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Comme câest souvent le cas, on parle on parle, et on nâarrive pas Ă dire lâessentiel. On tourne autour du sujet sans finalement lâaborder. Parce que notre vĂ©ritable sujet câest lâhomme et son drĂŽle de destin. Alors ce coup-lĂ on y va et on nâa pas peur.
Sauf que si, justement, on a peur parce que quand on se demande quâest-ce que lâhomme, quâest-ce que la vie, et ce que lâon fait sur terre, petite planĂšte qui fonce dans le vide perdue au milieu des Ă©toiles, ben on nâest pas trĂšs rassurĂ©, parce que, en vrai de vrai, des rĂ©ponses à ça on nâen a pas.
Cette absence de rĂ©ponse immĂ©diate gĂ©nĂšre chez la plus part des gens une espĂšce de vide dont dâautres abusent sans limites en jouant avec la peur ancestrale. En fait, seule lâacquisition et la maĂźtrise dâun certain nombre de connaissances permet de se dĂ©faire un peu de cette emprise. Et donc la tĂąche la plus importante que nous avons Ă faire, peut ĂȘtre mĂȘme la seule, câest de lâĂ©ducation et de lâenseignement pour rĂ©pandre et partager les connaissances actuelles que tout homme devrait avoir sur le monde dans lequel il vit. Contrairement Ă ce que lâon pourrait croire, cela concerne beaucoup, beaucoup de gens. Lâobjet de ce texte est donc de prĂ©senter quelques Ă©lĂ©ments du bagage que devrait avoir acquis et maĂźtrisĂ© chaque humain. Une premiĂšre partie propose quelques exemples des savoirs que lâon pourrait dire de base, et une seconde partie montre que lâhumanitĂ© nâen est quâĂ ses dĂ©buts. Ce texte a aussi un caractĂšre dâintroduction mĂ©thodologique, c’est-Ă -dire, puisquâil sâagit de partager des connaissances, que la composante pĂ©dagogique a une Ă©norme importance.
On peut commencer par un point assez simple : lâorigine de lâhomme. Lâhomme nâexiste pas depuis trĂšs longtemps et la question de qui ou quoi a créé lâhomme prĂ©occupe presque tout le monde. Or la rĂ©ponse est toute simple : câest lâhomme qui a créé lâhomme. En effet, un ĂȘtre vivant du genre petit quadrupĂšde, peut-ĂȘtre avec une queue, a Ă©voluĂ©, a grandi, a subi diverses mutations, sâest mis debout, sâest mis Ă se promener et a, petit Ă petit, envahi la terre. Tout cela dans une grande continuitĂ©. Dâautres lâont fait avant lui et aprĂšs lui, il nây a lĂ rien dâexceptionnel. Ce qui est original, câest que lâhomme a dĂ©veloppĂ© une pensĂ©e sur ce qui lâentourait et sur lui-mĂȘme et quâil a inventĂ© ce quâil Ă©tait et il lâa appelĂ© homme. Il nây a probablement pas dâautres ĂȘtres vivants dans ce cas. Cela dit on a traitĂ© seulement un aspect de la question des origines, parce que ce nâest pas lâhomme qui a créé la vie, puisquâelle existait bien avant lui. Il faut donc regarder dâoĂč vient la vie dâavant lâhomme.
Alors dâoĂč vient la vie ? La caractĂ©ristique de la vie câest la multiplication presque Ă lâidentique et la durĂ©e limitĂ©e. Les montagnes ou les atomes ne se reproduisent pas mĂȘme sâils vivent trĂšs longtemps. Par contre, tout un tas dâorganismes se reproduisent et se multiplient, mĂȘme sâil peut y avoir des cas douteux. Les mĂ©thodes utilisĂ©es sont extrĂȘmement variĂ©es, depuis la simple division jusquâĂ la fĂ©condation de millions dâĆufs, en passant par la pollinisation. Y a-t-il vraiment lĂ un grand mystĂšre ? Non pas du tout. Câest de la chimie. Le fait que les mĂ©canismes les plus simples aient pu ĂȘtre observĂ©s donne le sentiment que, pour ces organismes Ă©lĂ©mentaires, les conditions se sont trouvĂ©es rĂ©unies pour quâune multiplication ou une division se mette en place, crĂ©ant ainsi le processus de la reproduction. LĂ oĂč ça devient un peu plus compliquĂ©, câest lâexplication de lâagrĂ©gation, simplement ou selon des codes et un peu de hasard, de petits bouts de vie en des organismes plus grands, plus complexes, avec des morceaux de vie trĂšs diffĂ©renciĂ©s. On peut dire quâil y a encore du boulot, mais les Ă©lĂ©ments se mettent en place et notre savoir est suffisant pour quelques Ă©noncĂ©s. On peut donc tenir pour  correcte lâassertion que la vie sâest dĂ©veloppĂ©e sur la terre quand la matiĂšre a rencontrĂ© des circonstances favorables et donc sans aucune autre intervention que les rĂšgles de la chimie, que ça a commencĂ© par des organismes extrĂȘmement simples et que ça a pris du temps. Pour conforter cela on voit que, maintenant, lâon cherche des traces de vie dans dâautres planĂštes uniquement avec des analyses physiques et chimiques.
Il nous faut quand mĂȘme Ă©viter un Ă©cueil, câest la notion de dessein. C’est comme si la matiĂšre dâavant la vie avait en germe le projet de crĂ©er la vie. Rien ne permet dâaccepter une telle assertion qui est clairement la projection de comportements humains sur la matiĂšre, comme si pour que quelque chose arrive il fallait que ce quelque chose ait eu le projet dâarriver. Le meilleur contre-exemple se trouve dans lâhomme lui-mĂȘme, pour lequel on peut ĂȘtre certain que personne nâa jamais dĂ©cidĂ© de naĂźtre. Il y a lĂ au contraire une partie de hasard qui, Ă partir du moment oĂč on constate son rĂŽle, doit aussi ĂȘtre appliquĂ© Ă lâorigine de la vie.
VoilĂ , nous avons bien progressĂ© en introduisant que lâhomme descend de la vie, que la vie descend de la matiĂšre, mais alors la matiĂšre elle dâoĂč vient-elle ? Nous en sommes Ă parler de la matiĂšre originelle, puisque la matiĂšre existait avant la vie. Les reprĂ©sentations qui nous sont proposĂ©es aujourdâhui ont comme caractĂ©ristique la notion de point origine de tout avec une explosion lançant la matiĂšre dans tous les sens. Il faut bien comprendre que ce ne sont lĂ que des images et que lâon sait assez peu de choses de la matiĂšre originelle. Pour apprivoiser un peu cela, prenons lâexemple de la tempĂ©rature minimale infranchissable dite zĂ©ro absolu et qui ne semble pas trĂšs basse puisque Ă peine quelques centaines de degrĂ©s en dessous de notre zĂ©ro qui correspond au gel. Intuitivement, on se demande pourquoi nây a-t-il rien en dessous de ce zĂ©ro absolu, et la rĂ©ponse câest que cette tempĂ©rature est infiniment froide et que lâimage du zĂ©ro est trompeuse, parce que en fait il est impossible de lâatteindre puisquâil faudrait une Ă©nergie infinie pour cela. La notion de lâinfini, ce qui ne veut pas dire quâil existe, est dâune grande richesse puisque vous pouvez vous en approcher aussi prĂšs que vous voulez, vous en ĂȘtes encore ⊠infiniment loin. Nous pouvons nous inspirer dâune autre limite quâest la vitesse de la lumiĂšre. Il faut comprendre que câest en fait une vitesse infinie puisque pour un petit caillou il faudrait une Ă©nergie infinie pour arriver Ă cette vitesse. Cela nous permet dâenvisager que le point origine Ă©voquĂ© plus haut est peut-ĂȘtre infiniment loin et que la matiĂšre a peut-ĂȘtre toujours existĂ©. Certes ce nâest pas un concept facile Ă acquĂ©rir surtout parce que nous avons dâabord le rĂ©flexe du vivant qui, lui, a individuellement une fin. Mais la matiĂšre dont est fait lâindividu ne disparaĂźt pas avec lui, elle demeure.
