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  • Tempo

    Tempo

    C’est le tempo qui n’est pas évident. Nous avons d’un côté la fin de parcours du monde capitaliste et d’un autre une grande incertitude sur la rapidité de cette chute.

    En effet si cet effondrement est très lent, disons de l’ordre d’une centaine d’année, il ne faut surtout pas se précipiter sur de nouveaux comportements puisque le risque d’être en décalage avec le reste de la population est alors très grand. C’est, d’ailleurs, exactement ce qui m’arrive avec des écrits et des réactions qui provoquent plutôt de l’incompréhension. Un bon exemple en est fourni par mon analyse sur la taille beaucoup trop grande des pays actuels qui vont être amenés à se déliter petit à petit.

    Presque personne n’a le sentiment que les pays sont trop grands. Au contraire beaucoup ont l’impression que plus un pays est grand et peuplé plus il est fort et en mesure de se débrouiller mieux que les autres. Mais en l’occurrence fort veut uniquement dire militairement, car ce n’est en rien favorable à la population pour laquelle les inégalités augmentent singulièrement avec la taille. Il est d’ailleurs clair actuellement que la taille conduit à la dictature « éclairée ou pas ». En effet le nombre crée l’obligation de la contrainte, car la croissance rend de plus en plus possible la contestation des lois, soit par régionalisme, soit par communautarisme, soit par indépendantisme, soit tout simplement par idéologie. Plus les pays sont grands et plus la taille critique de la contestation est facile à atteindre. D’où la nécessaire répression.

    Du coup les lois ne sont plus des moyens de protection de la population, mais deviennent des instruments de conditionnement pour éviter les déviances, les situations particulières et couper tout ce qui dépasse. Les Ouighours chinois ne sont pas plus mal traités que les Bretons ou les Catalans. C’est la même normalisation. C’est du nivellement pour empêcher toutes les désobéissances et ce nivellement est de nature dictatoriale.

    Bon, mais au contraire si cet effondrement est rapide ou, si vous préférez, si les évènements se précipitent : chômage, inflation, pollution, réchauffement, bulles financières, virus, chômage, il devient alors important d’adopter de nouveaux comportements et de le dire. La base de ces comportements est le regroupement. Ne plus être seul face au système. Depuis 100 ans la finance nous a isolés pour faire de nous des consommateurs sans défense.

    Le regroupement a, bien sûr, un aspect psychologique pour pouvoir enrichir les idées des uns et des autres, mais aussi un aspect constructif pour préparer la survie. On le voit déjà, beaucoup d’essais ont lieu en ce moment pour l’alimentation, le logement, et d’une manière générale tout ce qui n’est pas déclaré. Il me semble que les regroupements doivent contenir une grande diversité. Des gens de la ville et des gens de la campagne, des intellectuels et des manuels, des hommes et des femmes, des riches et des pauvres, des doués et des pas doués, non pas pour recréer une mini-société inégalitaire mais pour avoir un maximum d’enrichissement des uns par les autres. C’est exactement ce dont le capitalisme nous a privés depuis sa création en ne favorisant que le regroupement des mêmes, les ouvriers avec les ouvriers, les riches avec les riches, les magasins avec les magasins et tout le monde sur les routes au même moment.

    Ces regroupements sont de la forme réseaux et non communautés de vie. Pas besoin de vivre ensemble pour échanger, avoir des activités convergentes ou être solidaires. En ce moment le tempo est plutôt là-dessus, mais le capitalisme est loin d’avoir dit son dernier mot.

    Et ce balancement fait une espèce de danse.

    Michel Costadau

  • Que faire

    Que faire

    Au printemps 2017, lorsque Hollande sera réélu, les trois quarts des français seront consternés mais ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes devant ce fiasco de la démocratie. Les uns complètement déçus du mandat précédent, les autres parce que ça n’a jamais été leur candidat. Cependant soyons clairs, il n’y a strictement aucun moyen d’empêcher sa réélection : c’est écrit dans le marbre de nos institutions et de notre vie politique. La seule chose que nous pouvons faire c’est essayer de lui enlever le plus de légitimité possible. La légitimité c’est l’arme atomique de nos gouvernants. Sous prétexte que les Français dans un grand élan patriotique se sont déplacés pour voter, que les candidats ont eu des voix et qu’il y en a un qui en a eu un peu plus que les autres, voilà notre monarque élu légitimement. Que demander de plus ? Le président est adoubé par la population ou tout au moins par une grande partie, parce que c’est ça le piège diabolique, c’est que plus de la moitié des électeurs se déplacent pour voter. C’est ça leur légitimité, c’est à dire le droit pour eux de faire exactement ce qu’ils veulent. Au résultat, la légitimité vient non pas du fait qu’il aura eu plus voix que les autres. Non la légitimité vient exclusivement du nombre de gens qui se déplacent pour aller voter au premier tour. Les votants du premier tour sont donc les apôtres, les remparts, les thuriféraires, les piliers, les garants de notre démocratie en lambeaux. C’est eux qui par leur coupable élan permettent à de sinistres individus de régner sur notre pays comme des seigneurs moyen-âgeux. Mais attention, ça ne marche que si plus de la moitié des électeurs se déplacent au premier tour. Alors oui, on peut enlever sa légitimité à notre Président, c’est à dire ce label que tous les médias affublent du nom de soutien populaire. La perte de légitimité ce n’est, bien sûr, pas encore le retour à la démocratie, mais ça constitue une importante étape. Si, au soir du premier tour, moins de 50 % des électeurs se sont déplacés, ça veut dire que nous considérons que la farce électorale ne peut pas tenir lieu de garant des valeurs de notre vie en société. On va développer un peu tout ça.

