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  • Homme parfait

    Homme parfait

    Bon cette fois on va essayer de se détendre, parce tous ces textes sérieux sur les errements de notre monde sont un peu fatigants, voir même lassants. On y reviendra, bien sûr, parce qu’il est indispensable de « penser » notre société, ce que pas grand monde ne fait. Bref on va pas la jouer sérieux ce coup-là, mais plutôt grosse détente et humour si on y arrive.

    Voilà, il y a quelques années nous étions, avec pas mal de copains, en pleine recomposition de la société, de la politique et aussi des femmes, des couples et des familles. Avec quelques uns on avait essayé de trouver, parmi nous, quels étaient les hommes parfaits. Pas du tout le parfait militant, non uniquement le super conjoint. Je vous rassure tout de suite, je n’ai jamais été désigné ni même pressenti. Néanmoins nous en avons trouvé deux que nous ne cherchions bien sûr pas à imiter car impossible et inutile, puisqu’on est comme on est et c’est la première chose qu’il faut apprendre dans la vie, mais qui meublaient agréablement nos conversations quand ils n’étaient pas là.

    Le premier, champion toutes catégories, était du type pas très sportif mais svelte, assez grand, calme, avenant, qui écoutait plus qu’il ne parlait mais très empathique. Il avait par exemple, une pratique assez rare, consistant à se raser le soir avant d’aller se coucher avec sa copine. Nous qui étions plutôt barbus et chevelus, ça nous paraissait un comble comme de serrer la main à un gendarme. Il avait aussi la faculté de n’avoir jamais un avis contraire à celui de sa copine, chose qui nous paraissait impossible, nous qui encouragions les femmes à se considérer comme libres mais à condition qu’elles aient nos idées, ce qui était généralement le cas mais quelquefois il fallait donner des explications. D’humeur égale, serviable, obéissant, prompt à s’acclimater à tous changements déménagement, vacances ou nouveau boulot c’était vraiment un prototype, comme n’en sortent que les écuries de course. Nous, nous traînions notre lamentable caractère, nos mauvaises habitudes, nos écarts divers en espérant que ça ne se voyait pas trop et en attendant on ne sait quelle amnistie qui nous aurait fait rejoindre le peloton de tête.

    Le second, paradoxalement ne ressemblait pas du tout au premier. C’était plutôt un ténébreux, avare de paroles, mais suivant très précisément les conversations, capable de donner un éclairage de terrain quand il le fallait. Il était grand, attirant, mais on ne se précipitait pas vers lui, en tous cas nous les hommes, il était toujours sur la réserve, comme s’il voulait presque faire comme s’il n’était pas présent, jamais de grand sourire, mais pas du tout l’air triste, on était bien quand il était là, mais quelque fois on ne remarquait pas qu’il était parti. Bon guitariste, excellent danseur.

    Attention il n’y a que les femmes qui savent ce que c’est qu’un excellent danseur, et dans les bras d’un bon danseur une femme s’abandonne bien plus voluptueusement que dans le lit. Dans le domaine de plaire aux femmes, c’est un avantage considérable que d’être un bon danseur. Rassurez vous ça ne s’apprend pas, on a le don ou pas. Là je ne vous parle pas des danses importées des US twist, country et autres macarena, qui sont faites pour personnes seules et qui en général ne savent pas danser, non je vous parle des danses de couples qui tournent et tournent avec des variations de rythme et autres subtilités genre valse, paso, salsa ou mazurka. Trouvez un bon danseur et vous verrez la différence avec votre régulier. Et donc parmi toutes les manières qu’ont les femmes de tromper leur conjoint, tromper n’est pas le mot, parce que pour les hommes tromper sa femme ça veut dire coucher avec une autre, alors que pour une femme tromper son mari c’est rire ou danser avec un autre en pensant que le sien est complètement nul, ce qui n’est pas une raison suffisante pour le quitter puisqu’ils sont tous comme ça. En fait, les hommes sont en moyenne extrêmement embêtants, ennuyeux, et celui qui fait rire sa copine est un homme heureux que l’on ne saurait trop encourager à continuer comme ça, parce que quand on ne fait plus rire sa compagne c’est le début de la fin et les pantoufles devant la télé avec le chat sur les genoux ne sont pas loin. Et donc, pour les femmes, parmi toutes ces manières de tromper, la danse et la conversation sont ravageuses. Combien de femmes disant à leur copain en rentrant chez eux, tiens on a vraiment passé une très bonne soirée, amènent celui-ci à penser que c’est à cause de lui, qu’il est plein de qualités, qu’elle lui trouve du charme et qui, poursuivant la logique, l’emmène dans le lit en se disant, elle a vraiment envie de moi. Erreur, grosse erreur ta copine s’est bien amusée parce qu’il y avait un tel qui l’a fait danser, tel autre qui l’a fait rire et tel autre encore qui lui a dit des choses gentilles, alors que toi tu t’esclaffais avec tes potes en parlant des femmes des autres, comme si elle ne savait pas ce que tu étais en train de dire. D’une manière générale, les femmes n’aiment pas tellement coucher avec les hommes, sauf peut-être les toute jeunes filles et encore. Les hommes c’est le contraire, tous leurs efforts consistent à arriver à coucher, et quand le regretté Wolinski dit « elles » ne pensent qu’à ça, il se trompe allègrement, parce que ça l’arrange pour ses dessins, mais la mesure juste est « ils » ne pensent qu’à ça.

    Les hommes ne se regardent pas parce qu’à part entre vingt ans et vingt ans et demi, où on est assez beau pour être attirant, ils sont maussades, peu causants, grossiers, vantards et fatigués, quand ce n’est pas sales et barbus. S’ils se regardaient ils se trouveraient insupportables, mal attifés, marchant sur les pieds de la copine – j’ai pas fait exprès. Bien sûr que t’as pas fait exprès, gros balourd, celui qui le fait exprès, ça a un nom, c’est un goujat. Quand je dis que les femmes n’aiment pas trop coucher, c’est évidemment un peu plus subtil que ça. En fait c’est une histoire de fin et de moyens. Les femmes aiment plaire, attirer voire affrioler et passer du temps avec les hommes, c’est leur plus grande distraction, distraction ça veut dire que c’est pas le boulot, c’est la détente. Que ça se termine au lit, n’est pas du tout leur but, puisqu’elles aiment profiter de l’attirance qu’elles exercent et que ça dure le plus longtemps possible. Pour les hommes c’est le contraire, tout ce temps passé à parler, danser, écouter est la partie la plus embêtante du parcours. Certes ils les supportent mais uniquement parce que le but c’est le lit et que pour atteindre ce but ils sont prêts à tout. Alors une fois au lit, c’est là où l’homme se sent enfin arrivé et reprend confiance en lui. Bien sûr un des gros problème du lit c’est qu’une fois, ou deux, la jouissance passée, il s’endort non pas du devoir accompli mais de la fatigue du lapin. Certains préfèrent alors aller fumer une cigarette, mais ce n’est pas mieux. Du coup le lit est un immense révélateur pour les couples, pour les femmes c’est la fin de la partie intéressante du parcours et pour les hommes c’est le début. D’où quelques fois une certaine incompréhension, et là il faut que chacun fasse un pas.

    Y a encore beaucoup à dire mais revenons à nos hommes parfaits. Je ne sais pas comment ils se débrouillaient avec leur copine, et d’ailleurs ce n’était pas notre problème, puisque nous ne jugions que d’après notre propre idée de l’homme idyllique et non de savoir si le copain était vraiment proche de la perfection. La réalité m’oblige à dire qu’ils avaient sûrement quelques défauts puisque leurs copines ont fini par s’en séparer. Le clou de l’histoire c’est qu’il y a une copine qui a eu les deux successivement. Et pourtant elle ce n’est pas une femme parfaite, bien sur ça se discute, mais le fait est qu’elle a eu les deux parfaits conjoints de notre classement.

