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  • Plaidoyer pour l’homme

    Plaidoyer pour l’homme

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    Comme c’est souvent le cas, on parle on parle, et on n’arrive pas Ă  dire l’essentiel. On tourne autour du sujet sans finalement l’aborder. Parce que notre vĂ©ritable sujet c’est l’homme et son drĂŽle de destin. Alors ce coup-lĂ  on y va et on n’a pas peur.

    Sauf que si, justement, on a peur parce que quand on se demande qu’est-ce que l’homme, qu’est-ce que la vie, et ce que l’on fait sur terre, petite planĂšte qui fonce dans le vide perdue au milieu des Ă©toiles, ben on n’est pas trĂšs rassurĂ©, parce que, en vrai de vrai, des rĂ©ponses Ă  ça on n’en a pas.

    Cette absence de rĂ©ponse immĂ©diate gĂ©nĂšre chez la plus part des gens une espĂšce de vide dont d’autres abusent sans limites en jouant avec la peur ancestrale. En fait, seule l’acquisition et la maĂźtrise d’un certain nombre de connaissances permet de se dĂ©faire un peu de cette emprise. Et donc la tĂąche la plus importante que nous avons Ă  faire, peut ĂȘtre mĂȘme la seule, c’est de l’éducation et de l’enseignement pour rĂ©pandre et partager les connaissances actuelles que tout homme devrait avoir sur le monde dans lequel il vit. Contrairement Ă  ce que l’on pourrait croire, cela concerne beaucoup, beaucoup de gens. L’objet de ce texte est donc de prĂ©senter quelques Ă©lĂ©ments du bagage que devrait avoir acquis et maĂźtrisĂ© chaque humain. Une premiĂšre partie propose quelques exemples des savoirs que l’on pourrait dire de base, et une seconde partie montre que l’humanitĂ© n’en est qu’à ses dĂ©buts. Ce texte a aussi un caractĂšre d’introduction mĂ©thodologique, c’est-Ă -dire, puisqu’il s’agit de partager des connaissances, que la composante pĂ©dagogique a une Ă©norme importance.

    On peut commencer par un point assez simple : l’origine de l’homme. L’homme n’existe pas depuis trĂšs longtemps et la question de qui ou quoi a créé l’homme prĂ©occupe presque tout le monde. Or la rĂ©ponse est toute simple : c’est l’homme qui a créé l’homme. En effet, un ĂȘtre vivant du genre petit quadrupĂšde, peut-ĂȘtre avec une queue, a Ă©voluĂ©, a grandi, a subi diverses mutations, s’est mis debout, s’est mis Ă  se promener et a, petit Ă  petit, envahi la terre. Tout cela dans une grande continuitĂ©. D’autres l’ont fait avant lui et aprĂšs lui, il n’y a lĂ  rien d’exceptionnel. Ce qui est original, c’est que l’homme a dĂ©veloppĂ© une pensĂ©e sur ce qui l’entourait et sur lui-mĂȘme et qu’il a inventĂ© ce qu’il Ă©tait et il l’a appelĂ© homme. Il n’y a probablement pas d’autres ĂȘtres vivants dans ce cas. Cela dit on a traitĂ© seulement un aspect de la question des origines, parce que ce n’est pas l’homme qui a créé la vie, puisqu’elle existait bien avant lui. Il faut donc regarder d’oĂč vient la vie d’avant l’homme.

    Alors d’oĂč vient la vie ? La caractĂ©ristique de la vie c’est la multiplication presque Ă  l’identique et la durĂ©e limitĂ©e. Les montagnes ou les atomes ne se reproduisent pas mĂȘme s’ils vivent trĂšs longtemps. Par contre, tout un tas d’organismes se reproduisent et se multiplient, mĂȘme s’il peut y avoir des cas douteux. Les mĂ©thodes utilisĂ©es sont extrĂȘmement variĂ©es, depuis la simple division jusqu’à la fĂ©condation de millions d’Ɠufs, en passant par la pollinisation. Y a-t-il vraiment lĂ  un grand mystĂšre ? Non pas du tout. C’est de la chimie. Le fait que les mĂ©canismes les plus simples aient pu ĂȘtre observĂ©s donne le sentiment que, pour ces organismes Ă©lĂ©mentaires, les conditions se sont trouvĂ©es rĂ©unies pour qu’une multiplication ou une division se mette en place, crĂ©ant ainsi le processus de la reproduction. LĂ  oĂč ça devient un peu plus compliquĂ©, c’est l’explication de l’agrĂ©gation, simplement ou selon des codes et un peu de hasard, de petits bouts de vie en des organismes plus grands, plus complexes, avec des morceaux de vie trĂšs diffĂ©renciĂ©s. On peut dire qu’il y a encore du boulot, mais les Ă©lĂ©ments se mettent en place et notre savoir est suffisant pour quelques Ă©noncĂ©s. On peut donc tenir pour  correcte l’assertion que la vie s’est dĂ©veloppĂ©e sur la terre quand la matiĂšre a rencontrĂ© des circonstances favorables et donc sans aucune autre intervention que les rĂšgles de la chimie, que ça a commencĂ© par des organismes extrĂȘmement simples et que ça a pris du temps. Pour conforter cela on voit que, maintenant, l’on cherche des traces de vie dans d’autres planĂštes uniquement avec des analyses physiques et chimiques.

    Il nous faut quand mĂȘme Ă©viter un Ă©cueil, c’est la notion de dessein. C’est comme si la matiĂšre d’avant la vie avait en germe le projet de crĂ©er la vie. Rien ne permet d’accepter une telle assertion qui est clairement la projection de comportements humains sur la matiĂšre, comme si pour que quelque chose arrive il fallait que ce quelque chose ait eu le projet d’arriver. Le meilleur contre-exemple se trouve dans l’homme lui-mĂȘme, pour lequel on peut ĂȘtre certain que personne n’a jamais dĂ©cidĂ© de naĂźtre. Il y a lĂ  au contraire une partie de hasard qui, Ă  partir du moment oĂč on constate son rĂŽle, doit aussi ĂȘtre appliquĂ© Ă  l’origine de la vie.

    VoilĂ , nous avons bien progressĂ© en introduisant que l’homme descend de la vie, que la vie descend de la matiĂšre, mais alors la matiĂšre elle d’oĂč vient-elle ? Nous en sommes Ă  parler de la matiĂšre originelle, puisque la matiĂšre existait avant la vie. Les reprĂ©sentations qui nous sont proposĂ©es aujourd’hui ont comme caractĂ©ristique la notion de point origine de tout avec une explosion lançant la matiĂšre dans tous les sens. Il faut bien comprendre que ce ne sont lĂ  que des images et que l’on sait assez peu de choses de la matiĂšre originelle. Pour apprivoiser un peu cela, prenons l’exemple de la tempĂ©rature minimale infranchissable dite zĂ©ro absolu et qui ne semble pas trĂšs basse puisque Ă  peine quelques centaines de degrĂ©s en dessous de notre zĂ©ro qui correspond au gel. Intuitivement, on se demande pourquoi n’y a-t-il rien en dessous de ce zĂ©ro absolu, et la rĂ©ponse c’est que cette tempĂ©rature est infiniment froide et que l’image du zĂ©ro est trompeuse, parce que en fait il est impossible de l’atteindre puisqu’il faudrait une Ă©nergie infinie pour cela. La notion de l’infini, ce qui ne veut pas dire qu’il existe, est d’une grande richesse puisque vous pouvez vous en approcher aussi prĂšs que vous voulez, vous en ĂȘtes encore 
 infiniment loin. Nous pouvons nous inspirer d’une autre limite qu’est la vitesse de la lumiĂšre. Il faut comprendre que c’est en fait une vitesse infinie puisque pour un petit caillou il faudrait une Ă©nergie infinie pour arriver Ă  cette vitesse. Cela nous permet d’envisager que le point origine Ă©voquĂ© plus haut est peut-ĂȘtre infiniment loin et que la matiĂšre a peut-ĂȘtre toujours existĂ©. Certes ce n’est pas un concept facile Ă  acquĂ©rir surtout parce que nous avons d’abord le rĂ©flexe du vivant qui, lui, a individuellement une fin. Mais la matiĂšre dont est fait l’individu ne disparaĂźt pas avec lui, elle demeure.

    A vrai dire nous devons aussi dĂ©jouer un autre piĂšge : c’est le sens de la vie. C’est comme si, une fois lancĂ©, le parcours de chaque individu devait suivre des rĂšgles préétablies afin d’atteindre un but, un objectif dans le prĂ©sent ou dans le futur, but qui, lui seul, donnerait un sens au parcours. Il doit ĂȘtre clair qu’en fait de sens, la vie n’a pas de sens ni pendant ni aprĂšs. Il n’y a, bien sĂ»r, pas d’avenir aprĂšs la mort. Car c’est aussi une des caractĂ©ristiques des ĂȘtres vivants qu’il y a une fin. Ce qui Ă©tait vivant Ă  un moment perd sa qualitĂ© et retourne au cycle de la matiĂšre. Evidemment on aurait envie que ça ne soit pas comme ça, mais en fait nous avons de sĂ©rieuses indications. La plus pertinente c’est que ce concept de sens et de destinĂ©e n’a jamais Ă©tĂ© appliquĂ© qu’à l’homme. HonnĂȘtement, il n’y a aucune raison, si l’homme doit donner un sens Ă  sa vie, que le chien lui ne le doive pas, ou le bacille de Kock. Mais curieusement personne n’a demandĂ© Ă  un chien de donner un sens Ă  sa vie. La seconde indication c’est l’expĂ©rience de ceux qui ont dĂ©jĂ  vĂ©cu. Le nombre de vies humaines ou animales qui se sont dĂ©jĂ  dĂ©roulĂ©es est trĂšs consĂ©quent. Or jamais aucun retour d’expĂ©rience n’a Ă©tĂ© fait. Les morts sont morts mĂȘme si on peut observer pas mal de traces et on est sĂ»r qu’ils n’existent plus, sauf bien sĂ»r le souvenir que l’on peut en avoir ou retrouver. Mais le souvenir n’est pas la vie. Nous pouvons donc prendre en compte les assertions suivantes, Ă  savoir que l’origine de la vie c’est la simple rĂ©union de conditions particuliĂšres favorables comme le hasard peut en fournir, que la vie de chaque individu n’a aucun sens ni aucune destinĂ©e et que, aprĂšs la mort, il n’y a strictement rien.

    A ce stade, nous ne pouvons laisser de cĂŽtĂ© un concept qui a marquĂ© et marque encore notre histoire, c’est celui des divinitĂ©s. J’entends par lĂ  que l’homme a, au cours du temps, conceptualisĂ© quelque chose de diffĂ©rent de lui, d’extĂ©rieur Ă  lui, auquel il a donnĂ© une force incontrĂŽlable et l’ubiquitĂ©, c’est-Ă -dire une prĂ©sence partout Ă  la fois et une durĂ©e Ă©ternelle. Il est certain que cette invention a pour origine la crainte que l’homme a ressenti devant l’hostilitĂ© et la duretĂ© de son environnement terrestre, voire de ses congĂ©nĂšres. C’est bien une invention, parce que l’on peut suivre l’évolution de cette conceptualisation et elle va dans une seule direction. Au dĂ©but l’homme a mis des divinitĂ©s partout, dans l’arbre, dans la montagne, la riviĂšre, le moineau, le soleil et dans la mer. Petit Ă  petit, une rĂ©duction du nombre de divinitĂ©s est apparue, correspondant Ă  une meilleure maitrise de son environnement, pour arriver Ă  une cosmogonie plus simple, permettant le culte de quelques divinitĂ©s privilĂ©giĂ©es. Notons qu’au fur et Ă  mesure que le nombre de divinitĂ©s diminuait, leur pouvoir augmentait et le nombre des intermĂ©diaires aussi. Beaucoup plus tard, une grande Ă©volution s’est produite, correspondant Ă  un plus grand dĂ©veloppement des moyens humains comme l’agriculture ou l’écriture, et c’est l’avĂšnement du concept d’une unique divinitĂ©. LĂ  encore, cette unicitĂ© permettait un culte plus facile mais, aussi, une concentration de pouvoirs dans les mains des intermĂ©diaires, entre la divinitĂ© qui, du coup a Ă©tĂ© appelĂ©e le dieu, et la population que l’on a dĂ©signĂ© sous le nom de croyants. Le malheur a voulu que, malgrĂ© tout, plusieurs dieux se trouvent en prĂ©sence car chaque groupe humain avait le sien. Pour des raisons qu’il est difficile d’expliquer sans une manipulation explicite des croyants par des intermĂ©diaires, une certaine intolĂ©rance s’est dĂ©veloppĂ©e et le dieu est devenu un instrument de domination. D’oĂč des conflits entre croyants qui ont amenĂ© des guerres fratricides dont nous ne sommes pas encore sortis. Il faut vraiment insister sur le fait que ces dieux uniques lĂ  ont Ă©tĂ© utilisĂ©s par beaucoup d’hommes seulement pour asseoir leur soif de pouvoir, et que la population des croyants a Ă©tĂ© entretenue, et l’est encore, dans une ignorance et une prĂ©caritĂ© rendant plus facile le travail de conversion des intermĂ©diaires. Le rĂŽle de ces intermĂ©diaires et des institutions qu’ils ont créées dans notre histoire a Ă©tĂ© une Ă©norme catastrophe et, comme on l’a dit, ça continue. Il faut noter, quand mĂȘme, que dans beaucoup de groupes humains, ce n’est pas l’intolĂ©rance qui s’est dĂ©veloppĂ©e mais au contraire un certain respect des autres croyances. Mais ces groupes humains lĂ  n’ont, du coup, pas Ă©tĂ© envahissants et se sont trouvĂ©s dominĂ©s. Heureusement, l’évolution continue et il apparaĂźt qu’aujourd’hui se fait jour la fin de ces concepts, dans la mesure oĂč l’homme, mais pas encore tous les hommes, a acquis une certaine connaissance qui lui permet de se passer de l’assistance des divinitĂ©s. Ce qui ne veut pas dire que l’homme n’a plus peur de son environnement ou de ses concitoyens, mais que de nouveaux outils rationnels et mĂ©thodologiques ont transfĂ©rĂ© l’inconnu dans des domaines plus techniques et matĂ©riels oĂč les croyances ont peu de place, bien que la tendance demeure. Cependant, le travail Ă  faire est Ă©norme car on ne peut passer sous silence la persistance et l’entretien par nos sociĂ©tĂ©s d’un grand nombre de croyances, y compris techniques. Des croyances il en faut, mais pas de celles qui abaissent l’homme ou ne font que jouer avec sa crĂ©dulitĂ©.

