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  • La Paix

    La Paix

    C’est Zabeth à la Fête à Martine qui me dit : est ce que tu aimes Giono ? Réponse : ben oui je suis même en train de le relire en ce moment. Elle me donne alors un petit livret intitulé « Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix» de 1938 que je ne connaissais pas. Elle me demande seulement de lui dire ce que j’en pense, après lecture bien sûr.

    Je suis donc en train de découvrir cette lettre de Giono et ce n’est pas complètement inintéressant pour trois aspects : une ode à la civilisation paysanne en train de disparaître, la prémonition d’un bouleversement du monde et une grande puérilité dans les propos.

    Giono qui est le maître du sentiment intérieur porte aux nues une civilisation paysanne et artisanale, basée sur l’autarcie et la complétude, mais quand même en train de se casser la figure. Pour lui le vrai paysan produit tout ce dont il a besoin, non seulement pour vivre mais aussi pour son habillement et tous les besoins de la ferme. C’est une vision idyllique et décalée car il n’est jamais question de mauvaises années, de maladies ou de mal au dos. Faire paysan n’est pas un métier mais c’est un état qui consiste à tout simplement « être » et à profiter du bonheur des choses. De même l’artisan est un individu totalement libre qui fabrique un produit fini en maitrisant toutes les étapes et compétences nécessaires et non pas en ne faisant qu’une partie de l’objet comme l’ouvrier. On a d’ailleurs le sentiment qu’il n’aime pas trop les ouvriers qui sont pour lui des paysans qui ont craqué.

    En fait ce n’est pas seulement bucolique car c’est de force morale dont il parle mais pour constater que paysans et artisans sont condamnés car incapables de faire face à leurs besoins, le paysan parce que son blé est en stock et ne se vend pas et l’artisan parce qu’il n’arrive pas à livrer les commandes qu’il a acceptées. Et c’est donc la fin de sa civilisation préférée, celle de la terre. Il le voit, il le regrette, il en souffre et il le dit. C’est par moments pathétique.

    Cependant avec les paysans Giono poursuit un but : leur montrer qu’en cas de guerre c’est toujours eux seuls qui sont envoyés à la boucherie car les ouvriers sont occupés à produire dans les usines tout ce qui est nécessaire à la guerre. Il sent que les paysans pourraient avoir une réaction violente face à leur disparition mais il les exhorte plutôt au refus de la guerre avec une méthode inattendue qui consiste à ce que chaque ferme ne produise plus que ce dont elle a besoin pour nourrir sa famille de façon à ce que les militaires  qui, eux, vivent sur les surplus, n’ayant rien à manger soient obligés de proposer la paix. C’est franchement naïf, inoffensif, mais international puisqu’il voit ça aussi bien en Allemagne qu’en France.

    Il bute là sur l’écueil classique de tous ceux qui sont convaincus qu’il faut arrêter les guerres, enlever leur pouvoir aux financiers et rétablir la démocratie : c’est comment y parvenir. La réponse de Giono est franchement candide, mais reste posée.

    Par contre il a une vision très originale de la pauvreté  qu’il appelle la mesure. Pour lui la mesure c’est le juste besoin. La satisfaction du juste besoin étendu à l’ensemble de la société voire du monde, doit permettre de nourrir tout la planète et d’éviter les surplus qui sont la base de l’enrichissement des dominants. Cette notion résonne bien aujourd’hui avec les méfaits du commerce mondial.

    En conclusion, Giono est toujours le champion du bonheur simple et naturel, que chacun peut obtenir en ayant des envies et en les maîtrisant. Mais sous son label de pacifiste je sens surtout l’anarchiste non-violent. Ce qu’il pense de la monnaie, des gouvernants, de ceux qui produisent uniquement pour gagner de l’argent est encore de la plus grand actualité. Hélas.

    Au fait merci Zabeth.

    Michel Costadau

  • La fête à Martine

    La fête à Martine

    J’ai marché toute la journée,

    Pour aller chez Martine,

    J’ai suivi les indications,

    Auto Métro bus,

    Sortir avant, tourner après,

    Rien à faire,

    C’est toujours aussi loin,

    Pourtant tout ça parait facile,

    Martine n’est pas difficile,

    Et retrouver tous les copains,

    Le verre à la main,

    La chanson au coin des lèvres,

    La blague dans les yeux,

    Ca ne peut pas se louper,

    C’est un truc à pas rater.

