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  • L’achat

    L’achat

    Il est d’une totale immobilité, sauf la queue. Elle décrit de lentes contorsions comme une branche qui se courbe dans un sens puis d’un autre sous le vent. Avec de temps en temps une saccade de coups de fouets qui zèbrent l’air avec le bout de sa queue. Aussi instantanément qu’il s’est figé, il se remet soudain à marcher de son allure nonchalante et coulée. Il lève bien haut les pattes pour enjamber la maigre végétation. Il n’a rien attrapé bien qu’il ait sauté d’un bloc, toutes griffes dehors sur la possible présence d’un petit rongeur lui-même tremblant de peur sous deux petites herbes dans la hantise de se faire découvrir, ce qui en fait était presque le cas.

    Mais rien n’indique dans sa démarche qu’il ait loupé sa proie et c’est d’un pas hyper-tranquille, presque méprisant, qu’il poursuit son chemin. Le seul signe avait été ces brusques secousses agacées de la queue. Là oui il n’était pas content mais sans faire le moindre mouvement avec son corps, les pattes encore posées sur l’endroit ciblé, espérant peut-être comme un joueur de poker qu’il l’avait bien attrapée et qu’il suffisait, comme quand on retourne la carte, qu’il se relève pour la voir.

    Je suis certain qu’il adoptait son allure désinvolte, malgré son échec, parce qu’il m’avait vu. Ou plutôt senti, car il n’a jamais tourné la tête. C’est-à-dire qu’il avait compris, sans la moindre démonstration, que je le regardais, que j’avais observé son saut et son immobilité sauf la queue. Alors pour bien me montrer son mépris des voyeurs, non seulement il ne me regardait pas, mais même il m’ignorait complètement, comme si j’étais un arbre du décor.

    Pourtant, d’habitude, quand il me voit, il vient me chercher avec son bruit de crécelle pour m’emmener à son assiette, pas toujours vide d’ailleurs puisque c’est un reflexe et que je suis définitivement associé à sa gamelle. Bien sûr il ne vient pas tous les jours, parfois même pas d’une semaine, mais quand il est là, c’est quatre fois par jour qu’il appelle quand il me voit. Ou plutôt entend, car dès que je sors par une porte ou l’autre il arrive soudain et réclame sa pitance. À ces moments-là je lui parle. En général je lui dis « oui on arrive », passe devant j’arrive ? Quelquefois c’est « oui mais tu viens de finir », tu as encore faim, c’est pas possible, je suis sûr que ton assiette n’est pas vide. Et de temps en temps c’est « non » et là c’est dur, il s’arrête, s’assied, ne me regarde pas bien sûr, mais marque le coup. Qu’à cela ne tienne, deux heures après il recommence.

    Pourtant il est assez partageur et nous amène devant la porte de l’écurie, un demi-lapin, ou un demi-rat, toujours l’arrière rien que pour nous. C’est gentil.

    Quand il est là, entre deux repas il dort. En fait il dort presque tout le temps. Quelquefois pour faire cinquante mètres, il s’arrête trois fois s’allonge complètement sur le côté, voire sur le dos ou se cale dans l’angle d’un mur avec le sol et pique un petit roupillon la tête posée sur une patte ou même les pattes en l’air. Dormir est un bien grand mot puisque même étalé, immobile, les yeux fermés il me voit et si je m’approche il est déjà debout en réclamant son dû.

    Notre chat s’appelle picasso, c’est un artiste.

    Michel Costadau

     

  • Elucubrations familiables

    Elucubrations familiables

    Je me suis souvent demandé comment on nommait les beaux-parents de nos enfants. Les parents des enfants c’est nous il n’y a pas de problème, mais les parents du conjoint de notre enfant et donc ses beaux-parents, je n’ai pas trouvé le nom. Vous allez me dire que c’est sans importance et qu’on s’en fiche, eh bien vous aurez peut-être tort.

    Dans toutes les civilisations : indiennes, orientales, africaines ou latines on parle de mariages précoces, décidés par les familles alors que les enfants sont encore très jeunes. Et alors, dites-moi qui discute de ces choses-là si ce ne sont les parents et les futurs beaux parents des enfants. De même, dans les familles patrimoniales possédant de plus ou moins grands biens voire des empires, le mariage des héritiers a la vocation d’agrandir les possessions et accessoirement de mettre fin à des conflits. Là encore qui discute de ces choses-là si ce ne sont les parents des futurs jeunes conjoints.

    Les parents du conjoint d’un enfant sont donc des partenaires, des relations, des interlocuteurs de la plus grande importance pour une famille. Ce sont même souvent des alliés et pourtant ils n’ont pas de noms génériques comme cousins, gendre, oncle.