    Ayant contournĂ© quelques obstacles, nous pouvons maintenant Ă©tablir une nouvelle assertion qui est que l’homme n’a reçu aucune consigne pour dominer le monde et qu’il est, seulement, un ĂȘtre vivant parmi les autres. Nous devons donc nous demander s’il a bien compris ce qu’il fait sur terre et surtout comment il le fait. D’une certaine maniĂšre, c’est une question rĂ©cente dans le sens oĂč l’on peut admettre qu’il n’était pas indispensable de se la poser avant. En effet, avant, l’homme ne connaissait pas les autres hommes, ni sa planĂšte, ni son univers. Depuis quelques annĂ©es, une Ă©tape a Ă©tĂ© franchie de ce point de vue lĂ , c’est-Ă -dire que tous les hommes de la terre ont Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ©s, que la terre aussi a Ă©tĂ© entiĂšrement cartographiĂ©e et que l’univers, mĂȘme s’il recĂšle encore bien des mystĂšres, permet de connaĂźtre notre environnement immĂ©diat et de comprendre que le prochain soleil est quand mĂȘme assez loin. La rĂ©union de ces constatations permet donc de se dire que les hommes sont une espĂšce vivante assez dynamique, qu’ils habitent une planĂšte tempĂ©rĂ©e et assez sympathique, et que si nous devions avoir des voisins dans l’univers, nous ne sommes pas prĂšs de les rencontrer, car mĂȘme Ă  supposer qu’ils soient dans notre proximitĂ©, le voyage durerait plusieurs dizaines de milliers d’annĂ©es, sans parler du retour. Bien sĂ»r pour se tĂ©lĂ©phoner ça prendrait moins de temps, mais il faudrait quand mĂȘme compter plus de dix ans pour entendre la rĂ©ponse Ă  sa premiĂšre question.

    En fait, l’homme est donc en train de prendre conscience de l’humanitĂ©, de son humanitĂ©. Clairement on peut affirmer que l’on en est qu’au dĂ©but. MĂȘme si ce mot a Ă©tĂ© et est utilisĂ© depuis des annĂ©es, la notion d’humanitĂ© est vraiment nouvelle, et si vous vous souvenez bien, le choc de la dĂ©couverte des amĂ©rindiens a dĂ©butĂ© par un dĂ©ni de la nature humaine des premiers autochtones. On parle encore beaucoup de races, de civilisĂ©s, de primitifs, tout cela faisant obstacle Ă  l’avĂšnement de l’humanitĂ© qui est tout simplement le nom de l’espĂšce humaine. Prendre conscience de l’humanitĂ©, c’est prendre conscience de son appartenance Ă  l’espĂšce et de sa propre individualitĂ©. C’est-Ă -dire que les hommes sont semblables, ce qui doit inspirer du respect et de l’attachement, mais aussi que ce n’est pas un individu qui fait l’espĂšce et donc d’une certaine maniĂšre l’individu compte peu, les groupes ou l’espĂšce entiĂšre Ă©tant plus significatifs. Attention cela ne doit pas ĂȘtre mal compris car ça ne veut pas dire que l’on peut sacrifier sans problĂšme un ou plusieurs individus, comme c’est le cas encore aujourd’hui, non ça veut dire que l’individu est social, qu’il ne peut pas exister sans les autres mais aussi qu’il est remplaçable, qu’il n’est qu’un parmi les autres. Ca veut dire aussi qu’aucune organisation ne peut reposer sur l’individualisme. HĂ©las sous l’effet du type de sociĂ©tĂ© que nous connaissons actuellement, l’organisation de l’espĂšce humaine a Ă©tĂ© atomisĂ©e, c’est Ă  dire Ă©clatĂ©e en groupes de plus en plus petit, de façon Ă  arriver Ă  un microcosme afin que chaque individu devienne un consommateur. La notion de famille monoparentale, contre-sens intrinsĂšque, reprĂ©sente l’aboutissement de cette logique. Les populations ont subi une Ă©norme pression depuis des centaines d’annĂ©es pour dissoudre les peuples, les groupes, les tribus et les familles. C’est une trĂšs mauvaise direction. Bien sĂ»r il y a eu des rĂ©actions et des rĂ©sistances, comme les communautĂ©s, les mafias, les associations, les sociĂ©tĂ©s secrĂštes, mais le retour Ă  des groupes humains fonctionnels n’est pas trop facile. On est dans la situation d’avoir Ă  tout reconstruire Ă  partir de l’éclatement dans lequel nous sommes, au moins en occident. Cependant, le prĂ©alable indispensable est un grand travail d’éducation et de prise de conscience de ce que signifie l’appartenance de l’homme Ă  son espĂšce. Il me semble que c’est commencĂ©, mais le reste Ă  faire est Ă©norme.

    Dans ce qui suit, nous allons prĂ©senter quelques illustrations de cette prise de conscience. Premier exemple, la multiplication. Sans se tromper, on peut dire que la reproduction effrĂ©nĂ©e est une des caractĂ©ristiques du vivant, comme si pour compenser la briĂšvetĂ© de chaque vie il fallait en multiplier le nombre. Cependant on doit se poser la question de savoir si la multiplication des individus doit conduire Ă  une augmentation illimitĂ©e de la population ou Ă  un renouvellement nĂ©cessaire au maintien. L’exemple des autres formes de vie semble conduire Ă  un mixte, Ă  savoir que, quand les conditions sont favorables, la population augmente, jusqu’à ce que cette augmentation ou une dĂ©tĂ©rioration des conditions favorables amĂšne une rĂ©gression voire une disparition, mĂȘme si avant cela des mĂ©canismes d’adaptation performants voient le jour. Pour l’espĂšce humaine, on a pu constater aussi qu’il en a Ă©tĂ© de mĂȘme, et la situation actuelle de finitude de l’espace disponible conduirait, plutĂŽt, Ă  une asymptote de l’humanitĂ©. Cependant on voit aussi que si d’un cĂŽtĂ© les conditions sont rĂ©unies pour l’augmentation de l’humanitĂ© jusqu’à l’asymptote, d’un autre cĂŽtĂ© les Ă©lĂ©ments pouvant entrainer une rĂ©gression ou une disparition complĂšte sont prĂ©sents. Dans ces conditions nous sommes peut-ĂȘtre au dĂ©but d’une grande phase d’adaptation dans laquelle est en jeu le mĂ©tabolisme de l’espĂšce. Par exemple, la phase d’augmentation de taille et de corpulence de l’homme pourrait marquer le pas et s’orienter vers une Ă©conomie, se traduisant peut-ĂȘtre par une rĂ©duction de taille mais avec une plus grande adaptabilitĂ© aux conditions que nous vivons et allons vivre. Bien sĂ»r l’exemple de la taille ne doit pas ĂȘtre pris comme le critĂšre de notre Ă©volution, mais comme une illustration de la maniĂšre dont l’homme peut montrer qu’il a compris comment vivre sur terre, puisque pour le moment nous n’avons pas d’autres endroits pour le faire.

    DeuxiĂšme exemple, le rapport entre l’individu et le collectif. Il ne faut pas nier qu’il y a lĂ  une grande contradiction, c’est-Ă -dire qu’à la fois un homme ne veut rien dire, puisqu’il serait mort le lendemain mais en mĂȘme temps le nĂ©cessaire collectif, quel qu’il soit, pose le problĂšme du conflit des individualitĂ©s. Cependant l’exemple du vivant et aussi le peu que l’on sait de notre histoire, indiquent que seule la survie du collectif compte, une fois de plus non pas par Ă©limination des individus gĂȘnants mais par un mĂ©canisme de reconnaissance, d’acceptation et de soumission. Le problĂšme de la soumission ne doit pas ĂȘtre pris Ă  la lĂ©gĂšre car son refus est la manifestation de l’individualisme nĂ©cessaire pour Ă©viter qu’un seul ou quelques uns s’emparent du collectif, bien que seule l’acceptation par chacun de sa place et non de toute la place permette le fonctionnement du collectif. Il est vrai que beaucoup de gens n’ont pas encore bien assimilĂ© cela, en particulier ceux qui ont eu ou ont encore la dĂ©marche de croire que la sociĂ©tĂ© c’est eux, ou d’accumuler de la richesse personnelle croyant peut ĂȘtre se prĂ©munir contre les vicissitudes de l’existence voire son inĂ©luctable issue. Seule la richesse collective est profitable Ă  l’homme, mais il est vrai que les inĂ©galitĂ©s de condition que prĂ©sente l’humanitĂ©, incite certains Ă  vouloir agir pour eux seuls. Cette prise de conscience de la nĂ©cessitĂ© du partage et de l’entraide va prendre encore beaucoup de temps, car je ne suis pas sĂ»r que le mouvement soit lancĂ©.

    Pour conclure, on peut dĂ©jĂ  Ă©noncer des consĂ©quences assez importantes de nos premiĂšres assertions et dire que l’homme est indissociable de la vie, des autres formes de vie et de tous les ĂȘtres vivants. L’homme ne peut pas se penser sans tous les autres ĂȘtres vivants, animaux, vĂ©gĂ©taux, bactĂ©ries et autres organismes. On peut donc, sans se tromper, dire qu’en ce moment l’homme fait fausse route en traitant une grande partie des ĂȘtres vivants comme des objets, voire en les maltraitant. Cependant il faut encore prĂ©ciser que certains pourraient penser que la disparition des animaux n’est pas catastrophique et envisager que l’homme reste le seul ĂȘtre vivant sur la terre. Cette perspective n’est pas sĂ©rieuse, car l’homme est lui-mĂȘme composĂ© d’ĂȘtres vivants et cette imbrication ne peut se rĂ©soudre sauf Ă  faire des robots. Il est vrai que c’est peut-ĂȘtre, lĂ  encore, le projet de quelques uns, de crĂ©er eux-mĂȘmes un homme nouveau en dotant des machines ou la matiĂšre de la pensĂ©e. Il y a cependant un obstacle Ă  cela, qui est que l’homme ne peut pas penser un homme plus homme que lui. Le plus que l’homme peut penser c’est ce qu’il est lui-mĂȘme, l’idĂ©e qu’il se fait de lui mĂȘme. Je ne parle pas ici de logiciel, ou de puissance de calcul qui peuvent jouer un grand rĂŽle, non je parle de la conscience et de la connaissance que l’homme a de lui mĂȘme. L’homme a inventĂ© l’homme, il lui faut maintenant inventer l’humanitĂ©. Inventer l’humanitĂ©, c’est construire le domaine de vie de l’espĂšce humaine. Presque tous les animaux ont dĂ©jĂ  rĂ©ussi cela. Pour l’homme, c’est encore trĂšs loin tant les conditions de vie de la plupart des individus sont innommables. Inventer l’humanitĂ©, c’est  mettre en pratique le concept que l’homme est indissociable des autres formes de vie et qu’il en va de sa survie de protĂ©ger la vie sous toutes ses formes. Et ce n’est vraiment pas ce qu’il fait pour le moment.

    Michel Costadau

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    Pour ce second plaidoyer on va surtout insister sur ce que j’appelle l’avĂšnement de l’humanitĂ© en analysant les blocages que cette Ă©volution rencontre. En effet les aspects fondamentaux de la prise de conscience que les hommes appartiennent tous Ă  la mĂȘme espĂšce sont, pour le moment, non intĂ©grĂ© dans le comportement des individus et le fonctionnement des sociĂ©tĂ©s. Parce qu’en fait ce sont tous les hommes, sans exceptions, et pas seulement certains qui composent l’espĂšce. Tous. Mais au contraire, ce qui est le plus mis en avant c’est la diffĂ©rence et non pas l’identitĂ©. Alors qu’il n’y a aucune diffĂ©rence entre deux individus. Ce qui est diffĂ©rent c’est le genre de vie et non pas l’essence de chaque personne. Et sur terre il n’y a pas des sociĂ©tĂ©s plus avancĂ©es que les autres, il n’y a pas des hommes plus Ă©voluĂ©s que les autres, il n’y a pas des entitĂ©s vivant mieux que les autres. Il n’y a pas des peuples, des nations, des pays. Non il y a un seul groupe et chaque individu en fait partie et c’est l’humanitĂ©. On, je dis on mais on sait trĂšs bien qui c’est, a mĂȘme inventĂ© cette aberration de la loi de la jungle, comme si tout homme devait ĂȘtre un ennemi. La jungle qui est en vogue ici est un fantasme de l’esprit et uniquement Ă  usage de l’espĂšce humaine. Les autres ĂȘtres vivants se dĂ©brouillent trĂšs bien sans cette pseudo loi. Chaque espĂšce animale ou vĂ©gĂ©tale a son milieu, son biotope. Dans le cotĂ© animal du vivant ne rĂšgne pas la loi de la jungle mais au contraire les rĂšgles de l’espĂšce. Alors vous allez me dire que les lions mangent des gazelles et que la folle avoine envahit le blĂ©. Certes mais c’est ça un biotope. D’une part les lions ne se mangent pas entre eux et d’autres part les lions ne dominent pas les gazelles, ni ne les parquent dans des rĂ©serves, ni ne les exploitent pour leur propre usage. En fait, les gazelles ont une place dans la vie des lions et les lions ont une place dans la vie des gazelles. Un des concepts fondamentaux de l’avĂšnement de l’humanitĂ©, c’est que l’espĂšce est unique, que les individus sont nombreux et identiques et que chaque individu a une place. La prise de conscience par l’homme de l’humanitĂ© c’est de faire, trouver, accepter que chacun  ait une place, sa place. Ca n’a aucun rapport avec l’égalitĂ© qui est une invention des commerçants. Au contraire chaque individu ayant des aptitudes et chaque sociĂ©tĂ© ayant des besoins, chacun doit avoir une place qui lui soit propre. En fait c’est assez spontanĂ©ment que chaque homme arrive Ă  trouver sa place, c’est une dĂ©marche naturelle. Le problĂšme c’est quand on ne veut pas qu’il ait de place. Que ce soit dans la famille, dans la sociĂ©tĂ© dans le boulot, dans le couple, dans la ville, le refus d’une  place Ă  certains est le plus grand obstacle au dĂ©veloppement de l’humanitĂ©. Quand un enfant est mal acceptĂ© dans sa famille, quand certains sont ostracisĂ©s dans la sociĂ©tĂ©, quand des collĂšgues dĂ©zinguent un salariĂ©, quand le conjoint ou l’ami est en trop dans le couple ou quand des personnes sont parquĂ©s dans un coin de la ville, Ă  chaque fois les hommes trinquent et l’humanitĂ© recule. En plus cette non-place peut dĂ©clencher des rĂ©actions qui amplifient le mĂ©canisme et crĂ©ent comme une surenchĂšre pernicieuse. D’une part ceux qui ont des grosses voitures, de grosse maisons, un gros tombeau manifestent ainsi qu’ils n’ont pas de place et essayent par ce moyen de faire comme s’ils avaient une place parce que quand on a sa place on a pas besoin de forcer la dose. D’autre part, ceux qui acceptent de ne pas avoir de place font indirectement le jeu des  exploiteurs qui n’ont pas envie que l’humanitĂ© avance.

     

    Dans l’espĂšce humaine comme dans toutes les espĂšces, les individus se doivent respect et solidaritĂ©.