A vrai dire nous devons aussi dĂ©jouer un autre piĂšge : câest le sens de la vie. Câest comme si, une fois lancĂ©, le parcours de chaque individu devait suivre des rĂšgles préétablies afin dâatteindre un but, un objectif dans le prĂ©sent ou dans le futur, but qui, lui seul, donnerait un sens au parcours. Il doit ĂȘtre clair quâen fait de sens, la vie nâa pas de sens ni pendant ni aprĂšs. Il nây a, bien sĂ»r, pas dâavenir aprĂšs la mort. Car câest aussi une des caractĂ©ristiques des ĂȘtres vivants quâil y a une fin. Ce qui Ă©tait vivant Ă un moment perd sa qualitĂ© et retourne au cycle de la matiĂšre. Evidemment on aurait envie que ça ne soit pas comme ça, mais en fait nous avons de sĂ©rieuses indications. La plus pertinente câest que ce concept de sens et de destinĂ©e nâa jamais Ă©tĂ© appliquĂ© quâĂ lâhomme. HonnĂȘtement, il nây a aucune raison, si lâhomme doit donner un sens Ă sa vie, que le chien lui ne le doive pas, ou le bacille de Kock. Mais curieusement personne nâa demandĂ© Ă un chien de donner un sens Ă sa vie. La seconde indication câest lâexpĂ©rience de ceux qui ont dĂ©jĂ vĂ©cu. Le nombre de vies humaines ou animales qui se sont dĂ©jĂ dĂ©roulĂ©es est trĂšs consĂ©quent. Or jamais aucun retour dâexpĂ©rience nâa Ă©tĂ© fait. Les morts sont morts mĂȘme si on peut observer pas mal de traces et on est sĂ»r quâils nâexistent plus, sauf bien sĂ»r le souvenir que lâon peut en avoir ou retrouver. Mais le souvenir nâest pas la vie. Nous pouvons donc prendre en compte les assertions suivantes, Ă savoir que lâorigine de la vie câest la simple rĂ©union de conditions particuliĂšres favorables comme le hasard peut en fournir, que la vie de chaque individu nâa aucun sens ni aucune destinĂ©e et que, aprĂšs la mort, il nây a strictement rien.
A ce stade, nous ne pouvons laisser de cĂŽtĂ© un concept qui a marquĂ© et marque encore notre histoire, câest celui des divinitĂ©s. Jâentends par lĂ que lâhomme a, au cours du temps, conceptualisĂ© quelque chose de diffĂ©rent de lui, dâextĂ©rieur Ă lui, auquel il a donnĂ© une force incontrĂŽlable et lâubiquitĂ©, c’est-Ă -dire une prĂ©sence partout Ă la fois et une durĂ©e Ă©ternelle. Il est certain que cette invention a pour origine la crainte que lâhomme a ressenti devant lâhostilitĂ© et la duretĂ© de son environnement terrestre, voire de ses congĂ©nĂšres. Câest bien une invention, parce que lâon peut suivre lâĂ©volution de cette conceptualisation et elle va dans une seule direction. Au dĂ©but lâhomme a mis des divinitĂ©s partout, dans lâarbre, dans la montagne, la riviĂšre, le moineau, le soleil et dans la mer. Petit Ă petit, une rĂ©duction du nombre de divinitĂ©s est apparue, correspondant Ă une meilleure maitrise de son environnement, pour arriver Ă une cosmogonie plus simple, permettant le culte de quelques divinitĂ©s privilĂ©giĂ©es. Notons quâau fur et Ă mesure que le nombre de divinitĂ©s diminuait, leur pouvoir augmentait et le nombre des intermĂ©diaires aussi. Beaucoup plus tard, une grande Ă©volution sâest produite, correspondant Ă un plus grand dĂ©veloppement des moyens humains comme lâagriculture ou lâĂ©criture, et câest lâavĂšnement du concept dâune unique divinitĂ©. LĂ encore, cette unicitĂ© permettait un culte plus facile mais, aussi, une concentration de pouvoirs dans les mains des intermĂ©diaires, entre la divinitĂ© qui, du coup a Ă©tĂ© appelĂ©e le dieu, et la population que lâon a dĂ©signĂ© sous le nom de croyants. Le malheur a voulu que, malgrĂ© tout, plusieurs dieux se trouvent en prĂ©sence car chaque groupe humain avait le sien. Pour des raisons quâil est difficile dâexpliquer sans une manipulation explicite des croyants par des intermĂ©diaires, une certaine intolĂ©rance sâest dĂ©veloppĂ©e et le dieu est devenu un instrument de domination. DâoĂč des conflits entre croyants qui ont amenĂ© des guerres fratricides dont nous ne sommes pas encore sortis. Il faut vraiment insister sur le fait que ces dieux uniques lĂ ont Ă©tĂ© utilisĂ©s par beaucoup dâhommes seulement pour asseoir leur soif de pouvoir, et que la population des croyants a Ă©tĂ© entretenue, et lâest encore, dans une ignorance et une prĂ©caritĂ© rendant plus facile le travail de conversion des intermĂ©diaires. Le rĂŽle de ces intermĂ©diaires et des institutions quâils ont créées dans notre histoire a Ă©tĂ© une Ă©norme catastrophe et, comme on lâa dit, ça continue. Il faut noter, quand mĂȘme, que dans beaucoup de groupes humains, ce nâest pas lâintolĂ©rance qui sâest dĂ©veloppĂ©e mais au contraire un certain respect des autres croyances. Mais ces groupes humains lĂ nâont, du coup, pas Ă©tĂ© envahissants et se sont trouvĂ©s dominĂ©s. Heureusement, lâĂ©volution continue et il apparaĂźt quâaujourdâhui se fait jour la fin de ces concepts, dans la mesure oĂč lâhomme, mais pas encore tous les hommes, a acquis une certaine connaissance qui lui permet de se passer de lâassistance des divinitĂ©s. Ce qui ne veut pas dire que lâhomme nâa plus peur de son environnement ou de ses concitoyens, mais que de nouveaux outils rationnels et mĂ©thodologiques ont transfĂ©rĂ© lâinconnu dans des domaines plus techniques et matĂ©riels oĂč les croyances ont peu de place, bien que la tendance demeure. Cependant, le travail Ă faire est Ă©norme car on ne peut passer sous silence la persistance et lâentretien par nos sociĂ©tĂ©s dâun grand nombre de croyances, y compris techniques. Des croyances il en faut, mais pas de celles qui abaissent lâhomme ou ne font que jouer avec sa crĂ©dulitĂ©.
Ayant contournĂ© quelques obstacles, nous pouvons maintenant Ă©tablir une nouvelle assertion qui est que lâhomme nâa reçu aucune consigne pour dominer le monde et quâil est, seulement, un ĂȘtre vivant parmi les autres. Nous devons donc nous demander sâil a bien compris ce quâil fait sur terre et surtout comment il le fait. Dâune certaine maniĂšre, câest une question rĂ©cente dans le sens oĂč lâon peut admettre quâil nâĂ©tait pas indispensable de se la poser avant. En effet, avant, lâhomme ne connaissait pas les autres hommes, ni sa planĂšte, ni son univers. Depuis quelques annĂ©es, une Ă©tape a Ă©tĂ© franchie de ce point de vue lĂ , c’est-Ă -dire que tous les hommes de la terre ont Ă©tĂ© rĂ©pertoriĂ©s, que la terre aussi a Ă©tĂ© entiĂšrement cartographiĂ©e et que lâunivers, mĂȘme sâil recĂšle encore bien des mystĂšres, permet de connaĂźtre notre environnement immĂ©diat et de comprendre que le prochain soleil est quand mĂȘme assez loin. La rĂ©union de ces constatations permet donc de se dire que les hommes sont une espĂšce vivante assez dynamique, quâils habitent une planĂšte tempĂ©rĂ©e et assez sympathique, et que si nous devions avoir des voisins dans lâunivers, nous ne sommes pas prĂšs de les rencontrer, car mĂȘme Ă supposer quâils soient dans notre proximitĂ©, le voyage durerait plusieurs dizaines de milliers dâannĂ©es, sans parler du retour. Bien sĂ»r pour se tĂ©lĂ©phoner ça prendrait moins de temps, mais il faudrait quand mĂȘme compter plus de dix ans pour entendre la rĂ©ponse Ă sa premiĂšre question.
