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  • D’où vient l’argent-1

    D’où vient l’argent-1

    Après avoir vu que « Gagner sa vie » consiste à gagner de l’argent, une question se pose : mais au fait d’où vient l’argent ? Le sujet étant assez large, plusieurs billets seront nécessaires.
    On commence.
    Depuis une centaine d’années la méthode de création de l’argent est, presque exclusivement, le crédit. Comment ? Et bien chaque fois qu’une banque, car elles seules ont ce droit, prête trois sous, elle ne sort pas d’argent de son portefeuille ni de celui de ses clients, elle ne fait que créer une ligne sur un écran ; et quand l’emprunteur prend l’argent sur son compte, c’est à ce moment-là que l’argent est créé. Et cet argent se met à circuler, passe de comptes en banque en comptes en banque et finit par retourner à la banque prêteuse pour rembourser le prêt.
    Trois choses à retenir :
    – ce sont les banques qui créent l’argent,
    – les banques ne créent pas l’argent pour elles mais pour l’emprunteur,
    – la circulation a autant d’importance que la création.
    En effet, l’argent en circulant de banque en banque leur permet d’en créer encore plus. Comment ? Ouap, ce sera pour un prochain billet.
    Vous allez me dire qu’à force de créer de l’argent il va y en avoir trop. Non en fait, sauf quelques crises, ça ne se passe pas comme ça parce que de l’argent il s’en détruit aussi, presque autant qu’il s’en crée.
    Comment se détruit l’argent : tout simplement par la consommation. En effet, l’argent créé par la banque pour votre crédit vous sert à payer des fournisseurs ou acheter des produits, et aussi à vivre et même à voyager. Chaque fois que vous dépensez de l’argent, vous aidez quelqu’un à rembourser ses dettes. Et donc quand vous mangez, quand vous roulez, quand vous prenez l’avion ou quand vous construisez une maison, vous détruisez de l’argent. C’est par la consommation qu’entreprises, particuliers, administrations ou collectivités peuvent rembourser leurs emprunts. Et rembourser consiste à annuler le crédit qui a été créé. Notre système économique fonctionne comme ça par création et destruction d’argent.
    Trois nouvelles choses à retenir :
    – pratiquement tout l’argent en circulation n’est finalement que le montant des crédits qui n’ont pas encore été totalement remboursés,
    – les entreprises sont toutes endettées et seule la consommation de leurs produits leurs permet de rembourser leurs prêts,
    – l’équilibre entre création et destruction est très instable.
    Pourquoi cet équilibre est-il instable ? Ouap ce sera pour un prochain billet.
    Bien sûr, pour prix de ses services la banque prêteuse prélève au passage des intérêts. Clairement elle prend des frais sur de l’argent qu’elle a inventé et qui ne lui a rien coûté. Mais c’est comme ça qu’elle gagne sa vie. Il y a aussi d’autre moyens pour les banques de gagner de l’argent. Comment ? Ouap ce sera pour un prochain billet.
    Mais au fait, pourquoi continuer à créer de l’argent, n’y en a-t-il pas déjà assez ? Non, car il faut comprendre que, pour gagner de l’argent, les banques ont besoin de prélever des intérêts et donc de faire des prêts et donc de créer de l’argent. La création d’argent est, donc, la cause et non pas la conséquence de ce qu’on appelle la croissance. Il y a là un cercle vicieux simplissime. Pour faire de nouveaux prêts il faut que les échanges commerciaux se développent et qu’entreprises, particuliers et administrations s’endettent. Et le développement de ces échanges s’appelle la croissance qui n’est, hélas, que la croissance du PIB. L’absence de croissance s’appelle la stagnation et appauvrit les banques. Nous avons alors trois nouvelles choses à retenir :
    – les banques vivent des intérêts sur les crédits qu’elles accordent,
    – pour pouvoir créer de nouveaux crédits, les banques ont besoin de la croissance du PIB,
    – l’équilibre entre croissance et stagnation est très fragile.
    Pourquoi cet équilibre entre croissance et stagnation est-il fragile ? Ouap ce sera pour un prochain billet. Joyeux Noël.
    A suivre.