    Ca veut dire qu’il est interdit de tuer, que l’acte de tuer ne peut ĂȘtre justifiĂ©, autorisĂ©, encouragĂ© par qui que ce soit. Ca veut dire qu’il est interdit d’abattre quelqu’individu que ce soit, qu’il soit promeneur, armĂ©, chanteur, assassin, chasseur, terroriste ou ministre. Interdit c’est interdit, il n’y a pas de petite porte pour justifiĂ© la moindre exĂ©cution. Tous sont des meurtres, injustes et injustifiables.

    On a dit qu’on y reviendrait, on y revient. Au dĂ©part il y a deux domaines de rĂ©flexion dans ce sujet : les connaissances, c’est-Ă -dire qu’est ce que l’homme a appris sur le monde et sur lui, et l’émergence de l’humanitĂ© comme composante de la vie, c’est-Ă -dire la dĂ©clinaison de son humanitĂ© dans son mode de fonctionnement. Ce deuxiĂšme aspect se dĂ©compose lui-mĂȘme en en un grand nombre de points.

    Arguments intĂ©ressants : -y en a mare de culpabiliser pour l’occident, il a plus avancĂ© que les autres qui en sont restĂ©s Ă  des idĂ©es fanatiques, – sortir de l’euro ne peut pas se faire Ă  un seul pays,

     

    Attention la phrase qui suit est un peu compliquĂ©e. Il y a quelque chose de flippant dans l’auto-entretien des courants de pensĂ©es dĂ©viĂ©es au sein des regroupements gĂ©ographiques de populations couvertes par la diffusion  ciblĂ©e de mĂ©dias. Je m’explique : il y a, par exemple, quelques personnes qui pensent qu’il faut interdire les Ă©coles aux noirs. Disons au dĂ©part qu’ils ne sont que trois. Dans leur quartier ou leur village ils vont au cafĂ© et lĂ  ils disent ce qu’ils pensent pour que d’autres les entendent. Ceux qui ne sont pas d’accord ne disent rien parce qu’il faut vraiment ĂȘtre demeurĂ©s pour dire cela. Par contre y en a un qui se trouve d’accord avec ça et qui le dit. De fil en aiguille les quelques du dĂ©but se sentent plus nombreux et trouvent quelqu’un pour Ă©crire ça dans un PQR, genre La DĂ©pĂȘche. A la lecture plein de personnes se disent : lĂ  quand mĂȘme ils exagĂšrent, mais d’autres ont le sentiment de vivre enfin un instant de bonheur et du coup le disent Ă  quelques copains ou relations. Un jour en se retrouvant sur un parking, quelques uns de ces anti-noirs se mettent Ă  discuter, en se disant mais pourquoi on ne fait rien. Moi je n’ai pas peur d’eux, il faut agir, t’as raison, y en a marre, si on ne dit rien ça va continuer, y a qu’a leur interdire d’entrer, ca c’est sĂ»r, ils prennent nos places, on a le droit avec nous, demain on y va, prend ta matraque ça peut servir, t’en fais pas je l’ai toujours sur moi, bon alors demain 9h, oui, oui , oui.

    Le lendemain, confusion devant l’école, des personnes font une action, des noirs empĂȘchĂ©s d’accĂ©der Ă  l’école, les gens ne savent pas ce qui se passe. Alors arrive l’article du PQR local : des citoyens indignĂ©s font entendre leur voix, ils demandent une rĂ©forme pour ne pas ĂȘtre exclus alors que d’autres ont tous les droits, cette action n’a durĂ© que quelques heures et l’ordre est revenu en fin de matinĂ©e. En bout de ligne une demi-phrase pour dire que certains ont trouvĂ©s ça malsain. Devant ce succĂšs les mĂȘme se disent il faut recommencer. Alors arrive la tĂ©lĂ© locale avec interviews et images, on ne comprend rien, on ne nous Ă©coute pas, mais que fait le pouvoir, et une demi-phrase pour dire qu’une personne a dit qu’il faudrait rĂ©agir Ă  ces propos haineux. Ensuite, au cafĂ©, sur le parking, devant l’entrĂ©e de la boite tous les hĂ©ros de ces actions se congratulent, se fĂ©licitent et entretiennent l’idĂ©e de recommencer. Pourtant ils ne sont toujours que douze. Alors arrivent les politiques. Oui aux uns et aussi oui aux autres comme ça y a pas de jaloux. Du coup le journal en parle encore. Et le journal, la tĂ©lĂ©, les chasseurs, les politiques continuent Ă  dire qu’il y a problĂšme, mais on ne sait pas si le problĂšme c’est qu’il y ait des noirs Ă  l’école ou au contraire qu’il, y ait une action pour les empĂȘcher d’y aller. Et les anti-noirs qui ne sont toujours que douze, se frottent les mains se tapent sur les cuisses avec tous leurs copains de cafĂ©, de boulot, de parking, de chasses et le niveau des propos atteint des sommets de haine et de vulgaritĂ©. On se gargarise, on se pavane, on ne se tient plus.

    Alors arrive l’incident, au cours d’une nouvelle action un passant est blessĂ© par deux anti-noirs. Plainte est dĂ©posĂ©e contre deux anti-noirs. Une action en justice est en cours. Comme d’habitude la justice est lente mais Ă  la fin il n’y a pas de jugement car il y a non lieu c’est-Ă -dire que tout le monde est blanchi car seul un malheureux concours de circonstances peut ĂȘtre retenu. Ca veut dire qu’un permis de tuer vient d’ĂȘtre dĂ©livrĂ©. C’est comme ça que ça marche. Cette histoire m’inspire plusieurs remarques. D’abord l’effet de bandes, c’est-Ă -dire que certains regroupements permettent des dĂ©collages de pensĂ©es haineuses auto-entretenues. DĂ©collage et mĂȘme vol de croisiĂšre parce que c’est fait pour durer. Le principe est que de se mettre en situation de non contestation interne, ce qui permet tous les dĂ©rapages puisqu’ils ne sont pas bornĂ©s ou bordĂ©s  par des  remarques de non consentement. Bien au contraire cette pseudo unanimitĂ© dĂ©veloppe chez chaque participants un sentiment d’exaltation qui concours et au bien ĂȘtre individuel et Ă  la continuation de la pratique hĂ©gĂ©monique. A dĂ©velopper.

    Ensuite une demande de justice prĂ©ventive. Dans le cas de violence d’un ou de plusieurs individus sur un ou plusieurs autres, il semble que l’intention ou la prĂ©mĂ©ditation soient essentiels pour envisager une condamnation. En fait, tout ça est pipĂ© puisque de nos jours il est clair qu’il faut qu’une agression ait Ă©tĂ© commise pour que la justice puisse s’enclencher. En consĂ©quence les instigateurs de troubles potentiels ne peuvent ĂȘtre atteint qu’au travers du pauvre imbĂ©cile qui traduite en acte concret les propos des commanditaires implicites. Si, au contraire, la justice, Ă  supposer qu’elle soit indĂ©pendante bien sur, s’intĂ©ressait aux consĂ©quences explicites des agissements des dĂ©tenteurs de pouvoirs, on Ă©viterait  bien des situations catastrophiques. Par exemple, l’envoi par quelques Ă©nergumĂšnes irresponsables de bombardiers sur la Syrie, pays qui ne nous a jamais rien fait, devrait ainsi ĂȘtre jugĂ©e « à consĂ©quences graves » et donc condamnĂ© ou tout au moins empĂȘchĂ©.

     

    Pour inventer l’humanitĂ© faut vraiment se remuer. J’ai des idĂ©es mais il en faudrait beaucoup d’autres

    Dans tout ce qui prĂ©cĂšde quand je dis l’homme, je parle bien sur des hommes et des femmes. Toujours dans le champ de comment l’homme dĂ©veloppe son humanitĂ©, nous ne pouvons Ă©chapper Ă  la question du sexe. Le sujet n’est pas facile, car d’un cotĂ© il est certains que les hommes sont trĂšs diffĂ©rents des femmes et d’un autre cotĂ©, ils sont indissociablement uni dans la multiplication de l’espĂšce. Les hommes et les femmes composent Ă  part entiĂšre l’humanitĂ©, mais est ce qu’on peut dire Ă  part Ă©gale. Surement pas car dans l’espĂšce humaine ils n’ont pas le mĂȘme rĂŽle et il est donc illusoire de parler d’égalitĂ©. L’égalitĂ© homme femme c’est comme l’égalitĂ© des chances dans le systĂšme scolaire qui est d’une hypocrisie difficilement supportable. La question posĂ©e c’est comment prendre en compte qu’il y a beaucoup plus de diffĂ©rence entre un homme et une femme qu’entre un congolais et un chinois. Je suis assez surpris que depuis longtemps semble t il l’organisation de l’espĂšce humaine soit centrĂ©e sur le mĂąle. Ce n’est largement pas le cas dans la vie animale. Il faut donc envisager une Ă©volution, comme le fut la dĂ©couverte de l’hĂ©liocentrisme, qui consisterait Ă  dĂ©placer des hommes vers les femmes le centre de l’organisation de l’espĂšce humaine, les hommes n’étant au final pas si utile que ça oĂč tout au moins pas en si grand nombre. Il y a d’ailleurs de l’agitation dans ce domaine avec divers mode de fĂ©condation, ainsi qu’avec des manipulations pas toujours trĂšs claires. Cependant toute cette agitation a une certaine propension Ă  se passer des hommes, bien que le patrimoine gĂ©nĂ©tique soit assez bien rĂ©parti entre hommes et femmes. On y reviendra.

    Michel Costadau

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    Pour moi, comme pour vous je suppose, l’humanitĂ© va clairement dans le mur, c’est-Ă -dire dans une fuite en avant dĂ©vastatrice. Il est donc indispensable de corriger le tir mais comment ? Eh oui comment revenir Ă  la dĂ©mocratie ou plutĂŽt inventer la dĂ©mocratie car la libertĂ© est battue en brĂšche partout dans le monde. Je ne crois pas qu’il s’agisse de faire des rĂ©formes, des rĂ©volutions ou n’importe quelle prise de pouvoir. En fait c’est une toute nouvelle approche Ă  laquelle je pense.

    • En premier lieu la nouvelle approche concerne la taille des structures de fonctionnement de la dĂ©mocratie. En clair les pays sont beaucoup trop gros, trop grands. Cette dimension n’est en aucune façon une conquĂȘte de la population ou une avancĂ©e de la dĂ©mocratie. D’ailleurs le concept de dĂ©mocratie a Ă©tĂ© Ă©tabli dans de petites citĂ©s et concernait quelques milliers de personnes. L’accroissement de la taille des pays ne rĂ©sulte que de l’appropriation de nouveaux territoires par la classe dominante. Cette taille est, aujourd’hui, le socle du pouvoir discrĂ©tionnaire des politiques qui ont du fait du nombre la possibilitĂ© de ne rendre de comptes Ă  personne. On y reviendra.
    • En deuxiĂšme lieu dans cette nouvelle approche l’homme doit totalement reconsidĂ©rer son positionnement par rapport Ă  tous les autres ĂȘtres vivants. Aujourd’hui le systĂšme a tendance Ă  considĂ©rer que l’homme est la seule espĂšce vivant sur cette planĂšte. Alors que bien au contraire l’homme n’est qu’une des formes de vie parmi des milliers d’autres. La classe dominante semble avoir dĂ©clarĂ© la guerre Ă  toutes les autres espĂšces et cette folie est, d’une part la base du pillage de la planĂšte, mais surtout ne prend pas en compte l’osmose nĂ©cessaire entre les espĂšces, qu’elles soient de notre taille, plus grandes ou microscopiques. On y reviendra.
    • Un troisiĂšme aspect de la nouvelle approche se situe dans le domaine des diffĂ©rences hommes femmes. C’est une Ă©vidence que les hommes et les femmes ont Ă  la fois des particularitĂ©s notables mais aussi beaucoup de points communs mais ce n’est pas une raison pour justifier un fonctionnement exclusivement masculin comme c’est le cas aujourd’hui. L’égalitĂ© est la chose la plus bĂȘte du monde et dans la sociĂ©tĂ© il y a beaucoup de cases pour les hommes mais une seule pour les femmes. Cette phobie est Ă©videmment entretenue par les hommes et elle est nĂ©cessaire aux politiques pour continuer Ă  dominer les populations. On y reviendra aussi.
    • Le quatriĂšme aspect parmi les Ă©lĂ©ments de cette nouvelle approche est le plus urgent et concerne l’éducation ou la connaissance si vous prĂ©fĂ©rez. L’humanitĂ© est gravement inculte et cela de plus en plus. C’est le problĂšme majeur de notre Ă©poque. La plupart des humains, en France aussi bien sĂ»r, sont loin de profiter des connaissances minimums pour se dĂ©brouiller dans la vie. Ces connaissances sont l’apanage de quelques uns seulement. Sur tous les continents hommes et femmes sont maintenus, volontairement, dans la plus grande ignorance. Et cela concerne tous les domaines : techniques, sociologiques, psychologiques ou culturels. Cette carence est le terrain de prĂ©dilection des profiteurs en tous genre surtout politiques et religieux. On y reviendra.

    Essayons de développer chacun de ces quatre points.

    TAILLE DES STRUCTURES

    Clairement la dĂ©mocratie n’est pas compatible avec la quantitĂ©. Pour donner une image un Ă©lu pour 60 millions de citoyens voire un pour 300 millions n’a aucun rapport avec le contrĂŽle par la population de son systĂšme politique. Par contre c’est plutĂŽt reprĂ©sentatif de la royautĂ© ou d’autres formes de tyrannie qui ont eue leur heure de gloire, il y a longtemps pour nous, mais hĂ©las encore actuellement pour certains. En fait il y a un Ă©norme quiproquo depuis le dĂ©but. La citĂ© grecque souvent considĂ©rĂ©e comme le prototype de la dĂ©mocratie reposait sur une sociĂ©tĂ© de castes qui faisait qu’un petit nombre de citoyens contrĂŽlait l’ensemble de la citĂ©. Certes entre les citoyens dits libres rĂ©gnait un certain partage du pouvoir, mais mĂȘme lĂ  un petit sous nombre tirait toutes les ficelles. L’ambigĂŒitĂ© a Ă©tĂ© complĂšte quand il s’est agit, il y a un peu plus de deux cents ans, de remplacer la royautĂ© car le modĂšle athĂ©nien a Ă©tĂ© montĂ© au pinacle bien que totalement inadaptĂ© Ă  cause de son fonctionnement basĂ© sur le petit nombre. Soyons clair la dĂ©mocratie, Ă  supposer que l’on sache ce que c’est, est absolument illusoire avec 60 millions d’habitants, pas plus qu’avec 6 millions ou  mĂȘme 600 mille. La notion de dĂ©lĂ©gation, excellente au demeurant, ne marche qu’avec un reprĂ©sentant pour une centaine de personnes, ce qui fait qu’une assemblĂ©e locale Ă  taille humaine  d’une centaine de personne concerne au maximum 10 mille citoyens. La taille de la dĂ©mocratie est donc d’environ 10 000 personnes. Ce n’est bien sur pas une dĂ©monstration mais une simple rĂ©flexion. Dans ces conditions en France nous devrions avoir environ 6 000 pays dĂ©mocratiques ayant chacun leurs assemblĂ©es, leurs lois, leur justice, et leur Ă©ducation.