    N’allez pas croire pour autant que les hommes parfaits existent. Pour les femmes il n’y a aucun problème, non seulement elles sont convaincues qu’il n’y a pas d’homme parfait, mais en plus, pour jauger, elles partent plutôt du bas en comptant les défauts que n’a pas leur copain. Déjà celui qui ne boit pas tous les soirs, qui ne passe pas tous ses week-end avec des potes et qui ne parle pas trop de ses copines d’avant de pendant ou d’après, c’est pas mal.  Au contraire les hommes ont, à vrai dire, un peu l’idée que ça peut exister et pour eux c’est un mélange de jeune, beau, disponible, bronzé, plein d’esprit, charmeur, humoristique mais sérieux quand même. Là où ça se complique c’est qu’il lui faudrait aussi, habitant une belle maison, ayant soit un travail rémunérateur mais cool, soit n’étant pas vraiment obligé de travailler. A cela il faut ajouter venant d’une famille respectable, avec oncles et petits neveux, des parents drôles, décalés mais un peu classiques quand même. Là où ça devient insoluble c’est quand il faut lui trouver une copine à cet homme allégorique. Là les hommes sèchent complètement parce que notre héros est plutôt entouré de jolies filles, mais il n’en a pas vraiment une à lui, ce qui est un énorme obstacle pour avoir facilement une femme dans son lit, ce qui est, comme on l’a dit, la seule chose qui compte. Dans le modèle de l’homme parfait il y a un autre gros problème : partout il voit des concurrents, alors il se chamaille pour un oui pour un nom, avec des airs de cow-boy éméché, -c’est toi qui as dit que j’aimais le foot, -hein répète un peu, -euh non j’ai dit que le foot c’est un sport de fille, -hein répète un peu et ainsi de suite. C’est complètement non productif, puisque loin de faciliter une conquête féminine, ça lui faire perdre du temps dont ses copains  profitent pour aller tirer un coup avec l’une ou l’autre qui finalement trouvent cela pas si mal et sont moins pressées de retourner voir où en est l’homme mythique. Heureusement, les hommes parfaits que nous avions distingués parmi nous n’avaient pas ce travers puisqu’ils étaient plutôt au dessus de la mêlée, parvenant, c’est un exploit, à ne jamais se disputer avec qui que ce soit.

    Néanmoins une question que nous nous posions, c’était quoi penser des machos. Machos, à cette époque-là, n’était pas du tout un idéal pour nous. Machos c’était quelque chose comme rustre, bestial, ignorant, peu conciliant, violent et dominateur. Certes ca pouvait être aussi, beau, grand, fort, avec peu de copains mais surtout une copine, une seule, mais une copine attitrée. Pour nous, celui qui donnait une claque à sa copine parce qu’elle lui avait dit merde, était un gros macho qui ne comprenait rien. Alors nous disions, pauvre d’elle qui est avec cette brutasse mal dégrossie, mais cet ours quand même dansait plutôt bien et quand il partait il ne se posait même pas la question de savoir si sa copine venait parce que c’était une chose qui ne se discutait pas. Les temps ont un peu changé et maintenant il faut être honnête et bien voir que le macho a pas mal de qualités. C’est-à-dire que macho et con à la fois, ça pourrait être un pléonasme, mais c’est surtout pas de bol et là il faut reconnaître qu’il n’y a rien de bon à prendre et même qu’il vaut mieux éviter. Mais macho et pas con, ça existe. C’est plutôt le genre qui ne se pose pas trop de questions, qui agit droit au but, qui se fout pas mal des autres et de ce qu’ils pensent, en particulier de lui, et il faut reconnaître que pour les femmes c’est pas le pire cas. Certes, il la surveille un peu, mais s’il y a quelque chose à dire il le dit et ça les femmes apprécient énormément, parce que tous ces petits intellectuels qui coupent les cheveux en quatre, pour savoir s’il faut attendre le feu rouge pour traverser où si on y va tout de suite, eh bien les femmes ça les branche pas du tout mais alors pas du tout. Je ne dis pas que les femmes n’aiment que les choses binaires, c’est pas ça, c’est juste qu’un mou ça restera toujours un mou et qu’avec un mou on mène une vie molle et qu’on se sent comme sur une planchette savonneuse qui en plus penche vers le vide. Certes encore, il ne faut pas confondre macho et violent. Celui qui bat sa copine est une triple buse qui devrait avaler un somnifère permanent pour disparaître du paysage. C’est innommable et ça n’a pas de sens. C’est pas la peine d’avoir un bac+8 pour savoir qu’un homme c’est plus fort physiquement qu’un femme. Alors celui qui veut prouver qu’il est plus fort que sa femme c’est un raté qui ferait mieux d’aller boire un coup de plus pour oublier qu’il n’est qu’une chiffe molle. Cependant, comme dans le cas de la gifle tout à l’heure, je ne dis pas qu’il n’y a pas des moments où il faut être ferme, quitte à paraître un brin braqué ; les femmes aiment plutôt ça que le contraire, parce que vous savez ce qu’elles font les femmes des hommes mollassons, eh bien elles en rigolent pendant des heures avec leurs copines, et quand elles reviennent elles vous font -ça va mon chéri. Bon mais de là à frapper, il y a un grand pas qui à mon avis ne doit jamais être franchi.

    Pour rester dans le sujet, nos deux hommes parfaits, n’étaient pas machos mais quand même un peu dans le sens où ils se posaient peu de questions. Ca doit être ça le secret, à moins qu’ils n’aient une autre idée que la moyenne de ce qu’est une femme parfaite. Parce que les hommes, eux, pour avoir une idée de la femme parfaite, ils ne partent pas du bas mais du haut et ils enlèvent des points. Poitrine basse, deux points de moins, croupe imposante, deux points de moins, qui comprend plus vite que lui, deux points de moins, qui a un boulot plus qualifié, deux points de moins. Evidemment comme ça, la note elle descend vite. La femme parfaite pour un homme, déjà c’est pas la sienne et puis, elle ressemble plutôt à L. Casta qu’à Y. Moreau, les journaux en sont pleins et là les hommes ils sont tous d’accord. A vrai dire, son idée de la femme parfaite, c’est pas pour l’avoir, il sait que c’est pas pour lui, c’est juste pour pouvoir faire encore moins d’efforts avec la sienne vu, que d’après lui, elle est loin d’être dans le top ten. Ce en quoi il a sûrement tort, puisqu’il y a quelques copains qui sont, déjà, en train de lorgner dessus. Heureusement que les femmes elles supportent ça assez bien, parce que sinon, nos villes seraient un grand monastère où la sortie du dimanche consisterait à aller voir la mer où des femmes sont en train de se baigner entre elles, les riches ayant des jumelles et les petits se faisant raconter ce que les autres ont vu.

    Une autre question que nous nous posions, c’était celle de l’homosexualité. D’abord parce que, bêtement, on avait le sentiment que les homos n’étaient pas dangereux pour nous, j’entends par là qu’ils allaient pas nous piquer nos copines, mais pas de bol ça arrivait souvent. Mais aussi il y avait cet aspect un peu troublant de l’attirance, parce que qu’une femme soit attirante pour un homme, ça se discute même pas, qu’un homme soit attirant pour une femme, ça nous paraissait assez normal, au moins pour ceux qui se croyaient beaux et y en avait, hélas, quand même pas mal, mais qu’un homme soit attiré par un autre homme, ça nous gênait un peu, parce que c’était extrêmement ténu la différence entre trouver quelqu’un beau et attirant et avoir envie de faire le parcours du lit avec lui. Par contre, pour les femmes nous ne faisions aucune différence entre celles qui regardaient les hommes de haut et qui du coup n’avaient pas de copains, ou alors rarement, et celles qui s’étaient mises avec une copine. Nous trouvions cela hyper normal, car sans danger pour nous, et nous les invitions volontiers parce qu’il y en avait qui étaient vraiment intéressantes, au plan intellectuel ou culturel je veux dire. Non, notre souci c’étaient les couple d’hommes, ce qui était assez rare, mais surtout ceux qui avaient des aventures entre hommes. Presque tous étaient ce qu’on pourrait appeler gentils, je dirai presque doux. C’était un peu 180° avec le macho. Comme un besoin de douceur, ce qui est assez surprenant parce que justement les femmes c’est plutôt elles qui ont ce coté doux voire tendre, alors que les hommes, à proportion, c’est plutôt rugueux, anguleux, voire dur. Bon, il nous paraissait clair qu’il y avait de la féminité chez les homos, ce qui n’est pas du tout pareil qu’efféminé qui est la caricature classique que les beaufs donnent aux homos. Bref, on acceptait volontiers mais on comprenait pas bien. D’autant plus qu’apparemment ça n’avait aucun rapport avec des comportements qui relèvent de la psychiatrie, c’était visiblement plutôt comme une chimie interne, avec des dosages variables, qui induisait cette tendance. Et pour rester dans le sujet, vu que l’homme et la femme c’est 100 % de la chimie, peut-être que nos hommes parfaits, c’était un équilibre entre les doses du macho et celle de l’homo. Pour illustrer ça en 6e au lycée notre professeur de grec nous avait dit « anthropos » embrasse aussi bien l’homme que la femme, je vous dis pas le fou rire général. Tout ça pour dire qu’on a tous des tendances machos et des tendances homos et qu’il faut faire avec. Je ne crois pas que l’éducation ait la moindre influence la dessus, par contre, l’exemple oui c’est sûr.