    UN GRAND MOUVEMENT D ABSTENTION CONSTRUCTIVE

    Bon, c’est vrai que ça fait un moment que l’on casse du sucre sur les élus, les politiques et les partis. A juste titre certes, mais on peut aussi se poser la question de savoir comment il serait possible d’avoir autre chose. Pour être clair, quand on parle des politiques, ça ne concerne, en fait qu’une toute petite partie des élus. En effet sur les 600 000 et quelques élus de France, 98 % sont des élus municipaux. Ce n’est pas d’eux dont je parle, à quelques exceptions près, mais des autres, députés, sénateurs conseillers et leurs technocrates. C’est eux la caste politique, ils sont peu nombreux, à peine plus d’un millier, mais ils ont le pouvoir et c’est ça le problème. Alors, maintenant, pour changer la donne politique il n’y a pas trente six solutions mais une seule : c’est de changer le pouvoir. Et pour changer le pouvoir il faut le prendre. Pour cela, par contre, deux méthodes sont possibles : prendre le pouvoir par les urnes ou prendre le pouvoir par la force. La première méthode s‘appelle la voie légale et la seconde, la voie révolutionnaire. Cette dernière est excellente, mais elle a le premier défaut d’être très violente, ce qui engendre quelques dégâts collatéraux dans la population qui ne demande pas ça pour le moment. Elle a aussi un second défaut c’est d’être, dans notre cas, inapplicable. En effet, la voie révolutionnaire est utile pour mettre en place un pouvoir démocratique, or c’est exactement le système que nous avons. Donnons en passant une claque, pour n’avoir rien compris, à tous les partis, organisations et groupuscules qui se disent révolutionnaires. Passe encore quand il s’agit de jeunes gens généreux et exaltés ou qui parlent en général et encore, mais pour les autres c’est minable. Donc il ne reste que la voie légale.

    Cependant, le constat qui ressort de tous nos textes est que la voie légale a mis en place un pouvoir politique qui a complètement dévié de sa mission. Laquelle est d’être au service de la population et il est assez facile de constater que le pouvoir politique est au service de la finance, des lobbies, des dictateurs africains et des nos amis les Américains.

    Nous devons donc changer le pouvoir politique, mais hélas nous sommes devant une impasse. En effet, il apparaît depuis quelques dizaines d’année que gagner les élections ne sert pratiquement à rien, car le système politique est maintenant verrouillé par la caste qui s’est emparé de nos institutions. Et pourtant, on y reviendra, les élections sont le seul moyen que nous ayons de nous exprimer. C’est pourquoi je propose l’abstention comme moyen d’expression, un peu comme une diète électorale, et je l’appelle l’abstention constructive. Il s’agit bien sûr d’une abstention au premier tour, il n’y a que celle-là qui compte.

    DEMOCRATIE EN PANNE

    Si vous préférez les formules simples, on peut dire que notre démocratie n’est plus démocratique. Ca nous fait une belle jambe et beaucoup auraient même une certaine tendance à s’en accommoder. Moi non et il y a même pas mal de gens qui se posent des questions, analysent et réfléchissent et s’aperçoivent que notre monde est entrée dans une fuite en avant inégalitaire, guerrière et dévastatrice, et qu’il devient urgent d’inverser la vapeur. Voilà.

    Notre propos est donc de savoir comment inverser la vapeur et nous allons prendre les choses très concrètement. La réalité, c’est que la prise de pouvoir par la voie légale est basée principalement sur les élections. Bien sûr, il y aussi les rapports de force sociaux, manifestations, blocages divers et occupations, mais ça reste assez marginal et ce n’est en aucun cas une démarche vers la prise du pouvoir. Et même disons-le franchement ça ne sert pas à grand-chose, à part faire croire qu’il y a des relents de démocratie dans ce pays, puisque tout se décide hors de vue des citoyens. Donc il reste les élections et dans les élections il y a deux termes : les électeurs et les élus.

    Commençons par les élus. On va d’abord énoncer comment on aimerait que les choses se passent avec les élus. Situation idyllique et donc irréaliste, mais qui va nous guider dans notre analyse.

    Quand on élit nos représentants, on aimerait avoir des élus intègres, dévoués, se mettant au service de la collectivité pour offrir des perspectives à la société et résoudre les problèmes rencontrés, respectés parce que porteur des notions de biens collectifs, de services publics et d’intérêt général. Prenant en compte toute la population et pas seulement un parti, un clan ou un lobby, capable de discuter avec tous, d’expliquer, de prendre en compte plusieurs avis. Le combat pour nous défendre serait leur seule activité, leur seule motivation, leur seul but. Ils ne réussiraient pas tout du premier coup ni sans nous consulter, mais ils pourraient toujours conter sur notre soutien et notre mobilisation. Ces élus exerceraient un mandat, un seul, non cumulable non renouvelable, sans avantages particuliers, à part celui de la considération des citoyens pour leur rigueur et leur dévouement, et retourneraient ensuite à la vie active sans indemnités ni statuts particuliers. Je vous avais bien dit que c’était utopique, mais quand même avouez qu’on est très loin de la réalité. Bien sûr, vous allez me dire que des personnes de cette trempe ça n’existe pas. Ah bon.

    Moi je pense que ça existe et que même on en connaît beaucoup. C’est vrai que pour le moment ils font autre chose mais ils sont là. Vous voulez des exemples, eh bien beaucoup d’enseignants ont une réelle volonté de former et d’éduquer leurs élèves et ils le font pour un salaire assez maigre et sans la moindre reconnaissance, sans parler de l’inconduite des élèves et des parents. De même, beaucoup de salariés ont le souci de remplir leur mission bien au-delà de leur fonction, voire même sans compter leurs heures. Et dans les entreprises, combien de techniciens s’efforcent de faire marcher des machines capricieuses ou des programmes déroutants, définis à la- va-vite par de super ingénieurs vachement diplômés mais n’ayant pas franchement le souci de l’utilisateur. Et donc la population des élus idylliques existe, seulement pour le moment ils font autre chose et c’est pour ça que notre démocratie est en panne.