    Bien sûr quand les enfants ont des enfants, les parents et beaux-parents deviennent grand-père, grand-mère, papi, mamie, mais la désignation demeure longuette, du genre : le grand père du côté de ta maman ou bien ton autre grand-mère.

    Cela n’empêche pas que tout grands-parents qu’ils soient, ils restent non nommés pour nous.

    Qu’à cela ne tienne.

    Elucubrons de trouver quelque chose. Eh bien justement il y a un vocable qui irait bien c’est compère. Le père et le compère et réciproquement. Déjà il y a père dedans c’est pas mal, et aussi un préfixe qui donne une idée de similitude. Et donc le père discute avec son compère de l’avenir de leurs enfants … et de leurs biens. Ça se tient. Et quand le jeune ménage a des enfants les deux compères deviennent des grands-parents heureux.

    Evidemment, maintenant, le mot est plutôt connoté compagnon de brigandage. Et c’est pire pour commère qui va très bien aussi mais qui a été réduit aux ragots de bas étage.

    Si je vous parle de ça c’est parce que ma propre expérience me dit que la compétence des jeunes parents pour élever et surtout éduquer leurs enfants est quasiment nulle. Ils vont d’erreurs en problèmes et de bêtises en ratages. C’est le grand domaine de l’ignorance. Certes ils apprennent avec le temps mais c’est trop tard pour les premiers, qui, compte tenu de la peur actuelle, sont d’ailleurs les seuls. Peut-être qu’au bout du cinquième le savoir peut venir et les résultats pourraient être meilleurs, peut-être mais c’est pas sûr.

    En fait ceux qui ont le plus d’expérience, voire de temps, ce sont les grands-parents, les compères et commères que nous venons d’évoquer. Bien sûr ils ont eux-mêmes leurs défauts et peuvent avoir des idées décalées, par exemple sur la religion ou le travail, mais assurément c’est eux qui ont le plus de bagage. Et ils ne s’en servent pas.

    Vous savez quand on met de chevaux dans une nouvelle pâture, la première chose qu’ils font c’est de faire le tour complet de la clôture et s’il y a la moindre faille ils s’y glissent résolument et s’évadent. Les enfants c’est pareil, ils cherchent partout les limites et ils exploitent toutes les faiblesses des parents et les trous dans la clôture. Du coup ils échappent à eux-mêmes et ils se vident de leur substance, c’est-à-dire de leur personnalité, sous le regard impuissant des compères et commères.

    Michel Costadau

  • Vivant

    Vivant

    A la question : mais qu’est-ce que l’homme fait donc sur terre, je réponds, d’abord, en disant que la question est mal posée. Pourquoi, eh bien parce que l’homme tout seul ça ne veut rien dire. L’homme est seulement une des composantes du vivant. Le vivant c’est tout ce qui a trouvé un moyen de se reproduire. Et les moyens ne manquent pas. Le contraire c’est la matière inerte, ce qui est un pléonasme d’ailleurs. Les montagnes, pas plus que les étoiles ou les téléphones, ne se reproduisent pas.

    Nous faisons donc partie du vivant, nous en sommes indissociables, c’est une des prises de conscience essentielle que l’humanité fait en ce moment.

    Nous sommes, simplement, le produit du temps et de l’évolution qui ont petit à petit mis en place le vivant sur la terre et nous sommes seuls dans l’univers, seuls vivants dans un monde minéral. Cela dit, nous ne sommes pas les premiers et peut-être pas les derniers.

    Cependant le vivant a deux gros défauts : le premier c’est que ça meurt et le second c’est que ça mange. Pour le premier on verra ça plus tard. Le second défaut a une particularité c’est que le vivant mange du vivant et s’il ne mange pas il meurt. C’est de l’autoconsommation si vous voulez. Le vivant ne se nourrit pas de pierres, mais de matière organique. Du coup nous découvrons avec stupeur que les végétariens sont exactement comme les carnassiers parce qu’un mouton n’est pas plus ou moins vivant qu’une salade ou des champignons. Ce sont, comme nous, des représentants de notre règne. Quand aux poissons, je ne comprends pas que dans l’alimentation on les distingue des lapins ou des poulets, car les poissons sont une grosse partie du vivant et nous avons sûrement des ancêtres communs.

    Ce qui saute aux yeux c’est la luxuriance du vivant, c’est un feu d’artifice d’essais divers et variés en forme, taille, locomotion, solutions astucieuses, alimentation, reproduction, couleurs, qui continue à se produire sous nos yeux. Mais cette richesse ne nous appartient pas, elle n’est pas à nous, comme si on pouvait en faire ce que l’on veut. C’est le contraire, c’est nous qui dépendons d’elle. Le vivant c’est notre garde-manger, alors la plus grande attention s’impose. De plus, en tant qu’organisme élaboré, nous sommes composés de tas d’autres organismes vivants. Redoublement d’attention.