    Revenons à notre sujet. Un peu plus haut on a dit pour le premier homme parfait, prompt à s’acclimater à tous changements. Ca n’a l’air de rien mais ça fait ressortir l’aspect souvent casanier de beaucoup d’hommes. Certes il y a des aventuriers, mais ce n’est pas du tout ça qui plait aux femmes, trop de risques trop de bosses et au final trop de galères, par contre le casanier ça leur plaît encore moins. Les femmes aiment bien le changement, de lieu en tous cas, déménagement ou départ en vacances, elles sont toujours partantes. Je ne sais pas si c’est l’attrait de la nouveauté ou un reste d’esprit nomade du temps des chasseurs cueilleurs, mais c’est un fait. En plus elles vont préférer occuper une location, par exemple pour l’été, qu’aller à l’hôtel et pourtant c’est quand même plus de boulot pour elles. Il y a comme une résistance à l’installation ou plutôt à l’encroûtement, d’une part sûrement lié à la monotonie mais aussi au fait de lever un peu le poids qui pèse sur elles. Parce que l’homme ce qu’il aime bien c’est avoir sa femme à portée de main et que même il peut la trouver les yeux fermés. Seulement ça ne donne pas une grande dynamique à une relation. Les hommes finissent toujours par trouver que c’est pas trop mal là où ils sont, le boulot qu’ils ont et même ce qu’ils pensent. Mais ça ne fait pas du tout le compte pour les femmes cet endormissement. Elles veulent un peu plus de nouveauté, de découvertes et d’échange. Dans les cours de management on vous explique que ce qui tue l’intérêt des salariés pour le travail, c’est trop tout le temps de la même chose. Pour les conjoints c’est pareil et souvent les hommes croient que leur couple bat de l’aile comme on dit, alors que tout simplement ils se sont assoupis dans une coupable mièvrerie d’ourson pelucheux.

    D’un seul coup, j’ai un doute qu’en me lisant vous puissiez croire que je connais bien les hommes et les femmes. C’est pas du tout vrai. Pour les hommes je dis pas, j’en connais au moins un. Mais les femmes j’ignore totalement, comme tout le monde. Parce que il ne s’agit même pas de différence, il s’agit d’un univers à part, de complètement autre chose, comme le jour et la nuit. Les anciens ont forcément eu ce problème, qu’ils ont démêlé de manière assez correcte. Dans la légende, les hommes sont associés à l’eau, au liquide, à la mer, et les femmes à le terre au solide, à ce qui pousse. C’est vrai que les eaux et la terre sont deux mondes complètement différents et sans le moindre point commun. Cependant leurs association crée la vie, la végétation, la nature. La terre a besoin d’eau pour produire et les zones humides sont des lieux d’une particulière richesse et diversité. Zones humides, zones humides tiens ça me dit quelque chose.

    Michel Costadau

  • Impérialisme

    Impérialisme

    L’objectif de ce texte est de montrer que l’attentat contre Charlie hebdo n’est pas une attaque contre la liberté d’expression ou contre la démocratie en France ou pour imposer en France une religion.

    Et que par conséquent tous les gens qui ont défilé dans les rues pour défendre cela se sont fait manipulé dans les grandes largeurs par notre gouvernement.

    On y apprendra aussi certaines réalités de notre monde dit moderne.

     

    J’ajoute que ces réflexions, que certains prendront mal, c’est leur droit, n’ont pas pour but de convaincre une majorité de personnes mais seulement de donner quelques éléments à ceux qui intuitent déjà que ce qui se passe dans le monde a peu de rapport avec les informations qui circulent dans les médias.

     

    C’est en début d’après midi du 7 janvier que j’ai appris, par mon voisin, que Charlie Hebdo avait été attaqué. Un passage sur internet me l’a confirmé!. Puis une réaction de Sarkozy « c’est la démocratie française qui est attaquée » m’a fait bondir et j’ai donc envoyé un premier mail à 15h30 à une vingtaine de copains disant « Non ce n’est pas la démocratie française qui est attaquée c’est l’impérialisme français… ». Presque tous m’ont répondu « mais non Michel ».

    Alors a commencé une période noire de manipulations politiques qui me révoltaient alors que j’essayais de réfléchir car je sentais qu’il y avait un truc mais je me sentais complètement isolé à faire une analyse à 180° de ce que je voyais autour de moi.

    Heureusement un de mes copains a réagi en me disant que tout le monde n’était pas en train de hurler avec les loups (mais presque quand même) et j’ai pu me rassurer un peu.

    Aujourd’hui 26 janvier je commence à pouvoir mettre quelques mots sur le papier.

     

    Ma conviction c’est que l’attentat contre Charlie hebdo fait partie de la résistance que manifestent certains peuples devant la guerre que leur livrent les pays dits occidentaux. Parmi ces mouvements de résistance il y en a qui mènent une lutte armée chez eux et il y en a qui préconisent de porter aussi la lutte chez nous. Ces mouvements de résistances (pendant la guerre de 45 les résistants français étaient des terroristes (vu de Berlin), idem pour le FLN…) ont lieu pour une bonne partie dans des pays dits musulmans. La religion est donc amenée à y jouer un grand rôle essentiellement parce que c’est un élément unificateur, comme un ciment qui crée une notion de communauté (comme, on y reviendra, pendant les croisades).

    Pour dire les choses encore plus simplement il y a des gens, par exemple au Moyen Orient, qui ne sont pas très contents qu’on leur pique leur pétrole, qu’on envoie des bombes sur leurs enfants, qu’on les prive de liberté et qu’en plus on se moque grassement de leur croyance et de leur misère dans des gazettes européennes pour jeunes bourgeois. C’est sur ce terreau que poussent les réseaux de résistance qui viennent jusque chez nous.

     

    Voila, bon maintenant il faut un peu argumenter cette opinion. Ca ne va pas être facile.

     

    Donc on repart du début : est ce la démocratie française qui a été attaquée? A vrai dire je ne vois pas qui la démocratie française gêne, en France je veux dire. Je ne sais pas trop ce qu’est la démocratie française mais disons que ça peut ressembler à toutes nos institutions qui font qu’on a des élus (plus ou moins représentatifs) qui « maintiennent » des services publics (certes de moins en moins publics). Bien sur il est question de 6me république et de tout un tas de trucs qui ne marchent pas même que c’est vraiment une honte (et qu’il vaudrait mieux parler de pseudo démocratie), mais je n’ai rien entendu de cela lors des évènements du 7 janvier. Si donc en France la démocratie Française ne gêne réellement personne, hélas ce n’est pas le cas hors de France.

     

    Parce que hors de France, la démocratie Française elle cartonne pas mal. D’abord et avant tout en Afrique en collaborant avec des dictatures (on dit aussi parti unique ou dirigeant à vie), en les installant, les finançant et les maintenant par la force  dans le seul but de servir les intérêts des firmes dites hexagonales (pétrole, bois, agrumes….) et qui sont surtout des multinationales mais à nous. Attention la France cartonne en Afrique mais aussi au Moyen Orient et dans une partie du Sud est asiatique.

    Bien sur la France n’est pas seule à cartonner, le fer de lance de ce combat étant les US, suivi par presque tous les pays dit développés. En fait tous ces pays occidentaux (Australie compris malgré la géographie) sont sous la coupe idéologique des US qui sont non seulement les plus forts militairement et de beaucoup, mais aussi les générateurs de la pensée impérialiste.

    Vous allez me dire que j’exagère, que les US sont le pays  de la liberté d’entreprendre, du contre pouvoir de la presse… Non je n’exagère pas, pour vous en convaincre il suffit de lister quelques éléments de cette politique : l’impuissance de l’ONU (Palestine, famines, presque 100 conflits armés sur terre……), les grandes oreilles, les drones, la ségrégation, la NSA, l’OTAN, le TAFTA, le FMI, la Troïka, les tribunaux internationaux, la mascarade de la lutte contre le réchauffement, la dénucléarisation….et la torture ordinaire. Tout cela n’est que la partie émergée de l’iceberg impérialiste.