    CHANGER LES ELUS OU CHANGER LES MENTALITES

    Du côté des élus la première idée serait donc de remplacer la caste actuelle par de nouveaux élus représentant vraiment les citoyens. Outre le fait qu’il ne faut pas compter sur la classe politique pour se faire hara-kiri et céder bien gentiment sa place à des hommes intègres et loyaux, il y a aussi et surtout que le remplacement de la caste politique ne suffirait surement pas à rétablir la démocratie, car le cœur du problème est une question de mentalité. Et là tout le monde est concerné. Nous avons accepté beaucoup trop de choses et maintenant la réaction devient difficile. Ce que je veux dire c’est que le comportement totalitaire des élus est relié au comportement moutonnier des citoyens. C’est donc bien une révolution des mentalités que nous devons entreprendre. Et franchement, ce combat n’est pas du tout simple. Car au-delà du mépris des électeurs il y a, dans notre société, un mépris général des autres et de la population, c’est-à-dire de tous ceux auxquels on a appris qu’ils ne comptaient pas et auxquels on demande seulement d’ingurgiter la télé. On peut illustrer cela par quelque anecdote.

    La première illustration vient d’un syndicat agricole, pas le majoritaire, non, celui qui défend l’agriculture paysanne. Voilà que les militants d’un département organisent une fête paysanne, sur le thème du consommer local, circuit court et paysans près de chez vous. Il est alors prévu d’organiser des débats et d’inviter le porte-parole national du syndicat à venir animer la journée et partager les grillades avec les militants locaux. Quand on apprend que celui-ci accepte de venir passer le we avec les militants, l’ambiance de la préparation monte d’un cran. Les affiches sont prêtes et on va imprimer les tracts, quand, patatras, on apprend qu’il ne vient pas. N’allez pas croire qu’il se soit cassé une jambe ou ait attrapé un mauvais virus ; non pas du tout, il va très bien, mais il s’est trouvé beaucoup d’occupations à Bruxelles, en Italie, en Bretagne, en Auvergne. Si on comprend bien, en perdant un we et en venant dans le département, au lieu d’aller à Bruxelles, la cause de l’agriculture paysanne aurait subi une atteinte indélébile. Personne bien sûr ne peut croire cela, mais, hélas, il y en a beaucoup qui défendent quand même ce qu’il faut bien appeler de l’activisme, ce qui est une bonne manière de nous ignorer. Pas étonnant que le FN fasse recette.

    La seconde illustration vient d’en haut, du gouvernement. Et c’est l’utilisation du langage comme moyen d’action. La présidence et avec elle toute la classe politique a installé une pratique qui consiste à remplacer « faire » par « dire ». Ainsi le combat de la présidence contre la finance ou contre les inégalités est uniquement verbal. « Tout est mis en œuvre pour limiter le pouvoir de la finance », « Nous augmentons constamment nos moyens de lutte conter les inégalités ». Ces paroles ne sont pas faites pour se traduire en actes puisqu’elles sont l’acte lui-même. Par contre, toutes les actions réelles de la classe politique n’ont toujours qu’un seul but ou plutôt deux : aider la finance et s’auto-protéger. Cette pratique de remplacer l’action par son annonce vient du comportement boursier dans lequel c’est l’information qui fait le cours et pas du tout la production ou la consommation. Pas étonnant que la population méprise les élus.

    COMPRENDRE LE SYSTEME POLITIQUE

    En fait, la vie politique fonctionne comme un système. Pourquoi je parle de système, c’est parce qu’un système est une configuration physique bien définie et quelque chose de très difficile à modifier. D’ailleurs on a tendance à appeler le complexe politico-militaro-financier actuel « le système » et tout le monde voit très bien de quoi on parle. De même que, dans le système solaire, la terre interagit avec la lune et toutes les deux avec le soleil, mais aussi avec les autres planètes, d’une manière extrêmement interactive, de même, dans notre système, les politiques et les financiers jouent un grand rôle mais aussi les institutions, les médias, les entreprises, les écoles, les bars, les familles, les lieux de culte sans oublier les réseaux dits sociaux et chacun de nous aussi un peu. C’est cet ensemble d’interactions qui façonne la mentalité des citoyens. Et cette mentalité est celle de la dépendance. Le niveau de vie dépend des revenus, l’éducation dépend de l’école, l’heure d’arrivée dépend des encombrements, les vacances dépendent de la météo, la santé dépend des médicaments et les changements dépendent des politiques. La population a l’état d’esprit qu’il est impensable d’être autonome, qu’il est impossible d’être indépendant, qu’il est interdit d’avoir des idées, alors on ne pense plus on ne réfléchit plus on consomme et on regarde encore la télé. Et donc, en soi, remplacer les élus actuels par d’autres n’est pas suffisant, car il faudrait aussi que les citoyens changent de mentalité et reprennent confiance en eux.

    C’est pareil pour le concept de suppression des opposants. Ceux qui croient que le fait de supprimer physiquement les individus qui ne sont pas d’accord avec une idée ou une pratique va permettre a cette idée de prospérer, n’ont rien compris et sont donc de bêtes assassins. De la même manière, mettre à l’école des programmes révisés pour essayer de faire passer une doctrine, une pensée ou une politique n’a jamais produit que de la confusion et de la saine révolte. Pourquoi, parce qu’un système ne se change pas en agissant sur un seul de ses composants. Non, pour agir sur un système il faut commencer par comprendre comment il marche. Par exemple, pour le système solaire, tant que l’on n’a pas compris et décrit la gravitation, on a du mal à expliquer.

    Nous en sommes donc à essayer de comprendre comment marche notre système politique.