    Michel Costadau

  • Complot

    Complot

    Quand j’entends Rajoy parler des Catalans, Trump des Mexicains, Merkel des immigrés,  Macron des Palestiniens, et le Vatican des Syriens, j’aimerais, oui, j’aimerais beaucoup que ce soit parce qu’ils ont reçu des ordres, parce qu’ils obéissent, et que ce soit pour ça qu’ils tiennent de tels discours. C’est tellement insupportable ce mépris des politiques pour la population, qu’on préfèrerait que ce soit le complot d’un petit groupe tirant les ficelles du monde entier. D’une certaine manière, ça nous rassurerait de savoir qu’il y a quelque part un acteur puissant caché et que nos élus ne sont en fait que des exécutants.
    Oui vous savez, une entité occulte avec des codes et des symboles, qui donnerait des ordres à tous les hommes et maintiendrait le désordre mondial à partir d’une petite sphère, voire  d’une seule personne. Cette idée n’est pas jeune, elle a déjà eu de nombreux adeptes. Elle est même ancrée dans nos croyances, et il faut dire que l’histoire donne de nombreuses prises à cette théorie du complot. Cette théorie se décline, en fait, de beaucoup de manières : de la domination directe à la reconstruction du passé, en passant par toutes les étapes de la remise en cause de la réalité par les moyens les plus divers. Elle est même utilisée par de petits bandits pour se disculper et faire croire qu’il ne s’agit que d’une cabale à leur égard. Il faut dire que la réalité n’est elle-même pas si facile que ça à saisir, parce qu’un même évènement auquel assistent des milliers de personnes, donne immédiatement lieu à des dizaines d’interprétations. Comme si la population  n’avait pas tellement envie de voir une et une seule réalité. D’où le succès des faussaires laissant entrevoir la présence  de forces inconnues qui agissent cachées mais ont des influences partout.
    Seulement hélas, trois fois hélas, cette théorie n’existe pas. Il n’y a pas, sur terre, le petit groupe des initiés qui tire toutes les ficelles. Il n’y a pas la puissance invisible qui donne les ordres et châtie les réfractaires. Il n’y a pas le big brother qui vous espionne nuit et jour. Non il n’y a pas de photographies des fastes de Versailles ou des guerres napoléoniennes. La photo n’existait pas. Non il n’y a pas de troisième œil. Non il n’y a pas d’humain programmé pour régner, que ce soit dans sa famille, dans son pays, sur la Terre ou dans l’univers. Non, non et non, le complotisme n’existe pas.
    Ce qui est vrai, par contre, c’est qu’il y a beaucoup de sociétés plus ou moins secrètes, de mafias, de groupes de pression et de manipulation des gens et des idées. Oui il y en beaucoup, beaucoup trop. Oui mais beaucoup ça ne fait pas un.
    Cependant, aujourd’hui, et c’est là que je voulais en venir, un grand nombre de personnes ont le sentiment de n’être pas victimes de ces théories du complot, de s’être débarrassés de cette notion. Presque tout le monde pense avoir dépassé ces recours aux forces cachées et a la conviction de connaître le monde tel qu’il est.
    Hélas, encore hélas, on va voir que ce n’est pas le cas.
    Car il y a une théorie du complot qui a encore beaucoup d’adeptes : c’est la religion.
    Eh oui, une force immanente, omniprésente, qui a ses ministres, ses interprètes, ses initiés, sur terre, chargés de véhiculer sa parole, de faire régner sa morale, de juger du bien et du mal. Une entité, immatérielle, éternelle mais invisible, qui donne l’origine et la fin, qui donne le sens, c’est exactement la croyance que demandent les religions. Que ces croyances soient religieuses, philosophiques, anthroposophiques ou astrologique, que ce soient des sectes, des églises, des écoles, des temples, des autels ou des confréries, elles ressortent toutes exactement de la théorie du complot.
    Et c’est pas drôle.