En fait, lâhomme est donc en train de prendre conscience de lâhumanitĂ©, de son humanitĂ©. Clairement on peut affirmer que lâon en est quâau dĂ©but. MĂȘme si ce mot a Ă©tĂ© et est utilisĂ© depuis des annĂ©es, la notion dâhumanitĂ© est vraiment nouvelle, et si vous vous souvenez bien, le choc de la dĂ©couverte des amĂ©rindiens a dĂ©butĂ© par un dĂ©ni de la nature humaine des premiers autochtones. On parle encore beaucoup de races, de civilisĂ©s, de primitifs, tout cela faisant obstacle Ă lâavĂšnement de lâhumanitĂ© qui est tout simplement le nom de lâespĂšce humaine. Prendre conscience de lâhumanitĂ©, câest prendre conscience de son appartenance Ă lâespĂšce et de sa propre individualitĂ©. C’est-Ă -dire que les hommes sont semblables, ce qui doit inspirer du respect et de lâattachement, mais aussi que ce nâest pas un individu qui fait lâespĂšce et donc dâune certaine maniĂšre lâindividu compte peu, les groupes ou lâespĂšce entiĂšre Ă©tant plus significatifs. Attention cela ne doit pas ĂȘtre mal compris car ça ne veut pas dire que lâon peut sacrifier sans problĂšme un ou plusieurs individus, comme câest le cas encore aujourdâhui, non ça veut dire que lâindividu est social, quâil ne peut pas exister sans les autres mais aussi quâil est remplaçable, quâil nâest quâun parmi les autres. Ca veut dire aussi quâaucune organisation ne peut reposer sur lâindividualisme. HĂ©las sous lâeffet du type de sociĂ©tĂ© que nous connaissons actuellement, lâorganisation de lâespĂšce humaine a Ă©tĂ© atomisĂ©e, câest Ă dire Ă©clatĂ©e en groupes de plus en plus petit, de façon Ă arriver Ă un microcosme afin que chaque individu devienne un consommateur. La notion de famille monoparentale, contre-sens intrinsĂšque, reprĂ©sente lâaboutissement de cette logique. Les populations ont subi une Ă©norme pression depuis des centaines dâannĂ©es pour dissoudre les peuples, les groupes, les tribus et les familles. Câest une trĂšs mauvaise direction. Bien sĂ»r il y a eu des rĂ©actions et des rĂ©sistances, comme les communautĂ©s, les mafias, les associations, les sociĂ©tĂ©s secrĂštes, mais le retour Ă des groupes humains fonctionnels nâest pas trop facile. On est dans la situation dâavoir Ă tout reconstruire Ă partir de lâĂ©clatement dans lequel nous sommes, au moins en occident. Cependant, le prĂ©alable indispensable est un grand travail dâĂ©ducation et de prise de conscience de ce que signifie lâappartenance de lâhomme Ă son espĂšce. Il me semble que câest commencĂ©, mais le reste Ă faire est Ă©norme.
Dans ce qui suit, nous allons prĂ©senter quelques illustrations de cette prise de conscience. Premier exemple, la multiplication. Sans se tromper, on peut dire que la reproduction effrĂ©nĂ©e est une des caractĂ©ristiques du vivant, comme si pour compenser la briĂšvetĂ© de chaque vie il fallait en multiplier le nombre. Cependant on doit se poser la question de savoir si la multiplication des individus doit conduire Ă une augmentation illimitĂ©e de la population ou Ă un renouvellement nĂ©cessaire au maintien. Lâexemple des autres formes de vie semble conduire Ă un mixte, Ă savoir que, quand les conditions sont favorables, la population augmente, jusquâĂ ce que cette augmentation ou une dĂ©tĂ©rioration des conditions favorables amĂšne une rĂ©gression voire une disparition, mĂȘme si avant cela des mĂ©canismes dâadaptation performants voient le jour. Pour lâespĂšce humaine, on a pu constater aussi quâil en a Ă©tĂ© de mĂȘme, et la situation actuelle de finitude de lâespace disponible conduirait, plutĂŽt, Ă une asymptote de lâhumanitĂ©. Cependant on voit aussi que si dâun cĂŽtĂ© les conditions sont rĂ©unies pour lâaugmentation de lâhumanitĂ© jusquâĂ lâasymptote, dâun autre cĂŽtĂ© les Ă©lĂ©ments pouvant entrainer une rĂ©gression ou une disparition complĂšte sont prĂ©sents. Dans ces conditions nous sommes peut-ĂȘtre au dĂ©but dâune grande phase dâadaptation dans laquelle est en jeu le mĂ©tabolisme de lâespĂšce. Par exemple, la phase dâaugmentation de taille et de corpulence de lâhomme pourrait marquer le pas et sâorienter vers une Ă©conomie, se traduisant peut-ĂȘtre par une rĂ©duction de taille mais avec une plus grande adaptabilitĂ© aux conditions que nous vivons et allons vivre. Bien sĂ»r lâexemple de la taille ne doit pas ĂȘtre pris comme le critĂšre de notre Ă©volution, mais comme une illustration de la maniĂšre dont lâhomme peut montrer quâil a compris comment vivre sur terre, puisque pour le moment nous nâavons pas dâautres endroits pour le faire.
DeuxiĂšme exemple, le rapport entre lâindividu et le collectif. Il ne faut pas nier quâil y a lĂ une grande contradiction, c’est-Ă -dire quâĂ la fois un homme ne veut rien dire, puisquâil serait mort le lendemain mais en mĂȘme temps le nĂ©cessaire collectif, quel quâil soit, pose le problĂšme du conflit des individualitĂ©s. Cependant lâexemple du vivant et aussi le peu que lâon sait de notre histoire, indiquent que seule la survie du collectif compte, une fois de plus non pas par Ă©limination des individus gĂȘnants mais par un mĂ©canisme de reconnaissance, dâacceptation et de soumission. Le problĂšme de la soumission ne doit pas ĂȘtre pris Ă la lĂ©gĂšre car son refus est la manifestation de lâindividualisme nĂ©cessaire pour Ă©viter quâun seul ou quelques uns sâemparent du collectif, bien que seule lâacceptation par chacun de sa place et non de toute la place permette le fonctionnement du collectif. Il est vrai que beaucoup de gens nâont pas encore bien assimilĂ© cela, en particulier ceux qui ont eu ou ont encore la dĂ©marche de croire que la sociĂ©tĂ© câest eux, ou dâaccumuler de la richesse personnelle croyant peut ĂȘtre se prĂ©munir contre les vicissitudes de lâexistence voire son inĂ©luctable issue. Seule la richesse collective est profitable Ă lâhomme, mais il est vrai que les inĂ©galitĂ©s de condition que prĂ©sente lâhumanitĂ©, incite certains Ă vouloir agir pour eux seuls. Cette prise de conscience de la nĂ©cessitĂ© du partage et de lâentraide va prendre encore beaucoup de temps, car je ne suis pas sĂ»r que le mouvement soit lancĂ©.
