Blog

  • Chiffres

    Chiffres

    Virus1.xlsx

    Il est bien connu que l’on fait dire ce que l’on veut aux chiffres ok, mais tout aussi indiscutablement, nous avons le droit de savoir de quoi il retourne. J’ai donc cherché à calculer combien de victimes avait été évitées par les mesures prises en France contre le virus et à quel prix. C’est un point d’étape avant la nouvelle phase de dépenses qui commence.

    Pour les victimes évitées la méthode la plus simple consiste à comparer la mortalité entre les pays qui n’ont pour ainsi dire rien fait, par exemple le Brésil, et le nôtre. Pour cela nous avons le tableau çi-joint. En effet si nous avions eu le taux de décès du Brésil nous aurions eu, à ce jour, 50 000 victimes au lieur de 35 000, soit 15 000 victimes évitées. C’est donc le chiffre que nous cherchions, mais pour tenir compte des incertitudes nous retiendrons pour le calcul le nombre supérieur soit 20 000 victimes évitées à ce jour.

    Maintenant regardons combien ont coutés ces 20 000 victimes évitées.

    Il y a d’abord la baisse du PIB. C’est la conséquence immédiate des décidions de mars. La baisse d’activité provoquée par les mesures gouvernementales a eu une influence directe sur les ressources du pays car c’est autant d’argent en moins pour payer les salaires, faire des investissements et alimenter les caisses de l’Etat. C’est cette baisse qui a engendré du chômage, la disparition d’entreprises et la rétention des achats de la population.

    Il y a aussi les dépenses supplémentaires de la sécu. Le mouvement de panique gouvernemental du début d’année a lancé les dépenses dans deux directions. D’une part une suppression de toutes les limites de dépenses pour tous les secteurs de la santé. D’autre part une mise à disposition préventive de pans entiers du secteur hospitalier public et privé pour faire face à d’éventuels besoins.

    Ensuite il y a le plan de relance français. Cette ligne budgétaire exceptionnelle a pour but d’injecter de l’argent dans l’économie afin de passer la période de baisse d’activité en attendant un éventuel redémarrage.

    Enfin il convient de considérer la participation française au plan de relance européen. C’est la même chose mais avec une action dirigée vers le volet bancaire.

    Il y a peut être et même surement d’autres coûts que l’on pourrait prendre en compte, mais il faut éviter les duplications, par exemple l’augmentation du chômage et le déficit des caisses et autres est, pour moi, contenue dans la baisse du PIB.

    Passons alors maintenant au chiffrage proprement dit. Voyons d’abord, en gros, les données de bases et ensuite chiffrons.

    PIB 2019 = 2 500 mds€,

    Budget Sécu 2020 = 500 mds€, dont environ la moitié pour la santé.

    Budget Etat français 2020 = 500 mds€

    Budget Europe 2020 = 150 mds€

    La baisse du PIB pour 2020 fait l’objet de beaucoup d’évaluation. Nous retiendrons 10%, à minima, ce qui nous conduit à prendre en compte 250 mds€.

    La sécu était quasiment à l‘équilibre en 2019. Le déficit admis par les pouvoirs publics, directement imputable au gouvernement, est de 45 mds€ pour 2020 et environ 30 mds€ pour 2021, ce qui nous conduit à prendre en compte 75 mds€.

    Le plan de relance France est annoncé depuis longtemps pour 100 mds€ et c’est donc ce chiffre que nous prendrons.

    De même le plan de relance Europe est de 750 mds€. Nous pouvons estimer la contribution de la France à presque 10% de ce montant ce qui nous conduit à prendre en compte 75 mds€.

    En faisant la somme nous trouvons 500 mds€. Et en divisant ce chiffre par 20 000 nous voyons apparaitre un coût de 25 M€ par victimes évitées.  Le moins que l’on puisse dire c’est que c’est beaucoup beaucoup. Je vous précise que P. Artus avec un calcul différent et une estimation optimiste, dont on ne connait pas le mode de calcul, de 20 000 victimes évitées par mois arrive quand même au chiffre de 6 M€ par victime évitées. Ce qui veut dire que le coût total de 500 mds€ est le même que pour moi. En conclusion nous avons déjà brulé un an du budget national et c’est loin d’être fini.

    Tout ceci est il bien raisonnable ?

    Michel Costadau

  • Robot

    Robot

    Aujourd’hui fait divers en automne.

