Catégorie : International

  • Rousquilles

    Rousquilles

    Par le plus grand des hasards nous venons de passer quelques jours à Perpignan. Autant vous le dire tout de suite c’est très différent de Copenhague. Zéro vélos, rues étroites, des tas d’églises et de couvents, beaucoup d’immigrés. Si vous vous en souvenez j’avais décrit Copenhague comme un îlot de richesse, eh bien je peux dire que Perpignan est plutôt un îlot de pauvreté. Et je voulais faire un billet là-dessus.

    Mais c’est alors que j’ai entendu dire que les gitans posaient problème, puis que le maire avait épousé une gitane, puis que l’État avait donné des primes aux gitans pour qu’ils se sédentarisent et que ça les avait fait grossir….D’un seul coup touts ces « on dit » m’ont empêché d’accéder à la réalité de Perpignan.

    Vous le savez je parle beaucoup de la réalité, parce que, pour moi, c’est le seul lien qu’il ne faut pas perdre tout au long de son existence. Donc pour le moment Perpignan m’échappe un peu mais je vais m’en occuper.

    Bien sûr la réalité est souvent complexe et l’on a du mal à la découvrir. Aujourd’hui, les physiciens ont encore des soucis avec la représentation ondulatoire de la matière ou avec la dilatation de l’eau. Disons aussi que la réalité est plus facile d’accès avec les éléments qu’avec les sentiments. Néanmoins l’expression « c’est le moment de voir la réalité en face » a sa place dans toutes les vies humaines.

    La réalité n’est pas du tout ce que l’on connaît, ce que l’on sait scientifiquement, ce que l’on a découvert, ce sur quoi l’on peut compter. Non ça, ce n’en est qu’une infime partie. La réalité c’est tout ce qui existe, tout ce qui se passe, comment ça fonctionne, comment ça évolue, comment ça commence et comment ça finit.

    Et donc nous passons notre temps à essayer de comprendre ce que nous faisons, c’est-à-dire à découvrir la réalité.

    Pour cela la démarche dite scientifique est d’une grande utilité et c’est même la seule qui a fait ses preuves. Mais elle est devenue aussi d’une grande perversion puisque la science n’est pas la vérité, mais seulement la méthode, le chemin si vous préférez, l’interprète final restant l’homme.

    Et beaucoup trop de scientifiques ou plutôt pseudo-scientifiques utilisent leur savoir pour falsifier la réalité au nom de leurs croyances……..ou de leurs intérêts. C’est le cas actuellement pour l’électricité, on l’a dit, mais aussi pour les produits phytos, les ondes, l’alimentation, les fumées, les médicaments. On ne sait plus quoi croire.

    Trop de scientifiques se sont fait les agents des entreprises et des médias. La science ne peut pas être la caution de la société dans laquelle nous vivons, ça s’appelle de la politique. Ce n’est pas le même genre. Nous avons déjà à nous protéger des médias, si en plus il faut nous méfier des scientifiques ça va devenir difficile.

    Hélas je sais que pas mal de gens ne croient pas que la réalité existe, et justement ce sont souvent des croyants. Evidemment quand on pense que la réalité n’existe pas il faut d’énormes remparts pour s’en protéger et continuer à vivre dans le mensonge. Et c’est là que les médias et maintenant les scientifiques font leur sale boulot.

    Définitivement la réalité virtuelle n’est pas la réalité. 

    Michel Costadau

     

  • DKK

    DKK

    Je reviens d’une très courte visite à Copenhague mais j’ai quand même pu ramener quelques impressions.

    La société semble calme, personne ne court, les vélos forts nombreux s’arrêtent aux feux rouges forts nombreux aussi, les klaxons sont rares et les voitures ne vrombissent pas. Peut-être ce calme cache–il des tas de trucs, ça reste à investiguer.

    Les femmes sont extrêmement présentes, je veux dire qu’elles ne se cachent pas derrière les hommes mais elles semblent moins féminines que chez nous. Il est vrai que la tenue assez emmitouflée qu’impose le temps n’est pas propice à de grandes démonstrations. D’ailleurs leur sourire est plutôt vers le bas c’est-à-dire assez sévère.

    Pas mal de choses semblent assez chères sauf bien sûr les patates qui remplacent les pâtes, lesquelles sont pratiquement absentes. Le verre de vin chaud est à 6,5 € mais il y a des pizzas à 13 €. Il est beaucoup question d’argent, mais de toutes façons les prix ne semblent pas avoir une grand importance car tout se règle en carte bancaire même un timbre.

    On dirait que tout le monde a un travail de bureau car on voit peu d’ouvriers. Il y a des chauffeurs, des livreurs mais ils sont habillés comme les autres. Il doit bien pourtant y avoir des maçons et des plâtriers, mais ils sont difficiles à identifier. Certes dans le centre de Copenhague il doit y avoir peu de mineurs, de charbon je veux dire.

    Il n’y a pas de chômage, moins de 2 %, et pourtant les automatismes sont partout. Dans le métro aucune barrière n’interdit l’accès aux rames. Les billets ont une durée de validité d’une heure et demie et peuvent donc servir plusieurs fois. Mais on atteint alors le cœur du comportement apparent des Danois, à savoir qu’ils paraissent tous en accord avec le système, en l’occurrence leur système.

    L’idée de base est que d’une part on paye beaucoup d’impôts sur le revenu et ici c’est 40 %, mais que d’autre part on a de vrais services, santé, éducation, autoroute, tout est gratuit.

    Clairement c’est un petit pays, tant par la taille que par la population, et mon analyse sur la trop grande taille des pays, comme la France, prend ici toute sa saveur démocratique. On pourrait dire que les Danois ont le sentiment, à cause du petit nombre, de compter plus et de participer à la vie de leur pays.

    Cependant tout cela repose aussi sur un haut niveau d’éducation, par exemple, tout le monde parle anglais. En fait je veux dire que c’est le niveau moyen qui est haut, en tous cas par rapport à la France. Le manque complet de formation de la moitié de la population a chez nous les conséquences les plus néfastes. Je l’ai déjà dit, je le répète c’est une catastrophe nationale qui, en plus va en s’aggravant.

    Revenons au Danemark pour souligner deux derniers points.

    Il n’y a pratiquement pas d’immigrés, en tous cas on n’en voit pas, c’est dons une société de l’entre- soi, ce qui a beaucoup de limites et ouvre la porte à l’hypocrisie.

    C’est aussi une société résignée qui est plutôt sur la défensive pour essayer de protéger un modèle que certains appellent socialiste, mais qui est surtout celui d’un îlot de richesse.

    Michel Costadau

     

  • Perspectives

    Perspectives

    Du côté des nouveaux courants de pensée, je ne crois pas aux théories de l’effondrement, ni à l’augmentation infinie de la population, ni à l’homme augmenté. Je trouve, plutôt, que le monde évolue par continuité et non par grands sauts. Il n’y a pas de révolution.

    Internet a démarré il y a plus de 30 ans et ça continue. Les drones ont démarré il y 20 ans et ce n’est que le début. La génétique a démarré il y a très longtemps et c’est toujours en cours. Les Chinois continuent à envahir le monde, l’Amazonie brule toujours et l’empire américain n’a pas fini de faire des ravages. La routine quoi.

    En fait le sentiment de rapidité de l’évolution vient du caractère fugitif des informations. Je devrai plutôt dire des nouvelles. Dans leur frénésie de conquête d’auditoire les publicistes vendent une prétendue information 10 ans avant qu’elle ne marche ou ne soit avérée.

    C’est le cas pour toutes les prouesses annoncées de l’IA, des imprimantes 3D, des voitures autonomes ou électriques, des drones. Contrairement aux apparences, les choses sont plutôt statiques. Si vous en voulez une preuve regardez la fameuset lutte contre le réchauffement. Il ne se passe rien. Aucun État ne modifie le moindre fonctionnement. Tous continuent comme avant à polluer à grande échelle. L’illusion du changement vient uniquement de la pub pour de nouvelles productions censées verdir la planète. Des tas de produits sans çi sans ça, des chaudières à haut rendement, et même des chaussettes produites sans le travail des enfants. Si, si, je vous jure.

    Le lancement de la voiture électrique a maintenant plus de 20 ans et on en voit toujours aussi peu sur les bornes de remplissage que nous avons payées pour ça. Par contre le boom électrique est encore annoncé tous les matins, à grand renfort de primes et de reprises.

    Clairement l’annonce médiatique de l’accomplissement de la mondialisation de l’économie a eu comme rebond un repli sur soi de chaque pays. « America first », « brexit », « Marseille avant tout » en sont la peinture fraîche sur la palissade d’un monde qui ne change pas. Nos fossoyeurs sont toujours à l’œuvre.

    Les enfants qui naîtront dans 30 ans connaîtront encore la hantise du chômage, le travail précaire et idiot, les inondations de la place Saint-Marc et les restrictions sur les retraites.

    Et pourtant pour payer les retraites il y aurait un moyen bien simple de le résoudre, au moins en partie, c’est d’augmenter les salaires. Eh oui, si le salaire augmente, la part vieillesse aussi, c’est mécanique. En plus les salaires et les retraites sont un des principaux leviers de la consommation. Et la tva rentrerait dans les caisses de l’État. Seulement vous le savez les actionnaires n’aiment pas payer ceux qui travaillent pour eux, ils ont le sentiment de se priver de leur argent. Je ne vois pas que cela change dans l’avenir.

    En fait, quand une entreprise annonce un objectif vertueux pour 2030, par exemple en termes d’énergie, vous pouvez être certain que c’est du pipeau complet car rien n’est précisé pour les six prochains mois, ni pour la prochaine année, ni pour les deux ans. Or un objectif à 2030 commence dès aujourd’hui et l’effort principal doit être fait au début et non à la fin comme une course dérisoire au rattrapage.

