    Attention je ne veux pas dire que rien ne va changer. Non, mais ce n’est pas ce que vous croyez qui va changer. Pas de modifications de frontières, pas de modification de salaires, pas de modification de scolarités, pas de modifications de droits, pas de modifications de prix. Non la seule chose qui va changer c’est que les Britanniques ne seront plus sous la tutelle de Bruxelles, tandis que les financiers continueront de s’abreuver aux 300 millions de consommateurs européens. Ça s’appelle le beurre et l’argent du beurre. Je me demande s’il n’y a pas des Anglais dans le coup.

    Michel Costadau

  • Dur dur

    Dur dur

    Pour me brosser les dents je prends tout simplement la brosse dans la main droite et le tube de dentifrice dans la main gauche. Puis il faut ouvrir le tube, soit en dévissant le bouchon avec deux doigts de la main droite sans lâcher la brosse, soit en posant d’abord la brosse au bord du lavabo et en ouvrant le bouchon avec la main droite libre. Une fois le tube débouché, il faut alors poser le bouchon sur le bord du lavabo en évitant qu’il ne tombe au fond ce qui, surtout si on a encore la brosse dans la main, va demander bon moment pour aller le rechercher s’il n’y a pas la bonde. Il convient alors de reprendre la brosse si vous l’aviez posée. Il est bien sûr envisageable de déboucher le tube avant de prendre la brosse, mais ce n’est pas naturel.

    Me permettez-vous de faire ici une digression pour indiquer que la pâte à l’intérieur du tube de dentifrice doit être poussée du bas vers le haut et non pressée par le milieu comme beaucoup le font. En effet, dans ce cas-là il se crée des bouchons d’air dans le tube qui, une fois près de la sortie, propulsent la languette de pâte que l’on veut mettre sur la brosse, dans une direction inattendue dont la plus favorable est de choir dans le lavabo ; auquel cas on peut encore la récupérer, sauf si vous venez de vous raser et avez jeté les poils coupés et/ou la mousse à raser dans le lavabo où ils restent tant que l’on n’a pas fait couler le robinet, et rendent de ce fait inutilisable la pâte qui a chu dedans.

    Maintenant je peux enduire la brosse d’une petite languette de dentifrice en évitant qu’elle ne glisse de la brosse car, en fait, elle est juste posée sur les poils. Ensuite, avant de se brosser il est préférable de remettre le bouchon sur le tube soit avec la brosse dans la main et la languette de dentifrice en équilibre sur les poils, soit avec les deux mains libres en posant la brosse selon l’option choisie. En effet, remettre le bouchon après le brossage conduit souvent à enduire celui-ci avec la mousse de pâte qui n’a pas manqué de se déposer le long du manche et du coup sur la main, au cours de l’opération de brossage. Il est alors possible de reposer le tube avant de se brosser ou de le garder dans la main gauche pendant le brossage.

    Mais, car il y a un mais, je voudrais maintenant, toujours si vous le permettez, préciser qu’il existe des tubes de dentifrice avec des bouchons munis d’un clapet qui permet, avec la même main qui tient le tube, d’ouvrir le bouchon avec le pouce et donc sans avoir besoin d’utiliser la main qui tient la brosse. Il est alors possible de déposer du dentifrice sur la brosse sans la moindre manipulation ou changement de mains. Et aussi de le refermer de la même manière. Il est clair que ce mode de fonctionnement est beaucoup plus efficace : on garde le tube dans la main gauche et la brosse dans la main droite sans discontinuité, aucun risque de faire tomber la languette de dentifrice ou le bouchon dans le lavabo. Comment se fait-il que cette innovation ne soit pas généralisée ? Dans quel monde vivons-nous ? Franchement, je me le demande.

    La semaine prochaine je peux parler du nettoyage de la brosse à dents, si vous le voulez.

    Michel Costadau

  • Ennui

    Ennui

    Depuis les millions d’années de l’homme, un comportement a toujours été présent et s’est répandu de plus en plus : l’ennui. Oui c’est probablement le sentiment le plus ancien et le plus partagé de l’humanité. La question est donc : savez-vous vous ennuyer ? ou plutôt : apprenez à vous ennuyer car c’est ce qui nous attend.

    Ceux qui pensent que c’est là un débat futile font la preuve qu’ils n’ont pas encore très bien compris ce qu’ils faisaient sur terre, car l’ennui non maîtrisé conduit à la déprime, à la dépression. C’est même le syndrome caractéristique des pays dits riches.