    Et donc, par évidence, détruire inutilement du vivant c’est nous tirer une balle dans le pied et ça fait mal croyez-en ma propre expérience.

    Heureusement la loi de la jungle n’existe pas, il n’y a que des équilibres variables et évolutifs. Pourtant il me semble qu’aujourd’hui il y a quelques écarts dans les équilibres. Ce n’est pas tellement le nombre de poulets ou de souris de laboratoire qui pose problème, c’est l’esprit dominant de certains qui est inquiétant. L’homme n’a pas inventé le vivant, loin de là, il l’a seulement trouvé en cours de route. Alors faire croire que l’homme a une puissance sans limite ayant le droit de vie et de mort sur tous les autres représentants c’est vraiment inconscient.

    S’il y a bien quelque chose dont nous devons être conscients c’est de notre fragilité et de notre totale solidarité avec le vivant.

    Oui je sais, je n’ai pas encore répondu à la question mal posée du début, ce sera pour une autre fois.

    Michel Costadau

  • Rousquilles

    Rousquilles

    Par le plus grand des hasards nous venons de passer quelques jours à Perpignan. Autant vous le dire tout de suite c’est très différent de Copenhague. Zéro vélos, rues étroites, des tas d’églises et de couvents, beaucoup d’immigrés. Si vous vous en souvenez j’avais décrit Copenhague comme un îlot de richesse, eh bien je peux dire que Perpignan est plutôt un îlot de pauvreté. Et je voulais faire un billet là-dessus.

    Mais c’est alors que j’ai entendu dire que les gitans posaient problème, puis que le maire avait épousé une gitane, puis que l’État avait donné des primes aux gitans pour qu’ils se sédentarisent et que ça les avait fait grossir….D’un seul coup touts ces « on dit » m’ont empêché d’accéder à la réalité de Perpignan.

    Vous le savez je parle beaucoup de la réalité, parce que, pour moi, c’est le seul lien qu’il ne faut pas perdre tout au long de son existence. Donc pour le moment Perpignan m’échappe un peu mais je vais m’en occuper.

    Bien sûr la réalité est souvent complexe et l’on a du mal à la découvrir. Aujourd’hui, les physiciens ont encore des soucis avec la représentation ondulatoire de la matière ou avec la dilatation de l’eau. Disons aussi que la réalité est plus facile d’accès avec les éléments qu’avec les sentiments. Néanmoins l’expression « c’est le moment de voir la réalité en face » a sa place dans toutes les vies humaines.

    La réalité n’est pas du tout ce que l’on connaît, ce que l’on sait scientifiquement, ce que l’on a découvert, ce sur quoi l’on peut compter. Non ça, ce n’en est qu’une infime partie. La réalité c’est tout ce qui existe, tout ce qui se passe, comment ça fonctionne, comment ça évolue, comment ça commence et comment ça finit.

    Et donc nous passons notre temps à essayer de comprendre ce que nous faisons, c’est-à-dire à découvrir la réalité.

    Pour cela la démarche dite scientifique est d’une grande utilité et c’est même la seule qui a fait ses preuves. Mais elle est devenue aussi d’une grande perversion puisque la science n’est pas la vérité, mais seulement la méthode, le chemin si vous préférez, l’interprète final restant l’homme.

    Et beaucoup trop de scientifiques ou plutôt pseudo-scientifiques utilisent leur savoir pour falsifier la réalité au nom de leurs croyances……..ou de leurs intérêts. C’est le cas actuellement pour l’électricité, on l’a dit, mais aussi pour les produits phytos, les ondes, l’alimentation, les fumées, les médicaments. On ne sait plus quoi croire.

    Trop de scientifiques se sont fait les agents des entreprises et des médias. La science ne peut pas être la caution de la société dans laquelle nous vivons, ça s’appelle de la politique. Ce n’est pas le même genre. Nous avons déjà à nous protéger des médias, si en plus il faut nous méfier des scientifiques ça va devenir difficile.

    Hélas je sais que pas mal de gens ne croient pas que la réalité existe, et justement ce sont souvent des croyants. Evidemment quand on pense que la réalité n’existe pas il faut d’énormes remparts pour s’en protéger et continuer à vivre dans le mensonge. Et c’est là que les médias et maintenant les scientifiques font leur sale boulot.

    Définitivement la réalité virtuelle n’est pas la réalité. 