    La température monte mais c’est la chose la moins importante du monde. La chose importante c’est que le business continue. C’est pour ça que les choses ne changent pas ou alors dans le mauvais sens.

    Y en a qui disent que je vois tout en noir, mais ceux-là continuent à voter.

    Michel Costadau

  • La campagne

    La campagne

    La disparition de la ruralité, c’est-à-dire la vie à la campagne, est une évolution continue de notre société, mais le suicide actuel du monde paysan est un peu surprenant. Que la pression libérale vienne du business et de l’Etat c’est classique. Bien que honteux de la part de l’Etat, ça ne nous étonne plus. Mais que la pression libérale vienne aussi du syndicalisme agricole c’est assez questionnant.

    Bien sûr ce n’est pas la première mutation sociétale que nous connaissons, mais dans tous les épisodes précédents depuis les soyeux jusqu’aux sidérurgistes, le syndicalisme a toujours défendu les victimes jusqu’au bout. On n’a jamais vu de syndicalistes prôner la suppression d’emploi. Ou alors contre quelque chose. Or actuellement les paysans disparaissent dans l’indifférence générale et avec la bénédiction du syndicat majoritaire.

    Je précise, pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté, que j’appelle paysans tous ceux qui font, ou plutôt faisaient, métier de la terre : céréaliers, éleveurs, viticulteurs, quel que soit leur mode de production et de commercialisation.

    Nous constatons donc que les instances agricoles concourent à la disparition des paysans mais nous ne savons pas pourquoi. Comme point de départ établissons d’abord que la profession a été, petit à petit, conquise par les industriels et la finance. On croirait que les paysans gèrent leur profession mais c’est complètement faux. Pas plus que les employés ne gèrent l’entreprise. En fait ça fait longtemps que les banques, les fournisseurs de matériel ou de produits et tous les établissements dits coopératifs, mutualistes et professionnels ont perdu leur caractère représentatif et sont purement aux mains du business. Pourtant ce sont bien des paysans qui siègent dans les chambres d’agriculture et dans tous les organes et commissions concernés, mais ils sont là uniquement pour la galerie, pour le décor. Ils ne sont que la courroie de transmission du business. En fait ils en sont conscients mais la loi du plus fort est la seule loi que les paysans appliquent depuis toujours avec obéissance. Car on ne lutte pas contre le temps ou contre le sol on lui obéit. Et c’est ce qu’ils font.

    Clairement, les paysans ont été sacrifiés à la fin de la dernière guerre mondiale. Et ce sont les Américains qui ont imposé leur mode de fonctionnement et leur dollar. Ceux qui croient que les US sont venus libérer l’Europe n’ont rien compris. Au contraire les US sont venus envahir l’Europe. Ca a très bien marché et ça marche encore. C’est à ce moment-là qu’a été lancée l’industrialisation de l’agriculture française. Ça s’est fait sous plusieurs aspects. En fait dans cinq registres.

    D’abord la mécanisation. La mécanisation est bien accueillie car le métier est vraiment pénible et toute aide est la bienvenue. Evidemment la mécanisation implique revendeurs mais aussi prêts et assurances donc arrive la banque. Et ainsi a commencé l’endettement.

    Ensuite la mainmise sur le foncier avec d’une part la consolidation du statut du fermage afin de sécuriser les prêts des banques et d’autre part l’élimination des petits pour favoriser voire forcer l’agrandissement. Là ça a été moins drôle, acceptable pour le fermage mais pénible pour les conflits entre personnes que génère l’attribution de terres. C’est là qu’a commencé le détournement du syndicalisme en devenant synonyme d’agrandissement. Le syndicat et les administrations s’arrangent entre eux pour éliminer les non-syndiqués, qui sont qualifiés de passéistes. Et bien sûr n’allez pas chercher là-dedans la moindre lutte contre l’artificialisation ou la spéculation, au contraire. La mainmise sur le foncier ne sert qu’à empêcher la survie des petits, à garantir les prêts, à fusionner les exploitations en favorisant les syndiqués majoritaires. A preuve l’explosion du prix du foncier qui empêche maintenant l’installation et favorise encore plus l’agrandissement

    Arrive alors le détournement des coopératives. Prévues pour écouler toute la production et vendre les intrants, elles ont surtout œuvré pour éloigner les paysans de leurs clients, de façon à ce qu’ils ne deviennent qu’un des rouages de la production et non les propriétaires de leurs produits. Là aussi ça s’est fait en douceur puisque la coopérative ou le négociant vend et achète tout et fait la gestion de trésorerie. Du coup beaucoup de paysans travaillent directement et exclusivement pour des industriels dans lesquels ils ne sont pas représentés, pour le lait, la viande, les patates, la betterave et autres.

    Puis vint la PAC, accélérateur de l’asservissement et de l’agrandissement, puisque les primes sont au nombre d’hectare. Donc plus de surface égal plus de primes. De plus, en montrant clairement que les exploitations ne sont pas rentables sans les aides, la politique européenne a confiné le paysan dans le simple rôle d’ouvrier de l’industrie agroalimentaire. C’était le but. Nous n’avons donc pas une agriculture productiviste par vrai choix des paysans mais par passage sous la coupe des industriels. Et c’est donc la course à la productivité qui impose l’agrandissement des exploitations et la disparition des paysans, exactement comme la concentration des usines dans l’industrie est synonyme de licenciements. En plus cette politique a aussi permis d’essayer de concurrencer les vrais exportateurs de blé d’Amérique du Sud et les riverains de la mer Noire. Qui eux n’ont pratiquement aucune aide mais vivent de leurs produits.

    Enfin les semences. Dernier maillon de la dépossession des paysans, les semences végétales et animales sont maintenant brevetées et ferment la boucle en amont. Du coup le paysan achète d’une part toute sa semence, son matériel et ses produits au business et d’autre part vend toute sa production au même business. Le client final a disparu de son environnement.

    Or historiquement le paysan est avant tout un producteur qui répond à une demande de consommateurs, d’utilisateurs à commencer par lui-même. Maintenant son rôle se limite uniquement à celui d’un salarié de l’industrie, payé par elle et exécutant ses ordres avant de prendre la porte pour être remplacé par des fermes industrielles.

    Voilà pour la situation actuelle mais on peut d’ores et déjà prévoir une nouvelle étape. En effet le marché n’est plus aux mains des producteurs mais des commerçants. Et pour les commerçants il est clair que les labels et le bio sont maintenant la principale réserve de marges. En effet, la traçabilité, les origines, les concepts fumeux de durabilité ou d’équité ont eu leur temps mais sont au bout du rouleau. Alors il reste le bio pour inciter les consommateurs à accepter des prix. Le business a donc enclenché le bio de masse, car il a besoin de l’industrialisation du bio pour conserver des marges. Nous en sommes à la sixième phase celle de la massification du bio.

    Nous avons donc la réponse à notre première question : la profession entière est aux mains du business. Celui-ci a transformé les paysans en ouvriers et applique les règles classiques d’augmentation de productivité. Quant au syndicat, sous la coupe des politiques, c’est seulement la couverture pseudo-démocratique du business. Il est là pour éviter les révoltes, les vagues et faire passer la pilule de la disparition et pousser la mise en place les fermes industrielles.

    L’avenir n’est donc plus aux paysans mais aux fermes industrielles.

    Reste alors une question sous-jacente. Est-ce utile ou pas d’avoir des paysans ?

    La réponse est : oui les paysans sont indispensables. Mais pas pour la raison à laquelle vous pensez naturellement, c’est-à-dire l’alimentation de la population. Non personne n’a jamais demandé aux paysans de nourrir la planète. Pas plus qu’on a demandé à Renault de donner à chacun une voiture. C’est, donc, juste un slogan productiviste, comme la ferme France, qui a pour résultat que l’industrie agricole en ce moment détruit la planète et se trouve exposée à l’ire des consommateurs. En fait le rôle des paysans c’est de nourrir leurs proches, c’est-à-dire leur région, à la rigueur leur pays s’il n’est pas trop grand. Et ça ils ne le font pas, même chez nous. Ca n’exclut pas les échanges, mais l’autonomie alimentaire locale devrait être la règle de base de l’agriculture.

    Par contre là où les paysans sont indispensables c’est pour entretenir la campagne. C’est ce qu’ils faisaient et qu’ils ne font plus.

    Parce que ce sont les paysans qui ont créés la campagne. Ce qu’on appelle des espaces naturels sont seulement des zones sans paysans. Mais pour entretenir la campagne il faut être nombreux. Parce qu’à la campagne il n’y a pas que des champs. Il y a aussi des ruisseaux, des forêts, des landes, des lacs, des marécages et des animaux, des tas d’oiseaux, des rongeurs, d’insectes, des vertébrés grands et petits, et aussi des vers et des champignons.

    Or en ce moment les paysans non seulement détruisent directement une partie de la faune et de la flore avec des produits plus ou moins autorisés quoique assurément nocifs, mais n’entretiennent plus ni les ruisseaux, ni les haies, ni les bois, ni les zones humides. Ils détruisent la campagne, purement et simplement. Et cela a des conséquences que tout le monde peut voir.

    Entretenir les ruisseaux c’est éviter que les arbres tombent dans le lit et bloquent l’écoulement de l’eau, c’est maintenir les berges avec de la végétation afin d’éviter les ravinements qui comblent le lit et diminuent son débit et c’est quand il y des buses ou des ponts de vérifier qu’ils ne sont pas bouchés ce qui provoque obstacle et ravinement. C’est prévoir des zones d’étalement, en cas de débordement, sans clôtures, sans bâtiments, sans rien qui bloque l’écoulement.