    Michel Costadau

  • Peinture

    Peinture

    On va pas terminer l’année sans faire un petit retour sur le coup de peinture du paysage politique français de cet été. En plus, comme vous, je suis souvent consterné par la pauvreté des analyses politiques. Alors on va remédier à cela en faisant le boulot des commentateurs.
    Et donc, pour commencer, quelle est, actuellement, la tendance qui a pris le pouvoir politique chez nous aux dernières élections. A question simple, réponse simple : les socialistes.
    Oui nous avons un gouvernement socialiste, comme avant. Explication en trois points.
    Un : le président a fait partie d’un gouvernement socialiste et a même été ministre. Je ne sache pas qu’il ait jamais été copain de Sarkozy.
    Deux : l’assemblée est composée majoritairement de socialistes. En effet, la plupart des députés dits LRM sont en fait d’anciens socialistes qui ont juste changé d’étiquette, car ces gens-là n’ont aucune morale. Attention, l’arrivée de quelques ministres LR et le changement de pantalon de certains députés de droite, repeints eux aussi en LRM, ne doivent pas nous troubler, ce sont seulement de fausses pistes destinées à faire croire qu’il y aurait du nouveau. Ils ont toujours fait ça.
    Trois : Il est facile de voir que nous sommes dans la pure continuité du gouvernement précédent. Loi travail, Europe, CETA, augmentation des impôts, dégradation des services publics, frilosité sur le nucléaire. Kif Kif pareil.
    Clairement, ce ripolinage de l’assemblée avec, comme d’habitude, un léger glissement des nouveaux socialistes vers la droite a fait d’énormes dégâts chez LR et a pulvérisé le PS, ça c’est sûr. En fait, les élections de 2017 étaient imperdables pour la droite, mais quand on a la droite la plus bête du monde, rien n’est impossible. A preuve.
    Bien, bien, bien,  maintenant une fois établi que nous avons un gouvernement socialiste, que la droite s’est fait avoir et que l’ancien PS est ratatiné, quelle est la suite de l’analyse ?
    Première suite : dans le classico droite-gauche, l’opposition  doit être portée par LR. C’est vrai que pour le moment LR se cherche, c’est le moins qu’on puisse dire, occupés à se remettre du récent désastre et à récupérer un max de FN et de conservateurs. Mais ça va venir.
    Deuxième suite : Il n’y a plus personne à gauche, sauf LFI qui a du coup un espace politique gigantesque depuis le centre droit jusqu’à l’extrême-gauche. Mais que peut-il bien en faire ?
    Troisième suite : la partie est terminée pour le FN qui a loupé le coche cette année, et lui et ses déclinaisons vont rester pendant quelques temps sur des strapontins sans pouvoir, parce que leurs électeurs vont aller un peu à LR et un peu à LFI.
    On se résume : les nouveaux socialistes sont au pouvoir, la droite s’est fait avoir, le PS a disparu, LR, quoique encore un peu ko est l’opposition, le FN n’est plus qu’une ombre et LFI a tout l’espace de la gauche pour lui. Ça c’est une analyse, non ?
    Mais voilà que pour Mélenchon c’est quasiment cornélien : il a tout l’espace mais il est vide. En attendant il fait fausse route en voulant assumer l’opposition. C’est la place de LR et il brouille les cartes en se positionnant ainsi. Soit il assume ses racines socialistes et rentre dans le gouvernement comme poil à gratter, ce qui lui a certainement été proposé, soit il fait un saut dans l’inconnu en essayant de recréer un parti « vraiment de gauche » sur les décombres du PS. Alors, entre le clown de gauche des socialistes, ou le catalyseur d’une refondation de la démocratie, les Insoumis ont de quoi s’occuper. Pour les autres c’est le train-train habituel.
    Michel Costadau
  • Je gagne ma vie

    Je gagne ma vie

    A votre avis, combien y a-t-il de manières de gagner sa vie ? Vous allez me dire qu’il y en a des milliers, vu toutes les activités humaine que l’on peut observer sur terre. Mais, de nos jours, gagner sa vie est surtout une façon détournée de dire gagner de l’argent. C’est vrai qu’il y a un sens ou gagner sa vie veut dire être autonome, c’est-à-dire commencer à ne plus être à charge. Néanmoins le sens général est gagner sa vie = gagner de l’argent. Bon alors de combien de manières ?
    Ben, en fait, il n’y en a que deux. La première c’est de vendre ses bras ou sa tête ou les deux, et la seconde, euh la seconde c’est de vendre de l’argent.
    Et donc la première manière s’appelle le travail. C’est un simple échange entre votre force intellectuelle, physique, artistique, ou autre, et une rémunération ou un salaire. Médecin ou technicien de surface, même combat. Avocate ou caissière même combat. Et pour monnayer son travail il n’y a pas que le salariat mais aussi le sportif, l’artisan, le freelance, l’artiste et toutes les activités où, grosso modo, on vend son temps, et où l’argent ne rentre plus si l’on s’arrête. L’échelle des rémunérations est très large allant de quelque menue monnaie à une ou plusieurs dizaines de millions  par ans ou… par mois.
    Clairement l’échange travail-argent est devenu la norme et illustre d’une manière crue la mondialisation. Aujourd’hui, pratiquement toute la terre travaille, c’est-à-dire tous les individus qu’il y a sur terre. Il reste sûrement encore un peu d’esclavage, de chasseurs cueilleurs ou de communautés presque autarciques mais c’est marginal.
    Bien et donc maintenant l’autre manière. Elle consiste à avoir de l’argent et à le faire travailler. Que ce soit les placements, le négoce ou même les paris, le principe est de mettre un peu ou beaucoup d’argent en jeu et de voir combien ça rapporte. Et, ô surprise, l’argent placé, rapporte jour et nuit, voire même en une seconde, et continue à produire même si l’on ne fait rien. Et surtout il n’y a aucune limite à ce qu’il peut rapporter. Bien sûr, il y a le risque que ça ne rapporte pas, auquel cas on perd sa mise, mais cette notion de rapporter sans limite et sans trop se fatiguer, a amené beaucoup de personnes à choisir ce moyen. Aujourd’hui, il suffit de placer 1M€ pour vivre  avec le salaire médian des Français. Et si vous placez plus, vous gagnez plus, c’est automatique. Alors me direz-vous, comment faire pour avoir les quelques millions de départ. Là, des méthodes il y en a beaucoup. La plus classique et la plus facile est de naître avec et c’est une grosse distorsion qui ne fait que s’amplifier. La plus risquée est de les emprunter pour les jouer c’est-à-dire les placer. La plus aléatoire est de participer à une loterie, mais quand même la plus pratiquée est de faire fructifier une petite mise par des moyens plus ou moins légaux. Et ces moyens utilisent… le travail des autres. C’est dire que ceux qui travaillent, d’une part gagnent leur vie, mais surtout ils enrichissent ceux qui ne travaillent pas mais qui font seulement travailler leur argent.
    Bon tout ça c’est très bien mais quel est le problème ? Le problème c’est que l’argent est en train de tuer le travail. Pour le moment, il y a encore beaucoup de placements qui nécessitent du travail humain avec échange travail-argent, mais il existe aussi une part croissante d’argent qui fructifie sans le moindre travail. Par exemple, l’industrie du clic repose sur vous mais pas sur votre travail. De même la robotisation permet de se passer de l’échange travail-argent.
    A vrai dire, il y a une troisième manière de traiter le problème, c’est de se passer d’argent, comme ça a été le cas pendant longtemps. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire.
    Michel Costadau
  • Bipartisme