    Alors j’ai repris le plan,

    Le message et tout ça,

    Fallait amener un gâteau,

    Merde j’ai oublié,

    Je vais pas me paumer pour un gâteau quand même,

    Ca serait trop fort,

    Bon qu’est ce qui yavait marqué,

    Faites le printemps,

    Ca veut rien dire ça

    J’ai dû me tromper de saison,

    Voilà l’histoire,

    Je lui expliquerai,

    Martine n’est pas difficile,

    C’est quand même pas ma faute,

    Mais c’est même pas drôle.

    Pas de panique, on va y arriver,

    Suffit d’un peu se concentrer,

    Retrouver les origines,

    Martine a fait La-ga,

    La-fa-ga, l’Afghanistan,

    Peut-être qu’elle y est restée,

    Pas étonnant que je me sois planté,

    Non, non elle est réapparue, y en a qui l’ont vue,

    Ya pas eu que Laf-ga-truc,

    Mais aussi le Lau-ra-truc,

    C’est juste un peu plus plat,

    Yavait que des gens sympa,

    Martine n’est pas difficile,

    C’est-à-dire que tout le monde était perdu,

    Et je le suis encore plus,

    Et si j’allais tout droit,

    Je finirai bien par la croiser,

    Martine a fait tous les chemins,

    Elle a fait la compta,

    Et aussi la boutique,

    Encore les assoss,

    Très beaucoup les copines

    Et les maris et les enfants,

    Comme ça en passant,

    J’oubliais l’hôpital,

    Pas de bol et beaucoup de chance,

    Se sortir de tout ça,

    Fallait quand même y croire,

    A moi maintenant de faire un effort,

    Mais bon sang où est ce que ça peut être.

    Wouah quand on est perdu qu’est-ce qu’on fait,

    Eh ben on demande son chemin,

    Ok, Ok bonjour madame, eheheh,

    Oh excuse moi, zut c’est un mec,

    Ah voilà, bonjour euh, elle est où Martine,

    Vous pas connaitre, c’est pas grave,

    Non j’ai pas 100 balles,

    Un chèque déjeuner non plus,

    J’ai pas de tune, oui je sais ça fait deux,

    Tchao, tchao ça nous éloigne du truc,

    Allez ça doit pas être loin,

    Je suis peut être passé devant,

    Comme ça par hasard,

    Mais je crois pas au hasard,

    Martine où est-ce que tu crèches.

    Allez on se calme,

    Il faut faire le point,

    Et chercher la station,

    Elle doit bien avoir un nom,

    Qui m’aidera à me repérer,

    Après ce sera plus facile,

    Martine n’est pas difficile,

    Une ou deux stations à pieds c’est rien,

    C’est quand même bizarre qui yait plus personne,

    J’aurai pu suivre quelqu’un,

    Qu’allait bien quelque part,

    Oui mais peut être du mauvais coté,

    Alors je me serais éloigné,

    Le temps passe, je vais louper le truc

    J’aurais dû partir beaucoup, beaucoup plus tôt.

    Bon j’en ai marre je m’assieds,

    Je vais réfléchir,

    Mais cette musique m’empêche de penser,

    Y en a qui se gênent pas,

    Y z on du mettre la stéréo sur le balcon,

    C’est pas croyable le bruit qu’ils font,

    Je sais pas où je suis, et on m’aide pas,

    En plus de la musique, ya des conversations,

    Comme des gens qui s’amusent,

    Zoug mais est-ce que serait pas les copains,

    Si ça se trouve c’est là qu’elle habite,

    Bingo c’est eux,

    Ca y est j’ai, j’ai j’ai trouvé,

    Martine n’est pas difficile,

    Mais pour aller chez elle c’est pas facile.

  • Assass

    Assass

    J’ose pas parler de Gaza, ni des US, j’ose pas parler de NNDL, ni de la SNCF, ni d’Air France, j’ose pas parler de l’Iran, ni de la Corée, j’ose pas parler de la Syrie, ni de la Turquie, ni du Yémen, j’ose pas parler de l’Afghanistan, ni de la Birmanie, ni du Mali, ni de l’Indonésie, ni du Guatemala. J’ose pas.

    J’ose pas parler parce que j’ai honte, j’ai honte et je suis effaré, j’ai honte et je suis impuissant. J’ai honte et j’ai mal, oh pas physiquement, mais pour tous ces assassinats à ciel ouvert, toutes ces tueries.