    Réfléchissez (un peu plus de 30 secondes si possible) à ce que veut vraiment dire le fait que sur terre les capitaux circulent totalement librement alors que les trois quarts des êtres humains n’ont pas cette liberté. C’est surement ça la civilisation???

     

    L’impérialisme c’est trois choses le pouvoir absolu de l’argent (bien au dessus des lois), la fuite en avant (toujours plus d’activités, le problèmes se résoudront d’eux même), la guerre pour protéger le pouvoir d’une minorité (les riches) et faire que ça continue (CQFD).

     

    Evidemment il faut un sésame pour tout ça et ça s’appelle la démocratie, qui est actuellement le meilleur moyen connu pour accroitre le pouvoir des riches et le développement de l’argent dans un pays. En effet les US et l’Europe ont le monopole pour la détermination de ce qui est démocratique ou pas. Si un pays est jugé pas démocratique (ou trop démocratique, cf. le Chili de 1973) alors pan la guerre (souvent par milices interposées qu’il suffit d’armer). Et ça marche.

    Quand je dis que les US sont actuellement les leaders de l’impérialisme, c’est qu’avant on avait une autre méthode, certes moins démocratique, mais encore plus efficace c’était le colonialisme. Et là c’est la France et l’Angleterre qui étaient les leaders.

    Là il faut que je vous parle des (soi-disant) bienfaits de la colonisation qui pour avoir été durables (pas au sens de Davos) ne sont guère valorisés par les populations locales. Oui car, c’est une surprise, il y a des populations locales dans toutes nos (anciennes) possessions coloniales. Vous allez me dire que je m’éloigne du sujet puisqu’on est parti de Charlie Hebdo et qu’on est à la décolonisation. Eh bien justement il y a un lien.

    Et ce lien c’est la guerre que mène notre pays, ou plutôt les guerres que nous livrons au Mali, en Centre-Afrique, au Tchad, au Nigéria, mais aussi en Afghanistan , en Iraq, en Syrie et j’en oublie beaucoup, à toutes ces armes que nous vendons à des pays ou à des groupuscules et à ces embargos que nous mettons sur certains.

    Ces guerres sont exactement, comme on a su le faire il y a presque mille ans, des croisades dont le but est d’abord d’enrichir les croisés mais aussi avec des habillages plus seyants comme rétablir la démocratie (on dit aussi la protection de la propriété, la liberté de commercer ou même la vraie religion…), permettre le développement économique qui n’est qu’un blanc seing aux investissements étrangers : mines, arachides, pétrole….

    Et donc ces populations locales eh bien elles renâclent (c’est triste quand même parce qu’on on leur a tout appris à ces gens là il ne faut pas l’oublier!!), c’est à dire qu’elles préféreraient que plutôt de tout leur piquer on partage un peu.

     

    En fait, ces pays, sont encore dans une démarche de décolonisation. Quand je dis ces pays c’est plus de la moitié du monde.

    Pour illustrer ça il me semble que ce qu’on a appelé récemment le printemps arabe est simplement une nouvelle étape de décolonisation. Vous allez me dire qu’il n’y en a pas eu partout par exemple en Algérie. Eh bien si justement mais, en Algérie, c’était la victoire du FIS que Chirac et Pasqua ont annulée ou interdite enfin un truc qu’on peut se permettre quand on est un pays impérialiste patenté.

    Mais quand même tous ces pays résistent et cherchent à mettre en place des régimes plus autonomes et défenseurs de leurs intérêts. Le problème c’est que l’occident n’autorise pas toutes les solutions possibles (ça s’appelle les affaires étrangères) et que l’ont se trouve avec des régimes hybrides ou carrément fantoches, un peu partisans de l’occident et un peu défenseurs de leur identités mais tous nés de cette phase de décolonisation.

     

    La décolonisation c’est tout simplement d’essayer de remplacer les valeurs de l’occupant par les siennes propres.

     

    Je vois déjà les doigts se lever en disant mais ces régimes ne respectent pas les droits de l’homme, en particulier celui des femmes. C’est tout à fait vrai. Ca l’est surtout si l’on parle de nos droits de l’homme actuel avec 200 ans de république mais ce n’est pas le stade de développement où en sont ces pays. Eux (hélas pour beaucoup avec note aide) ils sont en retard, c’est à dire presqu’encore à notre moyen âge qui est cependant leur âge actuel. Ce décalage doit-il être respecté ou au contraire ignoré. C’est une question mais pour moi il est clair qu’il doit être respecté car c’est seulement de l’évolution par elle même des mentalités d’une population que de nouvelles règles et de nouvelles institutions bénéfiques pour la population peuvent naitre. D’ailleurs c’est comme ça que nous avons fait en France et pour ceux que ça chiffonnent il ne faudrait pas non plus que nous nous prenions pour des modèles de liberté, d’égalité et de fraternité. Ca fait combien de temps que les femmes votent chez nous? Alors un peu de calme ou je vous ressort les photos de religieuses de 1950 avec de cornettes d’un mètre de long pour… euh pour, eh bien vous voyez on sait même plus pour quoi.

     

    Mais la décolonisation, sans passage sous la coupe impérialiste, ça ne plait pas aux grandes puissances (c’est le nom (à double sens) que l’on donne aux leaders de l’impérialisme). Alors on va faire la guerre chez eux, essentiellement pour créer le plus grand désordre possible de façon à ce que nos vaillantes multinationales puissent continuer à prospérer, et aussi avec un habillage démocratique en mettant en place des collaborateurs locaux (pendant la guerre de 45 on disait collabos) chargé d’occuper le devant de la scène. Cette guerre de l’impérialisme contre la décolonisation dure depuis une cinquantaine d’année et en fait elle est maintenant mondiale. Amérique du Sud, Afrique, Asie du Sud est, Moyen Orient.

     

    Partout les populations qui souhaitaient s’émanciper (même un tout petit peu) sont combattues. Avec un beau cortège de bombardements, de victimes, de famine, de corruption, de mensonges, d’attentats et ……d’aide internationale non gouvernementale comme au temps des kermesses. Bref pour celui qui ouvre les yeux c’est la guerre partout (l’Europe n’a pas établi la paix elle a transféré la guerre à l’extérieur). Ca s’appelle la mondialisation.

    Mais attention cet état de guerre crée un fort ressentiment d’injustice et de révolte dans les pays et les populations concernées, en plus avec l’impunité des agresseurs (c’est le moins que l’on puisse dire). C’est pour ça que se sont développés des mouvements de résistance dans le monde entier. Dans le plus grand désordre certes avec quelques bonnes réussites mais aussi parfois avec des aspects beaucoup moins reluisants.

     

    Bref retenons deux choses

    -d’une part dans beaucoup de pays musulmans la revendication nationaliste (ou décolonialiste si vous préférez) a pris un contour politico-religieux, ce qui donne clairement un aspect moyenâgeux (mais pour eux c’est un progrès) à certaines luttes,

    -d’autre part il y a quand même des pays qui résistent en entier (pas seulement par des luttes internes contre un pouvoir collabo), ils sont peu nombreux, d’abord la Russie, ensuite l’Iran, quelque pays d’Amériques latines, et peut être un ou deux pays d’Afrique, voire depuis quelque jours la Grèce. Ceux là subissent de plein fouet la guerre impérialiste.

     

    Alors exit l’attaque de la démocratie française regardons maintenant la « mise en cause de la liberté d’expression ». Seulement kézaco la liberté d’expression. Est ce que dire dans la rue à un inconnu que vous croisez « je vous emmerde » c’est de la liberté d’expression, je crois que c’est plutôt de l’agression, peut être de la provocation et surement de la bêtise. Est ce que dire à des actionnaires « vous êtes vraiment payés à ne rien faire » c’est de la liberté d’expression oui assurément sauf  bien sur qu’on a rarement l’occasion de le faire. Ou alors par personne interposée ou dans des écrits que personne ne lit. La liberté d’expression demande d’abord d’avoir des convictions personnelles ou collectives et de pouvoir les exprimer publiquement ou en privé. Par conviction il faut entendre des opinions, des analyses et l’envie de les faire partager. Si l’on n’exprime pas des opinions alors on est dans la sphère des médias, du baratin et de la parlote et on ne peut plus se targuer de liberté d’expression.