    C’est un papier assez salé que je viens de recevoir : une amende de 1 875€. Je sais que vous ne pleurez pas pour moi, mais surtout ne vous inquiétez pas parce qu’en fait ça m’a fait vraiment plaisir. Je vous explique ça en deux mots.

    Ca a commencé  en 2016. Suite à un radar mal placé à Revel, je reçois une amende de 48€. D’habitude je ne paie pas ce genre de racket, avec diverses méthodes d’évitement, mais là je me décide à payer. Je mets donc un billet de 50€ dans l’enveloppe destinée à la trésorerie des radars et j’envoie le tout à l’adresse indiquée dans la petite fenêtre de l’enveloppe. Pas de nouvelles sauf qu’en 2017 je reçois une amende de 1 875€ pour l’infraction commise à Revel, au motif assez inattendu de «non transmission de l’identité du conducteur par resp. légal de la pers. morale détenant le véhicule». Inattendu parce qu’il n’y a pas de personne morale mais seulement physique, ni de responsable légal mais seulement un propriétaire dans cette histoire. La voiture est à moi et à mon nom ainsi que l’indique la carte grise. Pour ceux qui ont du mal à suivre il s’agit réellement de ma voiture.

    Mon copain de Cambon, écrivain et féru de droit me dit : Michel tu envoies un courrier de réclamation avec la copie de la carte grise et ça va se finir. J’ai donc envoyé deux courriers de réclamation à des adresses qu’il m’avait semblé trouver sur les papiers reçus mais sans les photocopies.

    Le temps passe et je me dis que ça a marché quand, un an plus tard, je reçois la même amende, même motif, même montant. Je réponds alors par un seul courrier de réclamation assez sec.

    C’est alors que se produit un évènement des plus heureux. Un jour que je taillais des arbres dans le verger je vois arriver un homme assez résolu qui me dit « dites, vous n’avez quelque chose sur le feu qui commencerait à chauffer ? ». C’était un huissier, chargé de recouvrer la dite amende. Je lui dis « vous ne pouvez pas mieux tomber, venez avec moi ». L’affaire est simple. Je lui explique donc le truc avec carte grise à l’appui. Il note tout, prend les photocopies et me dit « pas de problème, je vais faire arrêter cette procédure idiote ».

    Une nouvelle année se passe et c’est donc cette année que je reçois le papier évoqué au début. La seule différence avec les précédents c’est que l’infraction n’a plus été commise à Revel en 2016 mais ………..  à la maison en 2019 où il n’y a bien sûr aucun radar.

    Le système informatique est donc en train de se mordre la queue ou, si vous préférez, est tombé dans un cercle vicieux puisqu’il a inventé  une origine fictive à une infraction qui n’a jamais eu lieu.

    En fait ces programmes informatiques jouissent d’une grande liberté. C’est eux qui détectent les lignes à extraire, qui contrôlent les paiements et qui appliquent leurs règles pour les montants et les délais. C’est eux qui impriment l’amende, la mettent dans une enveloppe et l’expédient. Il me semble que personne ne peut mettre son nez là dedans à cause des volumes traités.

    Maintenant j’aimerais bien savoir comment le programme va faire pour s’en sortir. En attendant que le robot réfléchisse, je prépare des chiffres sur le virus.

    Bon on s’amuse comme on peut.

    Michel Costadau

  • Santé

    Santé

    L’économiste, assez peu connu, Robert Boyer fait remarquer que le domaine de la Santé Publique est le seul dans lequel le progrès technique ne fait pas diminuer les coûts mais au contraire les augmente. C’est assez contradictoire puisque c’est la base même du capitalisme qui est concernée. En effet, dit il même si le coût unitaire d’un soin diminue, le coût global augment car il faut donner ce soin innovant à de plus en plus de personnes. Et comme il y a toujours de nouvelles maladies à combattre c’est donc une erreur fondamentale de vouloir faire baisser le coût de la santé. Et j’ajoute : en supprimant des lits par exemple.

    Alors faut pas pleurer comme dirait Lydie, mais quand même vous avez la monnaie de votre pièce avec les mesures moyenâgeuses prises par le clown que vous avez élu. Cependant ça n’est pas lui le sujet.

    Non le sujet c’est la santé. Vous allez me dire que justement ben oui on ne parle que de ça. Et je vais vous dire ben non, ce dont nous abreuvent les médias c’est de maladies, pas de santé.

