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  • Pouvoir

    Pouvoir

    Dans le dernier billet j’évoquais Giono bloqué dans son désir d’éviter la guerre par l’absence de moyens pour y parvenir. Il exposait alors une solution complètement inefficace. Et c’est exactement la situation de la plupart d’entre nous. Notre impuissance, c’est à dire le grand écart entre notre prise de conscience d’un dérèglement, disons sociétal, et le moyen de le corriger est devenue totale. Du coup notre impatience grandit au même rythme et conduit à des défilés sans fin, des pétitions, des grèves ou des occupations qui ont autant d’effet que de vider la mer à la petite cuillère.

    En plus nous sommes au courant, tout le monde, s’il le souhaite, est au courant. On sait les conditions de détention, les expulsions, le mépris du droit, les écarts de salaires, on sait la corruption, la manipulation des informations, les avocats achetés, la France-Afrique, les cadeaux aux banques, Les exactions, assassinats, injustices, empoisonnements, dénis, passages en force se déroulent sous nos yeux. On sait, on sait, on sait tout. On sait tout ça et c’est de plus en plus.

    On est en train de « découvrir » que le « chlordécone » a empoisonné sciemment les Antilles à cause de multiples délais avant l’interdiction, et on continue avec le glyphosate. Alors la question du « comment faire » pour arrêter cette catastrophe est obsédante. C’est le syndrome Giono.

    Comment changer ça ?

    Il est clair que tous ces dérèglements, injustices, guerres, pollutions, dictatures et autres sont uniquement et totalement politiques. Il n’y a pas de crises économiques, de conflits sociaux, de fanatisme religieux, de guerres saintes, ni de guerres justes. Il n’y a que le mauvais fonctionnement politique des sociétés avec ses conséquences. La vie en société est politique par nature puisqu’elle consiste à savoir comment la faire. Et donc tout ce qui concerne le changement de ou dans la société est politique. La problématique est donc d’agir sur la politique et là il y a une panoplie assez étendue de solutions. Cependant toutes ces conceptions ont un point commun c’est « la prise de pouvoir ». Pour changer de politique, il faut changer de pouvoir. Ou si vous préférez prendre le pouvoir pour changer le pouvoir.

    Le seul défaut c’est que prendre le pouvoir ça ne marche pas. Ca n’a jamais marché. Le constat, sans appel, c’est que l’exercice du pouvoir est plus fort que la bonne volonté et que c’est lui qui impose sa logique. Or la logique du pouvoir, c’est de s’en servir et c’est un piège mortel.

    Alors, pour sortir du syndrome Giono, je ne préconise pas du tout de prendre le pouvoir, surtout pas de la manière dite démocratique. Pour moi ce ne sont pas les institutions ou le pouvoir qu’il faut changer, ce sont les hommes, les hommes au pouvoir et ceux qui le leur donnent. C’est pour ça qu’au contraire de la prise de pouvoir je propose la privation de pouvoir. La privation de pouvoir par les urnes, c’est-à-dire en les laissant vides.

    Michel Costadau

  • La Paix

    La Paix

    C’est Zabeth à la Fête à Martine qui me dit : est ce que tu aimes Giono ? Réponse : ben oui je suis même en train de le relire en ce moment. Elle me donne alors un petit livret intitulé « Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix» de 1938 que je ne connaissais pas. Elle me demande seulement de lui dire ce que j’en pense, après lecture bien sûr.

    Je suis donc en train de découvrir cette lettre de Giono et ce n’est pas complètement inintéressant pour trois aspects : une ode à la civilisation paysanne en train de disparaître, la prémonition d’un bouleversement du monde et une grande puérilité dans les propos.

    Giono qui est le maître du sentiment intérieur porte aux nues une civilisation paysanne et artisanale, basée sur l’autarcie et la complétude, mais quand même en train de se casser la figure. Pour lui le vrai paysan produit tout ce dont il a besoin, non seulement pour vivre mais aussi pour son habillement et tous les besoins de la ferme. C’est une vision idyllique et décalée car il n’est jamais question de mauvaises années, de maladies ou de mal au dos. Faire paysan n’est pas un métier mais c’est un état qui consiste à tout simplement « être » et à profiter du bonheur des choses. De même l’artisan est un individu totalement libre qui fabrique un produit fini en maitrisant toutes les étapes et compétences nécessaires et non pas en ne faisant qu’une partie de l’objet comme l’ouvrier. On a d’ailleurs le sentiment qu’il n’aime pas trop les ouvriers qui sont pour lui des paysans qui ont craqué.