    Entretenir les haies c’est les maintenir en largeur et en hauteur en évitant les épareuses qui laissent des plaies sources d’attaques parasitaires, c’est évidement ne passer aucun insecticide ou fongicide à proximité et c’est respecter tous les animaux qui y vivent.

    Entretenir les bois c’est renouveler la futaie de temps en temps, c’est-à-dire de l’ordre d’une ou deux fois par fois par siècle, c’est tenir propre le sous-bois avec une végétation vivante et non un amoncellement inextricable de branches mortes qui facilitent la propagation des incendies et empêchent les accès.

    Entretenir les zones humides, c’est veiller à ce qu’elles ne s’assèchent pas par détournement de l’eau, c’est protéger et non chasser les animaux qui y vivent. Et ce n’est pas en faire des lieux de visites touristiques, les zones humides ont besoin de tranquillité.

    Et entretenir la campagne c’est surtout l’occuper avec des champs travaillés et bien travaillés c’est-à-dire en soignant la terre et non seulement la plante que l’on veut faire pousser, avec des animaux élevés en plein air, avec des pâturages et surtout, surtout, surtout avec une présence humaine.

    Or aujourd’hui au contraire la présence de l’homme disparaît de la campagne pour se concentrer en ville et dans des villages de plus en plus urbains. L’homme est en train de déserter la campagne et l’agrandissement des fermes accélère fortement ce mouvement. Jusqu’à présent il restait partout au moins un deux paysans pour un peu entretenir la campagne mais maintenant des zones entières ne sont plus habitées toute l’année et livrées à elles-mêmes.

    Alors la nature, c’est-à-dire la vie, reprend la place laissée par l’homme. La progression des friches et des champs abandonnés est bien visible. Celle des loups, des lynx, des sangliers et des chevreuils, moins visible mais fortement médiatisée est en la même illustration.

    Comment s’en étonner quand le business continue à faire disparaître les paysans.

    La suite dans un prochain texte.

     

     

    Michel Costadau

  • Plafond

    Plafond

    Dire qu’il règne un certain désordre idéologique en France est un euphémisme. Il y a chez nous comme un sacré décalage de communication. Par exemple le discours sur le nivellement du statut et du régime des cheminots ou des agents edf n’arrive jamais jusqu’aux régimes très spéciaux des policiers, des militaires, des hauts fonctionnaires, des pdg…des sénateurs ou des ministres. Il y a comme un plafond de verre que les médias établissent autour des vrais privilégiés de notre société.

    Parce que arriver à faire passer les cheminots pour des profiteurs, c’est fort, très fort de café. C’est comme transformer les chômeurs en fraudeurs, là on atteint des sommets du renversement des valeurs qui consiste à établir que ceux qui sont malheureux c’est de leur faute. Le système n’y est pour rien. Damned. Ascenseur social, égalité des chances, souveraineté nationale, efforts nécessaires, défense de nos valeurs, autant de mots creux qui sont assénés en boucle, et qui servent à maintenir les avantages acquis de nos dirigeants.

    De même pour la pénibilité des activités professionnelles, par exemple maçon, on a surtout les yeux de Chimène pour ces pauvres militaires et policiers qui font un métier tellement dangereux qu’on leur donne des avantages assez inexplicables. Autant il est clair que quand on fait maçon on n’y va pas pour tomber de l’échafaudage, autant quand on fait militaire je ne comprends pas qu’on s’offusque qu’ils sautent sur une mine, ni les hommages qu’on leur rend. Parce que celui d’en face qui saute sur une mine, on l’achève, c’est naturel. Je me demande s’ils n’ont pas une prime au rendement : 2 morts = 10% de prime. Il n’y a que chez les Grecs et les Inuits que l’on rend les honneurs à ses ennemis, chez nous on les jette à la poubelle. Militaire est vraiment une activité malsaine. En plus, honteuse et complètement inutile. And we pay for that.

    Si je vous dis ça c’est, aussi, parce que les contaminés de l’amiante attendent toujours une aide. Je parie qu’ils vont nous sortir que l’amiante ce n’est dangereux que quand on le détruit, pas quand on le fabrique ou l’utilise. Cqfd. Là le plafond de verre devient moins transparent, pour ne pas dire opaque. Comme pour l’hôpital qu’il faut maintenant sortir de la crise. Seulement cette crise c’est le business qui l’a créée avec la politique de l’acte et la rentabilité ses soins. On commence à voir des gouttes de sang au plafond.

    Avec Edf aussi on atteint des sommets. Clairement le système est en train de nous faire passer de la civilisation du pétrole à celle de l’électricité.

                                                                                                Du tout pétrole au tout électrique

                                                                                                en avant la musique.

    Ce qui ne nous empêche pas, bien sûr, d’avoir les deux.

    Mais avec un leitmotiv lui aussi repris en boucle : l’électricité ne pollue pas. C’est hélas complètement faux. A part l’hydraulique, pour 5% de la facture edf, toutes les centrales polluent, thermiques, nucléaires, même les éoliennes et surtout le photovoltaïque, parce qu’on n’établit jamais, pour l’électricité, le bilan complet depuis la chaîne de production jusqu’au retraitement. Encore un plafond de verre qui laisse passer bien des rayonnements. Qui plus est, augmenter la capacité de fourniture d’électricité c’est automatiquement augmenter le réchauffement. Eh oui toutes les énergies produites finissent tôt ou tard en chaleur, il n’y a pas d’autres issues. Dès l’instant où elle est produite l’électricité est destinée au réchauffement. Et les pics de production sont à venir.

                                                                                                Pic du fossile + pic du nucléaire

                                                                                               + pic du photovoltaïque + pic de l’éolien

                                                                                               = super réchauffement.

    Alors le plafond se réchauffe mais il ne fond pas.

    Michel Costadau

     

  • Evolution

    Evolution

    Est-ce que l’espèce humaine subit une évolution ? Et dans quel sens ? Ce n’est pas très clair parce que d’un côté certains parlent de l’homme augmenté et d’autres disent que les capacités de l’homme diminuent.

    L’homme augmenté c’est les lunettes mais aussi le clic au bout des doigts. Il est vrai que l’homme a développé beaucoup de moyens pour accroître sa force ou faciliter ses actions. Armes, véhicules, transmissions diverses …Du coup y en a même qui ont imaginé un homme robot, c’est à dire truffé de gadgets lui permettant d’ouvrir les portes par la pensée, de parler sans ouvrir la bouche ou d’écouter de la musique venue de nulle part. Laissons ces illusionnistes de côté pour rester dans les aides que l’homme peut utiliser sans changer de nature.

    Notons quand même que, paradoxalement, les instruments ou les programmes qui lui permettent de faire des choses impossibles avec ses simples moyens physiques ont tendance à le diminuer par hypertrophie des ses muscles et même de ses propres sens.

    Par exemple il y a eu pas mal de foot ou de rugby ces derniers temps et le recours à la vidéo, au ralenti ou à la multiplication des angles, permettant de « voir » plus que l’homme, a un petit côté triste et décadent dans le sens où on fait de moins en moins confiance au jugement humain pour se réfugier derrière les caméras et d’une manière générale les instruments. On ne peut pas appeler ça une amélioration de l’espèce.

    Concrètement l’activité physique ayant fortement tendance à baisser en Occident, les hommes n’ont plus ni la force, ni l’endurance d’avant. C’est plutôt l’obésité qui gagne avec son cortège de maladies psycho-truc qui nous fragilisent sérieusement.

    D’ailleurs il n’y a qu’à constater que le poids d’objets courants comme un sac de ciment ou une bouteille de gaz a diminué. Fini les sacs de 80 kg de blé que manipulaient nos ancêtres, mais par contre la taille des paquets de chips a considérablement augmenté.

    De même, quand on dit que les gens se déplacent de plus en plus, ce n’est pas à pieds, à part les migrants, c’est en auto, en bateau ou en avion.

    Cependant il est notable que les Occidentaux sont de plus en plus grands, taille probablement due à l’alimentation mais ne se traduisant par aucune évolution de la force, de la résistance ou de l’intelligence.

    En fait les deux phénomènes, augmentation et diminution, sont étroitement liés. En effet seule la sédentarisation permet de passer du temps à cliquer. Il n’y a donc pas deux courants opposés mais un seul : la diminution des capacités physiques.

    A une époque, pas si lointaine que ça, l’homme ne faisait que marcher toute la journée. Hors le sommeil, le repos en tant que phase journalière ou régulière n’existait pas. Tandis que maintenant le travail n’occupe qu’une petite partie d’une vie. Du coup le repos occupe la partie la plus importante du temps avec une grandissante dose d’ennui. Et pour s’occuper les hommes sont prêts à tout, y compris à faire du sport, je veux dire physiquement pas devant un écran, quoique.

    Michel Costadau

  • PIB

    PIB

    Dans le registre comment marchent les choses compliquées, on va regarder ce qui se cache derrière le PIB. A vrai dire rien n’est caché, on connait sa valeur, ses modes de calcul car il y en a plusieurs qui donnent tous le même résultat ouf, et surtout son évolution. On connait le PIB de chaque pays, le PIB par habitants et on compare les PIB. C’est « the indicator » de la « croissance ». Waouh, croissance de quoi ?

    En fait la seule chose que l’on ne connaît pas c’est pourquoi la finance et les politiques sont accros au PIB.