Pour conclure, on peut dĂ©jĂ Ă©noncer des consĂ©quences assez importantes de nos premiĂšres assertions et dire que lâhomme est indissociable de la vie, des autres formes de vie et de tous les ĂȘtres vivants. Lâhomme ne peut pas se penser sans tous les autres ĂȘtres vivants, animaux, vĂ©gĂ©taux, bactĂ©ries et autres organismes. On peut donc, sans se tromper, dire quâen ce moment lâhomme fait fausse route en traitant une grande partie des ĂȘtres vivants comme des objets, voire en les maltraitant. Cependant il faut encore prĂ©ciser que certains pourraient penser que la disparition des animaux nâest pas catastrophique et envisager que lâhomme reste le seul ĂȘtre vivant sur la terre. Cette perspective nâest pas sĂ©rieuse, car lâhomme est lui-mĂȘme composĂ© dâĂȘtres vivants et cette imbrication ne peut se rĂ©soudre sauf Ă faire des robots. Il est vrai que câest peut-ĂȘtre, lĂ encore, le projet de quelques uns, de crĂ©er eux-mĂȘmes un homme nouveau en dotant des machines ou la matiĂšre de la pensĂ©e. Il y a cependant un obstacle Ă cela, qui est que lâhomme ne peut pas penser un homme plus homme que lui. Le plus que lâhomme peut penser câest ce quâil est lui-mĂȘme, lâidĂ©e quâil se fait de lui mĂȘme. Je ne parle pas ici de logiciel, ou de puissance de calcul qui peuvent jouer un grand rĂŽle, non je parle de la conscience et de la connaissance que lâhomme a de lui mĂȘme. Lâhomme a inventĂ© lâhomme, il lui faut maintenant inventer lâhumanitĂ©. Inventer lâhumanitĂ©, câest construire le domaine de vie de lâespĂšce humaine. Presque tous les animaux ont dĂ©jĂ rĂ©ussi cela. Pour lâhomme, câest encore trĂšs loin tant les conditions de vie de la plupart des individus sont innommables. Inventer lâhumanitĂ©, câest  mettre en pratique le concept que lâhomme est indissociable des autres formes de vie et quâil en va de sa survie de protĂ©ger la vie sous toutes ses formes. Et ce nâest vraiment pas ce quâil fait pour le moment.
Michel Costadau
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Pour ce second plaidoyer on va surtout insister sur ce que jâappelle lâavĂšnement de lâhumanitĂ© en analysant les blocages que cette Ă©volution rencontre. En effet les aspects fondamentaux de la prise de conscience que les hommes appartiennent tous Ă la mĂȘme espĂšce sont, pour le moment, non intĂ©grĂ© dans le comportement des individus et le fonctionnement des sociĂ©tĂ©s. Parce quâen fait ce sont tous les hommes, sans exceptions, et pas seulement certains qui composent lâespĂšce. Tous. Mais au contraire, ce qui est le plus mis en avant câest la diffĂ©rence et non pas lâidentitĂ©. Alors quâil nây a aucune diffĂ©rence entre deux individus. Ce qui est diffĂ©rent câest le genre de vie et non pas lâessence de chaque personne. Et sur terre il nây a pas des sociĂ©tĂ©s plus avancĂ©es que les autres, il nây a pas des hommes plus Ă©voluĂ©s que les autres, il nây a pas des entitĂ©s vivant mieux que les autres. Il nây a pas des peuples, des nations, des pays. Non il y a un seul groupe et chaque individu en fait partie et câest lâhumanitĂ©. On, je dis on mais on sait trĂšs bien qui câest, a mĂȘme inventĂ© cette aberration de la loi de la jungle, comme si tout homme devait ĂȘtre un ennemi. La jungle qui est en vogue ici est un fantasme de lâesprit et uniquement Ă usage de lâespĂšce humaine. Les autres ĂȘtres vivants se dĂ©brouillent trĂšs bien sans cette pseudo loi. Chaque espĂšce animale ou vĂ©gĂ©tale a son milieu, son biotope. Dans le cotĂ© animal du vivant ne rĂšgne pas la loi de la jungle mais au contraire les rĂšgles de lâespĂšce. Alors vous allez me dire que les lions mangent des gazelles et que la folle avoine envahit le blĂ©. Certes mais câest ça un biotope. Dâune part les lions ne se mangent pas entre eux et dâautres part les lions ne dominent pas les gazelles, ni ne les parquent dans des rĂ©serves, ni ne les exploitent pour leur propre usage. En fait, les gazelles ont une place dans la vie des lions et les lions ont une place dans la vie des gazelles. Un des concepts fondamentaux de lâavĂšnement de lâhumanitĂ©, câest que lâespĂšce est unique, que les individus sont nombreux et identiques et que chaque individu a une place. La prise de conscience par lâhomme de lâhumanitĂ© câest de faire, trouver, accepter que chacun ait une place, sa place. Ca nâa aucun rapport avec lâĂ©galitĂ© qui est une invention des commerçants. Au contraire chaque individu ayant des aptitudes et chaque sociĂ©tĂ© ayant des besoins, chacun doit avoir une place qui lui soit propre. En fait câest assez spontanĂ©ment que chaque homme arrive Ă trouver sa place, câest une dĂ©marche naturelle. Le problĂšme câest quand on ne veut pas quâil ait de place. Que ce soit dans la famille, dans la sociĂ©tĂ© dans le boulot, dans le couple, dans la ville, le refus dâune place Ă certains est le plus grand obstacle au dĂ©veloppement de lâhumanitĂ©. Quand un enfant est mal acceptĂ© dans sa famille, quand certains sont ostracisĂ©s dans la sociĂ©tĂ©, quand des collĂšgues dĂ©zinguent un salariĂ©, quand le conjoint ou lâami est en trop dans le couple ou quand des personnes sont parquĂ©s dans un coin de la ville, Ă chaque fois les hommes trinquent et lâhumanitĂ© recule. En plus cette non-place peut dĂ©clencher des rĂ©actions qui amplifient le mĂ©canisme et crĂ©ent comme une surenchĂšre pernicieuse. Dâune part ceux qui ont des grosses voitures, de grosse maisons, un gros tombeau manifestent ainsi quâils nâont pas de place et essayent par ce moyen de faire comme sâils avaient une place parce que quand on a sa place on a pas besoin de forcer la dose. Dâautre part, ceux qui acceptent de ne pas avoir de place font indirectement le jeu des exploiteurs qui nâont pas envie que lâhumanitĂ© avance.
Dans lâespĂšce humaine comme dans toutes les espĂšces, les individus se doivent respect et solidaritĂ©.
Ca veut dire quâil est interdit de tuer, que lâacte de tuer ne peut ĂȘtre justifiĂ©, autorisĂ©, encouragĂ© par qui que ce soit. Ca veut dire quâil est interdit dâabattre quelquâindividu que ce soit, quâil soit promeneur, armĂ©, chanteur, assassin, chasseur, terroriste ou ministre. Interdit câest interdit, il nây a pas de petite porte pour justifiĂ© la moindre exĂ©cution. Tous sont des meurtres, injustes et injustifiables.
On a dit quâon y reviendrait, on y revient. Au dĂ©part il y a deux domaines de rĂ©flexion dans ce sujet : les connaissances, c’est-Ă -dire quâest ce que lâhomme a appris sur le monde et sur lui, et lâĂ©mergence de lâhumanitĂ© comme composante de la vie, c’est-Ă -dire la dĂ©clinaison de son humanitĂ© dans son mode de fonctionnement. Ce deuxiĂšme aspect se dĂ©compose lui-mĂȘme en en un grand nombre de points.
Arguments intĂ©ressants : -y en a mare de culpabiliser pour lâoccident, il a plus avancĂ© que les autres qui en sont restĂ©s Ă des idĂ©es fanatiques, – sortir de lâeuro ne peut pas se faire Ă un seul pays,
Attention la phrase qui suit est un peu compliquĂ©e. Il y a quelque chose de flippant dans lâauto-entretien des courants de pensĂ©es dĂ©viĂ©es au sein des regroupements gĂ©ographiques de populations couvertes par la diffusion ciblĂ©e de mĂ©dias. Je mâexplique : il y a, par exemple, quelques personnes qui pensent quâil faut interdire les Ă©coles aux noirs. Disons au dĂ©part quâils ne sont que trois. Dans leur quartier ou leur village ils vont au cafĂ© et lĂ ils disent ce quâils pensent pour que dâautres les entendent. Ceux qui ne sont pas dâaccord ne disent rien parce quâil faut vraiment ĂȘtre demeurĂ©s pour dire cela. Par contre y en a un qui se trouve dâaccord avec ça et qui le dit. De fil en aiguille les quelques du dĂ©but se sentent plus nombreux et trouvent quelquâun pour Ă©crire ça dans un PQR, genre La DĂ©pĂȘche. A la lecture plein de personnes se disent : lĂ quand mĂȘme ils exagĂšrent, mais dâautres ont le sentiment de vivre enfin un instant de bonheur et du coup le disent Ă quelques copains ou relations. Un jour en se retrouvant sur un parking, quelques uns de ces anti-noirs se mettent Ă discuter, en se disant mais pourquoi on ne fait rien. Moi je nâai pas peur dâeux, il faut agir, tâas raison, y en a marre, si on ne dit rien ça va continuer, y a quâa leur interdire dâentrer, ca câest sĂ»r, ils prennent nos places, on a le droit avec nous, demain on y va, prend ta matraque ça peut servir, tâen fais pas je lâai toujours sur moi, bon alors demain 9h, oui, oui , oui.