    Ce qui gĂšne le plus dans la taille des structures c’est l’éloignement des Ă©lus des citoyens. Les Ă©lus doivent par essence prendre des avis et rendre des comptes. Rendre des comptes c’est un Ă©change d’informations et d’opinions entre la population et ses reprĂ©sentants. Est-ce que vous accepteriez un dĂ©lĂ©guĂ© de parents d’élĂšve pour 100 000 enfants. Comment voulez vous qu’un dĂ©putĂ© rende des comptes Ă  100 000 personnes. Ca n’a pas de sens. Or des Ă©lus qui ne rendent pas de comptes ça n’a aucun rapport avec la dĂ©mocratie. En plus la notion de dĂ©lĂ©guĂ© de dĂ©lĂ©guĂ© est catastrophique car elle coupe dĂ©finitivement le lien entre Ă©lus et population. BĂąties sur ce principe, les communautĂ©s de communes, les agglomĂ©rations ou les chambres hautes sont la porte ouverte Ă  la mainmise de la classe politique sur les institutions. De mĂȘme que les sociĂ©tĂ©s industrielles ou les coopĂ©ratives ont rĂ©ussies par le principe des conseils d’administration Ă  se dĂ©barrasser des petits sociĂ©taires ou actionnaires, de mĂȘme les politiques se sont dĂ©barrassĂ©s de leurs Ă©lecteurs. Aujourd’hui nous avons des Ă©lus qui fonctionnent en circuit fermĂ©, c’est-Ă -dire entre eux et avec le petit nombre de dĂ©cideurs qui compose leur rĂ©seau. Vous savez il ne faut pas chercher plus loin les dysfonctionnements  de notre systĂšme politique. Et ce n’est pas en votant pour un parti ou pour un autre que ça va changer puisque le systĂšme est viciĂ© Ă  la base. Bien sur pour mettre en musique cette dĂ©construction de nos institutions il faut utiliser les moyens de rĂ©seaux, qui ont toujours existĂ©s, mais qui sont maintenant assez connus.

    LE VIVANT

    Chacun peut constater qu’il y a beaucoup de vie et d’ĂȘtres vivants sur terre. Et ils sont tous nĂ©s en mĂȘme temps, c’est Ă  dire lorsque la vie est apparue, parce qu’il n’y a qu’une seule vie. Contrairement au mode de pensĂ©e dominant  nous sommes bien loin d’ĂȘtre les seuls ĂȘtres vivants. D’une certaine maniĂšre tous les ĂȘtres vivants sont notre famille. Il y a bien sur ceux qui nous ressemblent, comme beaucoup d’animaux mais aussi ceux qui sont trĂšs diffĂ©rents comme les bactĂ©ries ou les vĂ©gĂ©taux. Sommes-nous une espĂšce vivante supĂ©rieure. Je dirai plutĂŽt que, dans certains domaines nous sommes un peu en avance et dans d’autres en retard. Par exemple nous sommes en avance pour le langage articulĂ©. Celui-ci est apparu tardivement, c’est Ă  dire  aprĂšs de longues annĂ©es d’évolution de l’homme. Que d’autres espĂšces puissent un jour acquĂ©rir le langage me parait logique mĂȘme si c’est difficilement prĂ©visible. A l’inverse le pilotage de vol d’une hirondelle a quelque chose de stupĂ©fiant par rapport Ă  nos propres possibilitĂ©s. De mĂȘme d’autres espĂšces ont pu acquĂ©rir des capacitĂ©s, par exemple collectives, que nous, hommes, n’avons pas encore. En particulier le concept de population. Clairement les ĂȘtres vivants fonctionnent en termes de population et c’est grĂące Ă  cela qu’ils assurent leur pĂ©rennitĂ©. J’ai le sentiment que l’homme a lui aussi dĂ©jĂ  fonctionnĂ© en termes de population, mais que depuis ce que l’on appelle la civilisation, un intrus s’est glissĂ© dans notre paysage c’est-Ă -dire l’individu. Aujourd’hui nous en sommes Ă  la primautĂ© de l’individu sur la population, voire mĂȘme de l’organe sur l’individu, c’est probablement une Ă©tape paroxysmique qui pourrait nous enterrer si nous ne rĂ©agissons pas. Pour moi le vivant fait un tout qui doit se dĂ©velopper ensemble. Sur certains aspects cette approche est dĂ©jĂ  pratiquĂ©e. Par exemple quand on cherche s’il y a du vivant sur d’autres planĂštes, on ne cherche pas s’il y a des hommes, mais n’importe quelle combinaison de molĂ©cules qui indiquerait un organisme. Cependant d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale la synergie de l’homme avec le vivant est encore balbutiante. En fait beaucoup de personnes butent sur les mĂ©canismes d’évolution du vivant. Comment passer d’une bactĂ©rie Ă  des hommes ou Ă  des arbres sans magie. Essayons d’expliquer un peu. Si nous considĂ©rons l’ensemble conducteur/voiture comme un organisme, il est facile de voir que ce que l’on appelle l’évolution a trĂšs bien fonctionnĂ© avec par exemple la place des rĂ©troviseurs ou du volant et demain la voiture  plus autonome qui n’est qu’un nouveau stade de l’évolution de l’organisme conducteur/voiture. Le vivant c’est comme ça que ca Ă©volue. Une fois de plus ce n’est pas une dĂ©monstration mais une illustration. Par ailleurs beaucoup de gens sont prĂ©occupĂ©s par l’accroissement du nombre de personnes sur terre. Ca me semble un faux problĂšme puisque le vivant nous apprend qu’il y a presque toujours une auto rĂ©gulation, mĂȘme si ça prend un peu de temps. Ceci dit il y a lĂ  une question Ă  surveiller.

    Pour respecter la vie le souci n’est pas tant d’éviter d’écraser des fourmis en marchant, que de trouver notre place dans l’imbrication du vivant. L’homme a dĂ©couvert il y a une centaine d’annĂ©e que le vivant c’est de la chimie. Seulement au lieu de s’interroger sur sa place dans la chaĂźne des organismes, il a foncĂ© dans une guerre totale au vivant. Je ne parle pas des guerres mondiales mais de la guerre chimique contre tout ce qui est vivant. Il y a une exacerbation de la dĂ©fense de l’homme en tant qu’organisme, comme s’il Ă©tait possible de protĂ©ger la vie humaine en bombardant ou empoisonnant les autres ĂȘtres vivants y compris les cellules. Je ne dis pas qu’il ne faut pas se soigner, pas du tout, mais il faut surtout Ă©viter de se rendre malade. Il faut intĂ©grer que le principe mĂȘme du vivant c’est la durĂ©e de vie limitĂ©e. Prolonger la durĂ©e de vie humaine n’est pas un progrĂšs si ça s’accompagne de la destruction de toutes autres formes de vie sur terre. En fait nous ne savons pas grand chose de la vie, ni de son Ă©volution. La reprise ne main de ce sujet est donc urgente, car ceux auxquels nous donnons du pouvoir aujourd’hui, financiers et politiciens sont clairement nos fossoyeurs. Ils ont d’ailleurs mis en avant un leurre qui est le rĂ©chauffement climatique afin de donner du grain Ă  moudre aux Ă©colos et continuer pendant ce temps leur destruction du vivant.

    HOMMES/FEMMES

    Sujet dĂ©licat s’il en est mais en tous cas vraiment d’actualitĂ© en ce moment. HonnĂȘtement aujourd’hui les femmes ne sont pas considĂ©rĂ©es et sont classĂ©es comme un sous espĂšce des hommes. L’humanitĂ© est trempĂ© dans le masculin de A Ă  Z. Fort heureusement cette andro-tyrannie ne rĂšgne pas dans toutes les espĂšces vivantes. On pourrait, d’ailleurs, presque dire que pour le moment l’essai de mĂ©canisme de reproduction par individus sexuĂ©s n’est pas trĂšs concluant. La question est bel et bien de savoir pourquoi le seul rĂŽle dĂ©volu aux femmes est la reproduction. Il me semble qu’on loupe quelque chose si l’on considĂšre les femmes seulement comme des gĂ©nitrices. Certes la reproduction est la clĂ© du vivant puisque son cotĂ© Ă©phĂ©mĂšre le menace constamment de disparition. Mais de lĂ  Ă  diviser les rĂŽles Ă  ce point il y a de quoi s’interroger. On manque cruellement d’information sur le rĂŽle des femmes chez nos ancĂȘtres, je veux dire sur la maniĂšre dont les femmes vivaient le fait d’ĂȘtre femme. Il semble que nous venions de la mĂȘme pratique que les primates, un homme pour un groupe de femmes, celui-ci se contentant de garder un territoire ou un homme pourvoyeur pour une ou plusieurs femmes, comme c’est le cas aujourd’hui. Peut ĂȘtre plusieurs hommes pour plusieurs groupes de femmes, sachant qu’il me semble que l’homme a toujours Ă©tĂ© grĂ©gaire. L’évolution menant Ă  un homme pour une femme est donc trĂšs rĂ©cente, comme en tĂ©moigne les traces archaĂŻques de polygamie que l’on constate encore. De toute façon j’ai le sentiment que depuis quelques milliers d’annĂ©es, seuls les hommes ont pensĂ© les femmes. Le dernier avatar rĂ©cent dit de la libĂ©ration de la femme est consternant. Cette notion d’égalitĂ© est franchement pathĂ©tique. Je l’ai dĂ©jĂ  dit, ce qui compte dans une sociĂ©tĂ© c’est que chaque individu ait une place, sa place. Seulement depuis un moment personne n’a plus de place dans nos sociĂ©tĂ©s. Alors faire aux femmes une place Ă©gale Ă  celle des hommes relĂšve de la duperie et du mensonge. J’ai bien vu, pour l’avoir vĂ©cu, que les dĂ©buts de la rĂ©volte fĂ©minine cherchaient Ă  inventer un monde pour les femmes, Ă©tant clairement Ă©tabli que le monde disponible ne faisait de la place qu’aux hommes. HĂ©las cette direction a bien vite Ă©tĂ© abandonnĂ©e. Je crois qu’il reste Ă  rouvrir cette piste. De toute façon la place des hommes dans le monde actuel ne peut pas durer. Peut ĂȘtre nĂŽtre civilisation va disparaitre, mais si nous survivons, ce ne sera surement pas Ă  cause des hommes. Il sera nĂ©cessaire de mettre en Ɠuvre les nouvelles approches Ă©voquĂ©es plus haut et en particulier un monde pour les femmes. Les femmes ne sont pas plus faibles, plus douces, plus sensibles, plus fragiles que les hommes, non plus que moins conceptuelles ou moins courageuses. Ca ce n’est qu’un dĂ©calque, que du masculino-centrisme. Non les femmes sont diffĂ©rentes, j’allais dire infiniment diffĂ©rentes. Bien sur il ne s’agit pas d’une autre espĂšce, hommes et femmes nous sommes l’espĂšce humaine. Mais d’autres ĂȘtre vivants ont aussi des mĂąles et des femelles et je crois que l’on ferait bien de s’en inspirer pour notre propre Ă©volution.

    La destruction des rapports hommes femmes a Ă©tĂ© encouragĂ©e par l’acculturation que nous constatons aujourd’hui et ce mal ĂȘtre rejaillit immĂ©diatement sur l’éducation ou plutĂŽt l’élevage des enfants. Aucun parent ne sait comment Ă©lever ses enfants et d’ailleurs ils n’ont aucune possibilitĂ© d’apprendre cela. L’atomisation de la sociĂ©tĂ© crĂ©e par le soi disant « progrĂšs » transforme chaque individu y compris les enfants en consommateurs et a tendance Ă  supprimer toute possibilitĂ© de coopĂ©ration entre gĂ©nĂ©rations. Il laisse seul et isolĂ© chaque individu face au systĂšme Ă©conomique. De plus ce savoir lĂ  d’éducation ne s’acquiert, partiellement qui plus est, que par l’expĂ©rience. Et encore Ă  condition d’ĂȘtre en mesure de le faire sur une certaine durĂ©e  et dans des conditions de confort matĂ©riel et moral suffisantes. Ce qui n’est absolument le cas dans nos sociĂ©tĂ©s dites Ă©voluĂ©es.

    EDUCATION

    Il n’est bien sĂ»r pas question de faire de chaque humain un savant ou de croire que tout le monde doit apprendre le contenu des encyclopĂ©dies. Pas du tout il s’agit tout simplement de doter chaque individu d’un bagage permettant une capacitĂ© de jugement correcte. Pour cela en fait il faut apprendre mais surtout dĂ©sapprendre. DĂ©sapprendre l’histoire factice des manuels scolaires, dĂ©sapprendre les croyances religieuses, dĂ©sapprendre les leçons de morale toutes faites, dĂ©sapprendre la soumission, dĂ©sapprendre l’endoctrinement. Pour dire ça d’une maniĂšre plus drĂŽle : ne pas prendre les brĂšves de comptoir pour un programme. Par exemple lutter contre l’obscurantisme religieux passe par l’information et la formation de la population. Les religions sont le symptĂŽme de l’ignorance des gens. Elles ne se combattent pas par la philosophie ou la simple dĂ©nonciation des croyances mais par un Ă©norme effort d’éducation et d’enseignement des connaissances les plus simples.

    Le but de la capacitĂ© de jugement c’est, surtout, d’éviter de tomber dans les piĂšges tendus par les autres ou par son environnement et c’est aussi l’aptitude Ă  garder un certain contrĂŽle de son existence dans ses rapports avec la sociĂ©tĂ©.

    L’humanitĂ© existe et se reproduit depuis de longues annĂ©es et est passĂ©e de petites cellules humaines Ă  des regroupements gigantesques de population. Jusqu’à il y a quelques milliers d’annĂ©es l’éducation Ă©tait au centre du fonctionnement de petites structures. Depuis, ce fonctionnement naturel s’est perdu, Ă  tel point qu’il a fallu inventer pour les enfants, il y a quelques centaines d’annĂ©es, l’école.

    Prioritairement l’éducation doit beaucoup mieux cerner les mĂ©canismes d’apprentissage. Par exemple celui de la « forĂȘt », c’est-Ă -dire que la connaissance ne s’acquiert que par empilement successifs de savoirs partiels. Pour dĂ©couvrir toutes les essences d’une forĂȘt le mĂ©canisme est d’apprendre Ă  reconnaitre un arbre, puis celui-ci Ă©tant bien connu de passer Ă  un deuxiĂšme. En effet devant une forĂȘt personne ne peut apprendre tous les arbres Ă  la fois. Il faut de la mĂ©thode surtout pour les enfants. Ceci est bien connu des Ă©ducateurs mais pas du tout mis en Ɠuvre. Rien n’est plus grotesque que de programmer les apprentissages par tranche d’ñge, ou par grosse masse d’enfants.