    En fait notre société découvre de plus en plus de maladies et met au point de plus en plus de remèdes pour y faire face. Ça s’appelle le complexe médico-pharmaceutique. L’activité de recherche est d’ailleurs 100 % orientée dans ce but. Ce qui veut dire que 0 % est tournée vers la santé, votre santé, notre santé.

    Alors voila, le problème est le suivant : il y a une totale disproportion entre les mesures prises pour dépister et soigner des maladies et celles prises pour maintenir les gens en bonne santé.

    Maintenir la population en bonne santé ça veut dire éviter qu’elle tombe malade dirait Lapalisse. Et c’est exactement le contraire de ce qui se passe.

    Clairement on peut dire que tout est fait pour que nous devenions et restions malades. La nourriture à base de plats cuisinés, le travail trop sédentaire ou parcellaire, trop stressé, sans satisfactions, le bruit constant et l’entassement dans des immeubles qui réduisent l’espace vital de chacun, la vie publique consistant à absorber, consommer, digérer les mêmes produits, les mêmes plaisirs, les mêmes chansons. Halte au feu.

    Bon, bon d’accord mais alors la bonne santé comment on fait cela ? Il n’y a pas trente six solutions, il n’y en a qu’une et elle nous vient des animaux. Ça s’appelle le biotope. Parce qu’on parle du biotope des castors ou des tortues de mer mais on parle rarement du biotope de l’homme.  Y a-t-il seulement quelqu’un qui ait fait cette étude-là.

    Il me semble que pour les animaux, en tous cas, un bon biotope est synonyme de bonne santé. Bien sûr il peut y avoir des équilibres croisés. Je veux dire par exemple que sans prédateur, une espèce peut se reproduire à l’infini et détruire son propre biotope. Mais cette reproduction à l’infini montre bien qu’ils ne sont pas malades. Ne me faites pas dire que le virus est le prédateur que l’espèce humaine homme attendait pour être régulée. Non je ne le dis pas et je ne le pense pas. Les guerres non plus ne sont pas la solution, même si ça l’a été dans un lointain passé. Non la solution c’est le biotope.

    Et celui de l’homme est à définir, car il me semble que de moins en moins de personnes vivent dans des conditions humaines, c’est-à-dire dans notre biotope.

    Michel Costadau

  • Tapette

    Tapette

    Bon voila, la nuit on dort, c’est le principe, mais pas d’une traite. Il y a donc des moments d’éveil consacrés soit à la lecture, soir à un petit grignotage destiné à réenclencher le sommeil. Et donc lors d’une de ces périodes de lecture, j’aperçois un mille-pattes au plafond au dessus de notre lit. Edith n’aime pas tellement ces bestioles qui cependant se trouvent plus généralement sur le sol qu’au plafond. D’où ma double surprise.

    Et une grosse réflexion. Ne rien faire pourrait conduire à ce que ce rampant se retrouve dans nos draps avec quelques piqûres à la clé, car ces spécimens sont réputés assez venimeux. Mais faire quelque chose ça consiste en quoi : lui demander de déguerpir, le réveiller pour qu’il se rue sur nous ?

    Néanmoins, sans le moindre atermoiement je décide de passer à l’attaque. Je me saisis donc de la tapette qui ne quitte pas le petit coin d’étagère où je range les livres que je lis, n’ayant ainsi qu’à poser le livre qui m’est tombé sur le nez deux ou trois fois et du même geste éteindre la lumière pour regagner l’endormissement souhaité.

    Muni de mon arme je me mets donc debout sur le lit, doucement pour ne pas la réveiller, et je cherche à me mettre dans la position la plus favorable pour pouvoir en un coup écraser l’envahisseur au plafond. Le geste n’est pas simple, il s’apparente assez au revers des pongistes et de ceux qui jouent sur la table.

    Une fois dans bonne position, je frappe, schlamg. Le coup a été assez efficace et un résidu tombe assez bruyamment sur l’oreiller juste à côté de la tête d’Edith qui heureusement dort encore. Alerte générale mais en douceur car ce n’est pas le moment de flancher et d’un geste du bout de la tapette je projette le résidu sur le plancher afin de débarrasser le lit de cet encombrant dont je ne suis pas encore certain du décès. D’ailleurs je le cherche par terre, dans la ruelle comme dirait Molière, mais je ne le trouve pas. Je n’insiste pas énormément, l’instant n’étant pas propice au déplacement de meuble, d’autant plus que le lit ayant une roulette bloquée est assez délicat à remuer. Ca me rappelle d’ailleurs qu’Edith m’a demandé où était la roulette de rechange, mais évidemment je ne me souviens absolument pas où elle peut être.