    En effet le PIB n’est pas la somme du chiffre d’affaires de toutes les entreprises. Ce n’est pas non plus la somme des bénéfices des sociétés. Ce n’est pas non plus la somme des investissements en recherche et développement et ça n’a aucun rapport avec le nombre de salariés. Alors qu’es aquo ?

    Voilà, voilà : le PIB ne mesure que la manière dont les acteurs économiques valorisent ce qu’ils achètent pour fabriquer un produit ou un service et le mettre sur le marché. Ah bon, ils valorisent, mais ça veut dire quoi. Ça veut dire qu’ils ajoutent de la valeur, c’est-à-dire du prix. Si tout ce qu’ils ont acheté à d’autres pour faire leur produit vaut 40 et que le produit qu’ils mettent sur le marché vaut 90, ils ont ajouté une valeur de 50. Le calcul de cette valorisation est purement comptable et résulte, en gros, de la différence entre le montant des ventes produit et le montant des achats fournisseur. Le PIB français est alors la somme de toutes les valeurs ajoutées par les acteurs économiques français pendant une année.

    Ainsi chaque acteur essaie autant qu’il peut d’ajouter de la valeur et clairement il y a deux top-top dans cette course, c’est quand le prix de vente est exorbitant et quand les achats sont proches de zéro.

    Prix de vente exorbitant c’est d’une manière générale le luxe, c’est-à-dire quand l’acheteur se moque complètement du montant du chèque, comme si 10 000 ou 100 000 c’était pareil. C’est mode, peinture, voiture, villas et autre.

    Et il y en a beaucoup.

    Pour l’anecdote il y a 50 ans, je ne sais plus quel journal, avait fait un concours pour savoir qui dépenserait le plus d’argent en un we. Le vainqueur avait été un légionnaire qui avait réussi à acheter deux porsche et emmener des call girls en virée. Fin de l’anecdote parce qu’aujourd’hui ça irait beaucoup plus haut.

    L’autre top-top c’est quand les achats sont proches de zéro. Ça a été le cas de l’exploitation des ressources naturelles mais c’est, maintenant, le domaine des sites internet commerciaux basés sur une idée comportementale. Le produit informatique ne leur ayant pratiquement rien coûté, puisqu’ils l’ont développé eux même, les achats sont limités au fonctionnement informatique du site. C’est uber, airbnb, blablacar et autre.

    Et il y en a beaucoup.

    Mais vous allez me dire qu’il faut bien payer des salariés pour faire fonctionner tout ça. Oui, mais ça n’entre pas dans le PIB. C’est justement la valeur ajoutée de chaque entreprise qui lui sert à payer les salaires, faire des investissements…et du bénéfice. Mais bien plus que le bénéfice ce qui intéresse les investisseurs c’est la valeur de leur mise. Et l’augmentation de la valeur ajoutée a exactement pour effet d’augmenter la valeur de leurs actions, même si l’entreprise fait des pertes et ne distribue aucun dividende.

    Voila que l’on commence à comprendre : Le PIB ne mesure pas du tout la croissance au sens amélioration des conditions de vie, mais seulement la croissance de la richesse des actionnaires et des investisseurs. Nous avons donc notre réponse pour la finance : la croissance du PIB est la croissance de leur argent, de leur fortune.

    Et alors les politiques ? Ben vous connaissez déjà la réponse. Les politiques n’étant que les agents des financiers ils n’ont qu’un seul but : continuer, coûte que coûte, à faire croitre le PIB de leurs donneurs d’ordre. Je dis bien les politiques, quels que soient ceux que vous croyez choisir. Tous ne cherchent qu’à servir le PIB. Bien sûr chaque politique utilise un habillage, on pourrait dire un déguisement, pour couvrir son service du PIB. Certains utilisent l’immigration, d’autres l’environnement ou les services publics. Mais ça ne change rien à leur seul rôle : faire croître le PIB. Tous unis, oui, mais contre nous.

    Michel Costadau

  • Finances

    Finances

    Oui je sais, normalement il faudrait faire le texte sur la religion. Mais, d’une part, j’ai compté que dans le texte sur l’Etat voyou d’Israël il y avait 35 fois le mot religion, ce qui veut dire qu’on en a déjà un peu parlé, et, d’autre part, il y a moins d’actualité sur ce sujet que sur d’autres plus chauds. Les sujets chauds c’est la Grèce, le réchauffement climatique, l’Etat Islamique ou l’Ukraine par exemple. Mais au-dessus de tout ça, ou en dessous, si on veut parler de dénominateur commun, il y a le renversement dans l’ordre des pouvoirs qu’a réussi la finance il y a quelques années et dont nous voyons les effets dans les sujets évoqués plus haut. Je voudrais dire finance internationale ou finance mondiale, mais justement ce ne sont que des pléonasmes, car il y a « la » finance c’est tout et elle va bien, merci.

    La finance est devenue la puissance mondiale n°1, ça veut dire que tous les autres détenteurs de pouvoir, par exemple les politiques, les religieux ou les intellectuels ne sont plus maîtres de leur jeu, sauf peut-être les mafias et quelques organisations parallèles. Mais quand je dis que la finance a pris le pouvoir, je ne suis pas certain que tout le monde sache vraiment ce que j’entends par là. Alors qu’est-ce que la finance ? Bonne question. Est ce que la finance c’est l’argent, oui bien sûr, mais l’argent ça fait longtemps qu’il y en a. Est-ce que la finance c’est les riches et les entreprises, oui bien sûr mais là aussi ça fait longtemps que ça existe. Alors c’est quoi, les banques, les Bourses, les fonds de pension. Oui oui oui, la finance c’est tout ça, mais plus encore ce que j’appelle la finance, c’est le nouvel esprit qui s’est emparé de l’argent. Aujourd’hui, il est devenu plus facile de faire de l’argent avec de l’argent qu’avec tout autre moyen, comme le travail, l’investissement ou la guerre. L’argent est entré depuis quelques décennies dans une boucle infernale d’autoreproduction, avec comme corollaire qu’il y a trop d’argent liquide dans le monde. Et cet excès d’argent s’est accompagné d’un mode de fonctionnement dans lequel tout se vend et tout s’achète. Cet état d’esprit c’est celui que les riches, les banques, les Bourses, les fonds de pension et les entreprises ont réussi à répandre dans tous les rouages et dans tous les esprits de la société. C’est ça la finance. C’est ça le renversement ou le basculement qu’elle a réussi. Alors allons-y.

    Le gros, très gros, problème que je veux analyser dans ce texte c’est que les politiques, c’est-à-dire la caste de tous les élus et leurs sherpas, sont totalement responsables de cette situation. Non seulement ils ont fait la courte échelle à la finance en utilisant le service de l’argent pour leur propre carrière ainsi que pour l’endettement continu du pays, mais du coup ils ont sacrifié les citoyens sur l’autel de l’économie dans le seul but d’essayer de garder le pouvoir. Malheureusement, non seulement ils ont complètement perdu le pouvoir et comme des enfants ils se battent entre eux pour avoir le ballon, mais ils ont permis à la finance de se développer et de les tenir en laisse. La caste politique fait comme si elle avait encore tout le pouvoir, ce qui nous donne une situation de fausseté incroyable dans laquelle le mensonge et la dissimulation sont roi et reine. C’est l’explication de ce double langage schizophrène des politiques qui m’intéresse. On va donc essayer de voir comment et pourquoi tous les dés de la vie publique sont truqués, et du même coup comment et pourquoi il est difficile de se faire une opinion claire sur quelque sujet que ce soit, alors même que ça devient urgent de penser et de réagir. On verra ainsi que, du coup, on aborde aussi les sujets chauds évoqués plus haut.

    Quand je dis que les politiques sont responsables de la victoire de la finance, c’est qu’ils ont abandonné la défense de toutes valeurs, de toutes idées, afin de privilégier leur réélection. La réélection c’est ça le drame. C’est la réélection qui a créé la caste et la caste cherche uniquement à profiter de sa rente de situation. Pour moi, la prise de pouvoir de la finance est liée à notre crise de la pensée politique ou de la philosophie si vous préférez. Nos sociétés ne vivent d’aucun espoir, d’aucune recherche sur le pourquoi et le comment de la vie, ne se fixent aucun but auquel les citoyens pourraient adhérer et donc pour lequel utiliser leur énergie et leur capacités, c’est-à-dire leur travail. Les politiques ne nous donnent comme perspective que le néant de la consommation, que la croissance du GDP, que la fuite en avant comme réponse à toutes questions. Clairement, 3 % de déficit, 40 000 délivrances de visas, 5 % d’encadrement des loyers ou 6 % de baisse d’on ne sait plus très bien quoi au juste, ne sont pas de nature à mobiliser une société dans un élan commun d’effort et de réussite. La caste politique ne nous offre qu’une ribambelle de chiffres tous plus faux les uns que les autres, à tel point que nous ne savons pas vraiment combien nous sommes, ni combien il y a de chômeurs, ni combien gagne un médecin. Dans ces conditions, l’esprit de l’argent pour l’argent s’est développé comme une pandémie. En effets si l’on ne se projette plus dans l’avenir, l’immédiateté devient le seul horizon. L’argent est devenu le moyeu de la roue qui fait tourner le monde et s’est imposé comme le support de la monétisation de toutes choses et de toutes personnes.