Le lendemain, confusion devant lâĂ©cole, des personnes font une action, des noirs empĂȘchĂ©s dâaccĂ©der Ă lâĂ©cole, les gens ne savent pas ce qui se passe. Alors arrive lâarticle du PQR local : des citoyens indignĂ©s font entendre leur voix, ils demandent une rĂ©forme pour ne pas ĂȘtre exclus alors que dâautres ont tous les droits, cette action nâa durĂ© que quelques heures et lâordre est revenu en fin de matinĂ©e. En bout de ligne une demi-phrase pour dire que certains ont trouvĂ©s ça malsain. Devant ce succĂšs les mĂȘme se disent il faut recommencer. Alors arrive la tĂ©lĂ© locale avec interviews et images, on ne comprend rien, on ne nous Ă©coute pas, mais que fait le pouvoir, et une demi-phrase pour dire quâune personne a dit quâil faudrait rĂ©agir Ă ces propos haineux. Ensuite, au cafĂ©, sur le parking, devant lâentrĂ©e de la boite tous les hĂ©ros de ces actions se congratulent, se fĂ©licitent et entretiennent lâidĂ©e de recommencer. Pourtant ils ne sont toujours que douze. Alors arrivent les politiques. Oui aux uns et aussi oui aux autres comme ça y a pas de jaloux. Du coup le journal en parle encore. Et le journal, la tĂ©lĂ©, les chasseurs, les politiques continuent Ă dire quâil y a problĂšme, mais on ne sait pas si le problĂšme câest quâil y ait des noirs Ă lâĂ©cole ou au contraire quâil, y ait une action pour les empĂȘcher dây aller. Et les anti-noirs qui ne sont toujours que douze, se frottent les mains se tapent sur les cuisses avec tous leurs copains de cafĂ©, de boulot, de parking, de chasses et le niveau des propos atteint des sommets de haine et de vulgaritĂ©. On se gargarise, on se pavane, on ne se tient plus.
Alors arrive lâincident, au cours dâune nouvelle action un passant est blessĂ© par deux anti-noirs. Plainte est dĂ©posĂ©e contre deux anti-noirs. Une action en justice est en cours. Comme dâhabitude la justice est lente mais Ă la fin il nây a pas de jugement car il y a non lieu c’est-Ă -dire que tout le monde est blanchi car seul un malheureux concours de circonstances peut ĂȘtre retenu. Ca veut dire quâun permis de tuer vient dâĂȘtre dĂ©livrĂ©. Câest comme ça que ça marche. Cette histoire mâinspire plusieurs remarques. Dâabord lâeffet de bandes, c’est-Ă -dire que certains regroupements permettent des dĂ©collages de pensĂ©es haineuses auto-entretenues. DĂ©collage et mĂȘme vol de croisiĂšre parce que câest fait pour durer. Le principe est que de se mettre en situation de non contestation interne, ce qui permet tous les dĂ©rapages puisquâils ne sont pas bornĂ©s ou bordĂ©s par des remarques de non consentement. Bien au contraire cette pseudo unanimitĂ© dĂ©veloppe chez chaque participants un sentiment dâexaltation qui concours et au bien ĂȘtre individuel et Ă la continuation de la pratique hĂ©gĂ©monique. A dĂ©velopper.
Ensuite une demande de justice prĂ©ventive. Dans le cas de violence dâun ou de plusieurs individus sur un ou plusieurs autres, il semble que lâintention ou la prĂ©mĂ©ditation soient essentiels pour envisager une condamnation. En fait, tout ça est pipĂ© puisque de nos jours il est clair quâil faut quâune agression ait Ă©tĂ© commise pour que la justice puisse sâenclencher. En consĂ©quence les instigateurs de troubles potentiels ne peuvent ĂȘtre atteint quâau travers du pauvre imbĂ©cile qui traduite en acte concret les propos des commanditaires implicites. Si, au contraire, la justice, Ă supposer quâelle soit indĂ©pendante bien sur, sâintĂ©ressait aux consĂ©quences explicites des agissements des dĂ©tenteurs de pouvoirs, on Ă©viterait  bien des situations catastrophiques. Par exemple, lâenvoi par quelques Ă©nergumĂšnes irresponsables de bombardiers sur la Syrie, pays qui ne nous a jamais rien fait, devrait ainsi ĂȘtre jugĂ©e « à consĂ©quences graves » et donc condamnĂ© ou tout au moins empĂȘchĂ©.
Pour inventer lâhumanitĂ© faut vraiment se remuer. Jâai des idĂ©es mais il en faudrait beaucoup dâautres
Dans tout ce qui prĂ©cĂšde quand je dis lâhomme, je parle bien sur des hommes et des femmes. Toujours dans le champ de comment lâhomme dĂ©veloppe son humanitĂ©, nous ne pouvons Ă©chapper Ă la question du sexe. Le sujet nâest pas facile, car dâun cotĂ© il est certains que les hommes sont trĂšs diffĂ©rents des femmes et dâun autre cotĂ©, ils sont indissociablement uni dans la multiplication de lâespĂšce. Les hommes et les femmes composent Ă part entiĂšre lâhumanitĂ©, mais est ce quâon peut dire Ă part Ă©gale. Surement pas car dans lâespĂšce humaine ils nâont pas le mĂȘme rĂŽle et il est donc illusoire de parler dâĂ©galitĂ©. LâĂ©galitĂ© homme femme câest comme lâĂ©galitĂ© des chances dans le systĂšme scolaire qui est dâune hypocrisie difficilement supportable. La question posĂ©e câest comment prendre en compte quâil y a beaucoup plus de diffĂ©rence entre un homme et une femme quâentre un congolais et un chinois. Je suis assez surpris que depuis longtemps semble t il lâorganisation de lâespĂšce humaine soit centrĂ©e sur le mĂąle. Ce nâest largement pas le cas dans la vie animale. Il faut donc envisager une Ă©volution, comme le fut la dĂ©couverte de lâhĂ©liocentrisme, qui consisterait Ă dĂ©placer des hommes vers les femmes le centre de lâorganisation de lâespĂšce humaine, les hommes nâĂ©tant au final pas si utile que ça oĂč tout au moins pas en si grand nombre. Il y a dâailleurs de lâagitation dans ce domaine avec divers mode de fĂ©condation, ainsi quâavec des manipulations pas toujours trĂšs claires. Cependant toute cette agitation a une certaine propension Ă se passer des hommes, bien que le patrimoine gĂ©nĂ©tique soit assez bien rĂ©parti entre hommes et femmes. On y reviendra.
Michel Costadau
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Pour moi, comme pour vous je suppose, lâhumanitĂ© va clairement dans le mur, c’est-Ă -dire dans une fuite en avant dĂ©vastatrice. Il est donc indispensable de corriger le tir mais comment ? Eh oui comment revenir Ă la dĂ©mocratie ou plutĂŽt inventer la dĂ©mocratie car la libertĂ© est battue en brĂšche partout dans le monde. Je ne crois pas quâil sâagisse de faire des rĂ©formes, des rĂ©volutions ou nâimporte quelle prise de pouvoir. En fait câest une toute nouvelle approche Ă laquelle je pense.