    De mĂȘme on ne doit pas noter les connaissances comme c’est le cas actuellement mais seulement les activitĂ©s. En effet les connaissances doivent ĂȘtre acquises par tous et donc ne peuvent faire l’objet d’une quelconque discrimination. Et pour ces acquisitions ce n’est pas le temps qui compte mais le rĂ©sultat. En exagĂ©rant, s’il faut un an Ă  un enfant pour apprendre la lettre A ce n’est pas grave. D’ailleurs, je ne me fais aucun souci l’aptitude de tous les enfants Ă  maitriser les connaissances car, une fois adulte, tous ont retenus et savent cƓur  des priĂšres ou des chansons paillardes, alors qu’ils ne savent pas ce que c’est que la dĂ©mocratie, ni comment on fait du pain. Et nous non plus d’ailleurs.

    Par contre dans  les activitĂ©s on peut constater des diffĂ©rences entre les enfants et chez les adultes aussi bien sĂ»r. Des diffĂ©rences de gout, de vitesse ou de mĂ©thode. Ces diffĂ©rences peuvent ĂȘtre mises en valeur car il y a toujours un domaine ou chaque enfant est meilleur. Il faut dĂ©couvrir les dons de chacun et dans un groupe il n’y a que des premiers, mais pas dans la mĂȘme activitĂ©.

    Sur le plan de la forme, les classes avec un maitre par classe ou par matiĂšre sont complĂštement dĂ©passĂ©es. C’est une structure hĂ©ritĂ©e des traitements de masses qui doit ĂȘtre remplacĂ©e par des formes beaucoup plus individualisĂ©es. Il me semble qu’un maĂźtre pour trois enfants doit permettre de progresser rapidement dans les enseignements. Les classes d’ñge sont assez naturelles, mais comme il faut tenir compte des diffĂ©rences de tempo pour les acquisitions, on va vite avoir pour un mĂȘme enseignement des Ăąges extrĂȘmement diffĂ©rents, ce qui va, du mĂȘme coup permettre de multiplier les Ă©changes avec d’autres Ăąges, ainsi qu’avec des adultes.

    Par ailleurs vu la place de l’économie dans nos sociĂ©tĂ©s, il apparait que la charge des connaissances nĂ©cessaires pour y travailler doit rester aux entreprises. Le but de la sociĂ©tĂ© n’est pas de fournir aux entreprises des individus incultes et donc bon marchĂ©, mais uniquement de former des citoyens responsables et cultivĂ©s. C’est la prioritĂ© des prioritĂ©s d’une sociĂ©tĂ©, tous les moyens doivent lui ĂȘtre consacrĂ©s. Bien Ă©videmment ce que j’appelle cultivĂ© n’a aucun rapport avec Mozart ou Duras mais seulement avec l’aptitude Ă  rĂ©flĂ©chir avant de donner son avis ou la capacitĂ© Ă  faire la diffĂ©rence entre l’envie et le besoin. La liste des connaissances Ă  acquĂ©rir n’est pas longue mais c’est elle qui donne Ă  chacun un bagage.

    ConcrĂštement l’éducation doit ĂȘtre le cƓur du fonctionnement des sociĂ©tĂ©s humaines. Il ne s’agit pas de lui consacrer seulement  un budget parmi d’autres mais d’en faire le sujet le plus important auquel doit ĂȘtre consacrĂ©s tous les efforts.

    CONCLUSION

    Si l’on veut que quelque chose change c’est Ă  l’éducation de tous les hommes que nous devons consacrer tous nos moyens. Pour cela le « mieux public » auquel nous aspirons ne viendra donc pas de notre classe politique qui nous Ă©puise depuis de longues annĂ©es. Non c’est Ă  nous d’inverser le rapport de force. Notre seul levier c’est le vote puisque c’est par ce moyen qu’ils obtiennent lĂ©galement le droit de nous exploiter. Nous ne croyons plus en leurs plans, en leurs promesses, en leurs discours. Nous leur disons simplement faites d’abord des rĂ©formes institutionnelles de retour Ă  la dĂ©mocratie et aprĂšs, aprĂšs alors on revotera, peut ĂȘtre.

    Michel Costadau

  • GuĂ©rilla

    Guérilla

    Quand je disais lentement mais sĂ»rement je voulais dire aussi avec une technique de guĂ©rilla urbaine. D’abord le domaine public comme base arriĂšre, puis les lieux fermĂ©s qui accueillent du public, puis des zones et des avenues, puis quelques rues, puis rues aprĂšs rues et villes aprĂšs villes le pouvoir limite les libertĂ©s dans la citĂ©. Et demain pourquoi pas les lieux privĂ©s, ouverts ou fermĂ©s. Aujourd’hui les masques, mais pourquoi pas l’interdiction de fumer, l’interdiction de s’embrasser ou de tenir des enfants par la main. C’est ça l’Ɠil de big brother au-dessus de vos tĂȘtes.

    Restons calmes. Pour moi, dans la rue il y a, soit les gestes Casino et la fameuse distanciation sociale, soit les masques, mais pas les deux. Ou alors c’est qu’une des mesures ne sert Ă  rien. Inutile. Et c’est le masque. Inutile au plan sanitaire je veux dire, parce que si vous connaissez l’étude qui a dĂ©montrĂ© l’utilitĂ© des masques dans la rue je suis preneur. Je ne rigole pas c’est loin d’ĂȘtre drĂŽle. C’est une mesure basĂ©e sur une idĂ©e enfantine, l’idĂ©e que quand les gens se croisent ils peuvent chopper le virus. Evidemment il faudrait faire des essais avec des populations sans masques et des populations avec masques.

    Houla c’est chaud, rien que l’évocation d’officialiser l’étude avantages-inconvĂ©nients d’une population de gens sans masques pour les besoins d’une enquĂȘte fait se dresser les poils des politiques, car on pourrait dire d’eux qu’ils ont jouĂ© avec le feu. Les politiques jouent Ă  un seul jeu : la surenchĂšre sĂ©curitaire. Et uniquement dans le but d’ĂȘtre réélus, hĂ©las. Du coup cette Ă©tude essentielle n’existe pas et vous le savez aussi bien que moi. Nous avons dons uniquement des mesures basĂ©es sur des impressions et non sur des faits. Alors inefficace au plan sanitaire certes mais pas au plan policier.

    Clairement il y a deux aspects insupportables dans l’obligation de porter des masques en extĂ©rieur.

    Le premier c’est que vous ĂȘtes surveillĂ©s par tous moyens, camĂ©ras, vigiles, forces de l’ordre et que du coup vous pouvez ĂȘtes photographiĂ©, suivi, contrĂŽlĂ©. Avec demande d’identitĂ©, amende voire incarcĂ©ration et ADN. C’est vraiment le contrĂŽle au faciĂšs. La question n’est pas de savoir si vous ĂȘtes porteur et pourriez donc reprĂ©senter un Ă©ventuel danger pour la propagation du virus, la question est uniquement le respect de la loi, la santĂ© est devenue une infraction. Il est interdit de ne pas ĂȘtre malade ou au moins candidat.

    Et il n’y a aucune raison pour que ça change avec un Ă©ventuel vaccin puisque tout le monde ne sera pas vaccinĂ©, loin de lĂ . Ou alors il faudra porter un badge sur la poitrine : vaccinĂ© le xxx Ă  yyy par zzz. Ca sent pas bon. Cela dit je n’empĂȘche pas les gens qui se sentent malades, fiĂ©vreux ou mal Ă  l’aise de mettre un masque, mais il serait peut-ĂȘtre aussi sage qu’ils restent chez eux.

    Le second c’est que c’est la porte ouverte Ă  la dĂ©lation. Si vous n’avez pas de masque, n’importe qui peut vous demander des comptes et dire qu’il se sent en danger. Une fois de plus, la question n’est pas de savoir si vous ĂȘtes porteur ou pas mais seulement d’obĂ©ir aux ordres d’en haut. C’est la mĂ©thode utilisĂ©e par tous les rĂ©gimes fascistes ou dictatoriaux. On transforme toute la population en auxiliaires de police. Chacun surveille chacun. Et le regard des autres oblige tout le monde Ă  se comporter comme il faut, comme il est demandĂ©. Et mĂȘme d’en rajouter. Tout le monde a la trouille de ne pas ĂȘtre comme les autres, obĂ©issant, conforme et est encouragĂ©e Ă  dĂ©noncer les hors-la-loi.

    Seulement les hors-la-loi c’est nous tous les dĂ©fenseurs des libertĂ©s, de la libertĂ©.

    Mais nous sommes seuls ou presque.

    Michel Costadau

  • Ras le bol

    Ras le bol

    Ras le bol de chez ras le bol. L’étau se resserre, lentement mais surement. Plus de bals, de concerts, de musique, de brocantes, pas de rassemblements, de manifestations, de rencontres. Tout ça pour rien. La volontĂ© politique de retreindre les libertĂ©s dans l’espace public est Ă  l’Ɠuvre. La stratĂ©gie du pouvoir est clairement d’assimiler la libertĂ©, c’est-Ă -dire ce que nous avons soi disant acquis avec la dĂ©mocratie, Ă  la propagation du virus. Et ils ont plein de raisons convergentes pour cela. Surtout bien sĂ»r l’envahissement mĂ©diatique. Cet envahissement leur permet de complĂštement occulter la rĂ©alitĂ© pour monopoliser la parole, leur parole, seulement celle des dirigeants.

    Si vous aviez encore un doute sur le rĂŽle fondamental des mĂ©dias pour soutenir les politiques je suis sĂ»r qu’il a disparu. Quand mĂȘme quelque incendies et explosions, n’ayant aucun rapport avec le virus ont rĂ©ussis Ă  se glisser dans le paysage. Explosions beaucoup plus dĂ©vastatrices que le virus et qui permettent au pouvoir en campagne Ă©lectorale de se faire de la pub sur le malheur des autres, honteux. Mais on revient bien vite aux dĂ©lices des mesures, annonces, enquĂȘtes, prises de positions, petites phrases, faits divers le tout dans un contexte internationalisĂ©, ce qui permet de maintenir le couvercle de la peur sur la population.

    RĂ©flĂ©chissez un peu et demandez-vous en quoi la dĂ©couverte de trois cas en Colombie peut nous concerner. En aucun cas Ă©videmment. C’est le mĂȘme syndrome que le meurtre d’un droguĂ© en Californie ou d’un accident de train en Chine. Nous ne sommes absolument pas concernĂ©s mais ça permet de maintenir la pression. Avez-vous notĂ© Ă  quel point la communication gouvernementale, entretient un flou complet sur tout ce qui touche le virus. C’est de la grande manipulation.

    En continuant le raisonnement, on comprend que trois cas en Finlande, en Allemagne et mĂȘme en Mayenne ne nous concernent en aucune maniĂšre. Personne n’a jamais pu Ă©tablit un lien de causalitĂ© entre des cas Ă  Montpellier et des cas Ă  Toulouse. Et pour cause, il n’y en a pas. L’inverse est particuliĂšrement probant. Au contact de porteurs estampillĂ©s et malades peu de personnes ont attrapĂ©s le virus. Quelques dizaines certes mais trĂšs peu.

    NĂ©anmoins les mĂ©dias n’arrĂȘtent pas de parler de la circulation du virus, ce qui ne veut rien dire, pour faire croire qu’un cas en Alsace peut entrainer un cas Ă  Perpignan. C’est de l’intox pure et dure. L’ambiguĂŻtĂ© est d’assimiler la frĂ©quentation d’un lieu par les gens Ă  la transmission du virus en oubliant complĂštement que pour qu’il y ait transmission il faut, d’abord, qu’il y ait au moins une personne qui l’ait.

    Et c’est exactement ce que personne ne peut dĂ©montrer ni ne sait parce que il est clair que depuis des mois nous n’en avons pas rencontrĂ©s. Ni nous ni tous les gens que je connais, ni tous les habitants de la commune, du canton, du dĂ©partement et peut ĂȘtre de la rĂ©gion.

    Comme il est impossible d’établir ce lien, nous avons du coup trente millions de gens sains mais peureux et obĂ©issants qui portent des masques pour se parler, alors qu’il y a quelque part vingt porteurs, peu contagieux, dont on ne sait absolument pas oĂč ils sont.

    Et pendant ce temps lĂ  se votent des lois liberticides, auxquelles plus personne en s’intĂ©resse.

    RĂ©veillez-vous et dites ça suffit, parce que moi j’en ai ras le bol de puis longtemps.

    Michel Costadau

  • Tempo

    Tempo

    C’est le tempo qui n’est pas Ă©vident. Nous avons d’un cĂŽtĂ© la fin de parcours du monde capitaliste et d’un autre une grande incertitude sur la rapiditĂ© de cette chute.

    En effet si cet effondrement est trĂšs lent, disons de l’ordre d’une centaine d’annĂ©e, il ne faut surtout pas se prĂ©cipiter sur de nouveaux comportements puisque le risque d’ĂȘtre en dĂ©calage avec le reste de la population est alors trĂšs grand. C’est, d’ailleurs, exactement ce qui m’arrive avec des Ă©crits et des rĂ©actions qui provoquent plutĂŽt de l’incomprĂ©hension. Un bon exemple en est fourni par mon analyse sur la taille beaucoup trop grande des pays actuels qui vont ĂȘtre amenĂ©s Ă  se dĂ©liter petit Ă  petit.

    Presque personne n’a le sentiment que les pays sont trop grands. Au contraire beaucoup ont l’impression que plus un pays est grand et peuplĂ© plus il est fort et en mesure de se dĂ©brouiller mieux que les autres. Mais en l’occurrence fort veut uniquement dire militairement, car ce n’est en rien favorable Ă  la population pour laquelle les inĂ©galitĂ©s augmentent singuliĂšrement avec la taille. Il est d’ailleurs clair actuellement que la taille conduit Ă  la dictature « éclairĂ©e ou pas ». En effet le nombre crĂ©e l’obligation de la contrainte, car la croissance rend de plus en plus possible la contestation des lois, soit par rĂ©gionalisme, soit par communautarisme, soit par indĂ©pendantisme, soit tout simplement par idĂ©ologie. Plus les pays sont grands et plus la taille critique de la contestation est facile Ă  atteindre. D’oĂč la nĂ©cessaire rĂ©pression.

    Du coup les lois ne sont plus des moyens de protection de la population, mais deviennent des instruments de conditionnement pour Ă©viter les dĂ©viances, les situations particuliĂšres et couper tout ce qui dĂ©passe. Les Ouighours chinois ne sont pas plus mal traitĂ©s que les Bretons ou les Catalans. C’est la mĂȘme normalisation. C’est du nivellement pour empĂȘcher toutes les dĂ©sobĂ©issances et ce nivellement est de nature dictatoriale.