    Donc je dis que la finance mène le monde, mais vous ne manquerez pas de me rétorquer qu’avant c’était les riches et que ça ne change pas grand chose. Erreur ! avant, les riches n’étaient que des profiteurs, ce n’est pas eux qui faisaient l’histoire mais les clans, les familles, les castes, et les riches d’argent dépendaient d’eux. Il y a encore des histoires récentes de riches célèbres éliminés physiquement par des pouvoirs politiques ou religieux. Seulement, petit à petit, les riches ont créé les institutions financières, ils se sont organisés, et, avec l’aide coupable des politiques, ils ont réussi à faire que la vie sur terre ne soit liée qu’à l’argent. Je le répète, non pas l’argent en tant que moyen d’échange, comme avant, mais l’argent en tant que valeur de référence, que but ultime. Aujourd’hui, tout le monde est persuadé que sans argent on ne peut rien, c’est ça la bascule. Du coup ça n’encourage personne à avoir des idées, à défendre des valeurs ou à développer des compétences. Du coup, tout le monde veut de l’argent, ne parle et n’agit que pour l’argent. Et voila donc l’abracadabrante actualité que nous avons : le problème c’est 1,40€ le kilo comme si un prix pouvait être une cause à défendre ou à combattre.

    Comme je l’ai dit, la clé c’est l’évolution des pouvoirs politiques car on était habitué à ce que ce soit eux les dominants, ce qui en plus avait un petit coté sympathique, car certains pouvaient prétendre qu’à travers eux c’étaient les peuples qui décidaient. Il n’en était rien bien sûr, mais ça a marché pendant un moment. Et même jusqu’à assez récemment, car, pour être clair, le changement d’esprit au profit de la finance n’est pas très vieux. Cependant comme ça a été une action lente et continue il y a eu des étapes. Disons pour fixer les idées que ça a commencé avec la première guerre mondiale et que le basculement a eu lieu avec l’agrandissement de l’Europe après les années 70.

    Maintenant la question est celle-ci : est-ce qu’en France ce sont les pouvoirs politiques élus qui gouvernent, ou la finance, sachant que ça fait déjà longtemps que ce ne sont plus les peuples qui décident quoi que ce soit. Eh bien la réponse n’est pas en tout ou rien. Revenons sur le double langage des politiques. D’un côté les politiques tiennent un discours de défense des citoyens, de proximité de la population, de souci du bien commun, enfin tout ce à quoi on est habitués. Hélas tout ça reste au niveau du discours, de l’attitude, de la posture, et ne se traduit plus jamais en actes. Depuis le niveau communal, jusqu’au gouvernement, tous les réalisations, toutes les décisions, toutes les lois sont marquées du sceau de la finance. Vous pouvez le prendre par tous les bouts possibles, force est de constater que les politiques n’ont qu’une seule attitude = filer un maximum d’argent aux entreprises et aux riches. Il y a même une école pour apprendre ça, c’est l’ENA. Dans cette école on apprend à mettre en œuvre cette alchimie du mensonge. On y enseigne comment pratiquer la déconnexion entre les paroles et les actes. Les paroles servent uniquement à se faire élire et réélire, et les actes consistent à saupoudrer un maximum d’électeurs de soi- disant subventions afin que beaucoup reçoivent un petit quelque chose et surtout à n’entreprendre aucune action pour l’amélioration de la société, car ce serait la meilleure manière de donner des armes à ses adversaires qui, comme la place est bonne, sont nombreux. C’est ça la technocratie. Quand je dis que c’est de la schizophrénie c’est que c’est consciemment que le discours démocratique se transforme en actes capitalistes. Il est urgent de prendre conscience que le discours politique est unique, quel que soit le parti. Il s’agit toujours d’enrober d’une sauce citoyenne une mesure de transfert d’argent vers les entreprises et les nantis. Toujours, tout le temps.

    Cependant, la conséquence la plus grave n’est peut-être pas le tapis rouge déroulé à la finance, mais plutôt la trahison électorale que représente cette manière de faire. A force de mépriser les citoyens et les électeurs, les politiques ont créé une distance, un hiatus entre la population et eux. D’abord ça se traduit par un désintérêt des citoyens pour les élections, puis ça laisse un passage aux opinions plus extrémistes de certaines formations ; ensuite ça crée le grand fossé entre la population et sa représentation ce qui finit par remettre en cause le système politique dit démocratique. Et là toutes les dérives sont possibles, depuis le sauveur de la nation jusqu’à la mise à mal physique des responsables de ce système. Ca peut s’appeler la dictature ou la révolution, en tous cas c’est pas bon.

    Bien sûr, comme on l’a dit, il y a des îlots de résistance. Mais ils ne sont portés par aucun parti politique, ni par aucun intellectuel, puisque la caste politique n’a pas pour but de représenter et de défendre la population, mais uniquement de garder ses élus et de se reproduire dans une fuite en avant suicidaire. En fait, le problème de la résistance c’est qu’elle est portée par des marginaux, des jeunes, des non-notables patentés et qu’elle n’est « pensée » par aucun intellectuel, même si c’est ce que j’essaye de faire. Ca donne du coup une absence de poids et de présence dans la vie publique qui ne correspond pas tout à fait à la réalité. En fait, il y a des initiatives, monnaies alternatives, ZAD, circuits courts, communautés qui toutes mettent en avant le refus du pouvoir de la finance. Mais soyons réalistes, la résistance à la finance ne concerne pour le moment que peu de gens, disons en France électoralement quelques %, c’est pas beaucoup. Cependant, électoralement, on a atteint des scores bien meilleurs en Grèce ou en Espagne. Je dis ça parce que c’est la preuve que la résistance est confisquée, oblitérée par les partis politiques et les médias. Pourquoi tous les médias sont-ils aux mains des riches ? Eh bien pas du tout pour en faire des outils de leur communication, ça c’est bon pour les journaux militants, non, seulement pour que rien ne change, pour que les médias restent des véhicules de l’immédiateté et de l’insignifiance. Je n’insiste pas, on a déjà abordé ce sujet. Dès qu’un mouvement politique s’affranchit du carcan de la classe politique, il semble que beaucoup de gens apportent leur soutien. Car le fonctionnement de la caste politique est ainsi fait que les changements politiques ne sont en aucun cas des changement de politique mais seulement le remplacement d’un groupe de riches par un autre. Non pas qu’ils se battent vraiment entre eux mais comme il y a des avantages pour ceux qui ont leurs politiciens au pouvoir, ils cherchent à les faire gagner. Plusieurs aspects sont détestables dans ce mode de fonctionnement. D’abord, bien sûr, l’usurpation que représentent les « idées et les programmes » des politiques. Ils ne sont que l’appât qui va faire que les pauvres citoyens vont aller voter, c’est le plus important, voire voter pour eux, c’est en prime. J’espère que vous avez conscience que, depuis 50 ans, aucun avantage n’a été octroyé par les politiques aux citoyens. L’abolition de la peine de mort ne coûte rien, le droit à l’avortement est assorti de telles contraintes pour limiter les coûts qu’on ne peut pas appeler ça un droit, la CMU ne coûte rien, les 35 heures, mesure censée diminuer le chômage se sont traduites par un blocage des salaires et l’envolée du chômage, le droit de vote à 18 ans ne coûte rien, la décentralisation ne comporte aucun rapprochement des citoyens des centre de décision, au contraire, et s’accompagne même d’une altération des services publics. Et je ne parle pas du « verdissement » de la PAC. Tout ça n’est que du trompe-l’œil, des mesures ne faisant en rien progresser la démocratie, ni ne procurant le moindre avantage aux citoyens. Et pourtant les programmes fourmillent de mesures, pour la famille, contre l’exclusion, pour la protection de ceci ou cela…. et incroyable mais vrai, les gens votent encore. Dites-moi les avantages ou les progrès que vous avez pu constater personnellement liés à des mesures prises par les politiques. Moi je n’en vois aucun. Attention, que certains dans la population aient pu améliorer individuellement leur sort n’a évidemment aucun rapport avec le moindre progrès de la société, mais dénote au contraire la continuation de l’avancée de la finance, car dans la finance ce qui compte c’est quelques individus, jamais la société.

    Quand je dis que nos élus ne gouvernent pas, c’est que toute l’action du gouvernement consiste à essayer de composer, de pactiser avec la finance, jusqu’à quand ? Pour concrétiser cela on va illustrer notre propos par de bons exemples. Prenons les agences de notation. Vous vous souvenez que la France a perdu son triple A et que la Grèce en est à CC-. Bon les agences de notation ont le droit de faire ça, ça ne mange pas de pain nous dit-on. D’après les politiques, la seule conséquence est le taux avec lequel les Etats peuvent trouver de l’argent et donc avec un AA+ on a de meilleurs taux qu’avec un CC-. Ca c’est quand on regarde la situation du point de vue des Etats. Maintenant changeons de place et mettons nous au point d’où la finance regarde le monde. Qu’est-ce qu’elle voit la finance ? elle voit des acteurs économiques, des banques, des masses monétaires et des capitaux. Son seul objectif étant de faire de l’argent avec de l’argent, elle voit le monde comme son terrain de jeu. Alors elle donne des notes sur l’intérêt que présente tel ou tel acteur et sur l’opportunité de faire tel ou tel placement. Et des notes, elle en donne sur beaucoup de projets, d’industries, de sociétés, d’Etats. Tout ce qui est susceptible de recevoir un placement a une note. Et ces notes évoluent avec le temps et les évènements mondiaux. Seulement à qui sont destinées ces notes, eh bien aux financiers et uniquement aux financiers. Les notes ne sont donc pas du tout destinées aux Etats, mais à ceux qui souhaitent acheter ou vendre des morceaux d’Etats. Les morceaux d’Etats c’est de la dette, obligations et emprunts ou de la privatisation. Vu par la finance les Etats ne sont donc pas du tout les représentants d’une population, mais de simples acteurs économiques plus ou moins efficaces qu’il convient d’utiliser au mieux.