    En fait ce n’est pas seulement bucolique car c’est de force morale dont il parle mais pour constater que paysans et artisans sont condamnés car incapables de faire face à leurs besoins, le paysan parce que son blé est en stock et ne se vend pas et l’artisan parce qu’il n’arrive pas à livrer les commandes qu’il a acceptées. Et c’est donc la fin de sa civilisation préférée, celle de la terre. Il le voit, il le regrette, il en souffre et il le dit. C’est par moments pathétique.

    Cependant avec les paysans Giono poursuit un but : leur montrer qu’en cas de guerre c’est toujours eux seuls qui sont envoyés à la boucherie car les ouvriers sont occupés à produire dans les usines tout ce qui est nécessaire à la guerre. Il sent que les paysans pourraient avoir une réaction violente face à leur disparition mais il les exhorte plutôt au refus de la guerre avec une méthode inattendue qui consiste à ce que chaque ferme ne produise plus que ce dont elle a besoin pour nourrir sa famille de façon à ce que les militaires  qui, eux, vivent sur les surplus, n’ayant rien à manger soient obligés de proposer la paix. C’est franchement naïf, inoffensif, mais international puisqu’il voit ça aussi bien en Allemagne qu’en France.

    Il bute là sur l’écueil classique de tous ceux qui sont convaincus qu’il faut arrêter les guerres, enlever leur pouvoir aux financiers et rétablir la démocratie : c’est comment y parvenir. La réponse de Giono est franchement candide, mais reste posée.

    Par contre il a une vision très originale de la pauvreté  qu’il appelle la mesure. Pour lui la mesure c’est le juste besoin. La satisfaction du juste besoin étendu à l’ensemble de la société voire du monde, doit permettre de nourrir tout la planète et d’éviter les surplus qui sont la base de l’enrichissement des dominants. Cette notion résonne bien aujourd’hui avec les méfaits du commerce mondial.

    En conclusion, Giono est toujours le champion du bonheur simple et naturel, que chacun peut obtenir en ayant des envies et en les maîtrisant. Mais sous son label de pacifiste je sens surtout l’anarchiste non-violent. Ce qu’il pense de la monnaie, des gouvernants, de ceux qui produisent uniquement pour gagner de l’argent est encore de la plus grand actualité. Hélas.

    Au fait merci Zabeth.

    Michel Costadau

  • La fête à Martine

    La fête à Martine

    J’ai marché toute la journée,

    Pour aller chez Martine,

    J’ai suivi les indications,

    Auto Métro bus,

    Sortir avant, tourner après,

    Rien à faire,

    C’est toujours aussi loin,

    Pourtant tout ça parait facile,

    Martine n’est pas difficile,

    Et retrouver tous les copains,

    Le verre à la main,

    La chanson au coin des lèvres,

    La blague dans les yeux,

    Ca ne peut pas se louper,

    C’est un truc à pas rater.

    Alors j’ai repris le plan,

    Le message et tout ça,

    Fallait amener un gâteau,

    Merde j’ai oublié,

    Je vais pas me paumer pour un gâteau quand même,

    Ca serait trop fort,

    Bon qu’est ce qui yavait marqué,

    Faites le printemps,

    Ca veut rien dire ça

    J’ai dû me tromper de saison,

    Voilà l’histoire,

    Je lui expliquerai,

    Martine n’est pas difficile,

    C’est quand même pas ma faute,

    Mais c’est même pas drôle.