    Pour cela, nous allons faire un état des lieux, même si c’est une liste à la Prévert.

    -Le cœur de notre système c’est le bipartisme, le président de la République et la télé.

    -Le président n’est responsable devant personne, il peut engager le pays dans une guerre sans consulter personne, il peut nommer qui il veut, où il veut, sans rien demander à personne. C’est ce qu’on appelle un zombie.

    -Le Président vient toujours d’un des deux grands partis politiques qui ne s’appellent pas gauche et droite mais majorité et opposition.

    -Les partis politiques sont des organismes dont le but est d’exercer le pouvoir.

    -Presque tous les élus appartiennent aux grands partis politiques.

    -Tous les élus ont le même comportement du double langage, qui consiste en façade à serrer des mains, à afficher une proximité avec les citoyens et, en coulisse, à voter des lois, des décisions et des règlements les méprisant complètement.

    -Les petits partis politiques, dont la raison d’être théorique est de promouvoir des idées ou des valeurs, sont seulement les faire-valoir des grands partis et donc ne servent à rien.

    -Le système démocratique du vote de toute la population était il y a longtemps une victoire, une conquête du peuple sur les castes qui monopolisaient le pouvoir avec un système de cooptation.

    -Mais le vote est maintenant seulement le moyen par lequel les élus obtiennent le pouvoir.

    -Les élus sont presque tous des gens dont la profession est d’être élu.

    -En sus d’en faire une profession aux énormes avantages, les élus ont la possibilité de cumuler divers mandats, ce qui fait qu’avec peu d’individus on peut tenir un pays.

    -On peut donc parler d’une caste des élus qui accapare tout le pouvoir.

    -Cette caste a supprimé la notion de représentation du peuple et rétabli l’ancien pouvoir de la cooptation puisqu’ils se choisissent entre eux au sein des partis.

    -La caste politique ne possède plus la force de la représentation populaire et a délibérément choisi de s’adosser à la finance.

    -Il y a donc une collusion entre les riches et les politiques, qui s’entendent pour que les uns accroissent leur richesse et que les autres monopolisent le système démocratique dans une boucle infernale.

    LE SEUL POUVOIR QUI RESTE AUX ELECTEURS C’EST LE VOTE

    De cette liste, il ressort que le problème essentiel vient de la rupture entre les électeurs et les élus, dans le sens où les citoyens n’ont du coup strictement aucun représentant, c’est-à-dire personne qui porte leurs attentes et leurs espoirs.

    Et pourtant les électeurs ont un pouvoir, c’est le droit de vote. Mais qu’est-ce que nous en faisons de ce pouvoir ? Rien, parce que les institutions dans lesquelles il s’exerce sont détournées par la caste politique. Si nous n’avions pas le pouvoir du vote alors nous devrions faire la révolution, mais je vous rappelle que nous avons ce pouvoir et que nous le galvaudons en élisant des menteurs, des voleurs et des profiteurs. Alors, cessons de pleurer sur notre pauvre pays, réagissons en redonnant sa valeur au vote. Montrons à la classe politique que nous avons démasqué ses agissements, que nous ne sommes pas dupes de ses discours et de ses promesses. Nous ne voulons plus voter pour des personnes mais pour des actes. Les personnes ne sont pas mieux les unes que les autres, c’est ce qu’elles font qui compte. Fini les promesses c’est le temps de la reprise en main par la population de son seul pouvoir, qui est de se choisir ses défenseurs et ses représentants. Pas de vote tant que la classe politique ne s’est pas mise à notre service. Nous ne voulons plus vivre de promesses. Montrez nous d’abord ce que vous savez faire.

    RESUME TRES SYNTHETIQUE

    Depuis une cinquantaine d’années, la classe politique s’est coupée de la population et n’exerce plus son rôle de représentation des citoyens. Au contraire, elle agit sous la férule exclusive de la finance dans une fuite en avant technocratique et antidémocratique. Les partis politiques se sont partagés le pouvoir et agissent d’une manière hégémonique en simulant la démocratie avec le duo majorité/ opposition. Le système entretient, aussi, de petits partis pour une contestation fictive, impuissante mais consentante, servant uniquement de faire-valoir. Cependant, la classe politique ne tire sa légitimité que de la participation des électeurs aux différents scrutins. Comme il ne faut pas compter sur elle pour s’amender et se rapprocher des citoyens, c’est aux électeurs de cesser d’être les dindons des farces électorales. Pour cela les électeurs doivent inverser la vapeur des promesses électorales en disant faites d’abord et ensuite on votera. Quand le chômage sera à 3 % on votera ; quand l’école formera des citoyens et non de la main d’œuvre pour les entreprises on votera, quand les pollutions agro-industrielles auront diminuées, on votera ; quand les prisons ne seront plus pleines, on votera ; quand le nombre d’agriculteurs aura doublé, on votera ; et quand le Président nous demandera notre avis avant de faire la guerre, on votera pour lui. Je propose donc un vaste mouvement d’abstention en particulier pour la présidentielle/législative. Pour commencer on peut s’entraîner avec les régionales de décembre qui sont franchement des élections bidons, c’est-à-dire sans le moindre enjeu vu que c’est simplement une administration de plus. Ce qui serait bien, c’est d’arriver à faire un blog sur l’abstention constructive ou le non-vote, ou un autre nom, avant les régionales.

    Michel Costadau

  • Age

    Age

    Est-ce que nous sommes vraiment sortis du Moyen Âge ou plutôt est ce que nous ne sommes pas en train d’y revenir ? Je parle de l’Europe bien sûr.

    Pour ceux qui ont regardé ça, le Moyen Âge a démarré avec le déclin de l’Empire romain d’occident qui, faute d’énergie, a cessé de contrôler le monde méditerranéen, la « Mare nostrum », laissant s’installer des royaumes barbares et de nombreuses baronnies. Tous ces fiefs se livrant une guerre continuelle entre petits chefs pendant 1000 ans.