    Ainsi donc, quand la finance prône l’allègement de l’Etat, en disant que les impôts pèsent trop sur l’activité économique, ce n’est bien sûr pas du tout pour que les citoyens ou les entreprise payent moins d’impôts, mais seulement pour susciter des pans de privatisation, banque, postes, électricité etc. etc. afin que les capitaux puissent s’investir dans de nouvelles activités rentables. De même, quand la finance veut sortir la Grèce de l’euro, ce n’est pas pour que les Grecs se portent mieux ou que l’Europe se réforme, c’est uniquement pour que les fortunes en euros ne perdent pas de valeur. De même, quand on dit que les entreprises créent l’emploi et qu’il faut donc les aider, il n’en est évidemment rien, mais seulement aider les entreprises c’est aider les actionnaires et ça c’est bon pour la finance, puisque ce sont les mêmes. Quand on y réfléchit, c’est une honte d’aider les entreprises, car en fait ça ne sert qu’à aider la finance. Pourtant les politiques rabâchent à longueur de temps le slogan des emplois. Aider les entreprises, c’est créer des emplois, sauver des emplois, maintenir des emplois. Regardons bien la réalité. D’abord au niveau global, eh bien avec plus de 3 millions de chômeurs secs c’est-à-dire sans le moindre petit bout d’emploi, on peut pas appeler ça une réussite. Ensuite, regardons le mécanisme. Les aides accordées aux entreprises sont comme un prêt mais sans le moindre remboursement. Ou va cet argent, comprenez bien qu’il ne sert pas à payer les salariés, car sinon ça ne marcherait que le temps d’épuiser le montant de l’aide et on reviendrait au même point. Non, l’argent va dans un investissement, dans une recherche ou dans une acquisition. Seulement un investissement ça enrichit qui ? eh bien les actionnaires et eux seuls, car ça donne de la valeur à l’entreprise c’est-à-dire à ce que détiennent les actionnaires, pas les salariés, ni les fournisseurs. Et voila la boucle est bouclée. D’ailleurs, les acteurs les plus efficaces de la finance sont bien sûr les entreprises avec le total pouvoir actionnarial. Ca c’est la plus belle invention de la finance, ancienne pourtant : les actionnaires. Qu’est-ce qu’une entreprise ? C’est une machine qui produit de la valeur par le travail des fourmis locales qu’on appelle des salariés. Quand je dis qu’elle produit de la valeur ce n’est pas la valeur des produits qu’elle fabrique ou des services qu’elle vend, c’est la valeur de ce que possède chaque actionnaire. Quand la valeur augmente, la richesse des actionnaires augmente et éventuellement on vend avec bénéfice. Quand l’entreprise perd de la valeur, on supprime des fourmis et on demande des aides.

    Petite anecdote pour se distraire un peu. Le directeur de la Banque de France, qui doit être remplacé prochainement, parle des qualités que devrait avoir son successeur en ces termes, -compétent,-européen convaincu, -indépendant des milieux financiers (Le Monde 25 juillet 2015). Passons sur -compétent qui ne veut pas dire grand chose, à part devant faire partie du sérail, langue de bois habituelle. Arrêtons nous trente seconde sur -européen convaincu- pour dire que, comme il s’agit de la Banque de France on aurait pu s’attendre plutôt à « ardent défenseur des intérêts de la France ». Ben non c’est raté. Le point à noter c’est -indépendant des milieux financiers, car c’est révélateur. D’abord c’est impossible, on ne voit pas le directeur de la Banque de France ayant un CV de berger dans un petit village de Lozère, du coup c’est indiquer un peu trop clairement que ce sont bien les milieux financiers qui font la loi, mais qu’il faut faire comme si c’était nos petits pioupiou qui menaient la barque.

    En résumé conclusif : la caste politique a, dangereusement, viré sa cuti il y a une cinquantaine d’année en se fixant comme objectif de rester au pouvoir par tous les moyens possibles : régime présidentiel, pseudo alternance, financement des partis, labellisation de la technocratie, monopole des médias et bien sûr compromission totale avec la finance. La mise en œuvre de cet objectif a causé d’énormes dégâts. D’abord la perte continue de confiance de la population dans ses élus, ce qui remet en cause notre démocratie. Mais d’autres catastrophes moins visibles sont aussi survenues, en particulier la montée en puissance de la finance, qui a maintenant passé la corde au cou des politiques. Cependant ils continuent de feindre de gouverner, plutôt que de mobiliser la population contre le pouvoir des institutions financières, qui est notre seul ennemi. Les politiques ont un discours fait de mensonges et de fausses promesses et des agissement visant seulement à laisser les riches gouverner réellement. Cette situation explique l’actualité que nous évoquions au début du texte : acharnement contre le gouvernement grec, régression continuelle par rapport au réchauffement climatique avec des kermesses régulières pour s’assurer que rien ne change, guerre sainte contre les islamistes pour garder la main sur les ressources pétrolières, et essai d’endettement de l’Ukraine afin d’accroître sa dépendance vis-à-vis des institutions financières. Je peux vous fournir une liste plus complète de tous les dégâts sur simple demande. Heureusement, la résistance existe mais, euh, euh elle manque de monde, ce qui veut dire qu’il y a encore de la place pour vous.

    Michel Costadau

  • Kurdes

    Kurdes

    Evidemment je suis contre le massacre des Kurdes, de même que pour les Palestiniens, les Yézidis, les Rohingyas, les Peuls, les Mandingues, les Guaranis, les………. la liste est longue, trop longue. Pour les Kurdes c’est un peu spécial car il n’y a pas de pays kurde mais il y a une armée kurde, des villes kurdes, des prisons kurdes. Certes il y a des régions qui s’appellent le Kurdistan en Irak et en Iran mais il n’y a aucun pays de ce nom. Alors l’armée kurde c’est quoi : une faction terroriste comme l’ETA, une armée de libération comme l’IRA ou autre chose.

    En fait les Kurdes vivent à cheval sur 4 pays : Irak, Iran, Syrie, Turquie. En Irak ils ont une région autonome avec des revenus pétroliers, et en Iran une province. Dans les deux cas ça se passe très mal avec le pouvoir central assez fort en Iran, mais bien faible en Irak pour raison de Guerre du golfe. En Syrie ils occupent deux petites zones de non-droit liées à la guerre civile qui a dévasté ce pays pendant 10 ans et continue encore.

    Sur fond de volonté autonomiste, le problème de base est le soutien militaire occidental et surtout américain aux combattants kurdes. En fait tout le monde cherche à utiliser les Kurdes pour nuire à l’Iran, l’Irak ou la Syrie.

    Alors reste la Turquie. La Turquie n’a vraiment pas une bonne image de marque. Ce sont un peu, comme successeurs de l’empire ottoman, des spécialistes des génocides. La Turquie moderne a cherché à effacer cette image sauf avec les Kurdes qui ont choisi le mauvais camp au moment de l’accession à l’indépendance d’Ankara. Soutenus par les puissances occidentales ils ont cherché à s’opposer à Kemal Atatürk et ils ont perdu. De là vient ce sentiment de défiance des Turcs envers le Kurdes.

    Pourtant les Kurdes font clairement partie de l’âme turque. La poésie, la littérature, le cinéma turc sont imprégnés d’imaginaire kurde en partie parce que les régions concernées sont sauvages et loin du pouvoir central.

    Plus récemment les Kurdes ont encore choisi les occidentaux dans le conflit syrien et ce mauvais choix se paye maintenant.

    En fait le vrai pays des Kurdes c’est la Turquie.

    Cependant la Turquie est dans la position de la France avec ses rébellions internes : la répression. En Turquie des bandes armées kurdes opèrent sur son territoire avec l’appui logistique américain et des refuges de l’autre coté de la frontière en particulier du côté syrien et irakien. Bien sûr, vu du coté des médias, les Turcs n’ont pas choisi la bonne solution en pratiquant une répression musclée. Mais la France non plus ne tolère pas de bandes armées sur son territoire pas plus que dans ses anciennes colonies et pratique où que ce soit une répression tout aussi féroce.

    Alors dire que les Kurdes ont affaibli l’EI, c’est comme dire que la tuberculose a empêché des cancers, ce n’est pas une bonne justification.

    Je ne sais évidemment pas ce que vont devenir les Kurdes, mais j’aimerais surtout qu’ils deviennent indépendants de l’Occident en particulier des Américains, ça leur a fait trop de mal.

    Et ça continue.

    Michel Costadau

  • Etat voyou d’Israël

    Etat voyou d’Israël

    Ce n’est pas un sujet facile car dès qu’on parle de l’Etat voyou d’Israël, on associe guerre, Palestiniens, racisme, Arabes et génocide. Tous les échanges sur ce sujet sont biaisés, déformés, récupérés et l’on aboutit presque toujours à des clivages du genre, tu es pour ou tu es contre, et au bout d’un moment on ne sait plus très bien quoi. Alors, franchement, j’hésite à me lancer là-dedans parce que je redoute de louper mon objectif qui est d’abord de bien argumenter le déni des droits de l’homme qui caractérise ce pays. Je précise que si j’accole toujours l’adjectif voyou c’est que cet Etat ignore complètement les recommandations et autres décisions de la communauté internationale, par exemple les résolutions de l’ONU, qu’il se permet d’envahir ses voisins, par exemple le Liban, la Syrie ou l’Egypte et qu’il demande que l’on applique aux autres, ce que lui même refuse d’appliquer, par exemple le contrôle des armes atomiques. Alors il faut appeler les choses par leur nom et ce n’est donc pas seulement une affaire d’adjectif mais réellement une question de non-respect des autres. C’est donc voyou. Cependant, dans ce texte, pour éviter les répétitions, nous ferons l’économie de l’adjectif mais, vous, vous le rajouterez mentalement.