    Bipartisme

    Non, l’Allemagne n’est pas en crise parce qu’elle n’arrive pas à former un gouvernement, c’est tout notre système politique qui est au bout du rouleau. J’ai déjà expliqué que les méthodes utilisées par la classe politique pour se maintenir au pouvoir, non démocratiquement, pouvaient être différentes selon les pays. En France, nous avons l’élection présidentielle et en Allemagne comme aux US ils ont le bipartisme. Ces deux modes de fonctionnement sont tout autant inacceptables l’un que l’autre, car leur seul but est de supprimer la pluralité de la composition du corps électoral, c’est-à-dire notre diversité, qui est justement notre richesse de pensée et de réalisation. A vrai dire, il y a beaucoup d’autres méthodes utilisées dans le monde par les politiques pour garder le pouvoir : le parti unique, la dictature militaire ou civile, le bourrage des urnes et autres recettes moyenâgeuses.
    Bref, ce qui nous concerne aujourd’hui, c’est le prétendu patinage allemand. Les électeurs n’ayant, cette fois, pas obéi à la bipartition, voilà les politiques qui cherchent une majorité à trois ou quatre partis. Bien sûr, certains profiteront de cette situation pour vanter les mérites des autres méthodes, en rappelant que le multipartisme conduit au syndrome des majorités introuvables. Et tout le monde de se gausser de ces ridicules Allemands incapables politiquement, et fonctionnant seulement avec de grandes coalitions majoritaires . Vous savez ce que je pense de cette notion de majorité, inutile d’y revenir, la solution n’est pas là. Pas plus chez eux que chez nous.
    La solution est pourtant on ne peut plus simple et nous l’avons sous les yeux depuis longtemps. La base de la démocratie est, depuis toujours, le principe du gouvernement de la représentation populaire. Une fois élu, le parlement représente, certes très mal pour le moment, l’ensemble de la population. Et c’est cet ensemble qui doit gouverner. Si gouvernement il doit y avoir, alors tous les partis doivent y participer. Pourquoi certains électeurs n’auraient pas droit d’avoir leurs idées défendues. Y a-t-il vraiment des élus non représentatifs ? Certains sont-ils plus élus que d’autres ? Cessons ces lamentations de phoques et ouvrons les yeux. Tous les élus sont égaux. Il n’y en pas qui sont plus égaux que les autres. Ce mécanisme majorité/opposition est une vilaine plaie dans nos prétendues démocraties.
    Certes c’est un peu plus compliqué que ça, parce que ce fonctionnement collectif de tous les élus n’est pas possible avec la classe politique actuelle. Eh oui, les élus actuels sont incompatibles avec la démocratie. Clairement, il nous faut trouver un tout autre type de personnes pour représenter les électeurs et les gouverner. Ce genre de personnes existe, et même en grand nombre, et ce sont ces gens-là qui font fonctionner les associations par exemple. Ils sont capables de travailler ensemble, de chercher le bien commun, de penser à tous et trouvent des solutions à presque tous les problèmes. Evidemment ils n’ont pas pignon sur rue. Ce sont des obscurs et des bénévoles. Ils ne peuvent pas accéder à la représentation nationale, parce que la classe politique actuelle cherche uniquement l’entre-soi. Voilà notre réalité.
    La recherche de la meilleure décision est un idéal sur lequel se sont assis les politiques, car ce n’est pas du tout la meilleure décision qu’ils recherchent, mais uniquement la satisfaction des groupes de pression qui les ont mis en place. Et pour cela il leur faut un pouvoir sans partage, sans limite et sans comptes à rendre. Mais ça ne s’appelle pas la démocratie.