    L’ennui ne consiste pas à ne rien faire, non l’ennui c’est le sentiment de ne rien avoir à faire. Comme une espèce d’inutilité. Et c’est justement ce ressenti que chaque personne doit surveiller. Parce que le contraire qui est de toujours trouver quelque chose à faire est une addiction du genre activisme, fuite en avant, négation de son existence, de son soi si vous préférez.

    Pour commencer à répondre à la question, je vais vous présenter l’ennui souverain, je veux dire le plus noble, le mieux fait, le plus abouti. Oh c’est simple il s’agit de s’assoir sur une chaise devant la fenêtre et de regarder dehors. Je veux dire à la campagne, en hiver, quand il pleut vers 3 h de l’après-midi. Bien sûr dehors il ne se passe rien. Enfin apparemment, parce qu’en fait il se passe plein de choses. D’abord, extérieurement, la nature n’est jamais tout à fait déserte ni immobile. Oiseaux, branches qui bougent, écureuil, finissent par se faire voir. Ensuite et surtout intérieurement, dans la tête les idées se mettent en route et une certaine réflexion se déroule sur les sujets les plus inattendus. D’ailleurs le tournis des idées peut même se traduire par des mouvements sur la figure, sourire, hochement, clignement, preuve de ce remue-méninge.

    Cependant, cette forme de maîtrise de l’ennui est assez difficile à pratiquer, car l’on se trouve toujours de bonnes raisons pour faire quelque chose. Et en plus c’est souvent vrai, car réellement le nombre de choses à faire est énorme, mais il convient de ne pas se faire déborder par cette avalanche souvent fallacieuse, voire inventée.

    A titre d’exemple, une autre manière de gérer l’ennui c’est le cinéma, la distraction si vous préférez. Aller au cinéma c’est une manière de conjurer l’ennui et même parfois collectivement, ce qui semble donner un label à cette opération. De même les heures devant la télé participent largement de la conjuration de l’ennui.

    Car l’ennui fait peur. La raison profonde de la phobie de l’ennui, c’est-à-dire de l’activisme actuel c’est la peur de se retrouver seul avec soi-même, devant soi, tout seul. Certes se retrouver devant une assiette vide alors que ses enfants ont faim n’incite pas à se donner une bonne image de soi, mais impose plutôt de trouver des solutions. C’est pour dire que l’ennui est une affaire de nantis aux estomacs pleins, ce qui est pas mal le cas dans notre pays.

    Nous, c’est plutôt le vide de nos existences que nous trouvons dans notre assiette. Certains se tournent alors vers le verre. En le remplissant il nous semble avoir un peu moins peur. Et c’est vrai. En fait l’ennui est bien un des acteurs majeurs de nos existences et il faut savoir le gérer. Si vous êtes dans la mouise essayez, bien sûr, de vous en sortir mais si vous n’y êtes pas, n’ayez pas peur de ne rien faire : c’est excellent pour l’esprit et vous ferez moins de dégâts.

    Michel Costadau

  • Etat de l’homme

    Etat de l’homme

    Quelle est la situation du monde ? Globalement je veux dire, pas pour savoir si May restera en poste ou quand Macron s’en ira. Non, seulement pour regarder l’état de la civilisation humaine. L’état de l’homme sur terre si vous voulez. Pour cela, autant que possible, on va raisonner par continents. Et voir, aussi, quel est l’apport de chaque continent à la construction de l’humanité. Je vois 6 continents à l’intérieur desquels la problématique est un peu la même et trois zones à part au devenir incertain.

    Pour commencer il y a l’Europe qui, pour moi, va de Brest à Moscou. L’Europe est comme un gros bouddha assis sur sa richesse et son passé, mais le bouddha est triste et morose car il voit bien qu’il n’a plus aucune force et se meurt d’ennui. L’Europe a cherché à pousser le plus loin possible la notion de démocratie basée sur le seul individu. L’Europe est le champion du monde de l’individualité et de la prise en compte du respect des autres. C’est louable mais c’est un échec, ça ne marche pas. Il y a incompatibilité entre la sphère individuelle et les institutions de la démocratie. La présence de structures intermédiaires fortes comme la famille, la tribu ou la maffia entre l’individu et la délégation de pouvoir, s’avère incontournable. L’Europe est donc devenue un faible contributeur.