    Pas de panique, on va y arriver,

    Suffit d’un peu se concentrer,

    Retrouver les origines,

    Martine a fait La-ga,

    La-fa-ga, l’Afghanistan,

    Peut-être qu’elle y est restée,

    Pas étonnant que je me sois planté,

    Non, non elle est réapparue, y en a qui l’ont vue,

    Ya pas eu que Laf-ga-truc,

    Mais aussi le Lau-ra-truc,

    C’est juste un peu plus plat,

    Yavait que des gens sympa,

    Martine n’est pas difficile,

    C’est-à-dire que tout le monde était perdu,

    Et je le suis encore plus,

    Et si j’allais tout droit,

    Je finirai bien par la croiser,

    Martine a fait tous les chemins,

    Elle a fait la compta,

    Et aussi la boutique,

    Encore les assoss,

    Très beaucoup les copines

    Et les maris et les enfants,

    Comme ça en passant,

    J’oubliais l’hôpital,

    Pas de bol et beaucoup de chance,

    Se sortir de tout ça,

    Fallait quand même y croire,

    A moi maintenant de faire un effort,

    Mais bon sang où est ce que ça peut être.

    Wouah quand on est perdu qu’est-ce qu’on fait,

    Eh ben on demande son chemin,

    Ok, Ok bonjour madame, eheheh,

    Oh excuse moi, zut c’est un mec,

    Ah voilà, bonjour euh, elle est où Martine,

    Vous pas connaitre, c’est pas grave,

    Non j’ai pas 100 balles,

    Un chèque déjeuner non plus,

    J’ai pas de tune, oui je sais ça fait deux,

    Tchao, tchao ça nous éloigne du truc,

    Allez ça doit pas être loin,

    Je suis peut être passé devant,

    Comme ça par hasard,

    Mais je crois pas au hasard,

    Martine où est-ce que tu crèches.

    Allez on se calme,

    Il faut faire le point,

    Et chercher la station,

    Elle doit bien avoir un nom,

    Qui m’aidera à me repérer,

    Après ce sera plus facile,

    Martine n’est pas difficile,

    Une ou deux stations à pieds c’est rien,

    C’est quand même bizarre qui yait plus personne,

    J’aurai pu suivre quelqu’un,

    Qu’allait bien quelque part,

    Oui mais peut être du mauvais coté,

    Alors je me serais éloigné,

    Le temps passe, je vais louper le truc

    J’aurais dû partir beaucoup, beaucoup plus tôt.

    Bon j’en ai marre je m’assieds,

    Je vais réfléchir,

    Mais cette musique m’empêche de penser,

    Y en a qui se gênent pas,

    Y z on du mettre la stéréo sur le balcon,

    C’est pas croyable le bruit qu’ils font,

    Je sais pas où je suis, et on m’aide pas,

    En plus de la musique, ya des conversations,

    Comme des gens qui s’amusent,

    Zoug mais est-ce que serait pas les copains,

    Si ça se trouve c’est là qu’elle habite,

    Bingo c’est eux,

    Ca y est j’ai, j’ai j’ai trouvé,

    Martine n’est pas difficile,

    Mais pour aller chez elle c’est pas facile.