    Michel Costadau

     

  • Proverbe

    Proverbe

    Le proverbe dit : si tu en veux à quelqu’un au point de vouloir le tuer, il te faut alors prévoir deux cercueils : le sien….et le tien.

    C’est vrai qu’en ce moment, ça cartonne autour de nous. Je ne parle pas de politique étrangère, je parle de deux voisins soudain brouillés pour une histoire de chevaux, de deux sœurs et d’un frère qui se disputent une maison, d’une fille qui ne parle plus à son père pour une histoire d’argent et d’un artisan qui coupe les ponts avec sa voisine pour une histoire de hauteur de mur.

    Bien sûr les prétextes sont toujours futiles et donc n’expliquent rien. En fait je me demande s’il n’y a pas chez l’homme un gène de la mésentente, un virus de la discorde. Comme si l’état naturel était plutôt de ne pas s’entendre, d’en vouloir aux autres par principe. Du coup tout rapprochement, toute fraternisation, voire toute vie en société demanderait de prendre sur soi, de faire un effort particulier. Le contraire de Rousseau si vous voulez. L’homme ne serait pas du tout bon naturellement, mais plutôt mal disposé envers ses congénères.

    Et comme l’homme est un animal social, il y aurait comme de l’eau dans le tuyau pour la vie en société.

    En tous cas les exemples ne manquent pas pour appuyer cette hypothèse. La guerre bien sûr, je veux dire les 4 ou 5 mille ans d’histoire que l’on connaît un peu mieux semblent n’être qu’une succession de batailles, de confrontations entre empires, plus ou moins éphémères mais toujours sanglantes. Certes c’était une époque où l’envahissement correspondait souvent à une découverte de nouveaux territoires. Mais visiblement même sans la justification de la découverte, les envahissements ne se sont jamais arrêtés. Il y a même une forme d’architecture qui s’est développée pour décourager les agresseurs : les murailles. Quand aux attaquants ils ont, eux, inventé la technique du siège.

    Notons aussi que lors de la découverte de l’Amérique, la première réaction en présence des « Indiens » a été de ne pas croire que ça pouvait être des hommes mais plutôt des bêtes. La suite n’a été qu’une succession de massacres et d’exterminations de masse.

    Je ne peux pas non plus oublier les guerres de religions, où l’on atteint le sommet de l’absurde puisque la force d’une croyance en la nature divine de l’humain amène à éliminer les gens au motif qu’ils n’ont pas les mêmes divinités.

    Enfin le monde que nous avons sous les yeux n’est pas du tout plus reluisant et démontre encore plus s’il le fallait que c’est la haine qui est l’œuvre, beaucoup plus que la fraternité.

    Par exemple, dans le conflit des retraites, la stratégie gouvernementale est complètement moyenâgeuse : le siège. C’est à dire affamer les occupants en les privant de moyens de subsistance, empêcher qu’ils soient aidés, les bombarder dès qu’ils font une sortie et leur faire de fallacieuses promesses pour qu’ils se rendent. Ce n’est pas très moderne.

    Qui plus est, les philosophes se sont emparés de cette notion avec la création de deux grands courants politiques :

    – l’homme étant bon naturellement, la société doit empêcher de nuire ceux qui ne jouent pas le jeu, c’est-à- dire qui veulent marcher sur les autres et, au contraire, protéger les plus faibles et aider chacun à s’épanouir, c’était le modèle social,

    – l’homme étant asocial naturellement, la société doit éliminer ceux qui ne jouent pas le jeu, c’est-à-dire qui se laissent bêtement tondre la laine sur le dos et, au contraire, privilégier ceux qui réussissent quels que soient les moyens qu’ils emploient, c’était le modèle libéral.

    Et en définitive, aujourd’hui, ceux qui ne pensent qu’à eux sont ceux qui s’en sortent le mieux.

    Apparemment.

    Michel Costadau

  • Conso

    Conso

    Un retour aux fondamentaux s’impose. Il semble qu’il y en ait qui pensent faire beaucoup plus pour l’environnement que d’autres. Diantre. Bien entendu aucune initiative dans ce domaine n’est à critiquer, bien au contraire, et même à encourager. Mais enfin il faut aussi appeler un chat un chat et comprendre que le souci pour la planète est analysé, utilisé, voire suscité par la société de consommation.

    Et donc toujours pour appeler un chat un chat, est-ce que celui qui met un composteur dans sa cuisine fait plus pour la planète que celui qui jette tout sans rien trier : eh bien pas du tout. Par contre il se fait plaisir et c’est très important et il manifeste une prise de conscience, ce qui est encore plus important.