    Bon, mais au contraire si cet effondrement est rapide ou, si vous prĂ©fĂ©rez, si les Ă©vĂšnements se prĂ©cipitent : chĂŽmage, inflation, pollution, rĂ©chauffement, bulles financiĂšres, virus, chĂŽmage, il devient alors important d’adopter de nouveaux comportements et de le dire. La base de ces comportements est le regroupement. Ne plus ĂȘtre seul face au systĂšme. Depuis 100 ans la finance nous a isolĂ©s pour faire de nous des consommateurs sans dĂ©fense.

    Le regroupement a, bien sĂ»r, un aspect psychologique pour pouvoir enrichir les idĂ©es des uns et des autres, mais aussi un aspect constructif pour prĂ©parer la survie. On le voit dĂ©jĂ , beaucoup d’essais ont lieu en ce moment pour l’alimentation, le logement, et d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale tout ce qui n’est pas dĂ©clarĂ©. Il me semble que les regroupements doivent contenir une grande diversitĂ©. Des gens de la ville et des gens de la campagne, des intellectuels et des manuels, des hommes et des femmes, des riches et des pauvres, des douĂ©s et des pas douĂ©s, non pas pour recrĂ©er une mini-sociĂ©tĂ© inĂ©galitaire mais pour avoir un maximum d’enrichissement des uns par les autres. C’est exactement ce dont le capitalisme nous a privĂ©s depuis sa crĂ©ation en ne favorisant que le regroupement des mĂȘmes, les ouvriers avec les ouvriers, les riches avec les riches, les magasins avec les magasins et tout le monde sur les routes au mĂȘme moment.

    Ces regroupements sont de la forme rĂ©seaux et non communautĂ©s de vie. Pas besoin de vivre ensemble pour Ă©changer, avoir des activitĂ©s convergentes ou ĂȘtre solidaires. En ce moment le tempo est plutĂŽt lĂ -dessus, mais le capitalisme est loin d’avoir dit son dernier mot.

    Et ce balancement fait une espĂšce de danse.

    Michel Costadau

  • Que faire

    Que faire

    Au printemps 2017, lorsque Hollande sera réélu, les trois quarts des français seront consternĂ©s mais ne pourront s’en prendre qu’à eux-mĂȘmes devant ce fiasco de la dĂ©mocratie. Les uns complĂštement déçus du mandat prĂ©cĂ©dent, les autres parce que ça n’a jamais Ă©tĂ© leur candidat. Cependant soyons clairs, il n’y a strictement aucun moyen d’empĂȘcher sa réélection : c’est Ă©crit dans le marbre de nos institutions et de notre vie politique. La seule chose que nous pouvons faire c’est essayer de lui enlever le plus de lĂ©gitimitĂ© possible. La lĂ©gitimitĂ© c’est l’arme atomique de nos gouvernants. Sous prĂ©texte que les Français dans un grand Ă©lan patriotique se sont dĂ©placĂ©s pour voter, que les candidats ont eu des voix et qu’il y en a un qui en a eu un peu plus que les autres, voilĂ  notre monarque Ă©lu lĂ©gitimement. Que demander de plus ? Le prĂ©sident est adoubĂ© par la population ou tout au moins par une grande partie, parce que c’est ça le piĂšge diabolique, c’est que plus de la moitiĂ© des Ă©lecteurs se dĂ©placent pour voter. C’est ça leur lĂ©gitimitĂ©, c’est Ă  dire le droit pour eux de faire exactement ce qu’ils veulent. Au rĂ©sultat, la lĂ©gitimitĂ© vient non pas du fait qu’il aura eu plus voix que les autres. Non la lĂ©gitimitĂ© vient exclusivement du nombre de gens qui se dĂ©placent pour aller voter au premier tour. Les votants du premier tour sont donc les apĂŽtres, les remparts, les thurifĂ©raires, les piliers, les garants de notre dĂ©mocratie en lambeaux. C’est eux qui par leur coupable Ă©lan permettent Ă  de sinistres individus de rĂ©gner sur notre pays comme des seigneurs moyen-Ăągeux. Mais attention, ça ne marche que si plus de la moitiĂ© des Ă©lecteurs se dĂ©placent au premier tour. Alors oui, on peut enlever sa lĂ©gitimitĂ© Ă  notre PrĂ©sident, c’est Ă  dire ce label que tous les mĂ©dias affublent du nom de soutien populaire. La perte de lĂ©gitimitĂ© ce n’est, bien sĂ»r, pas encore le retour Ă  la dĂ©mocratie, mais ça constitue une importante Ă©tape. Si, au soir du premier tour, moins de 50 % des Ă©lecteurs se sont dĂ©placĂ©s, ça veut dire que nous considĂ©rons que la farce Ă©lectorale ne peut pas tenir lieu de garant des valeurs de notre vie en sociĂ©tĂ©. On va dĂ©velopper un peu tout ça.

    UN GRAND MOUVEMENT D ABSTENTION CONSTRUCTIVE

    Bon, c’est vrai que ça fait un moment que l’on casse du sucre sur les Ă©lus, les politiques et les partis. A juste titre certes, mais on peut aussi se poser la question de savoir comment il serait possible d’avoir autre chose. Pour ĂȘtre clair, quand on parle des politiques, ça ne concerne, en fait qu’une toute petite partie des Ă©lus. En effet sur les 600 000 et quelques Ă©lus de France, 98 % sont des Ă©lus municipaux. Ce n’est pas d’eux dont je parle, Ă  quelques exceptions prĂšs, mais des autres, dĂ©putĂ©s, sĂ©nateurs conseillers et leurs technocrates. C’est eux la caste politique, ils sont peu nombreux, Ă  peine plus d’un millier, mais ils ont le pouvoir et c’est ça le problĂšme. Alors, maintenant, pour changer la donne politique il n’y a pas trente six solutions mais une seule : c’est de changer le pouvoir. Et pour changer le pouvoir il faut le prendre. Pour cela, par contre, deux mĂ©thodes sont possibles : prendre le pouvoir par les urnes ou prendre le pouvoir par la force. La premiĂšre mĂ©thode s‘appelle la voie lĂ©gale et la seconde, la voie rĂ©volutionnaire. Cette derniĂšre est excellente, mais elle a le premier dĂ©faut d’ĂȘtre trĂšs violente, ce qui engendre quelques dĂ©gĂąts collatĂ©raux dans la population qui ne demande pas ça pour le moment. Elle a aussi un second dĂ©faut c’est d’ĂȘtre, dans notre cas, inapplicable. En effet, la voie rĂ©volutionnaire est utile pour mettre en place un pouvoir dĂ©mocratique, or c’est exactement le systĂšme que nous avons. Donnons en passant une claque, pour n’avoir rien compris, Ă  tous les partis, organisations et groupuscules qui se disent rĂ©volutionnaires. Passe encore quand il s’agit de jeunes gens gĂ©nĂ©reux et exaltĂ©s ou qui parlent en gĂ©nĂ©ral et encore, mais pour les autres c’est minable. Donc il ne reste que la voie lĂ©gale.

    Cependant, le constat qui ressort de tous nos textes est que la voie lĂ©gale a mis en place un pouvoir politique qui a complĂštement dĂ©viĂ© de sa mission. Laquelle est d’ĂȘtre au service de la population et il est assez facile de constater que le pouvoir politique est au service de la finance, des lobbies, des dictateurs africains et des nos amis les AmĂ©ricains.

    Nous devons donc changer le pouvoir politique, mais hĂ©las nous sommes devant une impasse. En effet, il apparaĂźt depuis quelques dizaines d’annĂ©e que gagner les Ă©lections ne sert pratiquement Ă  rien, car le systĂšme politique est maintenant verrouillĂ© par la caste qui s’est emparĂ© de nos institutions. Et pourtant, on y reviendra, les Ă©lections sont le seul moyen que nous ayons de nous exprimer. C’est pourquoi je propose l’abstention comme moyen d’expression, un peu comme une diĂšte Ă©lectorale, et je l’appelle l’abstention constructive. Il s’agit bien sĂ»r d’une abstention au premier tour, il n’y a que celle-lĂ  qui compte.

    DEMOCRATIE EN PANNE

    Si vous prĂ©fĂ©rez les formules simples, on peut dire que notre dĂ©mocratie n’est plus dĂ©mocratique. Ca nous fait une belle jambe et beaucoup auraient mĂȘme une certaine tendance Ă  s’en accommoder. Moi non et il y a mĂȘme pas mal de gens qui se posent des questions, analysent et rĂ©flĂ©chissent et s’aperçoivent que notre monde est entrĂ©e dans une fuite en avant inĂ©galitaire, guerriĂšre et dĂ©vastatrice, et qu’il devient urgent d’inverser la vapeur. VoilĂ .

    Notre propos est donc de savoir comment inverser la vapeur et nous allons prendre les choses trĂšs concrĂštement. La rĂ©alitĂ©, c’est que la prise de pouvoir par la voie lĂ©gale est basĂ©e principalement sur les Ă©lections. Bien sĂ»r, il y aussi les rapports de force sociaux, manifestations, blocages divers et occupations, mais ça reste assez marginal et ce n’est en aucun cas une dĂ©marche vers la prise du pouvoir. Et mĂȘme disons-le franchement ça ne sert pas Ă  grand-chose, Ă  part faire croire qu’il y a des relents de dĂ©mocratie dans ce pays, puisque tout se dĂ©cide hors de vue des citoyens. Donc il reste les Ă©lections et dans les Ă©lections il y a deux termes : les Ă©lecteurs et les Ă©lus.

    Commençons par les Ă©lus. On va d’abord Ă©noncer comment on aimerait que les choses se passent avec les Ă©lus. Situation idyllique et donc irrĂ©aliste, mais qui va nous guider dans notre analyse.

    Quand on Ă©lit nos reprĂ©sentants, on aimerait avoir des Ă©lus intĂšgres, dĂ©vouĂ©s, se mettant au service de la collectivitĂ© pour offrir des perspectives Ă  la sociĂ©tĂ© et rĂ©soudre les problĂšmes rencontrĂ©s, respectĂ©s parce que porteur des notions de biens collectifs, de services publics et d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Prenant en compte toute la population et pas seulement un parti, un clan ou un lobby, capable de discuter avec tous, d’expliquer, de prendre en compte plusieurs avis. Le combat pour nous dĂ©fendre serait leur seule activitĂ©, leur seule motivation, leur seul but. Ils ne rĂ©ussiraient pas tout du premier coup ni sans nous consulter, mais ils pourraient toujours conter sur notre soutien et notre mobilisation. Ces Ă©lus exerceraient un mandat, un seul, non cumulable non renouvelable, sans avantages particuliers, Ă  part celui de la considĂ©ration des citoyens pour leur rigueur et leur dĂ©vouement, et retourneraient ensuite Ă  la vie active sans indemnitĂ©s ni statuts particuliers. Je vous avais bien dit que c’était utopique, mais quand mĂȘme avouez qu’on est trĂšs loin de la rĂ©alitĂ©. Bien sĂ»r, vous allez me dire que des personnes de cette trempe ça n’existe pas. Ah bon.

    Moi je pense que ça existe et que mĂȘme on en connaĂźt beaucoup. C’est vrai que pour le moment ils font autre chose mais ils sont lĂ . Vous voulez des exemples, eh bien beaucoup d’enseignants ont une rĂ©elle volontĂ© de former et d’éduquer leurs Ă©lĂšves et ils le font pour un salaire assez maigre et sans la moindre reconnaissance, sans parler de l’inconduite des Ă©lĂšves et des parents. De mĂȘme, beaucoup de salariĂ©s ont le souci de remplir leur mission bien au-delĂ  de leur fonction, voire mĂȘme sans compter leurs heures. Et dans les entreprises, combien de techniciens s’efforcent de faire marcher des machines capricieuses ou des programmes dĂ©routants, dĂ©finis Ă  la- va-vite par de super ingĂ©nieurs vachement diplĂŽmĂ©s mais n’ayant pas franchement le souci de l’utilisateur. Et donc la population des Ă©lus idylliques existe, seulement pour le moment ils font autre chose et c’est pour ça que notre dĂ©mocratie est en panne.

    CHANGER LES ELUS OU CHANGER LES MENTALITES

    Du cĂŽtĂ© des Ă©lus la premiĂšre idĂ©e serait donc de remplacer la caste actuelle par de nouveaux Ă©lus reprĂ©sentant vraiment les citoyens. Outre le fait qu’il ne faut pas compter sur la classe politique pour se faire hara-kiri et cĂ©der bien gentiment sa place Ă  des hommes intĂšgres et loyaux, il y a aussi et surtout que le remplacement de la caste politique ne suffirait surement pas Ă  rĂ©tablir la dĂ©mocratie, car le cƓur du problĂšme est une question de mentalitĂ©. Et lĂ  tout le monde est concernĂ©. Nous avons acceptĂ© beaucoup trop de choses et maintenant la rĂ©action devient difficile. Ce que je veux dire c’est que le comportement totalitaire des Ă©lus est reliĂ© au comportement moutonnier des citoyens. C’est donc bien une rĂ©volution des mentalitĂ©s que nous devons entreprendre. Et franchement, ce combat n’est pas du tout simple. Car au-delĂ  du mĂ©pris des Ă©lecteurs il y a, dans notre sociĂ©tĂ©, un mĂ©pris gĂ©nĂ©ral des autres et de la population, c’est-Ă -dire de tous ceux auxquels on a appris qu’ils ne comptaient pas et auxquels on demande seulement d’ingurgiter la tĂ©lĂ©. On peut illustrer cela par quelque anecdote.

    La premiĂšre illustration vient d’un syndicat agricole, pas le majoritaire, non, celui qui dĂ©fend l’agriculture paysanne. VoilĂ  que les militants d’un dĂ©partement organisent une fĂȘte paysanne, sur le thĂšme du consommer local, circuit court et paysans prĂšs de chez vous. Il est alors prĂ©vu d’organiser des dĂ©bats et d’inviter le porte-parole national du syndicat Ă  venir animer la journĂ©e et partager les grillades avec les militants locaux. Quand on apprend que celui-ci accepte de venir passer le we avec les militants, l’ambiance de la prĂ©paration monte d’un cran. Les affiches sont prĂȘtes et on va imprimer les tracts, quand, patatras, on apprend qu’il ne vient pas. N’allez pas croire qu’il se soit cassĂ© une jambe ou ait attrapĂ© un mauvais virus ; non pas du tout, il va trĂšs bien, mais il s’est trouvĂ© beaucoup d’occupations à Bruxelles, en Italie, en Bretagne, en Auvergne. Si on comprend bien, en perdant un we et en venant dans le dĂ©partement, au lieu d’aller Ă  Bruxelles, la cause de l’agriculture paysanne aurait subi une atteinte indĂ©lĂ©bile. Personne bien sĂ»r ne peut croire cela, mais, hĂ©las, il y en a beaucoup qui dĂ©fendent quand mĂȘme ce qu’il faut bien appeler de l’activisme, ce qui est une bonne maniĂšre de nous ignorer. Pas Ă©tonnant que le FN fasse recette.