  • Modèle

    Modèle

    Ce coup-là Hulot tu dis vraiment n’importe quoi. Eh oui, « on a sauvé la zone humide et il faut savoir arrêter des combats qui n’apportent rien de plus » . C’est dramatique comme position, car toi je ne sais pas trop ce que tu as gagné, à part ton maintien au gouvernement, mais nous, nous n’avons rien gagné, rien. En fait de combat ça ne fait que commencer. Parce que le fait que l’Etat reconnaisse enfin la nocivité d’un projet, n’est vraiment qu’un début pour la récupération de terres et de zones humides afin de les distraire d’une agriculture destructrice. Parce que je ne sais pas si tu as remarqué, mais les insectes, les oiseaux, les abeilles ça fait partie de la nature et c’est l’agriculture qui les supprime par l’utilisation de produits, connus pour être dangereux, mais que toi tu es loin d’avoir interdits ou même règlementés. Pour que ce soit clair, je sais que tu t’en doutes, mais je préfère le préciser : tu es nuisible, comme les autres et nous ne t’accordons aucune confiance. Et même, tu vois, on est plutôt inquiets sur un truc : c’est cette histoire que l’agriculture doit nourrir la planète et que la seule capable de le faire c’est l’agriculture productiviste. Je ne sais pas d’où sort cette faribole mais elle est complètement fausse et dangereuse pour deux raisons.
    D’une part personne n’a jamais demandé aux agriculteurs de quelque pays que ce soit de nourrir la planète, jamais. Que les agriculteurs de chaque pays arrivent à nourrir leurs familles et leur pays, oui ça ça peut se comprendre et c’est une bonne chose. Mais hélas, tu le sais très bien, ce n’est même pas le cas. Et d’un.
    D’autre part le modèle agricole dominant fait plus de dégâts que de bienfaits et s’est mis sur voie de garage. Non seulement il détruit le sol, mais il détruit aussi l’eau, les arbres et tout ce qui vit dans la végétation. Et de deux.
    Eh oui, il ne faut que 80 ans de culture industrielle pour détruire la vie de la terre et devenir du coup entièrement dépendant de l’industrie chimique. Et c’est le cas chez nous. Car si un agriculteur est dangereux c’est parce qu’il est complètement aux mains des industriels qui, eux, sont au service de la finance. Les industriels ont réduit le métier d’agriculteur à savoir uniquement quand et comment appliquer tel produit, que ce soit pour les cultures comme pour l’élevage.
    A tel point que maintenant il faut se protéger des agriculteurs en leur interdisant certains produits, certaines pratiques, certaines semences, car ils en sont incapables par eux-mêmes étant comme on l’a dit aux mains de l’industrie.
    Alors tu vois le modèle productiviste, ton modèle, est, non seulement incapable de faire que chaque pays puisse se nourrir lui-même mais en plus détruit ce qui fait que l’on peut vivre de la terre sur terre : la végétation, l’air, le sol et la faune utile aux plantes. La limite est dépassée et il est plus que temps de mettre en œuvre de nouveaux modèles respectueux des équilibres naturels. Et justement à NDDL c’est ce genre de question qu’ils se posent. Et là Hulot on ne t’entend pas beaucoup les soutenir. Alors à mon avis Hulot tu devrais prendre des vacances pour y voir un peu plus clair.
    Michel Costadau
  • Diversité

    Diversité

    Est-ce qu’on peut dire qu’il y a, au moins, un signe qui marque l’évolution du monde dans lequel nous vivons. Quelque chose qui se produit dans toutes les sociétés humaines qui peuplent la planète. Une tendance de fond caractéristique qui marquerait notre époque et nos pays. Eh bien oui il y a une ligne conductrice, elle n’est pas évidente, pourtant elle représente bel et bien une continuité. Et c’est celle de la disparition de l’individu en tant qu’acteur social et économique. Attention ce n’est pas la disparition de l’individu dont je parle, au contraire, c’est la modification de son rôle dans la société. Pour parler clair c’est même la disparition de la notion de rôle moteur de l’individu qui est en train de se produire. Cette tendance lourde n’est pas très ancienne, elle n’a que quelques centaines d’années.
    On explique.
    C’est cette affaire de tomates qui m’a mis sur la voie. Vous savez ces tomates hydroponiques qui fournissent une grande partie du marché. Sur un exemple local, à Bessières, nous avons d’un côté une centaine de maraîchers et de l’autre une entreprise industrielle qui emploie une trentaine de personnes. Les deux ont des capacités de production équivalentes, mais il n’y a de la place que pour l’un des deux, c’est-à-dire que c’était l’entreprise ou les maraîchers. Et comme l’indique la tendance, avant c’était les maraîchers, aujourd’hui c’est l’entreprise. Et il y a des conséquences.
    En fait ce n’est pas la diminution du nombre d’emplois qui pose problème, c’est la diversité humaine que représente une centaine de  maraîchers par rapport à une entreprise, qui est la question. Diversité, voilà le mot.
    Je n’invente rien en disant que la biodiversité est d’actualité mais s’adresse exclusivement à la nature. Pour ce qui concerne l’homme, personne ne se pose la question et pourtant il y a matière. Clairement, les salariés offrent une richesse comportementale bien faible par rapport à des individus indépendants. En effet, les salariés sont dans une seule logique, celle de l’entreprise, alors que les individus indépendants représentent autant de logiques que d’individus.
    C’est l’émergence et la multiplication des entreprises qui est en cause. Plus précisément ce n’est pas qu’il y ait de plus en plus d’entreprises qui pose problème, c’est le fait qu’elles occupent une part toujours croissante de la population. C’est mondial et ce n’est pas fini.
    Dans un fonctionnement individuel, chaque personne est le nœud d’un réseau relationnel très dense. Par exemple, le paysan, l’artisan, le commerçant ou le petit fabricant ont des relations avec des clients, des fournisseurs, des administrations, mais aussi avec des experts et encore avec d’autres personnes de la même profession. Et ils résolvent les problèmes qu’ils rencontrent, chacun à leur manière. Et ils ont une grande créativité de projets. C’est ça la diversité.
    Ce qui n’est en aucune manière le cas du salarié, qui, même s’il  n’est pas mono-tâche, ce qui est catastrophique, connaît en tout et pout tout le petit bout de travail qui lui est affecté, et ses problèmes sont généralement résolus par d’autres. Par principe, son réseau est très limité et en général strictement lié à la même entreprise. C’est pour ça que je parle de réduction de diversité.
    Dit technocratiquement, ça donne : la perte de diversité socio-économique c’est le remplacement d’individus fonctionnant comme centres de décision dans un large maillage avec d’autres personnes, par des individus soumis à une structure économique qui agit comme seul centre de décision.
    Alors est-ce que cela va continuer. Ben c’est probable, parce qu’il semble que le salariat soit, quand même encore, la source de l’enrichissement des actionnaires et des financiers.
    Michel Costadau
  • Questionnement