    C’est aussi ce qui se passe maintenant avec le déclin de l’empire américain qui ne cherche plus à assurer, par la force, la paix dans le monde mais seulement à profiter de sa puissance pour défendre ses propres intérêts, assez souvent sales il faut le dire. C’est du repli sur soi. Et c’est la même chose pour une Europe qui se résigne à un bastion social sécuritaire sans la moindre perspective, à part de mourir vieux, malade et sans enfants.

    Et si nous continuons la comparaison, on voit qu’en termes d’invasions nous sommes assez bien servis, depuis l’envahissante idéologie libérale, en passant par les produits de la Chine et de l’Asie ainsi qu’avec une forte immigration de toutes les couleurs. En termes de déliquescence des Etats, ce n’est pas mal non plus, à commencer par l’impossibilité de faire la moindre rupture environnementale, le continuel dictat des barons de l’économie, la panique devant les épidémies et les coffres-forts matériels et juridiques pour protéger les riches.

    En plus je n’ai pas besoin d’insister sur les religions, tellement il saute aux yeux que de Notre Dame à Aya Sofia en passant par les évangélistes c’est tradition et régression à tous les étages. Et domination des plus faibles.

    De nos jours, comme au Moyen Âge, les hiérarchies sont à leur maximum. Clairement les grands seigneurs, les féodaux de notre époque, sont les entreprises qui se battent entre elles tout en consolidant leurs places fortes. L’OPA a remplacé le siège mais le but et les résultats sont les mêmes. Et ces combats n’ont souvent ni vainqueurs ni vaincus, à part les ouvriers soldats laissés sur le carreau. Et, comme au Moyen Âge, on peut même parler d’un état général de guerre entre pays, entre entreprises, entre régions, chacun voulant avoir choisi la meilleure solution, la meilleure invention, la meilleure mesure, alors que rien ni personne ne respecte le moindre règlement qui permettrait d’arbitrer et de valider des fonctionnements efficaces ayant suffisamment fait leurs preuves.

    Quant au servage, ne me dites pas qu’il n’existe plus car non seulement il est très répandu, mais il s’est considérablement renforcé au point de vendre le personnel avec les murs lors de cessions ou de conquêtes. Il n’est pas rare non plus qu’en cas de problèmes seigneuriaux les serfs soient expulsés du château et jetés sur les routes, attendant, quelquefois en vain, une aide royale aujourd’hui appelée étatique mais toujours aussi maigre et aléatoire.

    Et pour  les Croisades, il me semble que les guerres d’Irak, d’Afghanistan, de Syrie ressemblent fort à ces raids croisés destinés autant à contrer l’islam qu’à enrichir leurs organisateurs. Que l’on brandisse la croix ou le baril ne change pas grand-chose. C’est le pillage qui est la règle.

    Depuis 500 ans nous avons connu la Renaissance, la révolution puis l’industrialisation. C’est quoi la prochaine étape ?

    Michel Costadau

  • Accumulation

    Accumulation

    Il me semble que je l’ai déjà dit, mais le grand plongeon du monde du travail pendant deux mois n’arrête pas de me surprendre tant le rationnel est peu crédible. S’il y a bien quelque chose dont se fiche le business mondial c’est la vie humaine. Alors plomber l’économie pour quelques victimes de plus ne tient pas la route. Oui, mais alors pourquoi cela a-t-il eu lieu ? N’oublions pas que les deux hypothèses actuelles : le virus ne fait que commencer et le virus c’est fini n’expliquent pas cette période.

    A force de tourner ça dans ma tête il s’est produit un déclic. Un peu comme dans les polars quand tous les indices qui représentaient des éléments sans liens apparents forment d’un seul coup une scène unique et logique. Depuis longtemps je parle, et je ne suis pas le seul, du pouvoir de l’argent dans nos sociétés et du gouvernement de la finance. Mais pour le moment je ne voyais pas le lien avec le virus. La mayonnaise a pris quand j’ai compris que le coup porté à l’économie n’avait eu aucune conséquence pour la finance. Attention je ne dis pas que la finance soit responsable du virus, pas du tout. Elle l’a découvert comme tout le monde, mais au contraire de l’économie elle n’a subi aucun dégât et peut être même a-t-elle donné une espèce de feu vert aux politiques pour ce stop and go.

    Les spécialistes parlent d’économie réelle d’un côté et de marchés financiers de l’autre. L’économie réelle c’est la production et la consommation de biens avec comme moteurs le travail, les machines et les ménages et comme chiffrage le commerce international et les PIB.

    Les marchés financiers, eux, fonctionnent uniquement sur la manière de faire de l’argent avec de l’argent, avec comme support les bourses, les banques, les taux, les monnaies et comme chiffrage la valeur des portefeuilles. A vrai dire la finance s’intéresse d’une manière générale à tout ce qui bouge.

    Le problème c’est qu’il y a un lien entre l’économie réelle et les marchés financiers. Par exemple, l’économie réelle c’est quand une centrale achète du blé pour faire la farine de ses magasins, là on est dans le mouvement physique avec des camions qui livrent du blé. Et les marchés financiers c’est quand une banque vend du blé qu’elle n’a pas encore acheté et dont elle ne verra jamais la couleur, là il n’y a rien de physique, le blé ne quitte pas les silos ou même les champs. Il a simplement servi de valeur pour écrire une ligne de programme. Le lien entre les deux c’est que le prix est le même pour tout le monde.

    Maintenant rappelons-nous que l’argent des marchés financiers vient de l’économie réelle. Comment ? Tout simplement par les dividendes versés aux actionnaires et par la valeur des parts. Il y a 150 ans, il n’y avait pour ainsi dire pas de marchés financiers parce que l’accumulation d’argent n’était pas encore assez forte. Depuis 50 ans, il y a trop d’argent, alors ceux qui en ont jouent avec.