    La seconde illustration vient d’en haut, du gouvernement. Et c’est l’utilisation du langage comme moyen d’action. La prĂ©sidence et avec elle toute la classe politique a installĂ© une pratique qui consiste Ă  remplacer « faire » par « dire ». Ainsi le combat de la prĂ©sidence contre la finance ou contre les inĂ©galitĂ©s est uniquement verbal. « Tout est mis en Ɠuvre pour limiter le pouvoir de la finance », « Nous augmentons constamment nos moyens de lutte conter les inĂ©galitĂ©s ». Ces paroles ne sont pas faites pour se traduire en actes puisqu’elles sont l’acte lui-mĂȘme. Par contre, toutes les actions rĂ©elles de la classe politique n’ont toujours qu’un seul but ou plutĂŽt deux : aider la finance et s’auto-protĂ©ger. Cette pratique de remplacer l’action par son annonce vient du comportement boursier dans lequel c’est l’information qui fait le cours et pas du tout la production ou la consommation. Pas Ă©tonnant que la population mĂ©prise les Ă©lus.

    COMPRENDRE LE SYSTEME POLITIQUE

    En fait, la vie politique fonctionne comme un systĂšme. Pourquoi je parle de systĂšme, c’est parce qu’un systĂšme est une configuration physique bien dĂ©finie et quelque chose de trĂšs difficile Ă  modifier. D’ailleurs on a tendance Ă  appeler le complexe politico-militaro-financier actuel « le systĂšme » et tout le monde voit trĂšs bien de quoi on parle. De mĂȘme que, dans le systĂšme solaire, la terre interagit avec la lune et toutes les deux avec le soleil, mais aussi avec les autres planĂštes, d’une maniĂšre extrĂȘmement interactive, de mĂȘme, dans notre systĂšme, les politiques et les financiers jouent un grand rĂŽle mais aussi les institutions, les mĂ©dias, les entreprises, les Ă©coles, les bars, les familles, les lieux de culte sans oublier les rĂ©seaux dits sociaux et chacun de nous aussi un peu. C’est cet ensemble d’interactions qui façonne la mentalitĂ© des citoyens. Et cette mentalitĂ© est celle de la dĂ©pendance. Le niveau de vie dĂ©pend des revenus, l’éducation dĂ©pend de l’école, l’heure d’arrivĂ©e dĂ©pend des encombrements, les vacances dĂ©pendent de la mĂ©tĂ©o, la santĂ© dĂ©pend des mĂ©dicaments et les changements dĂ©pendent des politiques. La population a l’état d’esprit qu’il est impensable d’ĂȘtre autonome, qu’il est impossible d’ĂȘtre indĂ©pendant, qu’il est interdit d’avoir des idĂ©es, alors on ne pense plus on ne rĂ©flĂ©chit plus on consomme et on regarde encore la tĂ©lĂ©. Et donc, en soi, remplacer les Ă©lus actuels par d’autres n’est pas suffisant, car il faudrait aussi que les citoyens changent de mentalitĂ© et reprennent confiance en eux.

    C’est pareil pour le concept de suppression des opposants. Ceux qui croient que le fait de supprimer physiquement les individus qui ne sont pas d’accord avec une idĂ©e ou une pratique va permettre a cette idĂ©e de prospĂ©rer, n’ont rien compris et sont donc de bĂȘtes assassins. De la mĂȘme maniĂšre, mettre Ă  l’école des programmes rĂ©visĂ©s pour essayer de faire passer une doctrine, une pensĂ©e ou une politique n’a jamais produit que de la confusion et de la saine rĂ©volte. Pourquoi, parce qu’un systĂšme ne se change pas en agissant sur un seul de ses composants. Non, pour agir sur un systĂšme il faut commencer par comprendre comment il marche. Par exemple, pour le systĂšme solaire, tant que l’on n’a pas compris et dĂ©crit la gravitation, on a du mal Ă  expliquer.

    Nous en sommes donc Ă  essayer de comprendre comment marche notre systĂšme politique.

    Pour cela, nous allons faire un Ă©tat des lieux, mĂȘme si c’est une liste Ă  la PrĂ©vert.

    -Le cƓur de notre systĂšme c’est le bipartisme, le prĂ©sident de la RĂ©publique et la tĂ©lĂ©.

    -Le prĂ©sident n’est responsable devant personne, il peut engager le pays dans une guerre sans consulter personne, il peut nommer qui il veut, oĂč il veut, sans rien demander Ă  personne. C’est ce qu’on appelle un zombie.

    -Le PrĂ©sident vient toujours d’un des deux grands partis politiques qui ne s’appellent pas gauche et droite mais majoritĂ© et opposition.

    -Les partis politiques sont des organismes dont le but est d’exercer le pouvoir.

    -Presque tous les élus appartiennent aux grands partis politiques.

    -Tous les Ă©lus ont le mĂȘme comportement du double langage, qui consiste en façade Ă  serrer des mains, Ă  afficher une proximitĂ© avec les citoyens et, en coulisse, Ă  voter des lois, des dĂ©cisions et des rĂšglements les mĂ©prisant complĂštement.

    -Les petits partis politiques, dont la raison d’ĂȘtre thĂ©orique est de promouvoir des idĂ©es ou des valeurs, sont seulement les faire-valoir des grands partis et donc ne servent Ă  rien.

    -Le systĂšme dĂ©mocratique du vote de toute la population Ă©tait il y a longtemps une victoire, une conquĂȘte du peuple sur les castes qui monopolisaient le pouvoir avec un systĂšme de cooptation.

    -Mais le vote est maintenant seulement le moyen par lequel les élus obtiennent le pouvoir.

    -Les Ă©lus sont presque tous des gens dont la profession est d’ĂȘtre Ă©lu.

    -En sus d’en faire une profession aux Ă©normes avantages, les Ă©lus ont la possibilitĂ© de cumuler divers mandats, ce qui fait qu’avec peu d’individus on peut tenir un pays.

    -On peut donc parler d’une caste des Ă©lus qui accapare tout le pouvoir.

    -Cette caste a supprimĂ© la notion de reprĂ©sentation du peuple et rĂ©tabli l’ancien pouvoir de la cooptation puisqu’ils se choisissent entre eux au sein des partis.

    -La caste politique ne possĂšde plus la force de la reprĂ©sentation populaire et a dĂ©libĂ©rĂ©ment choisi de s’adosser Ă  la finance.

    -Il y a donc une collusion entre les riches et les politiques, qui s’entendent pour que les uns accroissent leur richesse et que les autres monopolisent le systĂšme dĂ©mocratique dans une boucle infernale.

    LE SEUL POUVOIR QUI RESTE AUX ELECTEURS C’EST LE VOTE

    De cette liste, il ressort que le problĂšme essentiel vient de la rupture entre les Ă©lecteurs et les Ă©lus, dans le sens oĂč les citoyens n’ont du coup strictement aucun reprĂ©sentant, c’est-Ă -dire personne qui porte leurs attentes et leurs espoirs.

    Et pourtant les Ă©lecteurs ont un pouvoir, c’est le droit de vote. Mais qu’est-ce que nous en faisons de ce pouvoir ? Rien, parce que les institutions dans lesquelles il s’exerce sont dĂ©tournĂ©es par la caste politique. Si nous n’avions pas le pouvoir du vote alors nous devrions faire la rĂ©volution, mais je vous rappelle que nous avons ce pouvoir et que nous le galvaudons en Ă©lisant des menteurs, des voleurs et des profiteurs. Alors, cessons de pleurer sur notre pauvre pays, rĂ©agissons en redonnant sa valeur au vote. Montrons Ă  la classe politique que nous avons dĂ©masquĂ© ses agissements, que nous ne sommes pas dupes de ses discours et de ses promesses. Nous ne voulons plus voter pour des personnes mais pour des actes. Les personnes ne sont pas mieux les unes que les autres, c’est ce qu’elles font qui compte. Fini les promesses c’est le temps de la reprise en main par la population de son seul pouvoir, qui est de se choisir ses dĂ©fenseurs et ses reprĂ©sentants. Pas de vote tant que la classe politique ne s’est pas mise Ă  notre service. Nous ne voulons plus vivre de promesses. Montrez nous d’abord ce que vous savez faire.

    RESUME TRES SYNTHETIQUE

    Depuis une cinquantaine d’annĂ©es, la classe politique s’est coupĂ©e de la population et n’exerce plus son rĂŽle de reprĂ©sentation des citoyens. Au contraire, elle agit sous la fĂ©rule exclusive de la finance dans une fuite en avant technocratique et antidĂ©mocratique. Les partis politiques se sont partagĂ©s le pouvoir et agissent d’une maniĂšre hĂ©gĂ©monique en simulant la dĂ©mocratie avec le duo majoritĂ©/ opposition. Le systĂšme entretient, aussi, de petits partis pour une contestation fictive, impuissante mais consentante, servant uniquement de faire-valoir. Cependant, la classe politique ne tire sa lĂ©gitimitĂ© que de la participation des Ă©lecteurs aux diffĂ©rents scrutins. Comme il ne faut pas compter sur elle pour s’amender et se rapprocher des citoyens, c’est aux Ă©lecteurs de cesser d’ĂȘtre les dindons des farces Ă©lectorales. Pour cela les Ă©lecteurs doivent inverser la vapeur des promesses Ă©lectorales en disant faites d’abord et ensuite on votera. Quand le chĂŽmage sera Ă  3 % on votera ; quand l’école formera des citoyens et non de la main d’Ɠuvre pour les entreprises on votera, quand les pollutions agro-industrielles auront diminuĂ©es, on votera ; quand les prisons ne seront plus pleines, on votera ; quand le nombre d’agriculteurs aura doublĂ©, on votera ; et quand le PrĂ©sident nous demandera notre avis avant de faire la guerre, on votera pour lui. Je propose donc un vaste mouvement d’abstention en particulier pour la prĂ©sidentielle/lĂ©gislative. Pour commencer on peut s’entraĂźner avec les rĂ©gionales de dĂ©cembre qui sont franchement des Ă©lections bidons, c’est-Ă -dire sans le moindre enjeu vu que c’est simplement une administration de plus. Ce qui serait bien, c’est d’arriver Ă  faire un blog sur l’abstention constructive ou le non-vote, ou un autre nom, avant les rĂ©gionales.

    Michel Costadau

  • Age

    Age

    Est-ce que nous sommes vraiment sortis du Moyen Âge ou plutĂŽt est ce que nous ne sommes pas en train d’y revenir ? Je parle de l’Europe bien sĂ»r.

    Pour ceux qui ont regardĂ© ça, le Moyen Âge a dĂ©marrĂ© avec le dĂ©clin de l’Empire romain d’occident qui, faute d’énergie, a cessĂ© de contrĂŽler le monde mĂ©diterranĂ©en, la « Mare nostrum », laissant s’installer des royaumes barbares et de nombreuses baronnies. Tous ces fiefs se livrant une guerre continuelle entre petits chefs pendant 1000 ans.

    C’est aussi ce qui se passe maintenant avec le dĂ©clin de l’empire amĂ©ricain qui ne cherche plus Ă  assurer, par la force, la paix dans le monde mais seulement Ă  profiter de sa puissance pour dĂ©fendre ses propres intĂ©rĂȘts, assez souvent sales il faut le dire. C’est du repli sur soi. Et c’est la mĂȘme chose pour une Europe qui se rĂ©signe Ă  un bastion social sĂ©curitaire sans la moindre perspective, Ă  part de mourir vieux, malade et sans enfants.

    Et si nous continuons la comparaison, on voit qu’en termes d’invasions nous sommes assez bien servis, depuis l’envahissante idĂ©ologie libĂ©rale, en passant par les produits de la Chine et de l’Asie ainsi qu’avec une forte immigration de toutes les couleurs. En termes de dĂ©liquescence des Etats, ce n’est pas mal non plus, Ă  commencer par l’impossibilitĂ© de faire la moindre rupture environnementale, le continuel dictat des barons de l’économie, la panique devant les Ă©pidĂ©mies et les coffres-forts matĂ©riels et juridiques pour protĂ©ger les riches.

    En plus je n’ai pas besoin d’insister sur les religions, tellement il saute aux yeux que de Notre Dame Ă  Aya Sofia en passant par les Ă©vangĂ©listes c’est tradition et rĂ©gression Ă  tous les Ă©tages. Et domination des plus faibles.

    De nos jours, comme au Moyen Âge, les hiĂ©rarchies sont Ă  leur maximum. Clairement les grands seigneurs, les fĂ©odaux de notre Ă©poque, sont les entreprises qui se battent entre elles tout en consolidant leurs places fortes. L’OPA a remplacĂ© le siĂšge mais le but et les rĂ©sultats sont les mĂȘmes. Et ces combats n’ont souvent ni vainqueurs ni vaincus, Ă  part les ouvriers soldats laissĂ©s sur le carreau. Et, comme au Moyen Âge, on peut mĂȘme parler d’un Ă©tat gĂ©nĂ©ral de guerre entre pays, entre entreprises, entre rĂ©gions, chacun voulant avoir choisi la meilleure solution, la meilleure invention, la meilleure mesure, alors que rien ni personne ne respecte le moindre rĂšglement qui permettrait d’arbitrer et de valider des fonctionnements efficaces ayant suffisamment fait leurs preuves.

    Quant au servage, ne me dites pas qu’il n’existe plus car non seulement il est trĂšs rĂ©pandu, mais il s’est considĂ©rablement renforcĂ© au point de vendre le personnel avec les murs lors de cessions ou de conquĂȘtes. Il n’est pas rare non plus qu’en cas de problĂšmes seigneuriaux les serfs soient expulsĂ©s du chĂąteau et jetĂ©s sur les routes, attendant, quelquefois en vain, une aide royale aujourd’hui appelĂ©e Ă©tatique mais toujours aussi maigre et alĂ©atoire.

    Et pour  les Croisades, il me semble que les guerres d’Irak, d’Afghanistan, de Syrie ressemblent fort Ă  ces raids croisĂ©s destinĂ©s autant Ă  contrer l’islam qu’à enrichir leurs organisateurs. Que l’on brandisse la croix ou le baril ne change pas grand-chose. C’est le pillage qui est la rĂšgle.

    Depuis 500 ans nous avons connu la Renaissance, la rĂ©volution puis l’industrialisation. C’est quoi la prochaine Ă©tape ?

    Michel Costadau

  • Accumulation

    Accumulation

    Il me semble que je l’ai dĂ©jĂ  dit, mais le grand plongeon du monde du travail pendant deux mois n’arrĂȘte pas de me surprendre tant le rationnel est peu crĂ©dible. S’il y a bien quelque chose dont se fiche le business mondial c’est la vie humaine. Alors plomber l’économie pour quelques victimes de plus ne tient pas la route. Oui, mais alors pourquoi cela a-t-il eu lieu ? N’oublions pas que les deux hypothĂšses actuelles : le virus ne fait que commencer et le virus c’est fini n’expliquent pas cette pĂ©riode.