- En premier lieu la nouvelle approche concerne la taille des structures de fonctionnement de la dĂ©mocratie. En clair les pays sont beaucoup trop gros, trop grands. Cette dimension nâest en aucune façon une conquĂȘte de la population ou une avancĂ©e de la dĂ©mocratie. Dâailleurs le concept de dĂ©mocratie a Ă©tĂ© Ă©tabli dans de petites citĂ©s et concernait quelques milliers de personnes. Lâaccroissement de la taille des pays ne rĂ©sulte que de lâappropriation de nouveaux territoires par la classe dominante. Cette taille est, aujourdâhui, le socle du pouvoir discrĂ©tionnaire des politiques qui ont du fait du nombre la possibilitĂ© de ne rendre de comptes Ă personne. On y reviendra.
- En deuxiĂšme lieu dans cette nouvelle approche lâhomme doit totalement reconsidĂ©rer son positionnement par rapport Ă tous les autres ĂȘtres vivants. Aujourdâhui le systĂšme a tendance Ă considĂ©rer que lâhomme est la seule espĂšce vivant sur cette planĂšte. Alors que bien au contraire lâhomme nâest quâune des formes de vie parmi des milliers dâautres. La classe dominante semble avoir dĂ©clarĂ© la guerre Ă toutes les autres espĂšces et cette folie est, dâune part la base du pillage de la planĂšte, mais surtout ne prend pas en compte lâosmose nĂ©cessaire entre les espĂšces, quâelles soient de notre taille, plus grandes ou microscopiques. On y reviendra.
- Un troisiĂšme aspect de la nouvelle approche se situe dans le domaine des diffĂ©rences hommes femmes. Câest une Ă©vidence que les hommes et les femmes ont Ă la fois des particularitĂ©s notables mais aussi beaucoup de points communs mais ce nâest pas une raison pour justifier un fonctionnement exclusivement masculin comme câest le cas aujourdâhui. LâĂ©galitĂ© est la chose la plus bĂȘte du monde et dans la sociĂ©tĂ© il y a beaucoup de cases pour les hommes mais une seule pour les femmes. Cette phobie est Ă©videmment entretenue par les hommes et elle est nĂ©cessaire aux politiques pour continuer Ă dominer les populations. On y reviendra aussi.
- Le quatriĂšme aspect parmi les Ă©lĂ©ments de cette nouvelle approche est le plus urgent et concerne lâĂ©ducation ou la connaissance si vous prĂ©fĂ©rez. LâhumanitĂ© est gravement inculte et cela de plus en plus. Câest le problĂšme majeur de notre Ă©poque. La plupart des humains, en France aussi bien sĂ»r, sont loin de profiter des connaissances minimums pour se dĂ©brouiller dans la vie. Ces connaissances sont lâapanage de quelques uns seulement. Sur tous les continents hommes et femmes sont maintenus, volontairement, dans la plus grande ignorance. Et cela concerne tous les domaines : techniques, sociologiques, psychologiques ou culturels. Cette carence est le terrain de prĂ©dilection des profiteurs en tous genre surtout politiques et religieux. On y reviendra.
Essayons de développer chacun de ces quatre points.
TAILLE DES STRUCTURES
Clairement la dĂ©mocratie nâest pas compatible avec la quantitĂ©. Pour donner une image un Ă©lu pour 60 millions de citoyens voire un pour 300 millions nâa aucun rapport avec le contrĂŽle par la population de son systĂšme politique. Par contre câest plutĂŽt reprĂ©sentatif de la royautĂ© ou dâautres formes de tyrannie qui ont eue leur heure de gloire, il y a longtemps pour nous, mais hĂ©las encore actuellement pour certains. En fait il y a un Ă©norme quiproquo depuis le dĂ©but. La citĂ© grecque souvent considĂ©rĂ©e comme le prototype de la dĂ©mocratie reposait sur une sociĂ©tĂ© de castes qui faisait quâun petit nombre de citoyens contrĂŽlait lâensemble de la citĂ©. Certes entre les citoyens dits libres rĂ©gnait un certain partage du pouvoir, mais mĂȘme lĂ un petit sous nombre tirait toutes les ficelles. LâambigĂŒitĂ© a Ă©tĂ© complĂšte quand il sâest agit, il y a un peu plus de deux cents ans, de remplacer la royautĂ© car le modĂšle athĂ©nien a Ă©tĂ© montĂ© au pinacle bien que totalement inadaptĂ© Ă cause de son fonctionnement basĂ© sur le petit nombre. Soyons clair la dĂ©mocratie, Ă supposer que lâon sache ce que câest, est absolument illusoire avec 60 millions dâhabitants, pas plus quâavec 6 millions ou mĂȘme 600 mille. La notion de dĂ©lĂ©gation, excellente au demeurant, ne marche quâavec un reprĂ©sentant pour une centaine de personnes, ce qui fait quâune assemblĂ©e locale Ă taille humaine dâune centaine de personne concerne au maximum 10 mille citoyens. La taille de la dĂ©mocratie est donc dâenviron 10 000 personnes. Ce nâest bien sur pas une dĂ©monstration mais une simple rĂ©flexion. Dans ces conditions en France nous devrions avoir environ 6 000 pays dĂ©mocratiques ayant chacun leurs assemblĂ©es, leurs lois, leur justice, et leur Ă©ducation.
Ce qui gĂšne le plus dans la taille des structures câest lâĂ©loignement des Ă©lus des citoyens. Les Ă©lus doivent par essence prendre des avis et rendre des comptes. Rendre des comptes câest un Ă©change dâinformations et dâopinions entre la population et ses reprĂ©sentants. Est-ce que vous accepteriez un dĂ©lĂ©guĂ© de parents dâĂ©lĂšve pour 100 000 enfants. Comment voulez vous quâun dĂ©putĂ© rende des comptes Ă 100 000 personnes. Ca nâa pas de sens. Or des Ă©lus qui ne rendent pas de comptes ça nâa aucun rapport avec la dĂ©mocratie. En plus la notion de dĂ©lĂ©guĂ© de dĂ©lĂ©guĂ© est catastrophique car elle coupe dĂ©finitivement le lien entre Ă©lus et population. BĂąties sur ce principe, les communautĂ©s de communes, les agglomĂ©rations ou les chambres hautes sont la porte ouverte Ă la mainmise de la classe politique sur les institutions. De mĂȘme que les sociĂ©tĂ©s industrielles ou les coopĂ©ratives ont rĂ©ussies par le principe des conseils dâadministration Ă se dĂ©barrasser des petits sociĂ©taires ou actionnaires, de mĂȘme les politiques se sont dĂ©barrassĂ©s de leurs Ă©lecteurs. Aujourdâhui nous avons des Ă©lus qui fonctionnent en circuit fermĂ©, c’est-Ă -dire entre eux et avec le petit nombre de dĂ©cideurs qui compose leur rĂ©seau. Vous savez il ne faut pas chercher plus loin les dysfonctionnements de notre systĂšme politique. Et ce nâest pas en votant pour un parti ou pour un autre que ça va changer puisque le systĂšme est viciĂ© Ă la base. Bien sur pour mettre en musique cette dĂ©construction de nos institutions il faut utiliser les moyens de rĂ©seaux, qui ont toujours existĂ©s, mais qui sont maintenant assez connus.