    Et en ce moment l’argent coule à flots vers les Etats et les entreprises. Mais finalement où va aller tout cet argent : dans les dividendes et donc dans les marché financiers, Cqfd.

    Michel Costadau

  • Décret

    Décret

    Attention je m’aventure en terrain complètement inconnu. Je ne savais même pas que ça existait.

    Bon, il m’arrive de parcourir Libération et ses 100 rubriques sur internet. Et le 1er juillet, après avoir vu défiler un nouveau crime machiste ligne 1, la nième reculade du gouvernement sur le glyphosate ligne 4, la déroute présidentielle et le nombre d’élus du RN et de LRM aux lignes 27, 49 et 60,  je tombe, ligne 65, sur une modification d’un décret relatif à l’expérimentation animale.

    Il s’agit des chiens et chats destinés aux laboratoires, surtout les chiens.

    Première découverte, il y a des élevages agréés pour ce type d’usage et normalement il n’y a qu’eux qui ont le droit d’approvisionner les labos. Je ne sais pas quel est leur cahier des charges, j’espère seulement qu’il ne s’agit pas d’une espèce d’eugénisme mais de vaccination et d’alimentation. C’est l’aspect destiné aux labos qui ne me plaît pas, mais malheur de malheur les élevages, bovins, ovins, porcins ou de poulets sont hélas notre quotidien. Et ils sont tous entièrement destinés à l’alimentation.

    Est-ce que l’abattoir est plus défendable que le laboratoire, sûrement pas, mais c’est psychologique.

    Là où ça commence à me faire dresser l’oreille c’est que l’origine de la modification du décret vient d’une injonction de la Commission traduite d’une directive européenne.

    Pour animer le décor, plantons deux repères. D’une part l’essentiel du travail parlementaire français consiste à décliner en version hexagonale les directives de Bruxelles et de Strasbourg et d’autre part, même si ça n’a rien à voir, en Suisse par exemple, il y a plus de souris de laboratoire que d’habitants.

    Maintenant le problème que pourrait poser ce nouveau décret serait de rendre plus facile la vente par n’importe quel particulier de chiens à des labos. A priori ça ne me fait ni chaud, ni froid.

    Mais deuxième découverte, les « amis des animaux » ne sont pas pour cette pratique et défendent la notion d’élevage agréé où tous les animaux sont destinés à la vente à des labos. Le rationnel m’échappe un peu car, pour moi, l’important n’est pas l’élevage mis l’utilisation de ces animaux pour tout un tas d’expériences. Je suppose, quand même, que les amis des animaux ont le souci d’éviter un trafic de chiens si le marché des labos était libre et préfèrent donc la notion d’élevage agréé.

    Mais, pas de bol, il y a les dérogations. Eh oui si les labos ne trouvent pas dans les élevages les produits conformes à leurs besoins, ils ont alors le droit d’aller chercher ailleurs. Le décret en question met en place la dérogation scientifique ; personne ne sait ce que ça veut dire mais, vous l’avez remarqué, c’est à la mode. Seulement voilà le décret, modifié pour être en accord avec Bruxelles n’est pas limpide et donne lieu à diverses interprétations quand aux dérogations.

    Et alors, troisième découverte, la transposition des directives européennes est l’occasion de finasserie rendant les lois résultantes plus ou moins claires et plus ou moins applicables. Il semble que la France excelle dans ce domaine. En effet les lois transposées relèvent plus de l’acrobatie que du droit. Il faut permettre tout en interdisant, encourager tout en freinant et surtout annoncer, à grand renfort de pub, des lois qui seront finalement  peu applicables. D’ailleurs, chez nous, le taux d’application des lois est inférieur à 50 %, un peu comme les votants.

    Michel Costadau

  • CJUE

    CJUE

    Vous le savez, il est très important d’être en accord avec soi-même. Quitte à être en désaccord avec d’autres, voire avec beaucoup d‘autres. Enfin pas avec tout le monde quand même, parce que ça peut cacher un problème de personnalité ou de misanthropie.

    Bon voilà, là je ne suis pas d’accord avec la Cour européenne de justice la CJUE.

    La question qui lui était posée par la Commission européenne concernait une loi hongroise demandant de faire apparaître, à partir d’un certain montant, les noms des donateurs et sponsors étrangers des ONG agissant dans le pays.

    Cette loi a rapidement été étiquetée anti-ONG par la Commission européenne et était décrite comme le pendant de la loi contre les agents de l’étranger adoptée en Russie en 2012. En fait la loi hongroise avait un objectif général sur la transparence du financement associatif. Elle avait aussi pour objectif d’éviter que certaines ONG fassent passer leur intérêt particulier avant l’intérêt général de la Hongrie. Elle avait aussi, au dire de la commission, une cible non nommée en la personne du milliardaire américano hongrois Soros, qui intervient abondement en Hongrie au travers de sa fondation Open Society.

    Bref la Commission a entamée une procédure d‘infraction contre la Hongrie. Amenée à se prononcer, la CJUE a donné raison à la Commission avec comme premier motif  « cette loi est de nature à entraver la liberté de circulation des capitaux », en rappelant que la libre circulation des capitaux est un principe fondamental de l’UE. Vlan ! Inattendu mais on ne peut plus clair.

    A priori cette loi n’empêchait aucunement la circulation des capitaux mais certaines ONG ont indiqué que « beaucoup de nos donateurs étaient inquiets que leur nom puisse être un jour rendu public et pris pour cible ». On aurait plutôt cru que les donateurs auraient été fiers que l’on connaisse leur nom et qu’on les cite pour les actions menées, mais non c’est le contraire.