    Questionnement

    Je suis certain, même si vous ne le dites pas, que vous vous posez des questions, que vous avez des interrogations qui traînent comme ça dans vos têtes. Et vous avez raison. Je vais juste contribuer en vous donnant quelques unes des questions que je me pose moi aussi, auxquelles  je n’ai pas la réponse et qui n’en ont d’ailleurs peut-être pas. C’est du vrac. Y a pas d’ordre.
    Q1 : depuis l’origine de l’humanité, combien est-il né d’êtres humains et combien sont morts. Ce nombre de morts est-il supérieur ou inférieur à la population actuelle. En gros, est-ce que nous avons une parenté de plusieurs milliards ou dizaines de milliards de prédécesseurs qui sont déjà passés sur terre ou au contraire sommes nous le gros de la troupe ?
    Q2 : homme et femme sont les versions sexuées de l’espèce humaine, rien de compliqué. La question c’est : est-ce que la connaissance et la maîtrise actuelle des moyens de procréation  n’auraient pas tendance à faire que se profile une évolution distincte homme et femme, qui deviendraient alors deux espèces et non plus la même. Les femmes ne produisant plus alors que des femmes. La question se pose aussi de savoir si les mécanismes de reproduction sexués sont une bonne évolution de la vie ou une voie de garage ?
    Q3 : l’univers semble avoir deux extrémités qui ne sont pas de même nature, d’une part une origine il y a longtemps par une espèce de naissance explosive, et d’autre part un gigantesque volume actuel dont on ne connaît pas très bien la limite. Du côté de l’origine, la question pourrait être : y a-t-il un avant ce point de départ. Pour ça j’ai un semblant de réponse qui est qu’il n’y rien avant parce que le temps qui nous sépare de cette origine est, en fait infini, c’est-à-dire qu’on peut s’en rapprocher autant qu’on veut mais on n’y est pas encore, comme si le temps s’allongeait plus on s’en rapprochait. C’est une image bien sûr, mais en gros l’origine en question est très très très loin. Et puis c’est du passé et même si la compréhension de l’avant aide à comprendre l’après, ça ne changera pas la situation actuelle. Par contre, pour l’autre extrémité c’est plus embêtant et se pose la question de l’au-delà, pas le religieux mais le spatial. Les théoriciens nous disent que l’univers construit son propre espace pour dire que l’univers occupe toujours tout l’espace existant. Mais quand même la limite en question est liée au temps, c’est-à-dire  que l’âge et la distance sont une seule grandeur. Je ne suis pas tout à fait convaincu et je me demande quand même s’il n’y  a pas une frontière.
    Q4 : même isolés, les humains ont eu une évolution similaire. Par exemple le langage et l’écriture sont nés à plusieurs endroits en même temps et ont donc donné des langues et des écritures différentes. De même la phase médiévale avec seigneurs de la guerre, châteaux forts et servage a eu lieu un peu partout. Et ces diverses émergences se sont fécondées les unes les autres. Or maintenant nous n’avons plus qu’une seule civilisation écrasante et dominante sur terre, certes avec des survivances archaïques à pas mal d’endroits, mais qui sautent beaucoup d’étapes d’évolution que nous nous avons connues. Alors je me demande si cette unicité, cette réduction,  ne comporte pas une tendance à le stérilisation par manque de diversité.
    Q5 : il y a une situation paradoxale avec le vivant, parce que d’une part la durée de vie de chaque individu est assez courte, mais par le mécanisme de la reproduction notre espèce a une sorte de continuation qui pourrait durer longtemps. Comme une tendance à l’éternité. Par contre, notre planète et même l’univers, eux, ne sont pas vivants, il sont uniques avec un destin qu’on ne connaît pas trop mais qui ne comprend aucun mécanisme de reproduction. La question c’est pourquoi cherche-t-on de la vie, c’est-à-dire d’autres vies, dans l’univers. Euh pas moi, mais il y en a qui s’intéressent à ça. Alors ils cherchent de l’eau ou des protéines. Ma question c’est, chercher une vie assez semblable à la nôtre me paraît enfantin, parce que ce n’est pas les protéines qui nous caractérisent mais la notion d’éternité, ou plutôt de temps long, que je viens d’évoquer. Est-ce qu’il y a d’autres choses qui se reproduisent elles-mêmes dans l’univers, ça c’est une question.
    Bon tout ça en va pas vous empêcher de dormir. A suivre.
    Michel Costadau
  • Service Public