  • Papers

    Papers

    Qu’est-ce que c’est encore que cette histoire de paradis fiscal. Comme si le monde entier n’était pas déjà le paradis des financiers. Tous ça est une blague de mauvais goût. Non, la seule chose à dire c’est que nous hébergeons avec des attentions de cocotte, des zones dédiées à la fraude, que l’on appelle honteusement des pays et même des Etats. Je ne vous parle pas des îles Marshall dont personne ne sait trop où elles sont, non je vous parle de Malte, du Luxembourg, de Man, de Monaco, du Lichtenstein, de l’Andorre, de Guernesey. Rien que des trucs de chez nous, bien au chaud sous la couette des champions de la démocratie, des héros des droits de l’homme, des donneurs de leçons au monde entier.
    Et bien sûr il y a plusieurs types de paradis selon ce que vous voulez cacher. Il y a ceux pour planquer de l’argent plus ou moins propre, ceux pour ne pas payer d’impôts, ceux pour faire des sociétés écrans, ceux pour n’être pas recherchés par la police, et quelques autres. Il y a aussi tous les spécialistes capables de vous donner tous les conseils dont vous auriez besoin. Ceux-là sont non seulement au courant de toutes les combines possibles, mais ils en créent, ils en inventent tous les jours, de façon à ce que, quand une vague tentative hypocrite de normalisation se fait jour, la parade soit déjà en place, afin que les pseudo-opérations de dénonciations n’enfoncent que des portes ouvertes, les bonnes portes restant closes.
    En ayant dit ça est-ce qu’on a tout dit : hélas non, car quand on met clairement sur sur le tapis ces dysfonctionnements, il y a un certain nombre de discours politiques que l’on ne comprend plus. Par exemple, les efforts que doivent faire les salariés pour attirer chez nous l’argent des investisseurs ne sont compréhensibles que si les bénéfices qu’il produit restent aussi chez nous avec l’impôt correspondant. Parce que si, au contraire, les bénéfices s’en vont dans les paradis, le cercle vicieux des dégradations des condition de travail ne se justifie plus. C’est de l’exploitation pure et dure comme au bon vieux temps.
    La réalité c’est que la fraude est la règle du jeu. Ceux qui sont respectueux du droit et de la justice, comme nous, sont les dindons de la farce. Ils n’ont rien compris. Ca veut dire nous n’avons rien compris, les autres oui, parce que la fraude est encouragée de tous les côtés.
    Est-ce que les entreprises fraudent : oui toutes. Est-ce que les institutions religieuses fraudent : oui toutes.  Est-ce que les riches fraudent : oui tous. Est-ce que les banques fraudent : oui toutes. Est- ce que les administrations, les ministères, les collectivités  fraudent : oui tous et toutes. Est-ce que les pauvres fraudent : ben non, avec quoi voulez-vous qu’ils fraudent.
    Je suis sûr que vous avez compris.
    Michel Costadau
  • Harcèlement

    Harcèlement

    En ce moment les sujets ne manquent pas. Et donc, après le glypho et l’indépendance des peuples et avant  les paradis fiscaux, on a le harcèlement sexuel. Sujet un peu délicat c’est sûr. Et d’ailleurs pourquoi délicat. Eh bien parce qu’il concerne des déviations de comportements sexuels, eux-mêmes assez naturels s’il en est.
    Je me souviens d’un documentaire, donc quelque chose d’assez récent, qui montrait un village papou qui venait d’enlever trois femmes dans la vallée d’en face et qui attendait une éventuelle riposte de leur part. Le village agresseur manquait de femmes et chacune avait été donnée à un nouveau mari. Même si vous ne me croyez pas, les femmes enlevées ne manifestaient aucune révolte, l’idée étant que ça ne changeait pas grand-chose pour elles.
    Bien sûr, depuis les Papous pas mal de choses ont évolué chez nous et il n’y a plus beaucoup d’enlèvement de femmes, bien qu’il en reste de solides traditions dont la plus connue est le franchissement du pas de la porte dans les bras de l’époux. Je ne sais pas pourquoi il fallait enlever sa femme, mais ça ressemble à une conquête, ce qui peut expliquer le statut de dépendance de l’épouse et à fortiori des épouses.
    Cependant, la dépendance est une notion domestique et n’explique pas le harcèlement sexuel, centre de l’attention médiatique actuelle. Ces actes peuvent relever de deux causes : soit une forte pression instantanée de la libido masculine, soit  un pouvoir discrétionnaire, c’est-à-dire sans limite de certains hommes. J’opte sans hésiter pour la seconde raison, car expliquer les gestes déplacés, voire le viol, par un irrépressible besoin, relève de la plus grande hypocrisie, qui est celle que nous ont assénée les psychanalystes et qui excuse tous les excès. Je ne vous fais pas non plus l’affront d’évoquer la séduction que mettraient en œuvre les femmes. Non, sans détour, c’est l’absence de retenue et de limite des hommes qui est en cause. Certains hommes se croient tout permis, que ce soit par l’argent, par la violence, par l’idéologie ou par les sentiments et, hélas, ils ont raison car dans notre société en décomposition, rien ni personne ne peut ni ne veut les arrêter.
    Du coup, il faut se rendre à l’évidence, la condition féminine a fortement régressé depuis 50 ans. Je ne parle pas seulement de la femme objet, du développement de la pornographie, des mœurs libres ou des sectes, mais surtout de ce manque de considération dans lequel ont été amenées les femmes, en grande partie à cause de ce concept aberrant de l’égalité des sexes. Avant les femmes étaient différentes, maintenant elles sont inférieures. Avant elles étaient sanctuarisées, maintenant elles sont banalisées. Dans cette situation, les hommes se sont forgé un mode de fonctionnement tout à fait plaisant qui comprend un ensemble de comportements typiques comme l’inertie, le raisonnement, le chantage, les enfants, le rapport de force, l’usure….et le harcèlement sexuel. Bien sûr ce sont les riches qui ont montré le mauvais exemple, mais cela concerne maintenant presque tout le monde.
    Alors y a-t-il moyen de remédier à ça ? Et bien euh non, c’est comme ça. Jusqu’à présent les femmes avaient peur de se promener seules la nuit, eh bien maintenant c’est même le jour, au bureau, dans le bus, chez des amis et chez soi. Certes cela ne concerne pas toutes les femmes ni tous les hommes, mais c’est l’état des lieux.
    En fait le problème est beaucoup plus global. Car il ne faut pas oublier que l’excès de pouvoir des hommes ne concerne pas  que les femmes, mais aussi tout le monde, hommes, femmes, enfants,  biens matériels y compris la nature.
    Je veux dire que seule une vision globale permet des analyses pertinentes, et ce n’est pas le cas des médias qui ne voient jamais qu’un seul aspect des situations et nous le démontrent encore une fois.
    Michel Costadau
  • Rouge et Or