    J’ai mal pour tous ces mensonges répétés à longueur d’images, de radios et de journaux. J’ai mal de l’avarice et de l’hypocrisie des nantis sur leurs avantages, leur pré-carré, leurs distractions, leurs possessions et leurs privilèges. J’ai mal du cynisme hallucinant et de la perversité de nos élus, élus soi-disant démocratiquement, en France, aux US, en Israël et ailleurs. Nos élus il y a là un possessif qui coince. Ils ne sont pas à nous, ça c’est sûr.

    Qui peut encore croire que ces élus défendent la population. Personne, personne sauf ceux à qui ça profite, sauf ceux qui sont du bon coté de la hache quand elle tombe sur les têtes des jeunes, des femmes, des enfants et des vieux aussi c’est vrai. Non le monde n’est pas partageur, n’est pas secourable, n’est pas humain.

    Notre monde, là aussi le possessif est de trop, ce n’est pas notre monde c’est leur monde. Leur monde à ces ignobles rapaces, profiteurs, actionnaires qui riment avec tortionnaires. Oui ça rime et ça va mal.

    Aujourd’hui il y a comme une exacerbation des conflits, une montée des pressions. La dinguerie -tm- du monde s’accélère et ça devient inquiétant. Pas besoin d’avoir été à l’école pour voir que le conflit syrien est au centre d’une lutte Est-Ouest. US contre Russie. Monde contre monde.

    Au centre c’est Israël contre Iran, avec entre les deux Syrie et Irak. Irak les US y sont déjà, Syrie encore à l’abri de la Russie, mais où US et Europe frappent tranquillement. Y a pas que ça : Turquie du coté Iran, Egypte du coté Israël,  Lybie déjà détruite, Tunisie, Algérie sous contrôle français, le reste ne compte pas. Inde plutôt US, Moyen-Orient plutôt Russie. La Syrie est donc seulement un champ de bataille. Les cartes sont battues et les assassins sont en place.

    Alors ça pourrait bien dégénérer. Parce que c’est exactement les uns contre les autres. Et c’est le fonctionnement des dominants. Leur fonctionnement c’est la guerre, pas entre eux, entre nous.

    Alors on pourrait parler d’autres choses, je rigole, ah oui des mariages enrubannés, du festival des canettes, de la trois milliardième réformette de l’apprentissage des languettes.

    Oui et d’ailleurs c’est de ça dont ils parlent dans leur monde à eux, celui où il est possible de tuer sans être puni, celui où l’argent peut tout, c’est-à-dire assassiner, encore assassiner pour dire : voyez j’ai raison.

    Michel Costadau

  • Maillon

    Maillon

    C’est sûr que l’atmosphère politique a bien changé depuis un an. Elle s’est même copieusement obscurcie puisque la nouvelle posture du pouvoir c’est de ne pas faire de politique et de dire que la politique c’est dépassé. Des élus qui ne font pas de politique on aura tout vu, c’est comme des banquiers qui ne font pas d’argent. Comme s’il pouvait y avoir une vision plus moderne des choses. Mais, non, il n’y a pas de vision moderne ni postmoderne des choses, il y a les choses c’est-à-dire la réalité et c’est tout.

    Depuis un an il n’y a donc plus d’opinions, de choix de société, de priorités, ni de bien public, il y a seulement une liste de choses à faire. Comme une liste de courses et c’est en parcourant les rayons du super que représente pour eux notre société, que nos gouvernants découvrent de temps en temps que ce qui est dans les gondoles est aussi sur leur liste. Bingo.

    Vous allez me dire mais c’est pas nouveau ça, c’est la technocratie. Eh non c’est pas nouveau, c’est juste un peu plus chaque fois. Et cette fois le saut  a été conséquent. Mais ça veut surtout dire que, définitivement, nous ne sommes plus gouverné par Paris mais par Bruxelles et Francfort. C’est-à-dire par des gens au seul contact du business et de la finance. Et comme vous le savez Bruxelles est vraiment un modèle dans le genre business first.

    On peut dire qu’avant, c’est-à-dire il y a longtemps les partis politiques, c’est-à-dire Paris, avaient des programmes, des valeurs, en liaison avec une vision de la société, ses défauts, ses inégalités et aussi ses demandes et ses besoins. Maintenant Bruxelles a une seule feuille de route : l’économie. Et le programme consiste en trois lettres : PIB. Je vous ai déjà parlé de cette religion et il ne faut pas cesser d’en parler, car c’est vraiment le mal du siècle.