    On en est donc à se demander est ce que Charlie hebdo était un journal d’opinion qui exprimait les convictions de ses auteurs. Certes certain des journalistes avaient des opinions (Cabu a été et était peut être encore antimilitariste), mais, pour moi, le journal ne représentait pas un courant d’opinion.

    D’ailleurs il revendiquait de se moquer de tout et par conséquent de ses propres convictions. Par exemple la différence entre Charlie hebdo et Médiapart est immense car ce dernier est un journal d’opinion et étaye clairement ses jugements par des dossiers et un travail de recherche et d’analyse assez poussé. De même le Canard enchainé a un réseau d’informateur, assez mystérieux certes, mais qui lui permet de sortir des infos assez décapante.

    Ce n’est pas le cas de Charlie Hebdo ou tout au moins ca fait très longtemps que ce n’est plus le cas (départ de Choron?). C’était plutôt devenu (arrivée de Val?) un journal anticonformiste, satyrique et provocateur avec un public de citadins qui aime à ne pas sentir de limite, peut être pour compenser une certaine absence de convictions justement.

    Au final et très clairement on ne peut pas dire qu’un courant d’opinion a été décimé par cet attentat. Je peux passer à coté de quelque chose mais si quelqu’un peut me dire quoi, je suis preneur. J’espère que personne n’essayera d’évoquer la liberté de la presse car du coté presse c’est franchement la désinformation qui est à l’œuvre chez nous.

    OK, mais être seulement dans la dérision n’est pas une raison pour se faire massacrer. Ca c’est sur et c’est pourquoi je dis que les raisons sont ailleurs. Alors prendre la défense de Charlie hebdo au nom de la liberté d’expression n’a pas beaucoup de sens et fait obstacle aux vraies raisons. Hélas pour comprendre le geste des agresseurs (et éventuellement éviter de nouvelles attaques) il aurait fallu un procès mais pour cela encore eut il fallut qu’ils soient pris vivants et jugés et condamnés. Mais la France préfère dire à leur place qu’il faut en penser. Ce n’est pas comme cela que l’on traite un très grave problème.

     

    En conclusion, tous ceux qui ont défilés après l’attentat se sont retrouvés défenseurs de l’impérialisme français. En particulier la manif du 11 a été une ovation pour que continuent les massacres dans les guerres que mène la France (ainsi que tous les impérialistes occidentaux). En fait tous les manifestants ont donc été piégés parce que croyant soutenir la liberté d’expression ils ont soutenus l’exploitation occidentale.

    Malheureusement quand je dis tous, je me trompe parce qu’il y en avait qui était bien venus pour ça. En effet il ne faut pas croire qu’en France tout le monde est pour la solidarité et la justice. En effet il y en a beaucoup qui sont pour l’inégalité et le maintien par la force de nos avantages et qui se plaisent à voir maltraités tous ceux qui revendiquent un tout petit peu de partage. Seulement les démocrates, légitimement indignés par l’attentat, étaient aussi à coté d’eux et par leur présence ont donné un blanc seing à l’oppression occidentale. C’était d’ailleurs le but recherché. Pauvre France.

    Michel Costadau

  • L’homme, la mouche et la bactérie

    L’homme, la mouche et la bactérie

    L’homme est un animal lent mais redoutable. Son avantage tient à la triple alliance : œil, cerveau, main. Ce triplet vient à bout de presque toutes les difficultés. Presque, parce que l’homme a un point faible c’est sa corpulence. Non seulement il est lourd, visible et relativement peu mobile, mais surtout il consomme une énergie catastrophique. Le prélèvement de cette énergie dans la nature mobilise une grande partie de son activité et provoque en plus un accroissement de la taille moyenne de l’espèce induisant ainsi une sorte de cercle vicieux. Autour de 1m de taille, l’homme avait beaucoup d’atouts et un besoin d’énergie soutenable. Aujourd’hui à presque 2m ça pose un gros problème.

    Parce que le vivant a essayé d’autres solutions. Par exemple la mouche. Là on est dans le léger, apte à marcher sur toutes les surfaces, dans toutes les positions. Du coup une taille et une masse dans un excellent rapport avec des besoins énergétiques faibles. L’avantage de la mouche provient aussi d’une triple alliance : mobilité, fécondation, reproduction. L’accouplement est ultra-rapide et la gestation si courte que la mouche est capable de peupler un coin favorable à toute vitesse, exploitant ainsi à fond toute opportunité qui se présente. Mais la mouche a aussi un point faible c’est qu’elle n’a aucune défense. Elle est donc une proie facile, au moins pour ceux qui sont plus rapides et qui aiment les mouches.

    Et il y a du vivant encore plus léger. Par exemple la bactérie. Là on est dans le mini et même l’invisible pour l’homme et la mouche. C’est entre le végétal et l’animal et on ne sait pas trop si ça mange, mais en tous cas ça ne manque pas de nourriture car ça prend tout. Son avantage est unique mais un peu spécial car la bactérie ne meurt pratiquement pas. Elles supporte aussi bien la congélation que la stérilisation. En termes de besoins énergétiques on est dans des doses infimes. En fait c’est un parasite qui a besoin d’autres organismes pour vivre, mais cette stratégie est quasiment imbattable, parce qu’en retour elle se rend indispensable. Du coup son point faible c’est qu’elle est dépendante.

    Alors bon est-ce que la question c’est : Qui va gagner ?  Non, justement, pas du tout, il n’est pas question de se battre.

    Certes oui la vie est un combat dans le sens où rien n’est facile et vivre demande des efforts. C’est le lot du vivant. Mais si la vie est un combat ce n’est pas la guerre. Je ne sais qui a inventé cette idée idiote du combat pour la vie, de la compétition et de la guerre. Des feignants surement, car c’est une solution de facilité et une voie de garage. La guerre c’est prendre par la force ce que d’autres ont fait. Certes c’est plus facile que de se baisser pour remuer la terre, mais c’est aussi complètement stérile.

    Parce que dans le triplet magique, il y a un terme que l’homme utilise peu c’est le cerveau, c’est-à-dire penser. Penser c’est mettre son esprit sur une colline et regarder pour chercher à comprendre. Regarder les hommes vivre, pas la télé bien sûr. Et le spectacle est saisissant et permet de découvrir combien l’homme ne pense pas encore à lui. Pourtant les avantages de l’homme sont d’ores et déjà imbattables. S’il perd c’est que lui-même aura organisé sa perte. En fait l’homme est son principal ennemi, ce qui n’est le cas ni des mouches ni des bactéries. L’idée c’est que la vie n’a pas qu’une seule forme et que tout ça forme un ensemble.

    Et ce n’est pas si difficile que ça à percevoir. Il suffit de regarder. Vous pouvez toujours essayer, ça ne coûte rien.

    Michel Costadau

  • Saumure

    Saumure

    Donald tu ne peux pas donner ce que tu n’as pas. Tu as plein de choses, tu es très riche, mais le Golan ne n’appartient pas, ni à toi, ni à ton pays. En plus il ne faut pas parler de ce qu’on ne connaît pas, ça se voit tout de suite. Tu n’as rien compris à la Syrie et tu t’en vas en laissant un champ de ruines. En fait tu es trop accro à Israël. Ce pays a déjà fait plus de victimes que tous les pogroms européens du siècle dernier, mais toi tu t’obstines. Tu dois bien y avoir quelques intérêts, mais il faudrait qu’un jour tu nous les dise parce que ça ne saute pas aux yeux et, en attendant, les morts s’ajoutent aux morts, en tas.

    Seulement Donald, tu as un mur dans la tête, pas au figuré, en vrai. Et c’est préhistorique, c’est pas moderne. Les Chinois en ont édifié des kilomètres pour protéger leurs biens, les Romains aussi c’était il y a pas mal de temps, puis les murs se sont rejoints pour faire des châteaux-forts créant ainsi un extérieur et un intérieur, un enfermement. Ensuite, les intellectuels ont inventé les murs idéologiques censés remplacer les murs de pierres et les remparts par des slogans assénés à la population. Mais les tenants du mur préhistorique ont bien résisté et sont encore nombreux, les tenants des châteaux-forts, bastions et autres forteresses aussi, et les servants des remparts idéologiques travaillent encore à plein régime.