    Service Public

    Ouaouh le scoop des scoops, je l’ai. Je peux pas résister. Je vous le livre. Les cheminots ont proposé d’abandonner leur statut si, en échange, le gouvernement rétablissait le service public dans le transport ferroviaire. Wouf.
    Là en l’occurrence c’est mon copain des chemins de fer qui m’a donné l’info. Le vote a eu lieu hier soir en assemblée intersyndicale à Saint-Pierre-des-Corps, avec 577 délégués des huit syndicats de cheminots.
    Pour surprenante qu’elle soit, cette proposition ne manque pas d’une certaine habileté. D’abord cette mesure est généreuse. Et le service public est vraiment une chose à laquelle tout le monde est sensible. Or en ces temps de repli sur soi et de manipulation de la population, une telle  bouffée d’air est la bienvenue. Je suis sûr, et eux aussi, qu’elle sera appréciée par l’opinion.
    Ensuite, le service public, vous savez c’est exactement comme la Poste. Toutes les gares doivent avoir une desserte par train ou par route mais dans la continuité et la régularité. Ça veut dire aussi ne plus supprimer de gares bien sûr, car le rail peut jouer un grand rôle dans le transport du quotidien. Là où c’est assez bien joué c’est que ça n’implique pas du tout un quelconque monopole de la SNCF ou de Transdev. Au contraire tout le monde est utile dans le service public et en plus il y a du travail, du vrai.
    En ce qui concerne l’abandon du statut, la mesure est elle aussi intéressante car presque tous y gagneront une légère augmentation de salaire. Le seul point, apparemment avantageux, qu’ils abandonnent, c’est la progression liée à l’ancienneté. Ah ! l’ancienneté.
    Vous le savez la vision capitaliste des salaires c’est de démarrer au smic à 20 ans et de finir … au smic à 60 ans. Seulement, cette vision a un gros défaut c’est qu’elle est clairement démotivante. Alors le système a cherché à donner un peu d’attrait au parcours en inventant la notion de plan de carrière, d’échelons, de primes, d’indices, de bonus et même Sarko a essayé une motivation à gagner plus. En fait le mécanisme de l’avancement à l’ancienneté  est assez général et a le mérite d’empêcher ceux aux dents longues de marcher sur la tête des autres. Ce n’est pas la panacée mais ça intervient dans presque toutes les entreprises et aussi dans la fonction publique.
    Bien sûr le système prône tant qu’il peut l’avancement au mérite. Mais on ne sait plus très bien ce que ça veut dire parce que entre le mérite et le piston il y a une relation que l’on pourrait qualifier de mécanique. C’est vrai qu’aujourd’hui l’avancement se fait principalement en changeant de boîte, mais surtout il se fait de moins en moins, car au final c’est bel et bien l’esprit capitaliste qui a gagné avec la notion de salarié variable d’ajustement, c’est dire le salarié jetable. Surtout le moins qualifié, ce qui est devenu la production principale de l’Éducation ex nationale. Vous savez il y a une logique dans tout ça, et je ne me lasse pas de vous l’expliquer. Et c’est exactement ce qui arrive aux cheminots et leur réaction est vraiment bien.
    Maintenant il faut que vous sachiez que ça fait deux ans pile que je vous envoie un billet chaque semaine. Deux ans ça se fête. Et en ces temps où les news ne sont pas toujours vraies je vous devais bien ça pour cet anniversaire.