    Ce que je veux dire c’est que tout cela ne change pas la réalité. Et je pense qu’une posture de négation de la réalité n’est pas tenable et qu’il faut une soupape ou un maillon faible comme vous préférez. Et donc je ne sais pas si c’est un scoop, un pronostic, une vision  ou un vœu mais je ressens clairement que Macron ne finira pas son mandat. Voilà c’est tout, bises et bonne soirée A+

    Ah oui, vous voulez les arguments, la preuve, la démonstration.

    Mais, vous savez, tout cela est assez ténu et on marche un peu à l’intuition dans ce domaine.

    Néanmoins en fait c’est simple, parce qu’en voulant être le seul à avoir raison il est en train de se mettre tout le monde à dos. Pour le moment, ses amis le soutiennent encore parce qu’ils tirent profit de la financiarisation de la société, mais comme tous les électrons libres, on finit par les éliminer. Et il ne peut pas faire autrement que d’assumer, c’est la stratégie classique de la fuite en avant. Commencer à réfléchir ou se remettre en cause, c’est la preuve qu’on a des doutes et c’est dans ces doutes que les opposants s’engouffrent. Alors aucun doute, droit dans ses bottes, comme Jupé en 14 dont il a pris allègrement la place, il avance en niant la réalité. Et quand la religion du PIB rencontre le mur de la réalité ça coince. Notre société est bloquée et il va falloir qu’un maillon saute.

    Michel Costadau

  • Gaz

    Gaz

    D’habitude c’est moi qui vous explique les trucs, mais là je vous demande votre avis : en quoi est-il mieux de larguer, sur des populations, des bombes ou des gaz ? Excusez-moi, je ne vois pas bien clair sur ce sujet. Les deux ont pour objet de tuer et de détruire. Vous allez me dire que les gaz ça ne tue que des gens alors que les bombes ça détruit aussi des bâtiments et ça fait des réfugiés. Bon et alors, c’est ça votre réponse ? Je ne vois pas ce que ça change. Une bombe est une bombe, une cible est une cible, une victime est une victime, je n’arrive pas à sortir de là. C’est vrai que le gaz c’est pas très propre, mais les bombes c’est pas vert non plus.

    En plus, larguer de bombes ou des missiles pour punir ceux qui ont lancé des gaz, ça vous fait pas un peu drôle ? Ca fait truand marseillais en plein règlement de comptes, non ? A quoi ça rime de punir quand la sanction est plus dommageable que la faute. Et puis qui décide ce qui est une faute ? Un tribunal, une instance internationale, un aréopage de sages âgés ? Les médias ? Personne ?

    En plus je me demande si dévaster sans rien défendre, gagner ni conquérir, à quoi ça rime. A montrer ses muscles comme à la foire. A bruler des munitions pour satisfaire le PIB. Ou bien à entrainer la soldatesque mais dans quel but ? Serait-ce nous qui sommes visés ?

    Ca fait beaucoup de questions mais, par contre, ce que je comprend bien c’est que nous faisons la guerre par procuration. Il est complètement faux de dire que les Français se battent ici ou là. Aucun Français ne se bat, car honnêtement les Français ne sont plus concernés que par des sondages et il n’y a aucune mobilisation de la population, je ne dis même pas les armes à la main, mais au moins dans des comportements de participation.

    Clairement, nos combattants sont seulement des gens payés pour ça, comme les mercenaires de la Renaissance. Et aux ordres de qui sont-ils ces vaillants guerriers ? Certainement pas à nos ordres, même pas à celui de notre représentation ex-démocratique alors ….. ben oui ils sont aux ordres de la finance qui nous gouverne. Là ça me fait vraiment mal que la finance joue au train électrique sur notre pauvre planète. Bien sûr nous n’avons aucun moyen de les en empêcher mais je crois que ça on pourrait, on devrait le changer. Comment ? Encore une question.

    Ce qui me gêne aussi c’est que, ailleurs, c’est vrai qu’il y a des gens qui se battent pour eux, il y a des populations mobilisées, il y a des guerres de libération, d’indépendance. Mais tout est recouvert par la finance du manteau du terrorisme. Tous ceux qui luttent contre la finance sont traités comme des terroristes. Les grévistes sont qualifiés de saboteurs, les zadistes de rebelles, les manifestants de casseurs, les opposants de traîtres et les pauvres de repris de justice. C’est à se taper la tête contre les murs, et le mur de la finance est dur alors on se fait mal.