    Après il y a l’Asie qui va de Moscou à Vladivostok. L’Asie c’est la civilisation de l’espace libre, du cheval, des troupeaux, des montagnes et des déserts et du coup de la liberté. Oh pas la liberté des passe-droit comme en occident, non la liberté des sens et de l’esprit. Sa contribution est immense dans la constitution intellectuelle des êtres humains. C’est aussi le contrepoids de la ville. Bien sûr l’Asie est pauvre et ignorée, mais elle continue à compter.

    Ensuite il y a l’Inde et Chine qui comprend tout le sud de l’Asie sauf l’Australie. L’Inde et Chine c’est le modèle de la longue civilisation ancrée dans la terre, dans les paysans, dans les récoltes, les pêcheurs et le dur travail. Sa contribution est l’intégration dans la philosophie de ce contact avec la terre. C’est la révélation de plusieurs strates dans la composition de l’homme, comme si chaque personne était composée de plusieurs individus. Cette vision est reconnue mais du bout des lèvres, et pourtant elle contribue de plus en plus. Cependant l’Inde et Chine sont  encore très pauvres, mais ça pourrait changer.

    Aussi il y a l’Amérique qui comprend USA, Canada et Japon. L’Amérique a inventé le monde de la violence, de la conquête sans foi ni loi. L’Amérique est très riche. C’est l’exaspération de l’individualisme avec aucun respect pour les autres, voire même basé sur l’écrasement des autres. C’est donc le modèle de la fuite en avant, de la violence gratuite et du mépris. Ce modèle, qui est celui qui nous est imposé actuellement est catastrophique. Il est condamné mais va faire encore beaucoup de dégâts.

    Encore il y a la Sud Amérique qui comprend toute l’Amérique du centre au sud. C’est  la quintessence du métissage. C’est l’enrichissement maximum des croisements mondiaux de populations. C’est, aussi, le monde de la magie, du surnaturel et par conséquent de la religion. C’est hélas une zone de non-éducation pour maintenir la population dans l’ignorance et l’asservissement, afin qu’elle reste pauvre. Cependant par sa résistance lente c’est peut être le ferment d’une contribution future majeure dépassant les croyances. C’est le continent du mélange et de la résistance.

    Enfin il y a  l’Afrique. L’Afrique est la première à avoir fait exploser la contradiction entre individu et société. Le concept de liberté a disparu au profit de celui de relation, de réseau relationnel. L’organisation de la société devient alors moins centralisée, plus faible. La jouissance est plus présente et donc le goût de vivre. C’est extrêmement porteur d’avenir. L’Afrique n’est pas riche mais ce n’est pas une notion pertinente pour elle.

    Comme zones incertaines il y a le Pôle Nord qui a beaucoup d’habitants mais au devenir très délicat, le Pôle Sud presque complètement désert et qui devrait, si possible, le rester, et l’Australie, qui a le même syndrome que l’Europe mais qui risque aussi de retourner à la sauvagerie.

    Voilà, voilà rien de bien folichon là-dedans. Partout la violence, le pillage, l’asservissement. Peut- être l’année prochaine ce sera mieux… ou pas.

    Michel Costadau

  • Décroissance

    Décroissance

    Au milieu de tous les slogans, y a un truc qui me trotte dans la tête, c’est cette idée de décroissance. Ca fait un peu ralentissement, rapetissement. Je ne vois pas du tout ce que c’est, à part une invention de plus des technocrates. Par contre ce que je sais c’est que l’augmentation du PIB correspond à une augmentation de la pollution et à un appauvrissement de la population. Alors si la décroissance c’est seulement la baisse du PIB, ceux-là, comme toujours, n’ont rien compris.

    La hausse ou la baisse du PIB est uniquement le résultat d’une politique et non pas une action en soi.

    Je suppose que la feuille de route de Hulot c’était de lancer des actions vertueuses de façon à augmenter le PIB. Ce qu’ils appellent la transition énergétique n’est, en fait, qu’une manière, prétendument astucieuse, d’augmenter le PIB. On connaît le résultat. Parce que croire que l’on peut augmenter le PIB, ce que les technocrates appellent la croissance, tout en baissant la pollution climatique et la casse sociale relève de la plus grande et malhonnête tromperie. Tout au moins dans nos modèles actuels.