    On explique : notre société ne cherche pas du tout à préserver l’environnement, elle cherche seulement à externaliser la pollution. De même que les bons catholiques pouvaient dépenser en famille l’argent de la traite des esclaves, parce que ça se passait loin des yeux, de même aujourd’hui l’interdiction des voitures polluantes en ville a pour seul but de polluer ailleurs, loin des regards. Déjà quand il arrive dans nos ports le pétrole a payé une énorme facture carbone par son transport en tankers, énorme mais invisible.

    Les trains et autres véhicules à hydrogène participent aussi de cette externalisation. Ils ne polluent pas en consommant de l’hydrogène, ils polluent beaucoup avant, quand il a fallu le fabriquer. Les centrales nucléaires ont des voisins certes mais bien peu par rapport aux utilisateurs de leur électricité. La vapeur qui s’en dégage n’est que du réchauffement mais ça fait un joli panache et c’est loin. Les raffineries, il y a en a bien peu. Certes elles fument mais rares sont ceux qui en sentent l’odeur. Il a fallu que Lubrisol brûle pour qu’on comprenne qu’ils fabriquaient de drôles de trucs.

    La voiture électrique est l’exemple type. On amène l’électricité en ville, depuis des centrales polluantes, par un gros tuyau pour recharger des batteries, elles-mêmes fabriquées au loin avec des matériaux extraits en Afrique par des gangs et recyclés en Inde par des va-nu-pieds. C’est ça la version française de la voiture propre.

    J’évoquais plus haut la traite des esclaves mais n’oublions pas que de nos jours d’immenses fortunes sont bâties sur l’élaboration, la construction et la vente d’armes, y compris l’Etat. Oui rien n’a changé.

    Quant aux sociétés prônant, pour gagner de nouveaux clients, le développement d’énergies renouvelables, éolien, photo-vol truc ou géo machin, elles ne font que chercher à produire plus d’électricité ce qui finit toujours en chaleur et donc en réchauffement et, non seulement elles ne le disent pas, mais affirment le contraire.

    Clairement, la fortune des magasins de bricolage, de jardinage, de loisirs, des constructeurs automobiles, aéronautiques, nautiques ou immobiliers, des vendeurs d’internet, de jeux, de pestacles et de tous les objets devant faciliter l’existence, est la claire illustration que l’environnement est simplement un argument de vente.

    Et ça peut même être plus subtil. En fait, vouloir faire ses propres yaourts est tout à fait louable mais consiste, d’abord, à acheter le matériel et les produits ad hoc et à consommer un peu d’électricité ce qui est le seul but recherché….. et obtenu par le business.

    Tant que le PIB progresse vous pouvez être sûr que le réchauffement aussi. Et le compost je le mets où ?

    Michel Costadau

     

  • Pourquoi

    Pourquoi

    Pourquoi les hommes ne sont-ils pas tous de la même couleur,

    Pourquoi les chats aiment-ils les souris,

    Pourquoi avons-nous 5 doigts et pas 3,

    Pourquoi la justice n’est-elle pas universelle,

    Pourquoi y a-t-il encore des guerres,

    Pourquoi l’eau bout-elle,

    Pourquoi manque-t-on de personnel dans les hôpitaux,

    Pourquoi faut-il manger 3 fois par jour,

    Pourquoi personne ne peut arrêter le capitalisme,

    Pourquoi la fréquence des nombre premiers diminue-t-elle avec leur taille,

    Pourquoi est ce qu’on a chaud et froid,

    Pourquoi les planètes sont-elles si loin les unes des autres,

    Pourquoi n’a-t-on pas encore de photos de Dieu,

    Pourquoi est ce que tous les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux,

    Pourquoi faut-il à l’homme 20 ans pour finir de grandir et pas 4,

    Pourquoi les solutions compliquées ne sont-elles jamais les bonnes,

    Pourquoi est ce que Mars n’a pas de Lune,

    Pourquoi est ce qu’une brebis court plus vite que nous et moins vite qu’un chien,

    Pourquoi l’univers est il si grand,

    Pourquoi les US peuvent ils assassiner qui ils veulent, quand ils veulent, où ils veulent,

    Pourquoi éternue-t-on trois fois,

    Pourquoi croit-on plus un scientifique qu’un journaliste,

    Pourquoi la vie est-elle apparue sur terre,

    Pourquoi sommes-nous encore en plein dans les guerres de religion,

    Pourquoi la vie humaine ne dure-t-elle pas plus que 120 ans,

    Pourquoi l’univers n’est-il pas infini,

    Pourquoi l’argent est-il si mal réparti,

    Pourquoi la Lune est elle plus ronde que la Terre,

    Pourquoi l’économie n’est-elle pas une science,

    Pourquoi les algues aiment l’oxygène et les méduses non,

    Pourquoi la richesse ne s’arrête-t-elle pas avec la mort,

    Pourquoi le soleil ne se refroidit-il pas,

    Pourquoi y a-t-il beaucoup plus de langues que de pays,

    Pourquoi vole-t-on aussi les pauvres,

    Pourquoi Gérard Depardieu n’a-t-il pas épousé Mireille Mathieu.