    A force de tourner ça dans ma tĂȘte il s’est produit un dĂ©clic. Un peu comme dans les polars quand tous les indices qui reprĂ©sentaient des Ă©lĂ©ments sans liens apparents forment d’un seul coup une scĂšne unique et logique. Depuis longtemps je parle, et je ne suis pas le seul, du pouvoir de l’argent dans nos sociĂ©tĂ©s et du gouvernement de la finance. Mais pour le moment je ne voyais pas le lien avec le virus. La mayonnaise a pris quand j’ai compris que le coup portĂ© Ă  l’économie n’avait eu aucune consĂ©quence pour la finance. Attention je ne dis pas que la finance soit responsable du virus, pas du tout. Elle l’a dĂ©couvert comme tout le monde, mais au contraire de l’économie elle n’a subi aucun dĂ©gĂąt et peut ĂȘtre mĂȘme a-t-elle donnĂ© une espĂšce de feu vert aux politiques pour ce stop and go.

    Les spĂ©cialistes parlent d’économie rĂ©elle d’un cĂŽtĂ© et de marchĂ©s financiers de l’autre. L’économie rĂ©elle c’est la production et la consommation de biens avec comme moteurs le travail, les machines et les mĂ©nages et comme chiffrage le commerce international et les PIB.

    Les marchĂ©s financiers, eux, fonctionnent uniquement sur la maniĂšre de faire de l’argent avec de l’argent, avec comme support les bourses, les banques, les taux, les monnaies et comme chiffrage la valeur des portefeuilles. A vrai dire la finance s’intĂ©resse d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale Ă  tout ce qui bouge.

    Le problĂšme c’est qu’il y a un lien entre l’économie rĂ©elle et les marchĂ©s financiers. Par exemple, l’économie rĂ©elle c’est quand une centrale achĂšte du blĂ© pour faire la farine de ses magasins, lĂ  on est dans le mouvement physique avec des camions qui livrent du blĂ©. Et les marchĂ©s financiers c’est quand une banque vend du blĂ© qu’elle n’a pas encore achetĂ© et dont elle ne verra jamais la couleur, lĂ  il n’y a rien de physique, le blĂ© ne quitte pas les silos ou mĂȘme les champs. Il a simplement servi de valeur pour Ă©crire une ligne de programme. Le lien entre les deux c’est que le prix est le mĂȘme pour tout le monde.

    Maintenant rappelons-nous que l’argent des marchĂ©s financiers vient de l’économie rĂ©elle. Comment ? Tout simplement par les dividendes versĂ©s aux actionnaires et par la valeur des parts. Il y a 150 ans, il n’y avait pour ainsi dire pas de marchĂ©s financiers parce que l’accumulation d’argent n’était pas encore assez forte. Depuis 50 ans, il y a trop d’argent, alors ceux qui en ont jouent avec.

    Et en ce moment l’argent coule Ă  flots vers les Etats et les entreprises. Mais finalement oĂč va aller tout cet argent : dans les dividendes et donc dans les marchĂ© financiers, Cqfd.

    Michel Costadau

  • DĂ©cret

    Décret

    Attention je m’aventure en terrain complĂštement inconnu. Je ne savais mĂȘme pas que ça existait.

    Bon, il m’arrive de parcourir LibĂ©ration et ses 100 rubriques sur internet. Et le 1er juillet, aprĂšs avoir vu dĂ©filer un nouveau crime machiste ligne 1, la niĂšme reculade du gouvernement sur le glyphosate ligne 4, la dĂ©route prĂ©sidentielle et le nombre d’élus du RN et de LRM aux lignes 27, 49 et 60,  je tombe, ligne 65, sur une modification d’un dĂ©cret relatif Ă  l’expĂ©rimentation animale.

    Il s’agit des chiens et chats destinĂ©s aux laboratoires, surtout les chiens.

    PremiĂšre dĂ©couverte, il y a des Ă©levages agréés pour ce type d’usage et normalement il n’y a qu’eux qui ont le droit d’approvisionner les labos. Je ne sais pas quel est leur cahier des charges, j’espĂšre seulement qu’il ne s’agit pas d’une espĂšce d’eugĂ©nisme mais de vaccination et d’alimentation. C’est l’aspect destinĂ© aux labos qui ne me plaĂźt pas, mais malheur de malheur les Ă©levages, bovins, ovins, porcins ou de poulets sont hĂ©las notre quotidien. Et ils sont tous entiĂšrement destinĂ©s Ă  l’alimentation.

    Est-ce que l’abattoir est plus dĂ©fendable que le laboratoire, sĂ»rement pas, mais c’est psychologique.

    LĂ  oĂč ça commence Ă  me faire dresser l’oreille c’est que l’origine de la modification du dĂ©cret vient d’une injonction de la Commission traduite d’une directive europĂ©enne.

    Pour animer le dĂ©cor, plantons deux repĂšres. D’une part l’essentiel du travail parlementaire français consiste Ă  dĂ©cliner en version hexagonale les directives de Bruxelles et de Strasbourg et d’autre part, mĂȘme si ça n’a rien Ă  voir, en Suisse par exemple, il y a plus de souris de laboratoire que d’habitants.

    Maintenant le problĂšme que pourrait poser ce nouveau dĂ©cret serait de rendre plus facile la vente par n’importe quel particulier de chiens Ă  des labos. A priori ça ne me fait ni chaud, ni froid.

    Mais deuxiĂšme dĂ©couverte, les « amis des animaux » ne sont pas pour cette pratique et dĂ©fendent la notion d’élevage agréé oĂč tous les animaux sont destinĂ©s Ă  la vente Ă  des labos. Le rationnel m’échappe un peu car, pour moi, l’important n’est pas l’élevage mis l’utilisation de ces animaux pour tout un tas d’expĂ©riences. Je suppose, quand mĂȘme, que les amis des animaux ont le souci d’éviter un trafic de chiens si le marchĂ© des labos Ă©tait libre et prĂ©fĂšrent donc la notion d’élevage agréé.

    Mais, pas de bol, il y a les dĂ©rogations. Eh oui si les labos ne trouvent pas dans les Ă©levages les produits conformes Ă  leurs besoins, ils ont alors le droit d’aller chercher ailleurs. Le dĂ©cret en question met en place la dĂ©rogation scientifique ; personne ne sait ce que ça veut dire mais, vous l’avez remarquĂ©, c’est Ă  la mode. Seulement voilĂ  le dĂ©cret, modifiĂ© pour ĂȘtre en accord avec Bruxelles n’est pas limpide et donne lieu Ă  diverses interprĂ©tations quand aux dĂ©rogations.

    Et alors, troisiĂšme dĂ©couverte, la transposition des directives europĂ©ennes est l’occasion de finasserie rendant les lois rĂ©sultantes plus ou moins claires et plus ou moins applicables. Il semble que la France excelle dans ce domaine. En effet les lois transposĂ©es relĂšvent plus de l’acrobatie que du droit. Il faut permettre tout en interdisant, encourager tout en freinant et surtout annoncer, Ă  grand renfort de pub, des lois qui seront finalement  peu applicables. D’ailleurs, chez nous, le taux d’application des lois est infĂ©rieur Ă  50 %, un peu comme les votants.

    Michel Costadau

  • CJUE

    CJUE

    Vous le savez, il est trĂšs important d’ĂȘtre en accord avec soi-mĂȘme. Quitte Ă  ĂȘtre en dĂ©saccord avec d’autres, voire avec beaucoup d‘autres. Enfin pas avec tout le monde quand mĂȘme, parce que ça peut cacher un problĂšme de personnalitĂ© ou de misanthropie.

    Bon voilĂ , lĂ  je ne suis pas d’accord avec la Cour europĂ©enne de justice la CJUE.

    La question qui lui Ă©tait posĂ©e par la Commission europĂ©enne concernait une loi hongroise demandant de faire apparaĂźtre, Ă  partir d’un certain montant, les noms des donateurs et sponsors Ă©trangers des ONG agissant dans le pays.

    Cette loi a rapidement Ă©tĂ© Ă©tiquetĂ©e anti-ONG par la Commission europĂ©enne et Ă©tait dĂ©crite comme le pendant de la loi contre les agents de l’étranger adoptĂ©e en Russie en 2012. En fait la loi hongroise avait un objectif gĂ©nĂ©ral sur la transparence du financement associatif. Elle avait aussi pour objectif d’éviter que certaines ONG fassent passer leur intĂ©rĂȘt particulier avant l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral de la Hongrie. Elle avait aussi, au dire de la commission, une cible non nommĂ©e en la personne du milliardaire amĂ©ricano hongrois Soros, qui intervient abondement en Hongrie au travers de sa fondation Open Society.

    Bref la Commission a entamĂ©e une procĂ©dure d‘infraction contre la Hongrie. AmenĂ©e Ă  se prononcer, la CJUE a donnĂ© raison Ă  la Commission avec comme premier motif  « cette loi est de nature Ă  entraver la libertĂ© de circulation des capitaux », en rappelant que la libre circulation des capitaux est un principe fondamental de l’UE. Vlan ! Inattendu mais on ne peut plus clair.

    A priori cette loi n’empĂȘchait aucunement la circulation des capitaux mais certaines ONG ont indiquĂ© que « beaucoup de nos donateurs Ă©taient inquiets que leur nom puisse ĂȘtre un jour rendu public et pris pour cible ». On aurait plutĂŽt cru que les donateurs auraient Ă©tĂ© fiers que l’on connaisse leur nom et qu’on les cite pour les actions menĂ©es, mais non c’est le contraire.

    La suite de l’attendu de la CJUE est tout aussi surprenant : « les juges estiment qu’« une lĂ©gislation qui se fonde sur une prĂ©somption de principe et indiffĂ©renciĂ©e selon laquelle toute aide financiĂšre versĂ©e par une personne physique ou morale Ă©tablie dans un autre Etat membre ou dans un pays tiers 
 sont, en elles-mĂȘmes, susceptibles de mettre en pĂ©ril les intĂ©rĂȘts politiques et Ă©conomiques » de cet Etat ». La boucle est bouclĂ©e. Les ONG n’ont pas besoin d’ĂȘtre transparentes et ne font que du bien.

    Et justement moi j’aimerais bien savoir qui finance Greenpeace, Amnesty, Attac, Acted et autres SOS quelque chose. L’idĂ©e gĂ©nĂ©rale c’est que c’est pour de bonnes causes, certes : alimentation, santĂ©, Ă©ducation mais quand mĂȘme il y a un biais parce que, au final, les ONG rĂ©ussissent seulement Ă  rendre le libĂ©ralisme plus supportable. Je crois mĂȘme que c’est leur fonction principale, un peu comme la Croix-Rouge permet des Ă©changes de prisonniers plutĂŽt que leur exĂ©cution. La Croix-Rouge ne rend pas la guerre propre mais elle permet de croire qu’il y a des rĂšgles.

    MĂȘme si je n’aime pas les ONG, je ne leur reproche pas de faire des choses illicites, non, mais quand mĂȘme pour moi elles font partie de la communication libĂ©rale. Elles en sont mĂȘme un rouage essentiel. Une espĂšce de recours vertueux financĂ© par le systĂšme lui-mĂȘme.

    Et c’est pour ça qu’on ne connaüt pas les donateurs.

    Michel Costadau

  • Mutation-2

    Mutation-2

    Certains semblent s’étonner qu’en pleine Ă©pidĂ©mie il y ait des rĂ©actions fortes aux actes racistes, aux mĂ©thodes policiĂšres, aux symboles de domination ou aux dĂ©formations de l’histoire.

    En fait ce sont simplement quelques effets de la mutation en cours avec un nouveau changement de mentalité, surtout chez les jeunes il est vrai.

    Mais qu’est-ce qui a changé ? Ce qui a changĂ© c’est le rapport de chacun Ă  son existence. SchĂ©matiquement nous sommes passĂ©s :

    – d’individus se sentant isolĂ©s avec la seule possibilitĂ© de se regrouper localement pour se dĂ©fendre contre un monde matĂ©riel et Ă©conomique,

    – Ă  un nouveau niveau de prise de conscience de l’identicitĂ©, de la similitude, de la communautĂ© de tous les humains.

    Bien sĂ»r ce mouvement planĂ©taire est en cours depuis longtemps, mais progresse par sauts qualitatifs Ă  l’occasion de crises. Et cette Ă©pidĂ©mie a vraiment Ă©tĂ© un important dĂ©clencheur par la dĂ©couverte d’une exposition vraiment mondiale. La bombe atomique japonaise avait encore un caractĂšre local et, jusqu’à prĂ©sent, les crises Ă©conomiques touchaient l’occident et non tous les continents.

    Et du coup le racisme devient incomprĂ©hensible parce qu’il s’est avĂ©rĂ© impossible de refuser de soigner quelqu’un au nom de sa couleur. Les mĂ©thodes policiĂšres deviennent insupportables parce qu’elles tentent de sĂ©parer quelques humains du corps unique que constitue l’humanitĂ©. De mĂȘme il est difficile de supporter les honneurs attribuĂ©s Ă  des nĂ©griers alors que la santĂ© est en train de devenir un bien commun. Quand aux dĂ©formations de l’histoire, on les supporte depuis longtemps avec par exemple le mythe de la conquĂȘte de l’Ouest qui n’a consistĂ© qu’en une guerre d’extermination, et on ne l’avoue toujours pas, mais ça progresse.

    On peut résumer la prise de conscience par un slogan : tous égaux devant le virus.

    En fait ce n’est pas tout Ă  fait vrai puisque le virus s’est dĂ©veloppĂ© surtout dans les organismes les plus fragiles ou, ce qui est la mĂȘme chose, les moins rĂ©sistants. Certes c’est liĂ© Ă  l’ñge mais tous les octogĂ©naires sont loin d’y ĂȘtre passĂ©s et chez beaucoup de gens le virus a Ă©tĂ© bĂ©nin.  Mais, vous le savez, il reste encore beaucoup Ă  apprendre sur le sujet.

    NĂ©anmoins cette exposition mondiale a rendu les discours inaudibles. C’est-Ă -dire que ce qui Ă©tait bien intĂ©grĂ© par une grande partie de la population est, d’un seul coup, devenu repoussant pour ces mĂȘmes personnes. Par exemple  l’« AmĂ©rica first » de Trump qui Ă©tait ressenti comme « on va enfin s’occuper de nous » par la classe moyen pauvre a basculĂ© vers « mais qui s’occupe de nous ? ». Ce n’est, Ă©videmment, pas du tout pareil.

    Et chez nous la rengaine rĂ©formatrice du clown, basĂ©e sur la suppression d’emplois a  perdu tout son sens quand elle a Ă©tĂ© remplacĂ©e par une course Ă  la sauvegarde des emplois. En deux mois, le gouvernement a dĂ©truit plus d’emplois que la crise pĂ©troliĂšre de 73 et maintenant il faut endiguer ce qui, il y a trois mois, Ă©tait souhaitĂ©. Ah oui j’oubliais de dire que la population a une Ă©norme rĂ©silience et retient de l’épisode non pas 30 000 dĂ©cĂšs, mais tous les millions d’euros et d’emplois envolĂ©s. Les dĂ©cĂšs on y est habituĂ©s, la gabegie pas encore.

    Michel Costadau