LE VIVANT
Chacun peut constater quâil y a beaucoup de vie et dâĂȘtres vivants sur terre. Et ils sont tous nĂ©s en mĂȘme temps, câest Ă dire lorsque la vie est apparue, parce quâil nây a quâune seule vie. Contrairement au mode de pensĂ©e dominant nous sommes bien loin dâĂȘtre les seuls ĂȘtres vivants. Dâune certaine maniĂšre tous les ĂȘtres vivants sont notre famille. Il y a bien sur ceux qui nous ressemblent, comme beaucoup dâanimaux mais aussi ceux qui sont trĂšs diffĂ©rents comme les bactĂ©ries ou les vĂ©gĂ©taux. Sommes-nous une espĂšce vivante supĂ©rieure. Je dirai plutĂŽt que, dans certains domaines nous sommes un peu en avance et dans dâautres en retard. Par exemple nous sommes en avance pour le langage articulĂ©. Celui-ci est apparu tardivement, câest Ă dire aprĂšs de longues annĂ©es dâĂ©volution de lâhomme. Que dâautres espĂšces puissent un jour acquĂ©rir le langage me parait logique mĂȘme si câest difficilement prĂ©visible. A lâinverse le pilotage de vol dâune hirondelle a quelque chose de stupĂ©fiant par rapport Ă nos propres possibilitĂ©s. De mĂȘme dâautres espĂšces ont pu acquĂ©rir des capacitĂ©s, par exemple collectives, que nous, hommes, nâavons pas encore. En particulier le concept de population. Clairement les ĂȘtres vivants fonctionnent en termes de population et câest grĂące Ă cela quâils assurent leur pĂ©rennitĂ©. Jâai le sentiment que lâhomme a lui aussi dĂ©jĂ fonctionnĂ© en termes de population, mais que depuis ce que lâon appelle la civilisation, un intrus sâest glissĂ© dans notre paysage c’est-Ă -dire lâindividu. Aujourdâhui nous en sommes Ă la primautĂ© de lâindividu sur la population, voire mĂȘme de lâorgane sur lâindividu, câest probablement une Ă©tape paroxysmique qui pourrait nous enterrer si nous ne rĂ©agissons pas. Pour moi le vivant fait un tout qui doit se dĂ©velopper ensemble. Sur certains aspects cette approche est dĂ©jĂ pratiquĂ©e. Par exemple quand on cherche sâil y a du vivant sur dâautres planĂštes, on ne cherche pas sâil y a des hommes, mais nâimporte quelle combinaison de molĂ©cules qui indiquerait un organisme. Cependant dâune maniĂšre gĂ©nĂ©rale la synergie de lâhomme avec le vivant est encore balbutiante. En fait beaucoup de personnes butent sur les mĂ©canismes dâĂ©volution du vivant. Comment passer dâune bactĂ©rie Ă des hommes ou Ă des arbres sans magie. Essayons dâexpliquer un peu. Si nous considĂ©rons lâensemble conducteur/voiture comme un organisme, il est facile de voir que ce que lâon appelle lâĂ©volution a trĂšs bien fonctionnĂ© avec par exemple la place des rĂ©troviseurs ou du volant et demain la voiture plus autonome qui nâest quâun nouveau stade de lâĂ©volution de lâorganisme conducteur/voiture. Le vivant câest comme ça que ca Ă©volue. Une fois de plus ce nâest pas une dĂ©monstration mais une illustration. Par ailleurs beaucoup de gens sont prĂ©occupĂ©s par lâaccroissement du nombre de personnes sur terre. Ca me semble un faux problĂšme puisque le vivant nous apprend quâil y a presque toujours une auto rĂ©gulation, mĂȘme si ça prend un peu de temps. Ceci dit il y a lĂ une question Ă surveiller.
Pour respecter la vie le souci nâest pas tant dâĂ©viter dâĂ©craser des fourmis en marchant, que de trouver notre place dans lâimbrication du vivant. Lâhomme a dĂ©couvert il y a une centaine dâannĂ©e que le vivant câest de la chimie. Seulement au lieu de sâinterroger sur sa place dans la chaĂźne des organismes, il a foncĂ© dans une guerre totale au vivant. Je ne parle pas des guerres mondiales mais de la guerre chimique contre tout ce qui est vivant. Il y a une exacerbation de la dĂ©fense de lâhomme en tant quâorganisme, comme sâil Ă©tait possible de protĂ©ger la vie humaine en bombardant ou empoisonnant les autres ĂȘtres vivants y compris les cellules. Je ne dis pas quâil ne faut pas se soigner, pas du tout, mais il faut surtout Ă©viter de se rendre malade. Il faut intĂ©grer que le principe mĂȘme du vivant câest la durĂ©e de vie limitĂ©e. Prolonger la durĂ©e de vie humaine nâest pas un progrĂšs si ça sâaccompagne de la destruction de toutes autres formes de vie sur terre. En fait nous ne savons pas grand chose de la vie, ni de son Ă©volution. La reprise ne main de ce sujet est donc urgente, car ceux auxquels nous donnons du pouvoir aujourdâhui, financiers et politiciens sont clairement nos fossoyeurs. Ils ont dâailleurs mis en avant un leurre qui est le rĂ©chauffement climatique afin de donner du grain Ă moudre aux Ă©colos et continuer pendant ce temps leur destruction du vivant.
HOMMES/FEMMES
Sujet dĂ©licat sâil en est mais en tous cas vraiment dâactualitĂ© en ce moment. HonnĂȘtement aujourdâhui les femmes ne sont pas considĂ©rĂ©es et sont classĂ©es comme un sous espĂšce des hommes. LâhumanitĂ© est trempĂ© dans le masculin de A Ă Z. Fort heureusement cette andro-tyrannie ne rĂšgne pas dans toutes les espĂšces vivantes. On pourrait, dâailleurs, presque dire que pour le moment lâessai de mĂ©canisme de reproduction par individus sexuĂ©s nâest pas trĂšs concluant. La question est bel et bien de savoir pourquoi le seul rĂŽle dĂ©volu aux femmes est la reproduction. Il me semble quâon loupe quelque chose si lâon considĂšre les femmes seulement comme des gĂ©nitrices. Certes la reproduction est la clĂ© du vivant puisque son cotĂ© Ă©phĂ©mĂšre le menace constamment de disparition. Mais de lĂ Ă diviser les rĂŽles Ă ce point il y a de quoi sâinterroger. On manque cruellement dâinformation sur le rĂŽle des femmes chez nos ancĂȘtres, je veux dire sur la maniĂšre dont les femmes vivaient le fait dâĂȘtre femme. Il semble que nous venions de la mĂȘme pratique que les primates, un homme pour un groupe de femmes, celui-ci se contentant de garder un territoire ou un homme pourvoyeur pour une ou plusieurs femmes, comme câest le cas aujourdâhui. Peut ĂȘtre plusieurs hommes pour plusieurs groupes de femmes, sachant quâil me semble que lâhomme a toujours Ă©tĂ© grĂ©gaire. LâĂ©volution menant Ă un homme pour une femme est donc trĂšs rĂ©cente, comme en tĂ©moigne les traces archaĂŻques de polygamie que lâon constate encore. De toute façon jâai le sentiment que depuis quelques milliers dâannĂ©es, seuls les hommes ont pensĂ© les femmes. Le dernier avatar rĂ©cent dit de la libĂ©ration de la femme est consternant. Cette notion dâĂ©galitĂ© est franchement pathĂ©tique. Je lâai dĂ©jĂ dit, ce qui compte dans une sociĂ©tĂ© câest que chaque individu ait une place, sa place. Seulement depuis un moment personne nâa plus de place dans nos sociĂ©tĂ©s. Alors faire aux femmes une place Ă©gale Ă celle des hommes relĂšve de la duperie et du mensonge. Jâai bien vu, pour lâavoir vĂ©cu, que les dĂ©buts de la rĂ©volte fĂ©minine cherchaient Ă inventer un monde pour les femmes, Ă©tant clairement Ă©tabli que le monde disponible ne faisait de la place quâaux hommes. HĂ©las cette direction a bien vite Ă©tĂ© abandonnĂ©e. Je crois quâil reste Ă rouvrir cette piste. De toute façon la place des hommes dans le monde actuel ne peut pas durer. Peut ĂȘtre nĂŽtre civilisation va disparaitre, mais si nous survivons, ce ne sera surement pas Ă cause des hommes. Il sera nĂ©cessaire de mettre en Ćuvre les nouvelles approches Ă©voquĂ©es plus haut et en particulier un monde pour les femmes. Les femmes ne sont pas plus faibles, plus douces, plus sensibles, plus fragiles que les hommes, non plus que moins conceptuelles ou moins courageuses. Ca ce nâest quâun dĂ©calque, que du masculino-centrisme. Non les femmes sont diffĂ©rentes, jâallais dire infiniment diffĂ©rentes. Bien sur il ne sâagit pas dâune autre espĂšce, hommes et femmes nous sommes lâespĂšce humaine. Mais dâautres ĂȘtre vivants ont aussi des mĂąles et des femelles et je crois que lâon ferait bien de sâen inspirer pour notre propre Ă©volution.