    En gros, il faut trouver des actions à mener et vérifier si elles font ou pas baisser le PIB. Ca n’a aucun rapport avec la décroissance. Vous voulez des exemples. On y va.

    Pourquoi faut-il qu’il y ait toute l’année de tous les fruits et légumes dans tous les étalages. Ca représente des milliers de kilomètres parcourus par des milliers de camions, de bateaux, d’avions… pour rien. Ceux  qui vous disent que c’est la loi du marché sont des menteurs et des pollueurs. Je pense qu’entre manger seulement des patates toute l’année et la gabegie actuelle, il y a des progrès à faire.

    Il y a sûrement aussi quelque chose à creuser quant à  la durée de vie des produits. Il est clair que les produits actuels, même chers, sont faits pour être jetés rapidement, non à cause de l’usure mais pour en acheter d’autres. Aucun effort n’est fait pour qu’ils soient réparables, les produits actuels sont uniquement jetables. Alors, augmenter, par exemple, la durée d’utilisation des véhicules ou la durée d’utilisation de l’électronique, en particulier les téléphones, c’est d’une part faire des économies et d’autre part limiter et la pollution et les déchets. Je l’ai déjà dit, pour les autos en particulier, les nouveautés de 2020, 2021, 2022 sont déjà programmées. On pourrait peut-être essayer de faire des groupements en lots pour ne pas avoir des voitures jetables tous les deux ans uniquement pour le PIB.

    D’une manière plus générale, la consommation, sur laquelle est basée notre modèle économique, est surtout quantitative. C’est le nombre qui fait le chiffre. Et on a même cette notion de prix bas censé entrainer l’acte d’achat au détriment du vrai besoin. Payer prétendument moins cher, proportionnellement, un lot de 20, qu’un lot de 5 n’a aucune justification, c’est juste une manipulation.

    Il me semble que l’on pourrait essayer une consommation plus qualitative. A chiffre égal, une augmentation de la qualité doit permettre de satisfaire le besoin, diminuer les maladies et les déchets.

    Il y a fort à parier que les technocrates ont lancé l’idée de décroissance pour en faire un épouvantail dissuasif pour ceux qui voudraient changer le système. La peur de manquer est inhérente à l’homme, et il déploie son savoir-faire pour s’assurer un peu d’avenir. Or c’est justement cet avenir que les forcenés du PIB handicapent et condamnent.

    Et donc la décroissance c’est du baratin, comme le reste.

    Michel Costadau

  • L’Usine

    L’Usine

    Quand je dis que le monde est devenu une unique et vaste usine de production de denrées, achetées par ceux qui y travaillent avec l’argent que leur donnent les propriétaires de l’usine, je ne fais que décrire la triste réalité. Rien que du connu. Les US produisent, la Chine, le Bengladesh, la France et la Suisse produisent. Et les Canadiens, les Indiens, les Australiens et les Chiliens consomment. Le monde entier produit et le monde entier consomme. Et cette situation a un moteur, un carburant, une religion et c’est le PIB. Tout le monde roule au PIB, vénère le PIB, adore le PIB. Les voitures, les médicaments, les armes, les distractions, le pétrole, les vacances, l’alimentation, les monnaies ne sont que les instruments du PIB. Aujourd’hui aucune vie n’est possible sans le PIB. C’est un gros problème.

    Parce que le PIB a ses gènes.

    Le premier c’est l’augmentation obligatoire ou la fuite en avant. Plus de production pour plus de produits, plus de clients pour plus de consommation, plus de recherche et de découvertes pour plus de nouveaux produits, plus d’internet pour écouler plus de produits, plus de pub pour acheter plus de produits, et plus d’argent pour ….. plus d’argent. Le but unique, le seul souci de la classe politique c’est d’augmenter le PIB, par tous les moyens. Celui dont le PIB baisse est mis au piquet. Et il n’y a qu’une seule chose qui n’augmente pas c’est la qualité. Là c’est plutôt le contraire.