    Michel Costadau

  • Départ d’André Chantreau

    Départ d’André Chantreau

    André Chantreau 1939-2019

    L’hommage de Bernard Audollent
    Adieu, Ami,
    Il existe des milliers de chansons traitant de l’amour. Paradoxalement il y en a très peu qui célèbrent
    l’amitié. J’ai revisité l’une d’elles, et non des moindres, pour vérifier si cela collait avec toi.
    Oui, c’est sûr, tu n’as jamais hésité à t’embarquer sur le bateau de l’amitié, les gens que tu croisais et
    auxquels tu la proposais, n’étaient pas des amis de luxe, c’était ouvert à tous.
    Et sur le ventre nous nous sommes souvent tapés fort.
    Ce bateau flottait et ne coulait pas malgré les avis de tempête.
    Toutes voiles dehors, Jean, Pierre, Paul, impossible de les citer tous, formaient des compagnies
    d’amitié. Et ces compagnies d’amitié tu n’as eu de cesse de les faire se croiser. Et les amis des
    différentes compagnies sont devenus une majestueuse compagnie d’amis, nombreuse, très
    nombreuse. Une litanie d’amis tellement nombreuse qu’on serait tenté de la comparer à celle des
    saints.
    Oui, ton credo, c’était bien celui de l’amitié.
    Bien sûr cette amitié prenait le quart dans les moindres coûts de Trafalgar et quand nous étions en
    détresse, que nos bras lançaient des SOS, souvent, toi, tu nous montrais le nord, c’était toi le
    sémaphore.
    Et cette amitié a tenu le coup, elle le tient encore aujourd’hui.
    Aujourd’hui tu manques à bord, tout simplement, tu nous manques. Mais une chose est sûre, jamais
    ton trou dans l’eau ne se refermera.
    Coquin de sort, 100 ans après, tu manqueras encore.

    L’hommage de Michel Costadau
    On peut se tromper, et c’est ce que se disait Dédé tout le temps, mais une chose est sûre, c’est que
    pour Dédé, vous, sa famille, avez été sa grande joie, sa satisfaction, sa réussite. De cette réussite il a
    tiré une grande force pour surmonter tous les obstacles de la vie.
    Et la vie n’a pas été toujours facile pour lui.
    Son tempérament à aimer tout le monde a buté sur bien des cailloux.
    La maladie l’a saisi très jeune.
    Ses choix de vie et ses engagements n’ont pas été toujours aisés à prendre.
    Car Dédé n’était pas un théoricien mais un pur relationnel. Les théories, autant religieuses que
    marxistes, se mélangeaient dans sa tête et il n’en sortait rien.
    Par contre, ses sentiments et ressentis pour les personnes ont toujours été très forts. Durant toute sa
    vie, ce sont les personnes, les gens qui l’ont intéressé.
    Ça se traduit par une absence d’ennemis et même d’indifférents, et par une foule d’amis.
    Car Dédé souffrait de la peine des autres, il l’intériorisait, l’intégrait dans son être, et ça lui faisait
    mal profondément.
    Seule l’intéressait la cause de l’homme avec une conviction inébranlable sur l’espoir, la possibilité
    de se réparer, de réparer.
    Il était enthousiasmé par la réussite des autres, et quand ça allait bien, il était content pour eux,
    content avec eux.
    Il a voulu réparer le monde à lui tout seul, ou presque, et ça lui a coûté la vie. Il nous quitte avec
    regret, j’en suis sûr. Au revoir Dédé, continue à exister, on a encore besoin de toi.

    Nos rêves pour demain par André Chantreau
    Texte écrit par André au printemps 2012, lors d’un rassemblement familial et amical à Hoedic.
    André devait écrire un texte exprimant ses rêves pour demain. Ce texte a été mis en bouteille et jeté
    à la mer, avec un autre texte sur le même thème rédigé par Christiane.