     Michel Costadau

  • Pub et Com

    Pub et Com

    Quand je vous disais, dans le billet « Résultat des courses » de novembre 2016, que l’élection de Trump était une bonne chose pour nous, je disais aussi, implicitement, que ce n’en était pas une pour les Américains. On le voit un peu plus tous les jours. J’ai été sidéré que ce président aille voir les victimes de la tuerie, alors qu’il l’a, on peut dire, encouragée tant par ses tweets haineux que par son laxisme sur la réglementation des armes. Quand à son idée d’armer les enseignants, je me demande si ce n’est pas la nostalgie du western qui le ronge. Mais j’ai bien vite compris qu’il s’agissait là, comme d’habitude, de simples opérations de com.
    Un : la présidence américaine n’est qu’une vaste action de communication. Et cette méthode a fait des émules dans le monde, en particulier hélas chez nous. Deux : nous partageons, donc, avec les US le triste privilège d’avoir des agences de pub comme gouvernement.
    Oui je veux dire que l’ensemble de l’exécutif français ne fait que de la com. C’est son mode de fonctionnement et ça fait tourner les médias.
    Trois : le décor.  Une petite équipe d’une vingtaine de personnes a obtenu par des moyens divers, dont la démocratie est absente, ce qu’on appelle le pouvoir politique. Autour de ce noyau gravitent une centaine d’entités publiques ou privées chargées de réunir les souhaits des donneurs d’ordres que sont les groupes industriels, les banques, les lobbies, la commission et les sociétés de sondage, censés représenter la population.
    Quatre : le fonctionnel. Une fois les besoins des groupes obtenus, les entités les formulent le plus explicitement possible et les présentent au noyau. Le noyau fait un tri, quelques arbitrages préliminaires et établit une liste avec des priorités. Ces listes sont alors remises à une quinzaine d’agences de com et de pub afin qu’elles bâtissent des plans d’action autour de chaque point de la liste, avec une mise en œuvre définissant les acteurs, tant civils que politiques, le timing, les moyens, et produisent les dossiers correspondants.
    Cinq : l’opérationnel. Ces dossiers sont alors traités par le noyau pour définir l’agenda, c’est-à-dire le planning de réalisation des différents points choisis. C’est là qu’interviennent officiellement les politiques qui doivent alors jouer leur partition, dans le cadre de l’orchestration globale définie dans les plans de com retenus par le noyau.
    Chaque étape de chaque campagne de pub est alors exécutée avec des invariants classiques. Toutes les actions sont présentées comme des réformes censées améliorer la vie de la population. C’est l’habillage. Beaucoup d’actions sont lancées en même temps afin de diviser les oppositions éventuelles. C’est l’effet feu d’artifice. Presque toutes les actions sont présentées comme des décisions directes du chef de l’Etat et dans quelques cas du gouvernement. C’est l’effet leader maximo ou dirigeant éclairé. Beaucoup d’actions ne font que reprendre à la marge des thèmes déjà traités. C’est le mécanisme vache à lait.  Presque toutes les actions ont un point de passage par le parlement, qui cependant ne décide d’aucune d’entre elles, mais doit seulement les transformer en lois. C’est la bénédiction institutionnelle.
    C’est comme ça que ca marche et ca marche très bien pour ……… le business.
    Evidemment, ce n’est pas tout à fait aussi fluide que je le dis, car il y a des perturbations. Notre dit gouvernement n’est pas le seul à agir ainsi. Il y a beaucoup d’autres groupes d’intérêts qui agissent auprès d’autres gouvernements. Certains groupes d’intérêts agissant même directement pour leur propre compte : les internet, les pétroliers, les chimistes et quelques autres.
    Mais enfin me direz-vous où est le problème puisque c’est comme cela que ça marche. Oh le problème c’est qu’avec ces méthodes l’opinion publique n’existe plus, étant seulement le résultat des manipulations des agences de com. Dit crûment ça veut dire que nous ne savons plus ce que nous pensons, et ça c’est un problème. Tout le monde voit bien que le chômage est constant depuis 30 ans, que les emplois se précarisent, que les entreprises ont de plus en plus de pouvoir sur les salariés, que les services publics se délitent et qu’on essaye toujours de faire de tous les musulmans des terroristes. Oui toute la population voit bien ça, mais plus personne ne sait quoi en penser. Et pourquoi, parce que le noyau assume. Il assume le chômage, il assume la précarité, il assume les mouroirs pour vieux, il assume les retards du train, les morts sur la route. Oui il assume. Et nous, nous subissons, les épaules voutées, le regard bas, les pieds pris dans le béton. Mauvaise passe, j’espère, parce que attention le béton ça sèche vite.