    Néanmoins je me recouche et reprends le livre que j’avais posé avant de partir à la chasse. Et je remets la tapette à sa place, prête à de nouveaux services. Car il n’y a pas que les scolopendres dans notre vie nocturne mais aussi les moustiques et les mouches. Les moustiques sont rares, d’autant plus qu’ils n’attaquent qu’Edith ce qui fait que pour moi c’est comme s’il n’y en avait pas. Mais la mouche est plus embêtante. Je dis bien la mouche, car il n’y en a qu’une à la fois et la supprimer résoudrait donc le problème. Seulement il y a de la perversité chez cet animal, car elle se met toujours dans des endroits impossibles, par exemple sur le nez. Dans ces conditions utiliser la tapette est difficile car outre que l’on ne voit rien, il y a une certaine retenue dans la frappe qui laisse toutes ses chances à l’insecte. Heureusement il lui arrive de se poser sur le mur où il est plus facile avec un geste bien calculé de l’écraser.

    Bien sûr le reste du temps on dort.

    Michel Costadau

  • Coup d’Etat

    Coup d’Etat

    C’est le mercredi 11 mars 2020 un peu avant midi qu’a eu lieu, à Paris, le coup d’Etat. Un coup d’Etat c’est la récupération par une clique de l’appareil sans passer par les urnes. Ce jour-là mercredi 11 mars 2020, l’Hôtel Matignon a été remplacé par la place Beauvau. L’exécutif a donné tous les pouvoirs aux flics. Ce jour-là, la technocratie a choisi de se débarrasser de l’avis de la population, de l’avis des représentants des électeurs, de l’avis des corps intermédiaires.

    C’est un coup d’État tout à fait feutré, doux, sans effusion de sang, sans occupation du parlement, sans conquête des studios de la télévision et de la radio par des mercenaires.

    Mais depuis ce triste jour les manifestations, les rassemblements, les cortèges ainsi que les intentions de manifester sont interdits et réprimés. De même les fêtes, les distractions, les concerts, les conférences sont contrôlés. Les maisons de retraite sont devenues des prisons. L’abord des écoles est filtré. Les comptoirs, les zincs, les stades, les arrière-salles sont surveillés.

    Mais me direz-vous toutes ces mesures sont liées à un virus que l’Etat cherche à combattre. Ah bon, parlons-en un peu de ce combat.

    C’est grave docteur ? Alors imaginons que tous les moyens aient été mis en œuvre. Ça voudrait dire que depuis un an tous les organismes de recherche sont sur le pont pour trouver des solutions. Ça voudrait dire que tous les ordinateurs les plus puissants du monde tournent à fond pour combattre le virus. Ça voudrait dire que toutes les ressources de l’IA sont déployées. Déjà à la veille du virus l’IA était sur la sellette parce que devant dépasser l’homme et qu’il fallait faire attention. D’ailleurs Alphabet a battu les meilleurs spécialistes mondiaux à divers jeux de réflexion et le virus ne devrait être qu’un jeu d’enfant pout lui. Un avenir doré d’homme augmenté par des puces et des super-aides se profilait aussi et la vie allait devenir rien que du presse-bouton par la pensée. Elon voulait envoyer des colons sur mars dans quelques années. Des fichiers gigantesques s’échangeaient pour être traités dans des machines bientôt quantiques décuplant les puissances de calcul. Xi construisait un hôpital en une semaine. Ça aurait pu être ça.

    Mais est-ce que vraiment tout a été mis en œuvre ? Dites-le moi je ne vois pas bien.

    Eh bien non, tout ça c’est du vent, de la camelote, de la blufferie, de la pantalonnade et rien n’a été mis en oeuvre. Rien n’a été fait. Rien n’est fait.

    Cela fait donc un an que le monde entier fait face à ce soi-disant virus venu de Chine et non seulement nous en sommes au même point, mais il semble plutôt que nous ayons régressé.

    Régressé parce que comment en un an n’a-t-il pas été possible de mettre au point au moins une détection du virus rapide et efficace de façon à ce que l’on ne suspecte pas tout le monde et que l’on ne nous prenne pas en otage. Pourquoi n’avons-nous toujours aucun progrès.