    Rouge et Or

    Dites donc il se passe des choses en Catalogne. Je crois qu’il s’agit d’indépendance, c’est sympa, mais que faut-il en penser ?
    Une chose est sûre, la Catalogne ne sera indépendante ni cette année ni dans les années à venir. La finance ne le veut pas. Cependant cette pulsion indépendantiste est un belle marque de la crise de démocratie que nous vivons. Je l’ai déjà dit, les pays sont trop grands pour que le sentiment démocratique puisse trouver un semblant de satisfaction. Seuls les pays petits par la population arrivent encore à sentir un peu le lien avec leurs représentants.
    Pour ce qui me concerne, je suis certain que je ne décide rien, mais vraiment rien du tout, de ce qui se passe dans mon pays. Que ce soit l’éducation, la justice, l’armée, le travail, la médecine, l’agriculture, le logement ou les médias je ne fais que constater des situations sur lesquelles je n’ai strictement aucun pouvoir, aucune influence. La seule chose sur laquelle j’ai un peu de pouvoir, c’est ma sphère personnelle et celle de quelques autres personnes qui ont des points communs avec moi. C’est tout.
    Mais quand même, faut-il penser quelque chose de ce qui se passe en Catalogne ? La réponse est non, et, clairement, je ne suis ni pour ni contre l’indépendance.
    Néanmoins, les évènements me fournissent beaucoup de remarques, d’impressions et d’analyses.
    La remarque la plus facile concerne l’attitude de la classe politique espagnole. S’ils voulaient donner l’impression que la Catalogne est effectivement une colonie de Madrid, ils ne s’y prendraient pas autrement. L’idée même de ne pas vouloir  que les Catalans prennent leur destin en main est caractéristique d’une position féodale. Ça fait longtemps que je vous dis que ce n’est pas la population qui a le pouvoir, mais c’est bien de pouvoir l’illustrer par des exemples. A titre de comparaison, chez nous, personne ne demande à la Corse ou au Pays basque  de rester français. Ça ne nous viendrait même pas à l’idée, en tous cas pas à la mienne.
    Ma seconde remarque concerne cet article 155. Je pense qu’il s’agit, clairement, d’une utilisation abusive, car les cas de mise sous tutelle concernent surtout les aspects financiers, et nous avons la même démarche en France où beaucoup de communes sont sous tutelle préfectorale. Dans ce domaine, faut-il s’attendre à des rebondissements juridiques : certainement.
    La troisième remarque c’est que la stratégie espagnole est d’une grande faiblesse. Décider de priver la Catalogne de ses élus et investir comme à la guerre ses organes de communication et, dans le même temps, organiser des élections, est une attitude de perdants. En effet, si les élections donnent une majorité contre l’indépendance, il sera facile de faire ressortir que l’opposition a été empêchée de s’exprimer et donc que le résultat ne provient pas d’élections libres. Si au contraire les indépendantistes font un bon score voire l’emportent, c’est une gifle dont le gouvernement espagnol ne se remettra pas.
    Dans ces conditions, les Espagnols risquent d’être tentés d’empêcher les indépendantistes de se présenter et de faire campagne, de façon à ce que, comme en Afrique, il n’y ait aucune opposition. Mais là nous rentrons dans le domaine de la dictature et c’est alors l’Europe même qui ne s’en remettra pas.
    Pour le moment, on parle beaucoup de ce que les Catalans veulent, en l’occurrence l’indépendance. Mais je n’entends rien sur le pourquoi. C’est-à-dire pourquoi les Catalans ne sont-ils pas bien en Espagne, ou tout au moins pas assez bien pour envisager d’y rester. Cette absence est symptomatique de nos sociétés ultra-médiatisées. Ce n’est pas le rationnel qui compte, c’est l’évènementiel.
    Parce que justement, parmi les raisons, il y en a une que personne n’évoque mais qui est quand même fondamentale : c’est Franco. Même si c’est assez loin pour certains, Barcelone est tombée les armes à la main et, comme vous le savez sûrement beaucoup de réfugiés espagnols en France étaient en fait des réfugiés catalans, qui ont d’ailleurs été fort mal accueillis.
    Tout cela aurait pu s’arrêter là, si le régime franquiste n’avait pas été une lamentable dictature. Mais tout ne s’est pas arrêté là et Madrid n’a eu de cesse de « mater » les Républicains et par là même les Catalans, en particulier en leur disputant l’autonomie qu’ils revendiquaient.
    Mais à force de se sentir colonisé et non pas intégré, un sentiment national a eu la place pour se développer. Belle leçon mais qui ne sert à rien, hélas. À suivre