    La suite de l’attendu de la CJUE est tout aussi surprenant : « les juges estiment qu’« une législation qui se fonde sur une présomption de principe et indifférenciée selon laquelle toute aide financière versée par une personne physique ou morale établie dans un autre Etat membre ou dans un pays tiers … sont, en elles-mêmes, susceptibles de mettre en péril les intérêts politiques et économiques » de cet Etat ». La boucle est bouclée. Les ONG n’ont pas besoin d’être transparentes et ne font que du bien.

    Et justement moi j’aimerais bien savoir qui finance Greenpeace, Amnesty, Attac, Acted et autres SOS quelque chose. L’idée générale c’est que c’est pour de bonnes causes, certes : alimentation, santé, éducation mais quand même il y a un biais parce que, au final, les ONG réussissent seulement à rendre le libéralisme plus supportable. Je crois même que c’est leur fonction principale, un peu comme la Croix-Rouge permet des échanges de prisonniers plutôt que leur exécution. La Croix-Rouge ne rend pas la guerre propre mais elle permet de croire qu’il y a des règles.

    Même si je n’aime pas les ONG, je ne leur reproche pas de faire des choses illicites, non, mais quand même pour moi elles font partie de la communication libérale. Elles en sont même un rouage essentiel. Une espèce de recours vertueux financé par le système lui-même.

    Et c’est pour ça qu’on ne connaît pas les donateurs.

    Michel Costadau

  • Mutation-2

    Mutation-2

    Certains semblent s’étonner qu’en pleine épidémie il y ait des réactions fortes aux actes racistes, aux méthodes policières, aux symboles de domination ou aux déformations de l’histoire.

    En fait ce sont simplement quelques effets de la mutation en cours avec un nouveau changement de mentalité, surtout chez les jeunes il est vrai.

    Mais qu’est-ce qui a changé ? Ce qui a changé c’est le rapport de chacun à son existence. Schématiquement nous sommes passés :

    – d’individus se sentant isolés avec la seule possibilité de se regrouper localement pour se défendre contre un monde matériel et économique,

    – à un nouveau niveau de prise de conscience de l’identicité, de la similitude, de la communauté de tous les humains.

    Bien sûr ce mouvement planétaire est en cours depuis longtemps, mais progresse par sauts qualitatifs à l’occasion de crises. Et cette épidémie a vraiment été un important déclencheur par la découverte d’une exposition vraiment mondiale. La bombe atomique japonaise avait encore un caractère local et, jusqu’à présent, les crises économiques touchaient l’occident et non tous les continents.

    Et du coup le racisme devient incompréhensible parce qu’il s’est avéré impossible de refuser de soigner quelqu’un au nom de sa couleur. Les méthodes policières deviennent insupportables parce qu’elles tentent de séparer quelques humains du corps unique que constitue l’humanité. De même il est difficile de supporter les honneurs attribués à des négriers alors que la santé est en train de devenir un bien commun. Quand aux déformations de l’histoire, on les supporte depuis longtemps avec par exemple le mythe de la conquête de l’Ouest qui n’a consisté qu’en une guerre d’extermination, et on ne l’avoue toujours pas, mais ça progresse.

    On peut résumer la prise de conscience par un slogan : tous égaux devant le virus.

    En fait ce n’est pas tout à fait vrai puisque le virus s’est développé surtout dans les organismes les plus fragiles ou, ce qui est la même chose, les moins résistants. Certes c’est lié à l’âge mais tous les octogénaires sont loin d’y être passés et chez beaucoup de gens le virus a été bénin.  Mais, vous le savez, il reste encore beaucoup à apprendre sur le sujet.

    Néanmoins cette exposition mondiale a rendu les discours inaudibles. C’est-à-dire que ce qui était bien intégré par une grande partie de la population est, d’un seul coup, devenu repoussant pour ces mêmes personnes. Par exemple  l’« América first » de Trump qui était ressenti comme « on va enfin s’occuper de nous » par la classe moyen pauvre a basculé vers « mais qui s’occupe de nous ? ». Ce n’est, évidemment, pas du tout pareil.

    Et chez nous la rengaine réformatrice du clown, basée sur la suppression d’emplois a  perdu tout son sens quand elle a été remplacée par une course à la sauvegarde des emplois. En deux mois, le gouvernement a détruit plus d’emplois que la crise pétrolière de 73 et maintenant il faut endiguer ce qui, il y a trois mois, était souhaité. Ah oui j’oubliais de dire que la population a une énorme résilience et retient de l’épisode non pas 30 000 décès, mais tous les millions d’euros et d’emplois envolés. Les décès on y est habitués, la gabegie pas encore.

    Michel Costadau

  • Exit

    Exit

    Je lis depuis quelques jours des trucs ahurissants sur notre système de santé. Le dernier en date titre la « désillusion française » en faisant une comparaison hasardeuse avec la défaite éclair de nos vaillantes armées en 1939. Les Français ont perdu leur « souveraineté sanitaire », ils sont tombés de leur « piédestal » persuadés d’avoir les meilleurs hôpitaux du monde et découvrant des établissements malades. Holà holà, halte au feu, on se calme. En fait ce que l’on nomme notre système de santé comporte trois volets :

    – un volet médical public et privé composé du personnel hospitalier, de la formation médicale, de recherches appliquées et d’un ensemble de bâtiments et de matériels,

    – un secteur administratif ou ministériel composé de fonctionnaires, de technocrates et d’élus,

    – et un volet pharmaceutique et industriel comprenant les labos et les fabricants d’appareils souvent très perfectionnés.

    Clairement, notre secteur médical est de toute première qualité tant pour la qualification du personnel que pour les protocoles. Peut-être pas le meilleur du monde dans tous les domaines, mais vraiment dans le peloton de tête partout. C’est une chance de se faire soigner en France et, d’ailleurs, beaucoup de ressortissants d’autres pays viennent chez nous dans les cas difficiles. Il y a même une certaine émulation entre hôpitaux et entre publics et privés pour améliorer les techniques et diagnostics.