    Un premier point préliminaire doit être éclairci tout de suite concernant l’historique de la situation. D’un coté, Israël n’est pas un Etat reconnu par l’ensemble des membres de l’ONU et certains pays, en particulier arabes, n’ont toujours pas accepté la décision de sa création et sont en guerre contre cela. D’un autre côté, la gestation d’Israël sur des bases sionistes, puis sa création avec un terrorisme d’Etat accompagnées par des massacres de populations locales, suivies de ses incessantes conquêtes territoriales, ont donné et donnent une forte odeur de poudre à cet Etat. En plus, le sujet est devenu complètement international avec une tendance à empêcher tous les intervenants d’arriver à parler calmement et simplement d’Israël et des conflits dans lesquels il se retrouve. Ce qui est sûr c’est que rien de bon n’est sorti de cela, et plutôt que de se situer dans une logique de fautes et de coupables à priori, il faut essayer d’ouvrir les yeux, de comprendre, d’expliquer et de proposer. C’est ce que nous allons essayer de faire.

    Un second point préliminaire doit aussi être précisé, parce que certains seront tentés de me dire qu’Israël se défend, car il est attaqué. Attaqué par qui ? Tous les pays qui sont ses ennemis déclarés ou non sont soit sous embargo, comme l’Iran ou la Syrie, soit dans le plus complet chaos comme l’Irak, ou la Lybie, soit sous influence américaine comme L’Egypte ou l’Arabie saoudite. Alors qui ? Cuba, bravo c’est bien tenté. En fait Israël n’a pratiquement jamais été attaqué, c’est donc bel et bien un Etat belliqueux.

    Un troisième point préliminaire doit être établi, parce que d’autres ont le sentiment qu’Israël est soutenu et financé par la population juive américaine et russe. Ce n’est pas complètement faux mais ça occulte le point important qu’Israël est sous la protection, indéfectible, totale, militaire et industrielle des USA, de son appareil politique, de son administration, et probablement de son opinion. Ca veut dire qu’avec un tel parrain on peut se permettre beaucoup de choses. De là à dire que ce pays est en fait un poste avancé anti- arabe de l’impérialisme US au moyen orient, et bien oui on peut le dire mais sans occulter la responsabilité propre qu’ont les citoyens d’Israël dans cette situation, car beaucoup d’émigrés venus des pays de l’Est sont d’un racisme virulent.

    Alors commençons notre réflexion. La première observation c’est que nous avons une population qui a été persécutée pendant longtemps, c’est le moins que l’on puisse dire et qui se retrouve dans un nouvel Etat qui pratique à son tour les mauvais traitements dont elle a été victime. C’est assez difficile à expliquer. On va cependant essayer de comprendre pourquoi cet Etat qui devrait être au ban des nations est l’un des plus activistes de la planète. On va, aussi, essayer de voir comment pourrait évoluer cet Etat pour retrouver une place dans le concert des nations civilisées. Et on abordera quelques questions connexes, comme les Juifs et les Palestiniens.

    En fait il y a deux aspects dans le déni des droits de l’homme de cet Etat. D’une part la colonisation mais aussi la religion. Je crois que pour la colonisation, tout le monde va être à peu près d’accord, mais pour la religion ça va être un peu plus délicat, parce qu’Israël est un état religieux et ça s’appelle une théocratie, mais dans l’esprit des gens, un état religieux c’est l’Iran par exemple avec ses ayatollah, ou le Vatican avec ses cardinaux, alors que l’Iran n’est pas vraiment un état religieux et que le Vatican … bon ce sera pour une autre fois. En fait, Israël a une pratique proche de ce qu’était la royauté en France, à savoir chrétienne, et dans laquelle on massacrait au nom de la religion, c’est ça aussi que j’appelle un Etat religieux.

    Avant d’expliciter la colonisation et la religion, on doit commencer par se poser la question qui, en plus, nous concerne directement, de savoir pourquoi, contrairement à ce qui devrait être, beaucoup de pays, dont la France, ont une attitude d’on ne peut plus franche coopération avec cet Etat. La réponse n’est pas tout à fait aussi simple que de dire simplement c’est le business, ce qui est vrai, mais incomplet. Il faut ajouter que cet Etat a un fonctionnement double : d’une part un pays avec des Israéliens, des frontières et une capitale, mais ensuite ce pays est relié à un réseau international, on pourrait dire aussi une nation diffuse composée de ressortissants non résidents avec quelquefois une double nationalité, présents dans presque tous les pays du monde. Cette situation n’est pas à vrai dire originale puisque beaucoup de pays fonctionnent avec une diaspora, mais dans notre cas c’est un réseau fédéré par la religion étatique ce qui lui donne une dimension et un poids tout à fait différent. Et il y a même un mot pour ça, c’est celui d’israélite. Et donc, en France, la communauté israélite est très influente et empêche nos dirigeants de critiquer Israël. De plus, les services, en particulier économiques, de cette diaspora sont très appréciés par notre classe politique car ce sont de fervents supporters de la finance libérale, ce qui, même si ça fait notre malheur, est leur droit le plus strict. Il y a aussi un troisième aspect à prendre en compte pour expliquer la collaboration de la France, c’est le comportement de pas mal d’intellectuels philosophes qui, pour des raisons liées probablement aux persécutions dont ont été victimes leurs familles, ont une attitude de protection d’Israël irrationnelle mais constante.

    Regardons maintenant l’aspect colonisation. J’espère qu’il est clair pour tout le monde qu’Israël a des frontières parfaitement définies et que donc, par exemple, Gaza ou Naplouse sont en Israël, de même que Toulouse est en France. Bien sûr les frontières actuelles sont le résultat de plusieurs conflits et sont contestées par divers pays mais il y a d’une manière très claire un intérieur et un extérieur. Seulement à l’intérieur de ce pays il y a deux zones. L’une est une zone comme la France avec des gens qui circulent assez librement mais l’autre est une constellation de zones fermées avec comme des postes frontières pour y accéder ou en sortir. A l’intérieur de cette seconde zone vivent des gens qui devraient être des Israéliens mais que l’on désigne plutôt comme : les Arabes et surtout les Palestiniens. A l’intérieur de cette même zone, il y a aussi des colonies constituées d’Israéliens de la zone libre qui ont construit des forteresses dans la zone occupée. A dire vrai, dans la cas particulier de Gaza, il n’y a plus de colonies, car elles devenaient trop dures à entretenir. Précisons que ce n’est pas moi qui ai inventé ce mot de colonies, ce sont les Israéliens eux-mêmes et ça mérite une explication. Ce que nous de France nous appelons la zone occupée et qui fait partie intégrante d’Israël, est pour eux un territoire sans statut, dont il faut faire la conquête, c’est à dire comme en Amérique, vider de ses occupants. Les occupants actuels, les Palestiniens, ont donc un statut assez proche de ce qu’étaient les indigènes au temps de la conquête de l’Ouest ou de la colonisation française. C’est-à-dire qu’ils ne sont pas citoyens du pays auquel ils appartiennent, on devrait plutôt dire qui les possède, donc pas le droit de voter ou d’être élus, mais un statut de simples autochtones auxquels on laisse le droit de continuer leurs pratiques culturelles à condition que ça ne gêne pas le colonisateur. Israël mène donc une conquête coloniale d’une partie de son propre territoire. Notons, en passant, un point sidérant sur ces fameux occupants palestiniens. Il semble qu’ils soient là depuis longtemps ou tout au moins qu’ils soient le résultat de l’évolution de la population de cette zone, qui comme tous les pays du monde a connu une démographie propre mais aussi des envahisseurs de diverses origines. La France aussi a connu ça, mais ça ne nous n’empêche pas d’être en quelque sorte les descendants des Français de la génération d’avant, qui elle même etc., ce qui permet de remonter à certains grands-parents célèbres de notre beau pays que l’on désigne souvent sous le nom de Gaulois. Tout ça pour dire que les palestiniens sont, donc, les descendants des premiers occupants de ce pays et donc, d’une certaine manière, les vrais Israéliens ou Israélien de souche comme dirait notre pauvre président. On va pas refaire l’histoire, mais quand même, quand la France a donné aux colons français une ferme en Algérie, il y avait des Algériens sur place et personne n’a cherché à dire qu’ils ne l’étaient pas. C’est même la seule chose qu’ils étaient. D’ailleurs, quand il y a eu l’indépendance, les Algériens sont restés des Algériens et le sont encore. C’est pourquoi il est difficile de comprendre comment les Palestiniens qui étaient là avant l’immigration qu’a connue Israël et qui sont, pour une partie, toujours là, ne sont pas des Israéliens. On verra un peu plus loin que ça a rapport à la religion.

    Comme dans toute les colonisations, les premiers occupants représentent un réservoir de main-d’œuvre qui ne demande qu’à être utilisé. Cependant il y a deux situations. Dans la zone libre, à condition de pouvoir franchir les barrières, les Palestiniens peuvent travailler comme les autres, même si on ne leur fait pas des ponts d’or et certains réussissent assez bien. Autour des colonies, c’est beaucoup plus compliqué, car les colons ont une attitude complètement ségrégationniste avec les palestiniens, exactement comme en Afrique du Sud ou au Texas. Une illustration récente est le problème des bus publics empruntés par les colons et que le ministre de la Défense prévoyait d’interdire aux Palestiniens. Ca n’est pas encore fait mais ça vous donne un peu l’ambiance.