    Michel Costadau

  • Glypho

    Glypho

    Comment éviter de marcher dans le glyphosate en ce moment. Y en a plein les champs et plein les rues. Mais il ne faut pas se tromper de cible. Non ce n’est pas le syndicat unique qui prône le glypho, c’est le gouvernement. Faut pas confondre. Il me semble même que la profession a entériné la fin de cette molécule. Peut-être quelques attardés comme le ministre essayent encore de se concilier les industriels, mais la messe est dite.
    OK mais quand même y a un vrai problème sous-jacent, c’est le délai, le délai pour interdire le truc. Mettre un délai c’est exactement ne pas interdire.
    Et quand les délais sont de 3, 5 voire 7 ans, c’est même un encouragement à continuer, parce qu’à la fin de ce délai, non seulement ce ne seront plus les mêmes aux manettes, mais il faudra épuiser les stocks, amortir les installations, ne pas licencier de personnel, j’en passe et des meilleures. Autant de bonnes raisons pour prolonger un peu, c’est-à-dire pour continuer.
    Non, la seule mesure correcte, c’est l’arrêt immédiat avec destruction des stocks aux frais des actionnaires, amendes record en cas de fraude, et toutes autres mesures correctement dissuasives.
    De plus, les justifications pour reporter l’arrêt sont inadmissibles. Que veut dire : permettre aux utilisateurs de trouver des solutions de remplacement. C’est comme si vous vouliez remplacer les accidents de la route. Non les accidents de la route ne se remplacent pas. Et le glyphosate non plus. Je n’ai pas entendu les pouvoirs publics dire qu’il fallait s’habituer à conduire bourré, en attendant de trouver  un produit de remplacement.
    Pour le moment, l’attitude des politiques correspond à donner trois ans de délai à un harceleur sexuel pour qu’il change ses habitudes, qu’il puisse bénéficier de soins, qu’il trouve une alternative à ses pratiques, ce qui revient à l’encourager à continuer.
    Clairement, attendre ça veut donc dire pas toucher au business et même lui offrir une protection. Je dis ça parce que ce gouvernement ose recevoir Pinochet sans le moindre état d’âme, c’est-à-dire en se moquant des emprisonnés, torturés et tués pour raisons politiques. Et le même gouvernement vient d’obtenir une grande victoire sur le travail détaché… applicable à partir de 2022. C’est se moquer du monde car, dans le cas précis, les lobbies ont tout le temps de trouver la parade pour que la mesure devienne sans effet et que du coup elle ne soit même pas appliquée. On l’a vu avec le bâtiment, les transporteurs, les chauffeurs, les médecins hospitaliers et les sites de maintenance.
    Alors, pour le fun, il y a aussi la destruction des couverts végétaux. Voila donc nos bons entrepreneurs qui ne sauraient plus comment détruire leurs couverts. Ça me fait penser aux pois chiches. Vous le savez sûrement, le pois chiche ayant une floraison indéterminée,, c’est-à-dire tout le temps, on risque de moissonner du vert et du sec. Qu’à cela ne tienne, en tuant la plante avec du glypho tout le champ est mort et on peut moissonner tranquille. Et le délai autorisé entre le glypho et la moisson, c’est 15 jours. Oui le pois chiche commercialisé  a reçu sa dose de poison 15 jours avant. Poison systémique qui agit de l’intérieur de la plante et comme il y a, par définition, des grains encore verts, ils ont droit à leurs doses. Et vous en mangez.
    Allez, monsieur, encore un délai svp.