    Régressé parce que tout ce que l’on nous répète depuis le début c’est que le virus s’attaque aux personnes âgées. Non le virus s’attaque à tout le monde mais les personnes âgées sont plus vulnérables justement à cause de leur âge. D’ailleurs, d’une manière générale, il meurt beaucoup plus de vieux que de jeunes. Je peux même vous tracer la courbe.

    Régressé parce que pris au piège de leurs propres mensonges, les politiques ont préféré faire un vrai coup d’Etat pour basculer dans la répression et la peur plutôt que de faire confiance aux institutions et à la population. Et ça continue.

    Ceux-là doivent partir.

    Michel Costadau

  • Débat

    Débat

    Le billet, à priori non politique, met en scène un débat entre deux personnes. Nous prendrons la place d’une des personnes qui a justement des griefs contre l’autre et qui aimerait bien le lui faire savoir. Nous ignorons complètement les motivations, arguments, éléments dont dispose l’autre personne. Nous sommes d’un seul côté. Il faut aussi savoir qu’il y a un public imaginaire qui assiste au débat et se fait son opinion.

    La question est : notre personne a-t-elle intérêt à sortir tous ses griefs avec les preuves qui vont avec en une seule fois, puis demander à l’autre de répliquer et de se défendre. Ou au contraire est-il préférable de sortir les arguments un par un en demandant à chaque fois à l’autre de répondre.

    Bon voilà. À priori chaque méthode a ses avantages.

    Celle de mettre le paquet en dévoilant d’un coup tous les méfaits supposés de l’autre permet de plomber le débat pendant un moment et de se mettre à l’abri des premières réponses de l’autre qui ne peuvent être que partielles. Cela permet aussi de désarçonner l’autre qui ne sait pas par quel bout commencer et perd du temps.

    Celle de distiller les accusations une par une donne une lenteur et une continuité au débat, qui permet de penser qu’il y a toujours une nouvelle pierre qui va sortir et qu’il sera difficile de la réfuter. Cela a aussi l’avantage de pouvoir répliquer au fur et à mesure à des remarques faites par l’autre.

    Évidemment chaque méthode a aussi ses inconvénients.

    Pour la première, après notre exposé nous déroulons un boulevard à notre adversaire qui a la parole jusqu’à plus soif. Il peut à loisir démolir nos arguments ou donner l’impression qu’il les démolit les uns après les autres. Ayant déjà eu longuement la parole nous ne pouvons pas trop répondre et ça pourrait se finir mal pour nous.

    Pour la seconde, il faudrait que chaque argument exposé successivement soit très fort afin que l’autre ait du mal à les contrer. Si ce n’est pas le cas nous allons donner l’impression que nous n’avons pas de bonnes raisons car chaque fois que nous sortons un grief il est réfuté dévié ou contourné. C’est un peu comme la légende des Horaces et des Coriaces où les adversaires nombreux au début sont isolés et éliminés un par un.

    En fait aucune des deux méthodes n’est satisfaisante en soi. Nous allons donc envisager une combinaison des deux, c’est-à-dire ni tout jeter dans la bataille en une seule fois, ni égrener les griefs un par un.

    Comme évoqué plus haut, il est aussi très important de tenir compte de la force des arguments. L’idée est alors de choisir l’argument le plus pertinent, le plus fort et d’organiser les autres pour le renforcer comme des contreforts.

    Du coup ça se corse car il faut trouver ce fameux argument béton, unique mais puissant, qui va nous permettre de structurer notre intervention. Hum, disons d’abord, que si après sérieuse investigation cet argument n’existe pas, mieux vaut alors faire profil bas puisque nous nous sommes convaincus nous-mêmes de la faiblesse de nos griefs.

    Si, au contraire, il existe, alors nous devons très bien organiser sa mise en scène. Un peu comme une courbe de Gauss. Quelques reproches en entrée, où nous pouvons laisser des miettes à l’opposant pour lui faire croire que ça ne sera pas si difficile que ça, puis rapide montée en puissance du discours vers l’assommoir qui doit laisser l’adversaire sans voix. Une fois ce petit moment de jouissance passé, décroissance en disant que nous n’avons pas tout utilisé, que l’on pourrait rajouter ci ou ça mais que l’essentiel est fait.

    Seulement bien sûr tout débat est risqué et ça ne se passe pas toujours comme prévu. C’est pour cela que les politiques ont inventé le discours et surtout le discours télévisé. Là c’est zéro risque.