    Nous sommes en pleine guerre et personne ne sait comment l’arrêter. Moi j’ai une petite idée, vous la connaissez, mais elle est encore peu partagée.

    Michel Costadau

  • Raciste1

    Raciste1

    -Attends là qu’est-ce que tu viens de dire ?
    -Je viens de dire que tous les hommes sont frères,
    -Gloups, je croyais avoir mal entendu,
    -Oui tous les hommes sont frères,
    -Euh tu blagues hein, même les Arabes ?
    -Oui les Arabes sont nos frères,
    -J’y crois pas, même les Chinois, ça c‘est pas possible,
    -Si, les Chinois sont nos frères,
    -Oh putaing, pas les noirs quand même, n’importe quoi ?
    -Si, les noirs sont nos frères et même, pas de bol pour toi, nous descendons tous des noirs,
    -Là tu me fais marcher, nous tu veux dire, on a des ancêtres noirs,
    -Oui, c’est la migration des hommes vers le nord et un peu de génétique qui leur a donné la peau blanche,
    -Ah mais alors les Tartares c’est pas nos frères quand même ?
    -Bien sûr que si les Tartares sont nos frères, là c’est plutôt la migration vers l’est et un peu de génétique qui a fait la différence,
    -Alors, comme ça, on est tous frères,
    -Cousins si tu préfères,
    -Oui c’est mieux, mais à quoi ça sert qu’on soit tous frères,
    -C’est pour dire qu’il n’y a pas plusieurs races, il n’y en a qu’une, c’est la race humaine : homo sapiens sapiens,
    -Mais pourtant il y a bien du racisme quand même,
    -Ah ça oui, le racisme c’est toutes les dérives pour permettre que certains se croient supérieurs aux autres, les ethnies, les peuples, les tribus et même le sang,
    -Ah mais on n’est pas tous égaux quand même, y en a des plus rapides et des plus intelligents, non ?
    -Oui bien sûr, mais le racisme c’est quand certains basent leur supériorité sur une particularité physique, mentale ou génétique, par exemple être blanc ou peul,
    -Etre blanc c’est pas un défaut quand même,
    -Non, c’est un profil génétique et il y a beaucoup de profils génétiques dans l’espèce humaine et donc beaucoup de différences,
    -Tu veux dire que la différence est source de racisme,
    -Oui parce qu’on parle de race de chevaux, de chiens ou de blé obtenus par croisement et sélection, alors certains ont voulu voir des races chez les hommes, par exemple avec la noblesse ou le droit du sang,
    -Alors il n’y a pas plusieurs races d’hommes,
    -Non il y a une seule race d’homme mais les blancs sont racistes, entre autres parce que pendant longtemps ils ont entretenu l’idée qu’ils étaient les plus civilisés sur terre. Remarque que les Aborigènes faisaient exactement pareil,
    -Les quoi ?
    -Laisse tomber,
    -Tu veux dire que le racisme c’est moderne ?
    -Non, peut-être pas, mais le racisme actuel est surtout lié aux à la prise de pouvoir des religions,
    -Alors là je t’arrête, parce que être tous frères c’est pas un peu catho ça ?
    -Oui c’est le discours des cathos, mais en vrai les religions soutiennent qu’il n’y a qu’une seule vraie religion, la leur. C’est le moteur du racisme,
    -Tu veux dire que les guerres de religion c’est du racisme,
    -Exactement, car quand on veut justifier une guerre ou une colonisation, il faut trouver un mobile, par exemple les convertir à la vraie religion,
    -Mais il n’y a pas de religion supérieure aux autres,
    -Bien sûr que non et il n’y a pas d’hommes supérieurs aux autres mais le principe  de supériorité a pour objectif la domination. Et c’est aussi le remède suprême à la médiocrité,
    -Alors, si j’ai bien compris, les racistes sont des minables, mais c’est quand même nos frères ?
    -Ben oui.