    Alors nous, la génération d’après-guerre, nous avons développé le combat contre les barrières quelles qu’elles soient, forgeant ainsi le concept de l’Homme, y compris les noirs, les femmes et les indiens, membres d’une unique humanité. Cette émergence est encore balbutiante car nos armes ne sont que l’éducation, la compréhension et l’adhésion.

    Du coup aujourd’hui, pour peu qu’il ne soit pas enfermé, chacun a dans l’esprit toutes les composantes de cette évolution, la partie préhistorique avec les hauts murs, la partie médiévale avec les forteresses et leurs faubourgs, la partie idéologique avec ses préjugés et la désinformation, et enfin la partie ouverte avec la prise de conscience de l’humanité.

    Rien n’est encore gagné car la protection de leurs biens, par des moyens de plus en plus sophistiqués, préoccupe encore beaucoup les riches, si ce n’est pas de plus en plus.

    Et toi Donald tu es le chantre de la partie la plus archaïque de ces concepts : le mur. Ta seule idée c’est enfermer, pas seulement avec le mur mexicain, mais avec tous les repoussoirs que tu voudrais édifier devant les avancées des briseurs de barrière : entre inférieurs et supérieurs, entre hommes et femmes, entre nations pauvres et pays riches, entre hommes et hommes. Tout cela est en train de voler en éclat Donald, mais toi tu as seulement une truelle d’une main et le ciment que tu as volé aux Américains de l’autre. Alors tu ne sais faire que ça : du mur. Vous voulez de l’égalité : du mur, vous voulez le respect des noirs : du mur, vous voulez le respect des femmes : du mur, vous voulez le respect des indiens : du mur, vous voulez une protection sociale : du mur, vous voulez vous exprimer : du mur, vous ne voulez plus de guerre : du mur.

    Alors forcément c’est obscur dans ta tête Donald. Tu es enfermé dans ton téléphone et personne ne peut te joindre à cause du mur que tu as dressé devant tes yeux.

    Michel Costadau

  • Cause

    Cause

    Quand on fait quelque chose, il y a en général une raison. Bien sûr on peut avoir certains comportements sans raison, plutôt par réflexe ou par habitude, sans y penser. Mais il s’agit en général d’actions ou d’attitudes répétitives, quotidiennes ou régulières. Et donc la plupart de nos actions significatives ont une justification, un rationnel. Mais ce lien de causalité est, en fait, non seulement invisible mais en plus fugitif. La réalité efface les causes, seule l’action elle-même et son résultat laissent des traces. Et c’est un gros problème, parce que l’observation, même attentive, d’une situation ou de l’état d’une personne permet rarement d’identifier le cheminement des causes, l’origine de cette situation. On constate, on peut même prendre des photos, mais quant à savoir le pourquoi, il y a  quelquefois pas mal de difficultés. D’autant plus qu’il peut y avoir un enchaînement, une cascade de causalités.

    Le cas le plus simple c’est quand la personne se souvient du pourquoi et est en mesure de le dire. Ça simplifie beaucoup de choses. Mais c’est rarement le cas, parce que le temps dilue rapidement les souvenirs. C’est pour cela que, en théorie, la justice juge la cause et non le résultat. Car, concrètement, la cause est la seule et vraie origine de l’acte. Et la recherche de la cause est un métier à part entière. Ainsi, avoir volé pour s’enrichir ou pour nourrir son enfant n’est pas traité de la même manière. On peut être innocenté après un meurtre ou, au contraire, condamné rien que pour avoir prononcé des paroles. Une fois trouvée ou identifiée, la cause éclaire la situation d’une manière imparable. Pour rester dans le registre de la justice c’est pour cela que l’obtention des aveux a si grande presse chez nous. Parce que d’un seul coup tout devient limpide c’est-à-dire compréhensible ou presque.

    Hélas, cela c’est la théorie et trop souvent la justice ne veut considérer que le résultat de l’acte, c’est-à-dire seulement l’effet de la cause et non la cause elle-même. Un exemple est donné par les incendies de Californie. Souvent ces feux partent des lignes électriques qui, soit touchent des arbres, soit sont tombées dans les broussailles. Même si c’est l’étincelle entre les câbles qui lance le feu, cela n’est possible que parce que la végétation n’est plus entretenue, ni les sous-bois, ni les chemins. Mais la justice américaine ne veut voir que les câbles. On comprend bien que cette attitude n’est pas de nature à diminuer les incendies, puisque leur cause n’est pas combattue. Et même si ça arrive ça vient trop tard.

    Clairement, combattre quelque chose c’est combattre ce qui lui a donné naissance, sa cause. En fait, nous sommes tous concernés par cette affaire de causalité. Bien sûr dans le domaine professionnel, mais aussi dans la sphère personnelle. Chaque fois que quelqu’un vient vous demander quelque chose, il est important de se poser la question : mais quelle est sa vraie motivation ?

    Vous le savez j’applique régulièrement cette règle et, en particulier, dans le domaine politique c’est indispensable. Or, vous le savez, les politiques ne combattent jamais les causes et donc ne combattent jamais rien puisqu’ils se contentent d’effacer ce qui les gêne. Et c’est pour cela que rien ne change. Il faut alors se poser la question : comment les politiques en sont arrivés là ? C’est quoi la cause de tout cela ? Moi j’ai la réponse.

    Michel Costadau

  • Départ de Hubert Costadau

    Départ de Hubert Costadau

    Au revoir Hubert.

    Hubert !

    Mon frère, notre Ami !

    « Vivre sans amis, c’est mourir sans témoins »…

    Les très nombreux témoins, ici rassemblés, illustrent s’il en est besoin le réseau d’amis que tu as constitué au cours de ta vie.

    « La mort n’est qu’un passage…Je ne suis pas loin, juste de l’autre côté du chemin » a dit Charles Péguy, reprenant ainsi la Parole de Saint Augustin.

    Mais la vie, ta vie fut un formidable parcours…

    Comment résumer plus de 8 décennies de celui-ci ?

    Samedi 14 Juillet 1934 : ta naissance à Bordeaux-Caudéran (Av. du Jeu de Paume) dans la demeure familiale ROUANET, après notre sœur Françoise, également arrivée à Caudéran quelques années plus tôt : en Octobre 1929 (2 « très grands crus » diraient les Vignerons !!!)

    Très belle et confortable enfance, dans l’insouciance de l’époque, vécue en partie à Marouatte, avec l’affection de Bon Papa, Bonne Maman et Mary Anne Pick, l’Anglaise (Nanane), brutalement interrompue par les interminables années de guerre et privations diverses.

    Pensionnaire, dés l’âge de 7 ans, à l’Institution Saint Joseph de Périgueux avec la découverte du scoutisme, jusqu’au départ de Marouatte pour Labarde et le « Chatenet » à Bordas où ton attirance pour la campagne n’était plus « négociable »…

    1956 : Arrivée à Pémontier et tout de suite « ton attachement » pour St.Cernin de Labarde et sa région… (où tu retrouves l’abbé CADALEM, connu à Saint Joseph…)

    Des années de labeur, avec les moyens de l’époque…

    Février 1965 : brutal départ de Maman, prématurément usée par la vie…

    Ton acharnement à la terre et l’élevage te permettront cependant de découvrir et connaître le vrai bonheur, avec Elisabeth et l’arrivée des jumeaux Bernard et Luc, puis les joies de Grand-Parents avec Aloïs, Xanders et Pierre.

    Certes, les précédentes années n’avaient pas été toujours faciles, mais tu as résisté, en bon SCOUT, persévérant, courageux et fidèle en amitié.

    Dures épreuves que furent les disparitions successives d’amis de cœur : Pierre LEBOURG, en Algérie, de retour de DIEN BIEN PHU, Jean DIGNAC, ton fidèle ami de Saint Joseph, Pierre de FRETTES, Yves LABROUSSE, Jean GENESTE, Pierrot NOUAILLE… j’en oublie sûrement, mais toi, je le sais, tu ne les as jamais oubliés…

    Homme de parole que tu as toujours été : « La parole, c’est la parole » (HITZA HITZ, en Basque), devise choisie et gravée sur le makilah offert par notre beau-frère René : modèle de droiture, s’il en fut !