    Michel Costadau

  • Raison

    Raison

    Incompréhensible, imprévisible, contradictoire, sanglante, incohérente, c’est ainsi qu’est perçue la politique US depuis quatre années. Et c’est comme ça qu’elle est, car c’est une tactique dûment élaborée et non le seul fait du prince. C’est même très efficace puisque l’imprévisibilité et le jeu avec les contradictions mettent adversaires ou partenaires dans le vent. Cette attitude empêche tous les autres pays de préparer des accords, des mesures, des propositions. Elle donne aux US toujours un coup d’avance puisque personne ne peut les prévoir. Et donc il en résulte que  les US font presque ce qu’ils veulent, où ils veulent, quand ils veulent.

    Notons que c’est exactement le contraire chez nous. La stratégie US fait apparaître crûment la complète paralysie de notre pays et de toute l’Europe et éclaire du même coup la volonté britannique de reprendre sa liberté, de se libérer des dix étages de contraintes et de contrôles que chaque pays et l’Europe ont mis en place.

    Si encore la tutelle européenne était démocratique, c’est-à-dire populaire, ça aurait un peu de sens. Mais il s’agit, bien au contraire d’une mainmise maffieuse des financiers sur nos institutions qui prive les politiques de toutes différentiations : il n’y a pas d’écologistes, de socialistes, de droite ou de gauche, d’extrême ou de centre, il y a seulement : tous au service du capital. Les politiques jouent sur le décor pas dans la pièce.

    Revenons aux US, je n’aime pas beaucoup commenter l’actualité parce que je préfère que l’actualité alimente ma réflexion et me permette d’améliorer, corriger, enrichir mes descriptions, analyses et jugements sur notre monde. Mais là, il y a un déclic qui s’est fait avec le comportement du président US. Certes ce n’est pas un scoop mais il est clair qu’il ne sera pas réélu. La question est : comment Trump a-t-il fait pour tomber dans les sondages ?

    Non ce n’est pas la gestion du virus qui a péché. Non ce n’est pas le pétrole ou le gaz qui ont ratés. Les Américains ont plutôt apprécié l’esprit d’indépendance et de liberté de Trump. Non, ce qui n’a pas marché, c’est qu’il a perdu la guerre contre la Chine. Guerre politique et économique, mais guerre.

    Dès le début Trump a focalisé son action sur les méfaits chinois. Il a même entrepris une opération de rapatriement de production qui, en fait, a surtout concerné le Mexique, parce que la Chine n’est plus tout à fait l’atelier du monde. Certes les chinois ont encore un peu de retard dans l’aéronautique ou les composants électroniques, mais ils sous-traitent eux même une grande partie de leur production. Et surtout ils ont un sens de la collectivité imbattable. Les US ne sont que la juxtaposition de millions de personnes sans rien partager ensemble à part la division en communautés antagonistes.

    Le comportement de Trump consistant à taper sur tout ce qui bouge a démobilisé l’opinion américaine. De vouloir faire de la Chine un bouc émissaire a profité à l’Asie qui tire plus que jamais la technologie mondiale. À vouloir faire l’« America great again », il a seulement obtenu l’ « América lonesome country ».

    Dans le commerce international règne le même esprit que dans les familles, c’est-à-dire un ensemble d’attirances et de répulsions sur un fond de coups bas et de coopérations. Au final personne ne peut avoir raison.

    Et Trump a eu tort de croire qu’il avait raison.

    Michel Costadau

  • Décisions

    Décisions

    Supposons qu’il y ait des décisions à prendre, comment faites-vous ? De qui prenez-vous l’avis ? De l’intérêt de qui tenez-vous compte ? Quels sont vos critères de choix ?

    Le processus de la prise de décision est un classique de la formation des dirigeants. On entend par là ceux qui sont appelés à prendre des décisions.

    Mais en fait la prise de décision commence par la gestion de sa propre personne, de son individualité, ça continue avec le couple, la famille, ça se poursuite avec les activités professionnelles, les associations, les fermes, les lotissements, les villages, les quartiers, les entreprises et ça continue. C’est tout le temps. En cela nous sommes tous des dirigeants et des décideurs. Mais on ne nous a pas donné beaucoup de formation.

    Et donc, vous vous en doutez, la question est : comment sont prises les décisions dites politiques ?

    C’est-à-dire celles que prennent nos élus qui sont, en théorie, censés s’occuper de nous. Vous me lisez depuis suffisamment longtemps pour connaitre la réponse : quel que soit le niveau, le premier critère de la décision est toujours de se faire élire ou réélire, surtout réélire.