    Michel Costadau

  • Modèle

    Modèle

    Ce coup-là Hulot tu dis vraiment n’importe quoi. Eh oui, « on a sauvé la zone humide et il faut savoir arrêter des combats qui n’apportent rien de plus » . C’est dramatique comme position, car toi je ne sais pas trop ce que tu as gagné, à part ton maintien au gouvernement, mais nous, nous n’avons rien gagné, rien. En fait de combat ça ne fait que commencer. Parce que le fait que l’Etat reconnaisse enfin la nocivité d’un projet, n’est vraiment qu’un début pour la récupération de terres et de zones humides afin de les distraire d’une agriculture destructrice. Parce que je ne sais pas si tu as remarqué, mais les insectes, les oiseaux, les abeilles ça fait partie de la nature et c’est l’agriculture qui les supprime par l’utilisation de produits, connus pour être dangereux, mais que toi tu es loin d’avoir interdits ou même règlementés. Pour que ce soit clair, je sais que tu t’en doutes, mais je préfère le préciser : tu es nuisible, comme les autres et nous ne t’accordons aucune confiance. Et même, tu vois, on est plutôt inquiets sur un truc : c’est cette histoire que l’agriculture doit nourrir la planète et que la seule capable de le faire c’est l’agriculture productiviste. Je ne sais pas d’où sort cette faribole mais elle est complètement fausse et dangereuse pour deux raisons.
    D’une part personne n’a jamais demandé aux agriculteurs de quelque pays que ce soit de nourrir la planète, jamais. Que les agriculteurs de chaque pays arrivent à nourrir leurs familles et leur pays, oui ça ça peut se comprendre et c’est une bonne chose. Mais hélas, tu le sais très bien, ce n’est même pas le cas. Et d’un.
    D’autre part le modèle agricole dominant fait plus de dégâts que de bienfaits et s’est mis sur voie de garage. Non seulement il détruit le sol, mais il détruit aussi l’eau, les arbres et tout ce qui vit dans la végétation. Et de deux.
    Eh oui, il ne faut que 80 ans de culture industrielle pour détruire la vie de la terre et devenir du coup entièrement dépendant de l’industrie chimique. Et c’est le cas chez nous. Car si un agriculteur est dangereux c’est parce qu’il est complètement aux mains des industriels qui, eux, sont au service de la finance. Les industriels ont réduit le métier d’agriculteur à savoir uniquement quand et comment appliquer tel produit, que ce soit pour les cultures comme pour l’élevage.
    A tel point que maintenant il faut se protéger des agriculteurs en leur interdisant certains produits, certaines pratiques, certaines semences, car ils en sont incapables par eux-mêmes étant comme on l’a dit aux mains de l’industrie.
    Alors tu vois le modèle productiviste, ton modèle, est, non seulement incapable de faire que chaque pays puisse se nourrir lui-même mais en plus détruit ce qui fait que l’on peut vivre de la terre sur terre : la végétation, l’air, le sol et la faune utile aux plantes. La limite est dépassée et il est plus que temps de mettre en œuvre de nouveaux modèles respectueux des équilibres naturels. Et justement à NDDL c’est ce genre de question qu’ils se posent. Et là Hulot on ne t’entend pas beaucoup les soutenir. Alors à mon avis Hulot tu devrais prendre des vacances pour y voir un peu plus clair.
    Michel Costadau
  • Diversité