    Comment oublier la chasse et… les PALOMBES … Merveilleux entractes partagés avec tes amis chasseurs ?…

    Je n’ai pas eu le temps, ou plutôt, je n’ai pas pris le temps, de te remettre le fruit de mes recherches sur nos racines familiales, reconstitué après notre passage à ESPELUCHE, près de MONTELIMAR dans la Drôme, l’été dernier : je le regrette vivement !

    Ah, tu aurais bien ri et compris pourquoi tu aimais tant la campagne et la vraie nature, à la lecture de l’Avis (toujours) placardé à la Mairie d’ESPELUCHE et, signé (il y a près de 2 siècles) par notre aïeul Gabriel COSTADAU, plusieurs fois Maire de la commune, pour l’affectation de primes accordées « à ceux qui feraient le plus de ventes de moutons, cochons, chevaux et mulets aux Foires organisées de Février, Septembre et Novembre… »

    Certes, ces derniers mois et semaines furent difficiles à vivre, malgré le constant soutien d’Elisabeth et les soins qui te furent prodigués, tout comme elle l’avait fait, avec beaucoup d’attention, pour Papa.

    De Suisse et d’Australie, où réside une partie de la famille de celle-ci des encouragements te parvenaient…

    Leur éloignement ne leur a pas permis d’être là aujourd’hui, tout comme Françoise, notre sœur très affaiblie par l’âge (89 ½), mais ils sont tous présents par la pensée !

    Aujourd’hui, proches et fidèles à ton épouse Elisabeth et tes enfants, ainsi qu’à tes petits enfants, nous nous inclinons devant leur chagrin et t’assurons de notre loyal et affectueux soutien.

    Humbles locataires et de « passage », nous aussi sur cette terre, nous te disons « au revoir » Hubert, notre Ami, mon Frère…

    Bruno COSTADAU.

    St. CERNIN de LABARDE, le 1° Mars 2019

  • Dur dur

    Dur dur

    Pour me brosser les dents je prends tout simplement la brosse dans la main droite et le tube de dentifrice dans la main gauche. Puis il faut ouvrir le tube, soit en dévissant le bouchon avec deux doigts de la main droite sans lâcher la brosse, soit en posant d’abord la brosse au bord du lavabo et en ouvrant le bouchon avec la main droite libre. Une fois le tube débouché, il faut alors poser le bouchon sur le bord du lavabo en évitant qu’il ne tombe au fond ce qui, surtout si on a encore la brosse dans la main, va demander bon moment pour aller le rechercher s’il n’y a pas la bonde. Il convient alors de reprendre la brosse si vous l’aviez posée. Il est bien sûr envisageable de déboucher le tube avant de prendre la brosse, mais ce n’est pas naturel.

    Me permettez-vous de faire ici une digression pour indiquer que la pâte à l’intérieur du tube de dentifrice doit être poussée du bas vers le haut et non pressée par le milieu comme beaucoup le font. En effet, dans ce cas-là il se crée des bouchons d’air dans le tube qui, une fois près de la sortie, propulsent la languette de pâte que l’on veut mettre sur la brosse, dans une direction inattendue dont la plus favorable est de choir dans le lavabo ; auquel cas on peut encore la récupérer, sauf si vous venez de vous raser et avez jeté les poils coupés et/ou la mousse à raser dans le lavabo où ils restent tant que l’on n’a pas fait couler le robinet, et rendent de ce fait inutilisable la pâte qui a chu dedans.

    Maintenant je peux enduire la brosse d’une petite languette de dentifrice en évitant qu’elle ne glisse de la brosse car, en fait, elle est juste posée sur les poils. Ensuite, avant de se brosser il est préférable de remettre le bouchon sur le tube soit avec la brosse dans la main et la languette de dentifrice en équilibre sur les poils, soit avec les deux mains libres en posant la brosse selon l’option choisie. En effet, remettre le bouchon après le brossage conduit souvent à enduire celui-ci avec la mousse de pâte qui n’a pas manqué de se déposer le long du manche et du coup sur la main, au cours de l’opération de brossage. Il est alors possible de reposer le tube avant de se brosser ou de le garder dans la main gauche pendant le brossage.

    Mais, car il y a un mais, je voudrais maintenant, toujours si vous le permettez, préciser qu’il existe des tubes de dentifrice avec des bouchons munis d’un clapet qui permet, avec la même main qui tient le tube, d’ouvrir le bouchon avec le pouce et donc sans avoir besoin d’utiliser la main qui tient la brosse. Il est alors possible de déposer du dentifrice sur la brosse sans la moindre manipulation ou changement de mains. Et aussi de le refermer de la même manière. Il est clair que ce mode de fonctionnement est beaucoup plus efficace : on garde le tube dans la main gauche et la brosse dans la main droite sans discontinuité, aucun risque de faire tomber la languette de dentifrice ou le bouchon dans le lavabo. Comment se fait-il que cette innovation ne soit pas généralisée ? Dans quel monde vivons-nous ? Franchement, je me le demande.

    La semaine prochaine je peux parler du nettoyage de la brosse à dents, si vous le voulez.

    Michel Costadau

  • Fondamentaux

    Fondamentaux

    Retour aux fondamentaux, c’est-à-dire le vote. Normalement, personne ne devrait voter aux prochaines élections. Ceux qui ont voté Philippe Macron parce qu’ils se sont fait complètement avoir, ceux qui ont voté pour d’autres candidats parce que ça n’a servi strictement à rien et ceux qui n’ont pas voté du tout n’ont aucune raison de commencer à le faire. Car Philippe Macron continue sa marche vers la droite de Le Pen et l’opposition n’a ni droits ni statuts au parlement. En pratique, il ne resterait que quelques souliers pointus accros aux inégalités et quelques chenus accros aux élections. Bien sûr mon propos est un peu optimiste, mais je note, quand même, que le vote blanc reprend du poil de la bête. Et c’est une bonne nouvelle. Je veux dire on est sur la bonne voie.

    Le vote blanc c’est une manière de voter sans voter. C’est un début de non-vote qui ne demande qu’à mûrir. Cependant, même en supposant qu’il soit pris en compte dans les suffrages exprimés, sa seule vertu serait de faire baisser le pourcentage de voix obtenu par les divers candidats. Ce n’est pas neutre, certes, mais aujourd’hui beaucoup de gens ont déjà pris conscience de l’escroquerie majoritaire. Alors, que les uns et les autres soient élus avec un faux 50 % ou un vrai 15 % ça ne changera pas grand-chose. Parce qu’ils seront quand même élus. Clairement, pour la présidentielle, ça pourrait faire mauvais effet.

    Et puis d’un seul coup je me dis qu’il y en a sûrement qui ont encore l’impression que la classe politique pourrait se mettre à tenir compte des électeurs. Qu’elle pourrait se réformer elle-même, ce qui est un peu contradictoire. Mais au moins qu’elle pourrait demander l’avis des gens. De plus je suis sûr qu’il y en a même qui pensent qu’il pourrait y avoir non seulement des candidats meilleurs que les autres, mais « the candidat », celui qui résoudrait tous les problèmes.

    Halte-là, ça fait combien de temps qu’on nous la joue cette horrible musique du sauveur. Vous n’avez pas déjà assez donné, il vous en faut encore plus ? Je vous l’ai déjà dit et répété, la classe politique n’a besoin des électeurs que pour être élue, ensuite sa seule occupation consiste à gérer les crises que génère l’absence de démocratie. Et ça les amuse. En ce moment, ils s’amusent avec les GJ, ils leur tapent dessus expérimentant de nouvelles stratégies antimanifestation et de nouvelles armes. Ça leur permet de parader, de faire des discours, de rencontrer des gens, de se montrer à la télé et surtout de glisser dans des tas de projets de lois les réformettes qui leur tiennent à cœur, sur la justice, sur le commerce, sur les banques, sur le pétrole. Il n’y a pas de meilleure couverture que les GJ pour abriter leurs affaires. Oui ils s’amusent.

    Et nous, on ronge notre frein car les médias sont obligés de parler de l’isolement du pouvoir, d’une France à deux vitesses, de la roue libre des décisions gouvernementales. Et ces mêmes médias voudraient nous faire croire que les gouvernants pourrait relier le fil avec la population, comme s’il y avait toujours eu une fibre sentimentale entre le pouvoir et le peuple. Alors que les gens ont toujours enduré stoïquement le pouvoir, l’écrasement du pouvoir, ce pouvoir qui leur a fait faire deux guerres mondiales, des tas de guerres de décolonisation, qui écrase l’Afrique, qui pactise avec Israël, qui vend des armes, des centrales, du maïs trafiqué et du CO² comme des chaussettes.