    Bien qu’on n’ait pas tout dit sur la colonisation, il nous faut aborder le sujet de la religion. D’entrée il y a une grosse ambiguïté avec la confusion entre la religion, qui s’appelle le judaïsme, et les personnes qui se désignent elles-mêmes avec le nom de juifs. D’un côté, une religion on voit à peu près ce que c’est. On a le christianisme, qui est la religion des chrétiens, l’islamisme qui est la religion des musulmans et quelques autres religions. D’un autre côté, des personnes regroupées dans une appellation identitaire, on voit aussi ce que c’est. On a les Bretons qui habitent en Bretagne mais aussi un peu partout et se revendiquent Bretons, les Basques, c’est pareil et c’est presque une marque déposée et on a aussi les Occitans, dont je fais partie, qui ont un vaste territoire. Là où on serait bien embêté c’est de dire la religion des bretons, un peu druide, un peu catho ou celle des basques à moins que la pelote ne soit une religion et pareil pour les occitans, qui entre cathares et protestants en ont à mon avis assez des religions. Par contre avec le judaïsme on a une vraie confusion entre l’appartenance et la religion. Cette confusion est, je pense, délibérément entretenue afin de ne pas affronter la sévère réalité de cette population et de cette religion. D’ailleurs, en termes de religion, on a coutume de parler des trois grandes religions monothéistes : christianisme, islamisme et judaïsme. C’est un peu rapide. En fait, christianisme et islamisme sont effectivement presque la même religion, avec un grand prophète qui indique comment atteindre le paradis, une morale écrite, un clergé chargé des rites et une Eglise au pouvoir temporel immense. Le judaïsme est lui réservé à une population donnée et relève, donc, plutôt du domaine de la secte. Il faut ajouter la croyance en un peuple élu pour recevoir un messie, car pour le judaïsme, le sauveur ne s’est pas encore manifesté et n’a donc pas encore pu donner ses préceptes aux hommes, et donc on ne peut pas parler de religion mais bien de secte, et la population juive est censée croire que c’est en son sein que doit venir le médiateur. Un peu comme les évangélistes ou les saints des derniers jours qui attendent toujours une hypothétique révélation. C’est peu de dire que les religions sont une catastrophe et il y aura un prochain texte sur ce sujet, mais hélas les guerres de religion sont encore une réalité, et dans le cas d’Israël, le silence de la communauté internationale et de la France en particulier est vraiment coupable. Par contre c’est là que nous trouvons notre explication de pourquoi les palestiniens ne sont pas des israéliens : c’est qu’ils n’ont pas la même religion. La guerre impulsée par le judaïsme n’a aucun fondement libérateur mais seulement une volonté de domination et d’élimination dans le but de s’approprier un territoire. De plus, cette guerre alimente des tensions dans toute la région. C’est pas marrant mais c’est comme ça.

    Nous devons, maintenant, revenir sur la situation de cette population qui s’identifie comme juive. Il est de fait que son histoire n’est faite que de persécutions et de méfiance, comme si cette population n’avait pas encore compris comment se comporter pour s’intégrer et dégager une image positive. Il est très important pour l’évolution et le rayonnement d’un pays que sa population ait une image positive d’elle-même. Ce fut le cas des Français pendant longtemps, avec l’invention des droits de l’homme et quelques autres bonnes idées. Bien sûr cela a changé et la France ne rayonne plus du tout, mais nous vivons encore là-dessus et il faudrait commencer à essayer de redorer le blason. On ne peut pas dire que ce soit le cas de la population juive, qui n’a jamais eu de reconnaissance très positive. Y a-t-il une raison à cela et il y a forcement une raison. La tentation de faire reposer cette situation sur des traits de caractère de cette population, ça s’appelle du racisme, ce n’est donc pas une explication, bien que beaucoup de gens aient essayé de développer cette idée. Le racisme existe bien sûr et pour mémoire il a fallu deux-cents ans aux Européens pour accepter l’idée que les sauvages d’Amérique ou d’Afrique étaient des hommes comme les autres, ce qui, en plus, a provoqué la disparition des amérindiens. En fait, pour trouver la raison, il faut regarder du côté des religions chrétiennes et du coté du Vatican. En effet, le messie reconnu des catholiques est sorti de Palestine et s’est trouvé faire partie de la population juive de l’époque. Seulement l’histoire nous indique que ce messie a été mis à mort par ses concitoyens. Et nous voilà donc avec une population juive coupable d’avoir crucifié le messie des catholiques. Depuis ce moment-là, cette population a été persécutée et a fait l’objet d’une défiance cultivée par l’Eglise catholique d’une manière assez perverse comme elle sait très bien le faire. L’histoire indique, aussi, que par ce biais, cette population a servi régulièrement de bouc émissaire comme il en faut dans tout exercice du pouvoir. On doit ajouter que, dans ces cas là, une espèce de cercle vicieux se crée, dans lequel les victimes s’excluent elles-même du jeu social, par peur et par habitude et se trouvent donc dans une situation d’exclusion physique et mentale qui ne fait qu’entretenir le phénomène. On retiendra, finalement, que le bilan de cette histoire est assez négatif pour les populations juives avec une phase paroxysmique au cours du XXe siècle, dont on parle encore. A ce sujet on doit se poser la question de savoir comment il est possible que des hommes et des femmes aient pu se livrer à ces actes de barbarie à grande échelle à l’égard de la population juive, tzigane et de quelques autres. Ca ne paraît pas possible, car chacun aujourd’hui se dit que lui il n’aurait pas fait ça. Et pourtant ça s’est bien passé, alors pourquoi ? La réponse se trouve dans les actes de l’armée israélienne, par exemple, avec les massacres à Gaza il y a moins d’un an ou ceux d’avant. La réponse c’est la dépendance hiérarchique. Les soldats israéliens comme les soldats allemands, obéissaient à des ordres donnés dans une chaine de décision fermée. Et les ordres ça ne se discute pas, ça s’exécute, avec plus ou moins de conviction mais en aucun cas ça ne se remet en cause. Et si un jour, un soldat reçoit l’ordre de larguer une bombe atomique sur Paris, il le fera. D’ailleurs ça a déjà eu lieu. Alors il ne faut pas se réfugier dans l’histoire pour dire que de nos jours ça n’est plus pareil, car de nos jours c’est pareil et même pire. Le venin de cela c’est l’obéissance. Et les porteurs du venin sont les armées, les Eglises, et toute les organisations basées sur la dépendance hiérarchique. Bien sûr il y a eu beaucoup d’autres victimes du catholicisme et de ses relais temporels toujours d’actualité, mais c’est un autre sujet.

    Par contre, je ne peux pas m’empêcher de penser que la création d’Israël par la communauté internationale, à la fin du dernier conflit mondial, aurait pu s’inscrire dans la recherche d’une solution à la persécution dont a été victime cette population. Un peu comme Haïti pour les anciens esclaves des Caraïbes ou le Libéria pour ceux d’Afrique. Seulement, dans le cas d’Israël, force est de constater, qu’il semble qu’on ait plutôt créé un nouveau problème au lieu de résoudre l’ancien.

    On est maintenant en mesure d’aborder le conflit dit israélo-palestinien, qui est donc en fait un conflit interne à Israël et c’est même pour ça que les forces de l’ONU ne sont pas en mesure d’intervenir, même si probablement les US l’empêcheraient de toute façon. Beaucoup de gens pensent que la solution c’est la création d’un Etat palestinien. Je ne sais pas qui le premier a eu cette idée, mais ce n’est pas une bonne idée. En effet, le but n’est pas de loger les Palestiniens dans une enclave que l’on pourrait détacher d’Israël, parce que c’est déjà le cas, par exemple avec Gaza. Ceux qui sont pour cette idée, de créer un Etat palestinien, sont peut-être parti d’un bon sentiment, par exemple pour les protéger de l’agressivité des colons israéliens, mais ils n’ont pas réfléchi que de faire deux Etats est la meilleure solution pour que la guerre continue, puisque le problème est le projet d’expansion territoriale d’Israël au nom d’une guerre de religion. Non, la solution à ce problème passe par une évolution interne d’Israël, puisque les Palestiniens en font déjà partie, c’est à dire par une prise de conscience de toute la population que la guerre ne mène qu’à la guerre. C’est donc un processus long. Vous savez ça a pris du temps en France pour que les femmes votent. L’important c’est que se manifeste une volonté de changer de cap. Avec le projet d’un Etat palestinien, Israël ne se remet pas en cause et il est donc pour ce projet. Se remettre en cause, c’est d’abord constater la catastrophe continuelle que représentent ses 60 ans d’existence et c’est surtout faire tomber beaucoup de tabous qui nous concernent aussi. Le tabou de la terre promise qui appartiendrait seulement à quelques personnes doit tomber, le tabou de la religion juive comme religion d’Etat doit tomber, le tabou du parapluie américain pour couvrir des actes barbares doit tomber, le tabou de la terre sainte sanctuarisée par les religions doit tomber. Ce n’est qu’à ce prix qu’Israël pourra devenir un Etat acceptable et fréquentable, c’est-à-dire, laïque, multiracial et pacifique et que les catholiques arrêteront d’aider Israël en allant en pèlerinage au bord de la mer Morte. Toujours dans le registre d’appeler les choses par leur nom, il faut parler de l’attitude que nous pouvons avoir par rapport à Israël. Ceux qui l’admirent et le soutiennent ouvertement ou discrètement ont, clairement, du sang sur les mains. Ceux qui affichent une certaine indifférence, ou une certaine distance, voire essayent de soutenir les palestiniens, sont quand même coupables de cécité et feraient bien d’ouvrir les yeux. Ceux qui le critiquent et souhaitent qu’Israël se transforme peuvent, je l’espère, trouver quelques encouragements et arguments dans ce texte.

    Michel Costadau