    Diversité

    Est-ce qu’on peut dire qu’il y a, au moins, un signe qui marque l’évolution du monde dans lequel nous vivons. Quelque chose qui se produit dans toutes les sociétés humaines qui peuplent la planète. Une tendance de fond caractéristique qui marquerait notre époque et nos pays. Eh bien oui il y a une ligne conductrice, elle n’est pas évidente, pourtant elle représente bel et bien une continuité. Et c’est celle de la disparition de l’individu en tant qu’acteur social et économique. Attention ce n’est pas la disparition de l’individu dont je parle, au contraire, c’est la modification de son rôle dans la société. Pour parler clair c’est même la disparition de la notion de rôle moteur de l’individu qui est en train de se produire. Cette tendance lourde n’est pas très ancienne, elle n’a que quelques centaines d’années.
    On explique.
    C’est cette affaire de tomates qui m’a mis sur la voie. Vous savez ces tomates hydroponiques qui fournissent une grande partie du marché. Sur un exemple local, à Bessières, nous avons d’un côté une centaine de maraîchers et de l’autre une entreprise industrielle qui emploie une trentaine de personnes. Les deux ont des capacités de production équivalentes, mais il n’y a de la place que pour l’un des deux, c’est-à-dire que c’était l’entreprise ou les maraîchers. Et comme l’indique la tendance, avant c’était les maraîchers, aujourd’hui c’est l’entreprise. Et il y a des conséquences.
    En fait ce n’est pas la diminution du nombre d’emplois qui pose problème, c’est la diversité humaine que représente une centaine de  maraîchers par rapport à une entreprise, qui est la question. Diversité, voilà le mot.
    Je n’invente rien en disant que la biodiversité est d’actualité mais s’adresse exclusivement à la nature. Pour ce qui concerne l’homme, personne ne se pose la question et pourtant il y a matière. Clairement, les salariés offrent une richesse comportementale bien faible par rapport à des individus indépendants. En effet, les salariés sont dans une seule logique, celle de l’entreprise, alors que les individus indépendants représentent autant de logiques que d’individus.
    C’est l’émergence et la multiplication des entreprises qui est en cause. Plus précisément ce n’est pas qu’il y ait de plus en plus d’entreprises qui pose problème, c’est le fait qu’elles occupent une part toujours croissante de la population. C’est mondial et ce n’est pas fini.
    Dans un fonctionnement individuel, chaque personne est le nœud d’un réseau relationnel très dense. Par exemple, le paysan, l’artisan, le commerçant ou le petit fabricant ont des relations avec des clients, des fournisseurs, des administrations, mais aussi avec des experts et encore avec d’autres personnes de la même profession. Et ils résolvent les problèmes qu’ils rencontrent, chacun à leur manière. Et ils ont une grande créativité de projets. C’est ça la diversité.
    Ce qui n’est en aucune manière le cas du salarié, qui, même s’il  n’est pas mono-tâche, ce qui est catastrophique, connaît en tout et pout tout le petit bout de travail qui lui est affecté, et ses problèmes sont généralement résolus par d’autres. Par principe, son réseau est très limité et en général strictement lié à la même entreprise. C’est pour ça que je parle de réduction de diversité.
    Dit technocratiquement, ça donne : la perte de diversité socio-économique c’est le remplacement d’individus fonctionnant comme centres de décision dans un large maillage avec d’autres personnes, par des individus soumis à une structure économique qui agit comme seul centre de décision.
    Alors est-ce que cela va continuer. Ben c’est probable, parce qu’il semble que le salariat soit, quand même encore, la source de l’enrichissement des actionnaires et des financiers.
    Michel Costadau
  • Secteur

    Secteur

    Est-ce qu’un vote doit toujours concerner tous les électeurs ? Disons, plus précisément, est-ce que tout ceux qui ont le droit de vote peuvent voter tout ? Spontanément vous allez me répondre ben oui, quand t’es inscrit t’as le droit de voter. Mais on est ici pour réfléchir alors réfléchissons. Attention je ne parle pas du refus de vote, je parle du contraire de l’interdiction de vote, c’est-à-dire de la pertinence du vote pour certains électeurs. Par exemple, quelle est la place des hommes dans un vote sur le droit à l’avortement. Hein ? Eh oui, il est clair qu’ils ne sont pas concernés. Je veux dire : quels droits peuvent ils acquérir ou refuser avec ce vote. Strictement aucun ou alors celui de décider à la place des femmes ce qui est bon ou pas pour elles. C’est d’ailleurs une attitude assez générale qu’ont les hommes de répondre à la place des femmes et je me demande s’il ne faudrait pas changer un peu ces mauvaises habitudes patriarcales, entérinées par la loi en plus. Ouille ! Pour la suite on va dire qu’un vote où certains électeurs n’ont pas le droit de voter, par exemple quand seules les femmes votent, s’appelle un vote sectorisé.
    Et très actuellement, outre l’Irlande, il me semble que ce type de vote pourrait concerner aussi la Hongrie, la Pologne et quelques autres. Et je ne parle pas de la purification ethnique dans les Balkans.
    En fait il y a déjà eu des cas récent de vote sectorisé, c’est-à-dire où le vote n’a pas concerné tout le monde. Par exemple le « référendum » sur NDDL où seule la Loire Atlantique a voté, alors que le projet est national. C’est clairement un vote sectorisé ? En effet pourquoi la Loire Atlantique et pas la France entière ou la région Pays-de-Loire, ou même la seule ville de Nantes qui est la plus concernée par les avions. Pourquoi ? Eh bien ça s’appelle un choix politique. En l’occurrence c’était vraiment un mauvais choix.
    Revenons au vote sectorisé pour voir comment on pourrait l’utiliser…s’il existait. Vous le savez, le monde actuel est aux mains de la finance et les riches font ce qu’ils veulent sans tenir compte le moins du monde ni des lois ni des pauvres. Et donc on pourrait imaginer que les riches n’aient plus le droit de voter puisque déjà riches. Alors seuls les pauvres voteraient et, toujours en imagination, on pourrait penser qu’ils votent pour ceux qui les sortiraient de la misère. Ce qui fait qu’à la fin plus personne ne voterait, mais ce serait une bonne fin parce que tout le monde serait riche.
    Bof à vrai dire je ne sais pas si c’est une bonne chose que tout le monde soit riche. Et en fait ça n’a aucune chance d’arriver. Pourquoi ? Eh bien parce que les riches ont envie de rester riches et ils savent très bien qu’ils ne sont riches que parce qu’il y a des pauvres. On peut dire que les riches entretiennent les pauvres, comme les fourmis entretiennent des pucerons, parce qu’ils en ont besoin.  Par contre, l’idée n’est quand même pas si farfelue, parce que je ne pense pas que les riches tiennent plus que ça au droit de vote. Ils ont déjà les médias, les candidats, l’argent et prônent cette notion catastrophique que voter c’est donner son avis. Ca fait longtemps que les élections sont pour eux un problème résolu et sous contrôle.
    Michel Costadau
  • La République et la Couronne