    Le deuxième, c’est l’accumulation des déchets ou la pollution généralisée. Le PIB n’a pas les moyens de retraiter ou réparer tous les dégâts qu’il fait, ça ne serait pas rentable. Il laisse donc cette tâche aux Etats qui eux tentent par tous les moyens de transférer les responsabilités des propriétaires sur chacun de nous. Au résultat, la planète est un véritable dépotoir avec un grand nombre de zones, en bas comme en haut, où plus aucune activité humaine n’est possible. C’est aussi pourquoi le réchauffement, la qualité de l’air, de la mer et aussi les droits de l’homme ou de la nature sont immolés sur l’autel de la consommation et de la production. Ça ne vous a jamais étonné que les pouvoirs publics donnent sans compter aux entreprises qui s’installent dans leur région, vous n’avez pas trouvé bizarre qu’aucun compte ne soit jamais fait des sommes dépensées dans ce sens, sommes que nous payons les yeux fermés. Moi si, et j’ai compris que l’Etat est marqué au fer rouge par le PIB. Pas marqué au bien commun, non, marqué au PIB.

    Et le troisième gène, le plus terrible, c’est la destruction de la vie. Après les massacres de la conquête de l’Ouest, des colonisations européenne, japonaise et autres, des guerres mondiales et locales, le modèle imposé à chacun « produire/consommer » empêche le monde entier de vivre. A chaque individu on dit ce qu’il doit faire, ce qu’il doit produire, ce qu’il doit chercher, comment il doit le faire, à quelle cadence. On lui dit aussi ce qu’il doit acheter, ce qu’il doit consommer, ce qu’il doit remplacer. Dans les écoles, on apprend à devenir les rouages de l’usine, on forme des travailleurs, pas des êtres pensants. Plus aucun individu ne se pose de questions pour trouver les formes, les moyens, les choix de sa propre vie. Il y a seulement le nivellement de : quel est ton travail ? ce qui veut dire qui est ton propriétaire ? et qu’est ce que t’as acheté ? ce qui veut dire à quel propriétaire as-tu donné ton argent ?

    Et c’est pourquoi ceux qui ont voté Trump, Modi ou Macron, et sont les vrais fanas du « produire/consommer »,  n’ont fait que ratifier le choix du business pour les nouveaux chantres du PIB.

    Et le prochain dictateur sera celui qui permettra aux usines de produire encore plus de biens et de services, aux citoyens de consommer encore plus.

    C’est la loi du PIB. C’est le fonctionnement de l’usine.

    Michel Costadau

  • Fumée

    Fumée

    Quand on a froid, on chauffe et quand on a chaud on refroidit. Ca parait trivial mais ce n’est pas aussi anodin que ça. En moyenne chauffer consiste à brûler. Cependant brûler a des conséquences sur l’atmosphère, soit par des gaz, soit par des particules et aussi avec des effets secondaires comme l’effet de serre.  Mais il y a diverses techniques pour brûler et certaines sont vraiment moins perturbantes, comme de brûler du bois très sec ou d’éviter les incendies de forêt , et surtout ne pas les provoquer.

    Et refroidir alors. Ben refroidir a des conséquences carrément néfastes. D’abord parce que refroidir se fait majoritairement avec de l’électricité, qui est transportée et stockée et qui, pour être produite, brûle elle aussi mais avec un rendement assez catastrophique. Ensuite parce que la technique pour refroidir consiste à réchauffer quelque chose : air, eau, terre. Et donc refroidir consiste à réchauffer, ce qui vous l’avouerez est assez paradoxal et franchement mauvais pour le bilan.

    Il faut donc bien distinguer les deux mécanismes. Se chauffer est une activité ancienne et qui d’ailleurs se trouve dans la nature. Par contre refroidir les habitations, les voitures voire des lieux publics est assez nouveau et il existe peu de choses similaires dans la nature. Dans le végétal il existe quelques stratégies  contre la déshydratation et dans le monde animal il y a quelques tactiques pour refroidir, comme la langue des chiens ou les oreilles des éléphants, mais ça reste assez limité. La pratique animale la plus efficace consiste à monter en altitude pour trouver la fraicheur.

    Et en ouvrant les yeux on s’aperçoit que les moyens que notre civilisation a choisis pour refroidir relèvent complètement de la logique du système actuel. Et cette logique est celle de la guerre. On va combattre le chaud, on va éradiquer le chaud, on va vaincre le chaud. Et pour ça tous les moyens sont bons. Y compris de réchauffer. A aucun moment ne se pose la question d’essayer de refroidir sans réchauffer, ou d’utiliser du chaud pour faire du froid.