    Il ne me viendrait pas à l’idée d’aller me faire soigner à l’étranger et presque tout les Français sont comme moi. D’ailleurs ce volet médical a été tout à fait à la hauteur dans l’épisode du virus. À aucun moment il ne s’est trompé dans les diagnostics et les traitements.

    Par contre il a connu des problèmes de moyens dont, tout aussi clairement, le secteur administratif est entièrement responsable. En effet tout ce qui touche les administrations est une catastrophe. Comment est-il possible que ce soient des technocrates qui décident des commandes de matériels, de masques ou de réactifs. Comment dans la panique, les collectivités territoriales ont-elles été amenées à se substituer à l’État pour lancer des approvisionnements. Comment les préfets ont-ils pu pirater des matériels destinés à d’autres. Contrairement au secteur médical, il y a eu là des errements coupables, qui hélas ne seront jamais sanctionnés.

    Il se trouve que le secteur administratif est entièrement politique et tout le monde a pu constater que ces gens-là n’étaient et ne sont toujours pas à la hauteur, ni en termes de personnalités ni en termes de décisions. Si l’on doit faire une comparaison avec 1939, alors il faut les comparer avec le ministère de la Guerre et les généraux de l’époque et non avec l’armée qui, bien qu’offerte démunie aux canons de l’assaillant, s’est quand même battue et a réussi à se replier en Grande- Bretagne.

    S’il y a donc une refonte du système de santé à envisager c’est sur la place, le rôle, le pouvoir des politiques qu’il faut agir.

    Parce que ce sont ces gens-là qui ont inventé le déficit de la sécu et de l’assurance maladie. Ils ne parlent pas encore du déficit de la justice ou de l’école mais ils en ont envie. Et, pour eux, le déficit de la police, de l’armée, des opérations extérieures, comme ils appellent sournoisement notre terrorisme d’État, ne sera jamais à l’ordre du jour. Exit

    Michel Costadau

  • Evitement

    Evitement

    Je l’ai déjà dit, je me suis vraiment étonné de l’absence de réaction des citoyens aux privations de liberté qui ont été instaurées pendant deux mois. Je m’attendais à une sourde rumeur de désapprobation pour ces attestations, voire un appel à les contester ouvertement, c’est-à-dire dans la rue, dans l’espace public. Visiblement rien de cela ne s’est passé à tel point que le pouvoir a pu affirmer que ces dérogations étaient bien acceptées. Ce n’était évidement pas le cas parce qu’en fait elles étaient subies, supportées comme un faux papier mais sans la moindre adhésion.

    Je me suis quand même interrogé, et du coup, j’ai regardé comment chacun ressentait et vivait cette atteinte et j’ai découvert que nos concitoyens avaient pratiqué une forme de résistance qui est l’évitement. L’évitement, en gros, c’est le contraire de l’affrontement. L’évitement c’est la forme de défense des enfants, du genre pas vu pas pris. C’est basé sur la peur de la répression mais ça permet d’atteindre un objectif en essayant de ne pas se faire attraper. C’est quand même un peu de la résistance parce que l’objectif est atteint en transgressant une loi, mais sans que ça se sache.

    Cette attitude est déjà pratiquée depuis longtemps par exemple par rapport aux radars, à l’économie parallèle, au fisc, quand le seul but est de ne pas se faire prendre.

    C’est comme au rugby, l’évitement consiste à éviter de se trouver, délibérément, dans une situation répréhensible. Ce n’est pas une attitude très valeureuse et c’est pourquoi les jeunes pratiquent plutôt l’affrontement car non seulement c’est l’âge où l’on n’a pas peur de la mort, mais aussi celui où l’on a envie d’en découdre physiquement.

    Et donc nos concitoyens ont inventé des parcours secondaires pour atteindre la campagne en évitant les barrages policiers. Ils ont pris plusieurs attestations successives d’une heure pour se trouver dans le bon créneau en cas de contrôle. Ils ont prétexté une démarche professionnelle pour aller voir leur copine. Ils ont pris le crayon, la gomme ou le blanco pour régulariser leur sortie. Comme je l’ai dit, ce n’est pas très glorieux mais il faut dire que les exemples d’en haut comme d’habitude encourageaient plutôt le non respect des mesures.

    Cela dit, hélas, la stratégie de l’évitement est la seule possible dans notre système policier. Le pouvoir a détruit toutes velléités de manifestation pacifique, d’expression populaire dans la rue, de combats de défense dans les entreprises. Tout est ratatiné par les robocops munis de tous les droits et défendus continuellement par l’Etat lui-même. Lui qui devrait nous défendre, il défend ceux qui nous gazent et nous matraquent.

    La question est maintenant : est-ce que cela va changer ?

    Dire que l’on n’en sait absolument rien est un peu facile parce qu’il se passe quand même des choses que l’on peut voir. Par exemple, tous les dirigeants politiques actuels ne pensent qu’à leur réélection. Trump se rue sur la répression pour endosser les habits de l’ordre et de la protection des biens, alors qu’il n’a fait que semer la discorde depuis 4 ans. Poutine cherche à trafiquer la Constitution pour être à nouveau candidat, alors qu’il a fait du respect des institutions sa carte de visite. Notre pauvre clown a ressorti son arsenal de phrases ronflantes et de promesses alors qu’il n’a tenu aucune des précédentes.

    Nous sommes donc partis pour un nouvel épisode de gouvernement mondial par le mensonge et la télé. C’est plutôt pas de bol pour ceux qui rêvaient d’autre chose.

    Michel Costadau

  • Distributeur de masques

    Distributeur de masques

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    Michel Costadau