    La République et la Couronne

    Quand je lis dans les romans policiers anglais que les constables sont au service de la Couronne, ça me hérisse au plus haut point car il n’y a aucun honneur à servir les têtes couronnées tout au contraire. Mais en y réfléchissant je me suis rendu compte que, chez nous, nous avions remplacé la Couronne par la République. Aïe. Et ça m’a fait tilt. Est-ce que c’est mieux ? En plus notre République est représentée par une blonde avec un bonnet phrygien ou une matrone au sein nu ou un profil grec, enfin quelque chose qui ne s’appuie pas sur le meilleur du féminin.
    Bon la Couronne. Mettre ses qualités, son énergie et ses revenus au service de cette bande de profiteurs et d’écorcheurs du peuple que sont les rois, les reines et leurs semblables c’est indéfendable. Car sous la couronne il y a directement des personnes physiques, de vrais parasites autoproclamés. On peut faire ce que l’on veut dans la vie, mais perdre toute respectabilité en s’inclinant obséquieusement devant des puissants inutiles et méprisants c’est trop, beaucoup trop. Même petit, même faible on peut, on doit avoir sa dignité et le minimum de quant à soi qui permet de prétendre au titre de personne humaine et non de caniche.
    Alors la République. Bien sûr l’avantage de la République c’est que c’est un symbole et donc être à son service c’est servir des idées, des valeurs, c’est servir le bien public. Celà en théorie ou dans le passé, parce que pratiquement la République on ne sait quand même plus très bien ce que c’est ni qui c’est. C’est un peu le revers de la médaille. Hélas pour le QUI, on a une petite idée. Eh oui les ors de la République résidences, véhicules, avions, châteaux, tapis rouges et domestiques ne sont pas à la disposition de la population mais seulement …. des politiques.  Et ceux-là sont ils des travailleurs, des gens simples et de bon contact, élevant une famille dans les valeurs de la droiture, de la probité et du sens des autres ? Non, vous le savez bien, ce serait plutôt le contraire et alors c’est sûr qu’il y a un problème. Parce que du coup cette idée du bien commun, du bien pour tous n’a plus de sens. Puisque ce serait plutôt le bien pour soi.
    Alors, alors, alors comme toujours la réalité ne peut être évitée et il faut se rendre à l’évidence, la Couronne a son public. Elle distrait, elle fait rire ou pleurer une partie de la population. Mais aussi elle fait rêver. C’est là le secret, elle représente une compensation aux misères de la vie pour des gens eux-même malmenés. Bien sûr c’est ridicule et complètement négatif, c’est ringard mais c’est comme ça.
    Et donc, maintenant est ce que la République fait rêver ? Gloups. La République ne fait pas du tout rêver, elle a plutôt une image de guerre, de pauvreté, de naïveté échevelée et même d’injustice, car la balance qu’elle tient souvent à la main est lourdement plombée.
    Autant la Couronne est un modèle qui pourrait faire envie, autant la République est une chimère à laquelle personne ne souhaite ressembler. Elle ne sert qu’aux discours et encore de moins en moins.
    Que peut on conclure ? Bien sûr pas question de revenir à la Couronne, on a déjà donné. Maintenant comment rétablir ce souci du bien public dans notre caste d’égoïstes ? Comment redonner du sens au bien commun, au bien pour tous ? Comment, certainement pas en votant pour eux en tous cas.
    Michel Costadau