    Et le plus fort c’est qu’il existe des solutions techniques. Par exemple, des matériaux que l’on fait  changer d’état avec le froid et qui restituent du froid quand il fait chaud. C’est le principe du glaçon si vous voulez. Et bien sûr l’isolation et aussi des calculs de ventilation entre le bas et haut pour récupérer de l’air frais et le faire remonter dans les pièces à vivre. Mais tout cela reste confidentiel et, bien au contraire, que ce soit pour les maisons, les bureaux, les voitures c’est l’air conditionné qui est de base, ce n’est pas une option. Il suffit de parcourir les villes pour sentir dans les jambes de fort courants d’air chaud qui ne proviennent pas de la moindre cheminée mais des climatiseurs. Il fait chaud et en plus on en rajoute. Et nous avons un classique cercle vicieux puisque comme on a l’idée  qu’il va faire de plus en plus chaud on s’équipe de plus en plus de climatiseurs qui sont en fait des réchauffeurs. C’est une fois de plus le PIB = vendre des clims contre le climat = on verra plus tard. Et l’on comprend pourquoi le soi-disant combat contre le réchauffement climatique est une vaste fumisterie. Je ne m’attendais pas à trouver un mot aussi adapté.

    Michel Costadau

  • Guy Phozat

    Guy Phozat

    Je m’aperçois que je ne vous ai pas encore parlé de Phozat, oui Guy Phozat et que je ne vous ai pas raconté ses aventures. Ça m’étonne parce que c’est très instructif. En plus il n’est pas tout jeune et ça fait un moment que je le côtoie. Mais mieux vaut tard que jamais. Allons-y.

    On va commencer par les présentations. Guy est né au Mont Santo, à côté du Mexique, il y a plusieurs dizaines d’années. Et aux dernières nouvelles il vient de retrouver sa mère Bayer, celle qui l’a élevé après qu’il ait perdu ses parents.

    Si je vous en parle c’est parce que Guy a reçu en venant au monde le don magique de  détruire les plantes sur lesquelles il mettait les pieds. Evidemment il a fallu attendre qu’il fasse ses premiers pas pour observer le phénomène, mais très vite il a eu un succès fou bien qu’à double tranchant. En effet, ses débuts n’ont pas fait que des heureux. Les massifs de roses, les doux hortensias, les vertes allées dans lesquelles il sautillait se fanaient tout soudain. Il ne fallut pas longtemps à ses parents pour se rendre compte qu’il en était responsable. Alors au lieu de le pénaliser ou d’essayer de le guérir, ce qui on le verra plus tard aurait été préférable, ils ont cherché à utiliser et même à valoriser ce don. D’abord ils lui ont construit des engins lui permettant de se déplacer sans toucher le sol, bicyclette, tricycle, voiture, ulm. Chez lui le potager était interdit, de même que la pelouse, ce qui en a fait un gamin obligé de suivre les chemins empierrés, lui qui adorait marcher à travers champs.

    Pendant ce temps, ses parents prenaient contact avec les gens qui en avaient marre de désherber. Au début ils l’emmenaient en lui disant on va faire une promenade, mais assez vite il devint autonome et se rendait tout seul chez ce ou ceux qu’il fallait bien appeler des clients. Et donc, de bouche à oreille sa réputation s’étendit assez rapidement. Bien entendu on ne l’appelait que pour faire face à des situations difficiles, quand il y avait un vrai envahissement imprévu et que son piétinement rendait service. En fait on ne l’utilisait qu’exceptionnellement, c’est-à-dire une fois tous les 10 ans Hélas petit à petit, la facilité aidant, on l’appelait juste pour faire propre. Cependant il y avait là une vraie contradiction puisque certains mettaient en place des pelouses ou ce que l’on appelle des espaces verts, alors que d’autres faisait venir Guy pour les détruire.

    Néanmoins n’allez pas croire que Guy abusait de ce don. Au contraire, il limitait ses interventions au maximum. Il se faisait payer et même cher, ce qui limitait un peu l’usage. Mais la facilité aidant, il était de plus en plus demandé. On pourrait dire que jusque là tout allait bien, enfin façon de parler, parce que, quand même, de plus en plus de verdures étaient détruites.

    Tout allait bien donc jusqu’au jour ou deux évènements se produisirent. Le premier fut la révélation du mauvais côté de son don, à savoir l’empoisonnement du sol et pas seulement de la plante, et le second fut la découverte de plantes qui lui résistaient et sur lesquelles il pouvait marcher sans qu’elles se fanent.

    Voilà donc les présentations faites, en route pour les prochaines aventures de Guy Phozat.

    Michel Costadau