La destruction des rapports hommes femmes a Ă©tĂ© encouragĂ©e par lâacculturation que nous constatons aujourdâhui et ce mal ĂȘtre rejaillit immĂ©diatement sur lâĂ©ducation ou plutĂŽt lâĂ©levage des enfants. Aucun parent ne sait comment Ă©lever ses enfants et dâailleurs ils nâont aucune possibilitĂ© dâapprendre cela. Lâatomisation de la sociĂ©tĂ© crĂ©e par le soi disant « progrĂšs » transforme chaque individu y compris les enfants en consommateurs et a tendance Ă supprimer toute possibilitĂ© de coopĂ©ration entre gĂ©nĂ©rations. Il laisse seul et isolĂ© chaque individu face au systĂšme Ă©conomique. De plus ce savoir lĂ dâĂ©ducation ne sâacquiert, partiellement qui plus est, que par lâexpĂ©rience. Et encore Ă condition dâĂȘtre en mesure de le faire sur une certaine durĂ©e et dans des conditions de confort matĂ©riel et moral suffisantes. Ce qui nâest absolument le cas dans nos sociĂ©tĂ©s dites Ă©voluĂ©es.
EDUCATION
Il nâest bien sĂ»r pas question de faire de chaque humain un savant ou de croire que tout le monde doit apprendre le contenu des encyclopĂ©dies. Pas du tout il sâagit tout simplement de doter chaque individu dâun bagage permettant une capacitĂ© de jugement correcte. Pour cela en fait il faut apprendre mais surtout dĂ©sapprendre. DĂ©sapprendre lâhistoire factice des manuels scolaires, dĂ©sapprendre les croyances religieuses, dĂ©sapprendre les leçons de morale toutes faites, dĂ©sapprendre la soumission, dĂ©sapprendre lâendoctrinement. Pour dire ça dâune maniĂšre plus drĂŽle : ne pas prendre les brĂšves de comptoir pour un programme. Par exemple lutter contre lâobscurantisme religieux passe par lâinformation et la formation de la population. Les religions sont le symptĂŽme de lâignorance des gens. Elles ne se combattent pas par la philosophie ou la simple dĂ©nonciation des croyances mais par un Ă©norme effort dâĂ©ducation et dâenseignement des connaissances les plus simples.
Le but de la capacitĂ© de jugement câest, surtout, dâĂ©viter de tomber dans les piĂšges tendus par les autres ou par son environnement et câest aussi lâaptitude Ă garder un certain contrĂŽle de son existence dans ses rapports avec la sociĂ©tĂ©.
LâhumanitĂ© existe et se reproduit depuis de longues annĂ©es et est passĂ©e de petites cellules humaines Ă des regroupements gigantesques de population. JusquâĂ il y a quelques milliers dâannĂ©es lâĂ©ducation Ă©tait au centre du fonctionnement de petites structures. Depuis, ce fonctionnement naturel sâest perdu, Ă tel point quâil a fallu inventer pour les enfants, il y a quelques centaines dâannĂ©es, lâĂ©cole.
Prioritairement lâĂ©ducation doit beaucoup mieux cerner les mĂ©canismes dâapprentissage. Par exemple celui de la « forĂȘt », c’est-Ă -dire que la connaissance ne sâacquiert que par empilement successifs de savoirs partiels. Pour dĂ©couvrir toutes les essences dâune forĂȘt le mĂ©canisme est dâapprendre Ă reconnaitre un arbre, puis celui-ci Ă©tant bien connu de passer Ă un deuxiĂšme. En effet devant une forĂȘt personne ne peut apprendre tous les arbres Ă la fois. Il faut de la mĂ©thode surtout pour les enfants. Ceci est bien connu des Ă©ducateurs mais pas du tout mis en Ćuvre. Rien nâest plus grotesque que de programmer les apprentissages par tranche dâĂąge, ou par grosse masse dâenfants.
De mĂȘme on ne doit pas noter les connaissances comme câest le cas actuellement mais seulement les activitĂ©s. En effet les connaissances doivent ĂȘtre acquises par tous et donc ne peuvent faire lâobjet dâune quelconque discrimination. Et pour ces acquisitions ce nâest pas le temps qui compte mais le rĂ©sultat. En exagĂ©rant, sâil faut un an Ă un enfant pour apprendre la lettre A ce nâest pas grave. Dâailleurs, je ne me fais aucun souci lâaptitude de tous les enfants Ă maitriser les connaissances car, une fois adulte, tous ont retenus et savent cĆur des priĂšres ou des chansons paillardes, alors quâils ne savent pas ce que câest que la dĂ©mocratie, ni comment on fait du pain. Et nous non plus dâailleurs.
Par contre dans les activitĂ©s on peut constater des diffĂ©rences entre les enfants et chez les adultes aussi bien sĂ»r. Des diffĂ©rences de gout, de vitesse ou de mĂ©thode. Ces diffĂ©rences peuvent ĂȘtre mises en valeur car il y a toujours un domaine ou chaque enfant est meilleur. Il faut dĂ©couvrir les dons de chacun et dans un groupe il nây a que des premiers, mais pas dans la mĂȘme activitĂ©.
Sur le plan de la forme, les classes avec un maitre par classe ou par matiĂšre sont complĂštement dĂ©passĂ©es. Câest une structure hĂ©ritĂ©e des traitements de masses qui doit ĂȘtre remplacĂ©e par des formes beaucoup plus individualisĂ©es. Il me semble quâun maĂźtre pour trois enfants doit permettre de progresser rapidement dans les enseignements. Les classes dâĂąge sont assez naturelles, mais comme il faut tenir compte des diffĂ©rences de tempo pour les acquisitions, on va vite avoir pour un mĂȘme enseignement des Ăąges extrĂȘmement diffĂ©rents, ce qui va, du mĂȘme coup permettre de multiplier les Ă©changes avec dâautres Ăąges, ainsi quâavec des adultes.
Par ailleurs vu la place de lâĂ©conomie dans nos sociĂ©tĂ©s, il apparait que la charge des connaissances nĂ©cessaires pour y travailler doit rester aux entreprises. Le but de la sociĂ©tĂ© nâest pas de fournir aux entreprises des individus incultes et donc bon marchĂ©, mais uniquement de former des citoyens responsables et cultivĂ©s. Câest la prioritĂ© des prioritĂ©s dâune sociĂ©tĂ©, tous les moyens doivent lui ĂȘtre consacrĂ©s. Bien Ă©videmment ce que jâappelle cultivĂ© nâa aucun rapport avec Mozart ou Duras mais seulement avec lâaptitude Ă rĂ©flĂ©chir avant de donner son avis ou la capacitĂ© Ă faire la diffĂ©rence entre lâenvie et le besoin. La liste des connaissances Ă acquĂ©rir nâest pas longue mais câest elle qui donne Ă chacun un bagage.
ConcrĂštement lâĂ©ducation doit ĂȘtre le cĆur du fonctionnement des sociĂ©tĂ©s humaines. Il ne sâagit pas de lui consacrer seulement un budget parmi dâautres mais dâen faire le sujet le plus important auquel doit ĂȘtre consacrĂ©s tous les efforts.
CONCLUSION
Si lâon veut que quelque chose change câest Ă lâĂ©ducation de tous les hommes que nous devons consacrer tous nos moyens. Pour cela le « mieux public » auquel nous aspirons ne viendra donc pas de notre classe politique qui nous Ă©puise depuis de longues annĂ©es. Non câest Ă nous dâinverser le rapport de force. Notre seul levier câest le vote puisque câest par ce moyen quâils obtiennent lĂ©galement le droit de nous exploiter. Nous ne croyons plus en leurs plans, en leurs promesses, en leurs discours. Nous leur disons simplement faites dâabord des rĂ©formes institutionnelles de retour Ă la dĂ©mocratie et aprĂšs, aprĂšs alors on revotera, peut ĂȘtre.
Michel Costadau