    Mais personne ne parle des élections ni à venir, ni passées. Le système se reconduit lui-même sans la moindre adhésion populaire, tout simplement parce que les gens votent.

    Michel Costadau

  • Ennui

    Ennui

    Depuis les millions d’années de l’homme, un comportement a toujours été présent et s’est répandu de plus en plus : l’ennui. Oui c’est probablement le sentiment le plus ancien et le plus partagé de l’humanité. La question est donc : savez-vous vous ennuyer ? ou plutôt : apprenez à vous ennuyer car c’est ce qui nous attend.

    Ceux qui pensent que c’est là un débat futile font la preuve qu’ils n’ont pas encore très bien compris ce qu’ils faisaient sur terre, car l’ennui non maîtrisé conduit à la déprime, à la dépression. C’est même le syndrome caractéristique des pays dits riches.

    L’ennui ne consiste pas à ne rien faire, non l’ennui c’est le sentiment de ne rien avoir à faire. Comme une espèce d’inutilité. Et c’est justement ce ressenti que chaque personne doit surveiller. Parce que le contraire qui est de toujours trouver quelque chose à faire est une addiction du genre activisme, fuite en avant, négation de son existence, de son soi si vous préférez.

    Pour commencer à répondre à la question, je vais vous présenter l’ennui souverain, je veux dire le plus noble, le mieux fait, le plus abouti. Oh c’est simple il s’agit de s’assoir sur une chaise devant la fenêtre et de regarder dehors. Je veux dire à la campagne, en hiver, quand il pleut vers 3 h de l’après-midi. Bien sûr dehors il ne se passe rien. Enfin apparemment, parce qu’en fait il se passe plein de choses. D’abord, extérieurement, la nature n’est jamais tout à fait déserte ni immobile. Oiseaux, branches qui bougent, écureuil, finissent par se faire voir. Ensuite et surtout intérieurement, dans la tête les idées se mettent en route et une certaine réflexion se déroule sur les sujets les plus inattendus. D’ailleurs le tournis des idées peut même se traduire par des mouvements sur la figure, sourire, hochement, clignement, preuve de ce remue-méninge.

    Cependant, cette forme de maîtrise de l’ennui est assez difficile à pratiquer, car l’on se trouve toujours de bonnes raisons pour faire quelque chose. Et en plus c’est souvent vrai, car réellement le nombre de choses à faire est énorme, mais il convient de ne pas se faire déborder par cette avalanche souvent fallacieuse, voire inventée.

    A titre d’exemple, une autre manière de gérer l’ennui c’est le cinéma, la distraction si vous préférez. Aller au cinéma c’est une manière de conjurer l’ennui et même parfois collectivement, ce qui semble donner un label à cette opération. De même les heures devant la télé participent largement de la conjuration de l’ennui.

    Car l’ennui fait peur. La raison profonde de la phobie de l’ennui, c’est-à-dire de l’activisme actuel c’est la peur de se retrouver seul avec soi-même, devant soi, tout seul. Certes se retrouver devant une assiette vide alors que ses enfants ont faim n’incite pas à se donner une bonne image de soi, mais impose plutôt de trouver des solutions. C’est pour dire que l’ennui est une affaire de nantis aux estomacs pleins, ce qui est pas mal le cas dans notre pays.

    Nous, c’est plutôt le vide de nos existences que nous trouvons dans notre assiette. Certains se tournent alors vers le verre. En le remplissant il nous semble avoir un peu moins peur. Et c’est vrai. En fait l’ennui est bien un des acteurs majeurs de nos existences et il faut savoir le gérer. Si vous êtes dans la mouise essayez, bien sûr, de vous en sortir mais si vous n’y êtes pas, n’ayez pas peur de ne rien faire : c’est excellent pour l’esprit et vous ferez moins de dégâts.

    Michel Costadau

  • Etat de l’homme

    Etat de l’homme

    Quelle est la situation du monde ? Globalement je veux dire, pas pour savoir si May restera en poste ou quand Macron s’en ira. Non, seulement pour regarder l’état de la civilisation humaine. L’état de l’homme sur terre si vous voulez. Pour cela, autant que possible, on va raisonner par continents. Et voir, aussi, quel est l’apport de chaque continent à la construction de l’humanité. Je vois 6 continents à l’intérieur desquels la problématique est un peu la même et trois zones à part au devenir incertain.

    Pour commencer il y a l’Europe qui, pour moi, va de Brest à Moscou. L’Europe est comme un gros bouddha assis sur sa richesse et son passé, mais le bouddha est triste et morose car il voit bien qu’il n’a plus aucune force et se meurt d’ennui. L’Europe a cherché à pousser le plus loin possible la notion de démocratie basée sur le seul individu. L’Europe est le champion du monde de l’individualité et de la prise en compte du respect des autres. C’est louable mais c’est un échec, ça ne marche pas. Il y a incompatibilité entre la sphère individuelle et les institutions de la démocratie. La présence de structures intermédiaires fortes comme la famille, la tribu ou la maffia entre l’individu et la délégation de pouvoir, s’avère incontournable. L’Europe est donc devenue un faible contributeur.

    Après il y a l’Asie qui va de Moscou à Vladivostok. L’Asie c’est la civilisation de l’espace libre, du cheval, des troupeaux, des montagnes et des déserts et du coup de la liberté. Oh pas la liberté des passe-droit comme en occident, non la liberté des sens et de l’esprit. Sa contribution est immense dans la constitution intellectuelle des êtres humains. C’est aussi le contrepoids de la ville. Bien sûr l’Asie est pauvre et ignorée, mais elle continue à compter.

    Ensuite il y a l’Inde et Chine qui comprend tout le sud de l’Asie sauf l’Australie. L’Inde et Chine c’est le modèle de la longue civilisation ancrée dans la terre, dans les paysans, dans les récoltes, les pêcheurs et le dur travail. Sa contribution est l’intégration dans la philosophie de ce contact avec la terre. C’est la révélation de plusieurs strates dans la composition de l’homme, comme si chaque personne était composée de plusieurs individus. Cette vision est reconnue mais du bout des lèvres, et pourtant elle contribue de plus en plus. Cependant l’Inde et Chine sont  encore très pauvres, mais ça pourrait changer.

    Aussi il y a l’Amérique qui comprend USA, Canada et Japon. L’Amérique a inventé le monde de la violence, de la conquête sans foi ni loi. L’Amérique est très riche. C’est l’exaspération de l’individualisme avec aucun respect pour les autres, voire même basé sur l’écrasement des autres. C’est donc le modèle de la fuite en avant, de la violence gratuite et du mépris. Ce modèle, qui est celui qui nous est imposé actuellement est catastrophique. Il est condamné mais va faire encore beaucoup de dégâts.

    Encore il y a la Sud Amérique qui comprend toute l’Amérique du centre au sud. C’est  la quintessence du métissage. C’est l’enrichissement maximum des croisements mondiaux de populations. C’est, aussi, le monde de la magie, du surnaturel et par conséquent de la religion. C’est hélas une zone de non-éducation pour maintenir la population dans l’ignorance et l’asservissement, afin qu’elle reste pauvre. Cependant par sa résistance lente c’est peut être le ferment d’une contribution future majeure dépassant les croyances. C’est le continent du mélange et de la résistance.

    Enfin il y a  l’Afrique. L’Afrique est la première à avoir fait exploser la contradiction entre individu et société. Le concept de liberté a disparu au profit de celui de relation, de réseau relationnel. L’organisation de la société devient alors moins centralisée, plus faible. La jouissance est plus présente et donc le goût de vivre. C’est extrêmement porteur d’avenir. L’Afrique n’est pas riche mais ce n’est pas une notion pertinente pour elle.

    Comme zones incertaines il y a le Pôle Nord qui a beaucoup d’habitants mais au devenir très délicat, le Pôle Sud presque complètement désert et qui devrait, si possible, le rester, et l’Australie, qui a le même syndrome que l’Europe mais qui risque aussi de retourner à la sauvagerie.

    Voilà, voilà rien de bien folichon là-dedans. Partout la violence, le pillage, l’asservissement. Peut- être l’année prochaine ce sera mieux… ou pas.

    Michel Costadau