    Bien sûr selon le niveau viennent ensuite d’autres critères qui tournent tous autour de la soumission

    aux détenteurs de pouvoirs qu’ils soient internationaux, nationaux, locaux et qu’ils soient financiers, moraux ou politiques. Ces détenteurs sont donc directement les donneurs d’ordres des élus. C’est pour cela que le système marche en boucle fermée avec toujours les mêmes aux manettes et toujours les mêmes avec le pouvoir.

    Maintenant en quoi est-ce gênant que les politiques ne pensent qu’à leur élection ? Voyons ça.

    La grande découverte c’est, donc, que nous les citoyens électeurs ne sommes pas leurs donneurs d’ordres. Ceux qui leurs disent ce qu’il faut faire sont ceux qui ont l’argent et le pouvoir. Oui c’est une étrange découverte de comprendre que ce ne sont pas les politiques qui ont le pouvoir, au contraire ce sont ceux qui ont le pouvoir qui donnent leur feuille de route aux politiques. Et donc pour les élus nous ne comptons pour rien. En fait nous ne servons qu’à les élire et réélire. Là oui ils ont besoin de nous. Mais ils n’ont besoin de nous que pour ça.

    Alors avec le soutien inconditionnel des médias ils nous tiennent continuellement des discours sur des tas de choses qu’ils pourraient faire pour nous, mais qu’ils ne font jamais évidemment.

    C’est pour cela que les médias sont si importants pour eux. Les médias sont l’agence de communication des gouvernants. Les médias sont donc clairement les complices de toutes les exactions qu’ils commettent.

    Cependant, vous le savez aussi, il y plusieurs courants chez ceux qui ont le pouvoir et l’argent. Certains sont plutôt partisans d’une sorte d’équilibre dans le monde, plus propice aux affaire selon eux, alors que d’autres vivent des opportunités que provoquent les crises et sont donc pour les déséquilibres permanents et une fuite en avant. Clairement ce sont ceux-là qui sont à la manœuvre actuellement avec le brexit, le virus, la 5G, l’immigration, les incendies et les guerres savamment entretenues.

    Alors quand les politiques « prennent » une décision, essayez de trouver d’où vient l’ordre.

    Michel Costadau

  • Menace

    Menace

    Quand une antilope se fait manger par une panthère, le troupeau ne décide pas d’attaquer toutes les panthères du coin. Quand un ver de terre se fait manger par une taupe, la population des vers de terre ne décrète pas la guerre totale contre les taupes. Et quand une sardine passe dans la bouche d’un marsouin, toutes les sardines n’ordonnent pas la lutte contre les marsouins pour toutes les générations.

    Je ne sais pas quel est l’imbécile qui a inventé la vengeance, mais il a fait un mortel cadeau à l’espèce humaine. La haine, l’envie, la colère sont des sentiments, mais la vengeance est un acte délibéré, un assassinat gratuit. Oui la guerre existe au sens du combat entre espèces ou même à l’intérieur d’une espèce. Mais la vengeance n’existe pas dans la nature. C’est propre à l’homme ou plutôt à certains hommes qui n’ont pas compris la différence entre individu et population.

    Le prélèvement par un carnassier de quelques rongeurs ne remet pas en cause les rongeurs. Bien au contraire puisque c’est en quelque sorte leur garde-manger. C’est comme ça que ça marche avec des équilibres à mouvements lents.

    Et c’est comme ça que ça a marché pour nous pendant des millénaires, et puis il y a eu une déviance. Et cette déviance vient, symboliquement, de la déification de certains hommes, en rupture avec l’appartenance à leur espèce, mortelle comme elles le sont toutes.

    C’est là l’enclenchement de la vengeance. Les tumulus, les pyramides, les mausolées sont là pour nous rappeler le moment ou certains se sont séparés de l’espèce. N’en faisant plus partie ils en sont devenus les ennemis. Et l’homme est devenu un gros perturbateur parce que s’élever au-dessus des hommes, c’est se croire au dessus de la nature.

    Mais c’est la nature qui existe, pas les dieux.

    Que l’homme élève des animaux afin de les manger n’est pas antinaturel en soi. Les fourmis et d’autres surement en font autant. Non là ou l’homme déraille complètement, c’est de chercher à mettre l’individu au-dessus de la population. En fait seulement certains individus puisque la plus grande partie de l’humanité est élevée par d’autres pour les servir, avec la même utilité que les porcs et les poulets.