    André Malraux, dans son roman l’Espoir écrit pendant la guerre civile d’Espagne, transmet par l’un
    de ses héros ce message : en Amérique du Sud, on raconte cette légende selon laquelle Dieu a
    promis aux singes qu’ils deviendraient un jour des hommes. Et chaque matin, on entend dans la
    forêt s’élever une grande clameur. Ce sont les singes qui pleurent d’avoir été trompés et encore
    trompés, avec leur rêve brisé.
    Or,
    quand le vent est mauvais,
    quand les nouvelles du malheur frappe à notre porte,
    quand est chancelante notre santé ou celle des êtres chers,
    quand chaque matin la radio nous annonce les bruits de bottes, les rivalités meurtrières,
    quand la paix si ardemment chantée la nuit de Noël se voit bafouée, et encore bafouée dans nos
    propres communes, ou sur notre planète,
    quand les divisions l’emportent dans notre pays,
    quand des amours qu’on croyait indomptables se brisent et se transforment en haine,
    alors nous sommes comme les singes de la forêt et nous pleurons de voir nos rêves s’envoler, nos
    espoirs se briser et notre propre chemin devenir ténèbres.
    Nous ressemblons au clown du cirque qui tombe sous les quolibets,
    reçoit des gifles non méritées ou un seau d’eau sur la tête sous les risées.
    Guignol tragique.
    Alors entre les pleurs des singes et la folie d’une espérance chaque matin renouvelée, il nous faut
    choisir.
    Continuer de croire que l’avenir sera beau et même très beau.
    Si nous savons que, à notre niveau, nous ne changerons pas la face du monde, il nous faut du moins
    continuer de rêver de modifier la part médiocre qui nous habite et poursuivre avec énergie à la
    création d’un climat de douceur, de bonté et de fraternité, dans notre rue, dans notre paroisse, dans
    notre commune, dans notre réseau relationnel.
    Un rêve très cher plus intimiste :
    que l’amour qui nous unit depuis 40 ans ne faiblisse pas malgré l’adversité et les stigmates du temps
    et pour encore de belles et longues années,
    que la très grande tendresse tissée au jour le jour comme une grand-mère tricoteuse, avec nos
    enfants, leurs compagnons et compagnes, nos petits-enfants, demeure solide et mutuelle.
    Et un dernier rêve : que le microcosme superbe que nous formons ce soir, dans cette maison du bout
    du monde, où s’impose un génie des lieux bienfaisant, soit comme une épure, une ébauche de ce
    monde espéré, si fraternel et équilibré.
    La folie de nos rêves et nos espoirs pour demain est puissamment encouragé par ces trois jours de
    printemps à Hoedic.
    Un grand merci à Bernard.

  • Raciste2

    Raciste2

    Il n’y a pas l’Arabe, il n’y a pas le Juif, pas plus qu’il n’y a le Breton ou le Catalan. Bien sûr les Catalans savent qu’ils ne sont pas une race, mais le problème se pose pour les Juifs qui essayent de revendiquer une race et les Arabes dont beaucoup de gens font une race à part.

    Non, chaque individu a une nationalité, une langue, une religion ou pas, une famille, un travail mais ils n’a pas de race. C’est une invention du Moyen Âge, reprise par Staline, cette histoire de race. Il y a soit des gens de religion musulmane et ses subdivisions, soit de religion chrétienne et ses subdivisions, soit sans religion ce qui est quand même le mieux. Et il y a des citoyens d’Indonésie, de Bolivie ou de Hongrie. Et il y a des locuteurs bantous ou occitans.

    Et donc au siècle dernier ce ne sont pas des tziganes ou des juifs que l’on a massacrés, mais des Polonais, des Français, des Allemands ou des Hongrois. Ca change pas mal de choses. Oui, on a éliminé des Français sans jugement, sans accusation, sans autre raison que l’invocation de la race. Bien sûr quelle que soit la motivation c’est de la barbarie pure et dure. Mais attention, le rangement dans une catégorie, même artificielle, comme la race permet de se distancier des actes commis contre cette catégorie.

    C’est aujourd’hui le cas pour des catégories comme terroriste. On a créé l’idée que ces gens-là on peut les tuer sans jugement, sans raison, simplement à cause de leur qualificatif de terroriste, même s’ils n’ont rien fait mais qu’ils pourraient le faire. Si vous voyez passer un fourgon avec des gens dedans vous vous dites que ce sont des délinquants. Vous n’en savez rien mais c’est l’idée qu’on vous a inculquée. Si en plus on vous dit que c’est des terroristes, alors là vous seriez prêt à leur tirer dessus. Même si ce sont des femmes et des enfants. Pouah quelle horreur. Abattez-moi tout ça ! On vous force à oublier que ce sont des Français.

    C’est exactement ce qui s’est passé au siècle dernier. On a vu passer les fourgons et on s’est dit : c’est sûrement des délinquants. Pas de bol c’était de simples Français mais déclassés par leur appartenance à une catégorie. C’est le problème quand la dérive vient d’en haut, c’est-à-dire du pouvoir. L’idée que le pouvoir a toujours raison nous a été assénée depuis des centaines d’années à coup de procès, d’exécutions sommaires et de campagnes médiatiques.