    Michel Costadau

  • Trois détails

    Trois détails

    Stop. A l’aide. Arrêtez. Demi-tour. J’en peux plus. Bloquez tout. Changez le disque. Au secours. Sauvez-moi. Faites quelque chose.
    Oui dites-moi comment faire pour empêcher de nuire ces arrivistes que nos failles démocratiques ont mis au pouvoir. Oh je ne  leur reproche pas grand-chose, seulement trois petits détails :
    1-Ils ont la vision moyenâgeuse que  la politique se fait du haut vers le bas. C’est-à-dire de ceux qui ont le pouvoir vers ceux qui subissent. C’est exactement ce que l’on a essayé de changer en 89.
    2-Ils ne pensent, ne parlent, ne regardent, ne considèrent que l’argent. Mais l’argent ne va qu’à l’argent. Il ne produit pas de la vie en société et encore moins du bonheur.
    3-Ils nous prennent carrément pour des imbéciles. Tous leurs discours sont incompréhensibles et ne disent rien et son contraire.
    Sur le 1- : vous le savez, le fonctionnement normal des élections est de permettre aux électeurs de faire connaître leurs envies, leurs besoins et leurs opinions, en confiant des mandats à des représentants qui constituent un parlement. Parlement où se décident les lois et qui choisit le gouvernement. On est donc bien du bas vers le haut. Hélas ce n’est pas la conception de ceux qui nous gouvernent, qui prennent le pouvoir par le haut et le font ruisseler dans toutes nos instances. Les politiques ne devraient être là que pour mettre en œuvre la volonté du bas c’est-à-dire notre volonté. Or notre volonté est simple : pouvoir dérouler sa vie dans une société apaisée, en contribuant par son travail à son bon fonctionnement, et en échange  de son travail en recevant une rémunération. Ensuite tout se décline à partir de là selon les goûts, les aptitudes, la santé, et les désirs de chacun. Or on nous fait vivre dans une société violente, inégalitaire, ou personne ne met en œuvre ses dons et ses capacités mais où tout le monde subit la loi du plus fort, du plus riche, du plus méchant, et ou la seule compensation est la consommation.
    Et pour le 2- : vous en savez déjà long sur l’argent et la finance. Clairement le problème n’est pas de savoir s’il faut augmenter ou diminuer tel impôt. Le problème c’est de savoir ce que l’on fait avec nos impôts. Et ce n’est pas le budget qui va nous éclairer là-dessus : il n’y a que des chiffres dont personne ne sait à quoi ils correspondent. On a déjà bien parlé de ça. Ajoutons aussi que l’argent a une composante très embêtante qui s’appelle la guerre. Les financiers ne se battent pas à coup de billets mais avec nos vies. Et là, je vous l’ai dit, je commence à être un peu inquiet. On en reparlera.
    Maintenant le 3- : prenons par exemple un discours purement technocratique destiné comme d’habitude aux demeurés, en l’occurrence les paysans. Le gouvernement a annoncé une loi agricole pour le premier semestre 2018, applicable par ordonnances pour aller « plus vite et plus fort.  Ceux qui comprennent pourquoi les ordonnances vont plus vite et plus fort levez le doigt ! Ca veut dire que nous n’avons pas de parlement mais une chambre d’enregistrement des décisions parisiennes. Et ce n’est donc que du vent, c’est à dire de la com. Au menu, des contrats basés sur les coûts de production, une organisation par filière plus forte et un relèvement du seuil de revente à perte. Ah oui des contrats basés sur les coûts de production, mais c’est formidable ça. Il a trouvé ça tout seul, pas croyable. Les coûts de production ont toujours été la base des devis et des prix. Mais le danger bien connu des contrats basés sur les coûts de production c’est qu’ils sont au-dessus du prix de marché. Il faut donc trouver quelqu’un, pour le moment c’est le contribuable, qui paye la différence.  Là on est revenu à avant la PAC, quand il fallait gérer les surproductions.
    Cependant, il a conditionné cela à une restructuration des filières agricoles : plans de filières, contrats type filière par filière avec plus de labellisation, plus de bio, plus d’agro-écologie et l’arrêt de certaines productions.
    Ouah, là maintenant il conditionne quelque chose de complètement rétrograde = les coûts de production, avec une autre notion qui n’a aucun rapport = plus de label rouge, plus de bio, je n’ose pas dire plus d’agro-écologie car c’est vraiment un mot qui ne veut rien dire. Quand même, plus de bio, on nage dans le bonheur. Seulement ça c’est comme les emplois, ça ne se décrète pas ; il faut de la demande. Alors avec la pub de Monsanto et la diminution du maintien en bio, ils ne prennent pas le bon chemin.
    Le seul point sur lequel je suis entièrement d’accord c’est l’arrêt de certaines productions. Je pense clairement à tous ces discours de bonimenteurs que l’on nous lance à longueur de journée.
    Et dans le genre discours pour les gogos, j’en ai un autre qui est pas mal : L’attractivité des carrières militaires passe par une meilleure politique de reconversion. Là on atteint des sommets, parce que ça veut dire : ce qu’il y a de bien dans l’armée, c’est de trouver un bon boulot quand on la quitte. On comprend pourquoi les gens préfèrent le chômage au travail. S’ils pensent recruter avec de tels discours, on va voir nos effectifs chamarrés fondre.
    Mais ça c’est une bonne nouvelle.

    Michel Costadau