    Bien sûr, certains peuvent nier que l’espèce humaine existe et dire qu’il n’y a que des individus extrêmement différents les uns des autres et que chaque humain est un trésor génétique unique et irremplaçable.

    Seulement voilà, ce n’est pas vrai.

    Le vivant ne fonctionne que par espèce, pas par individus. Je l’ai déjà dit « un » homme ça n’existe pas, ça n’a ni sens ni valeur. Pas plus qu’un bulot ou qu’un moustique. Par contre « les » hommes, l’espèce humaine, oui ça veut dire quelque chose, ça compte, ça a de la valeur.

    Et aujourd’hui nous faisons les travaux pratiques et ça coince sérieusement. Car ceux qui dirigent le monde, n’ont à la bouche que la protection des individus, le respect de la vie, la mise en œuvre médiatisée de tous les moyens possibles pour sauver une vie.

    Alors que ce sont ceux-là même qui ont détruit des populations par les guerres et qui continuent, qui massacrent la nature, qui développent des armes atomiques, chimiques capables de détruire complètement l’espèce humaine. Oui ce sont eux qui menacent notre espèce et qui emprisonnent les gens pendant des mois dans des carcans de mesures pour un virus qui lui ne représente aucun danger pour l’espèce.

    Michel Costadau

  • Avance

    Avance

    Mon père n’avait jamais vu la mer

    Ma mère n’avait jamais vu mon père

    Et c’est comme ça qu’ils se sont connus

    Au bord de la mer

     

    Dans les charmes agiles de ma mère

    Mon père a perdu ses repères

    Et n’a plus su quoi faire

    Des larmes amères de ma mère

     

    Attention changement de rythme

    Finies les rimes en ère

    Ca allait pour commencer

    Mais maintenant on parle vrai

     

    Je suis tombé je suis debout

    Est-ce l’orage est ce l’ouragan

    Quand même je tiens

    Cette laisse qui n’a pas de bout

     

    Bien forts bien droits ils sont

    Moi qui ne suis que d’herbe

    Que le courant caresse

    Comment me redresser

     

    Cesse de te tourmenter

    Bonimenteur du dimanche

    Tu es en train de naviguer

    Et vois comme tu avances

     

    Comment savoir où aller

    Ca commence à me lasser

    Cette idée d’avancer

    Sans but et sans armure

     

    Rien n’est moins sûr que l’incertain

    Et c’est pourtant ma chimère

    Mon eau-de-vie mon beau quatrain

    Dans lequel je patauge fièrement

     

    Même en montant sur la colline

    Je ne vois pas de piste

    Seulement un halo de lune

    Que fige son sourire d’artiste

     

    Mais d’avancer n’a plus de sens

    Quand il n’y a pas de chemin

    Peut-être fais-je un grand rond

    Sans pour autant voir ma trace

     

    Rien ne m’arrête

    Pourtant rien ne me pousse

    Ce n’est que ma marche

    Qui fait de l’esbroufe

     

    Faut-il crier faut-il pleurer

    Pour attirer sur moi une pensée

    Un regard une accolade

    C’est pourtant ça dont j’ai besoin

     

    Encore une fois cesse de te lamenter

    Marcheur de l’inconnu

    T’as déjà bien de la chance

    De ne pas vivre couché

     

    Promis juré je dis plus rien

    Je continue mon destin

    Qui doit être d’exister

    Sans rien savoir de l’existence

     

    Secoué balloté ébloui

    Je suis en travers du sillon

    Est-ce qu’en inclinant ma trace

    Je comprendrais ce qui se passe

     

    Non, non  surement pas

    A quoi sert d’incliner

    Ce qui est déjà penché

    Bien sur le sens ah oui le sens

     

    Le seul sens que je connaisse

    C’est celui d’avancer

    Car le sens des choses lui m’est caché

    Et je ne vois pas autre chose

     

    De quoi te mêles-tu ignorant

    Ne sais-tu pas qu’ils ont raison

    Ces fabulateurs de la vraie vie

    Qui oublient de te mettre en prison

     

    Mais non ils n’ont pas raison

    Mais moi non plus d’ailleurs

    Sauf qu’eux sont les plus forts

    Et que moi eh bien je n’ai que moi

     

    On finira par le savoir

    Que t’es seul et triste

    Et que t’en as marre

    De pleurer tous les jours

     

    Quel vent quelle ombre ou j’erre

    Tout, tout autour me désespère

    Mais comme un sanglier j’avance

    Dans le hallier de mon insouciance

     

     Michel Costadau