    Alors aujourd’hui, comment s’assurer que toutes les personnes dans les fourgons sont réellement sous le coup d’une accusation légale et non d’un oukase de la classe dirigeante. Ou que, dans la rue, tous les manifestants sont des demandeurs et non des casseurs.

    C’est évidemment impossible.

    D’ailleurs délinquant est devenu une catégorie et délinquant récidiviste une race coupable de tous les maux. C’est ça le racisme. C’est la création entre les hommes d’une distance qui autorise à exercer à leur égard un traitement inhumain.

    La déclinaison militaire du racisme c’est la torture. C’est inhumain mais c’est autorisé sur des gens qu’on ne veut plus qualifier d’humains, mais d’ennemis.

    La déclinaison conjugale du racisme, c’est la violence faite aux femmes.

    La déclinaison entreprise du racisme c’est la vente du personnel avec les machines. Oui on vend des Français.

    Et quand les disqualifiés sont dans la rue, on envoie la police, c’est même pas drôle.

    Michel Costadau

  • Départ d’Odette Galaup

    Départ d’Odette Galaup

    Odette, Catherine, Germaine, tati chère marraine nous voulons te rendre hommage aujourd’hui pour ton passage parmi nous.

    Tu étais née à la ferme d’Arifa à St Loup le 13 avril 1634. Tu étais la 6ème enfant de la famille Carriérou. Tu allais à l’école de St Loup quand le travail de la ferme le permettait, à pieds, en sabot munie de ta gamelle dans la musette. Tu fréquentais l’église de St Loup pour la messe et le catéchisme et de la même manière à 14 ans tu te rendais à l’ouvroir de l’école des soeurs à Puylaurens pour y apprendre la couture.

    Tu as connu la guerre 39/45, ses privations mais tu savais attendrir les soldats Allemands pour te faire offrir des billes de chocolat. Ensuite tu travaillais à la ferme de tes parents, tu participais aux grands travaux agricoles d’entraide ou tu as rencontré Gilbert que tu as épousé le 14 mats 1952 à St Loup.

    Tu es allé vivre dans ta belle-famille à En Bessière à Cadix.

    Quelques années plus tard vous avez déménagé à Lacroisille à En Pinel Couchant.

    C’est alors que ton petit ange Aline est née le 8 aout 56 mais que la vie t’a reprise. Heureusement Denise est arrivée le 16 décembre  1957 et a apporté beaucoup de joie dans le foyer. Ensuite en 1960 vous avez fait l’acquisition d’En Gout et vous êtes allés y demeurer. Tu aimais le vie et les grandes réjouissances familiales avec de grands tablées et de bons produits de la ferme. Tu avais gardé de la guerre la mémoire de la force des réunions de famille pour combattre et tu as su la retransmettre.

    Tu étais d’avant-garde, tu nous éblouissais quand tu te déplaçais en moto en pantalon ou en tablier, et aussi quand tu as eu le permis de conduire. Tu as eu raison d’écouter Gilbert qui t’as poussé à l’obtenir.

    Tu aimais les travaux de la ferme et tu affectionnais plus particulièrement les vaches et les veaux qui te le rendaient. Tu conduisais le tracteur dans les coteaux d’En Gout et d’En Gringaud malgré le danger.

    Avec Gilbert vous arpentiez les bois du Cabaretou pour cueillir des cèpes et vous en rapportiez des montagnes.

    Denise s’est marié en juin 1976, Isabelle est née à la Toussaint1977.

    En Mai 1983 le départ de Gilbert fut un anéantissement pour la famille. Tu as su rebondir et tu as su mener la fermùe d’une main de maitre ce qui t’as valu le mérite agricole. En Aout 1988 est arrivé ton ‘petit Mathieu » qui t’as également comblé de bonheur.

    Tes petits enfants ont poursuivi les études et obtenu du travail ; ils t’ont donné la joie de fonder à leur tour leur foyer et de t’offrir 4 arrières petits enfants : Louise, Faustine, Anaëlle et Gabin.

    Nous te remercions pour tout ce que tu nous a appris et transmis et pour tout l’amour que tu as donné autour de toi, pour toue le bien que tu as fais, par tes prières aux gens qui souffraient et à ceux qui t’accompagnaient dans ta souffrance.

    En outre, tu passais beaucoup de temps en prière à Notre Seigneur, à la Vierge Marie, à Fatima, et à Sainte Rita pour les remercier de la grâce qu’ils t’accordaient.

    Colette Carrierou