    Michel Costadau

  • La terre

    La terre

    Ca fait un moment qu’on me demande un billet sur l’agriculture. En fait ce sera sur la terre. Bon voilà c’est parti.
    On va commencer par les fondamentaux, comme au rrruby. La phrase clé c’est la suivante : un agriculteur c’est quelqu’un qui s’occupe de la terre. Vous allez me dire bon ben euh oui c’est évident. Eh bien non…….. parce que 99 % des agriculteurs s’occupent uniquement de ce qu’ils font pousser, pas de la terre.
    Démonstration : destruction des adventices, apport d’azote ou d’autres produits pour nourrir la plante. Semences transgéniques, Epandage d’herbicides, d’insecticides, de fongicides pour protéger la plante et rien que la plante. Raccourcisseur de paille pour que ça ne se couche pas. Enrobage des semences pour lutter contre les insectes du sol. Vaporisation de glyphosate pour tuer la plante et la sécher. Ok. Stop.
    Et donc, 99 % des agriculteurs sont de mauvais agriculteurs. Ils ne s’occupent pas de la terre. Alors pour la suite on va dire que quelqu’un qui s’occupe de la terre c’est un paysan, et celui qui ne s’en occupe pas un agriculteur. On dit même exploitant agricole, c’est plus clair.
    Seulement voilà, ce n’est pas du tout évident de s’occuper de la terre. Tout en évitant de tomber dans le fétichisme, il faut reconnaître qu’il n’est pas si facile que ça de comprendre que la terre ce n’est pas que du minéral, c’est aussi de l’animal et du végétal dans une osmose variable et complexe. Y en a même qui disent qu’il y a du sidéral dedans, peut-être. Mais déjà on peut tirer une sérieuse conséquence de cette situation : tout ce qui est hors sol, animal ou végétal ne devrait pas être de l’agriculture, parce que clairement c’est de l’industrie.
    Bon mais alors, pour les paysans, comment s’occuper de la terre ?
    Le paradoxe c’est que la première bonne attitude c’est de laisser la terre tranquille, c’est-à-dire ne pas la remuer, ne pas la toucher. Ce qui ne veut pas dire ne rien récolter, puisque la terre produit assez naturellement du végétal qui, en plus, peut servir à nourrir de l’animal. C’est d’ailleurs la première agriculture que nous avons pratiquée : cueillette, élevage, chasse.
    Bien, le problème c’est qu’on ne choisit pas ce qui pousse. Aïe. Et donc si l’on souhaite par exemple récolter du blé, comment va-t-on demander ça à la terre ? D’abord est-ce que la terre elle a envie de faire pousser du blé. En fait oui, parce que la terre est généreuse et aime bien porter du fruit. Mais alors il faut l’ensemencer. Avant on jetait la graine à la volée, c’était assez doux, maintenant on force la terre pour enfouir la graine, c’est un peu violent et guère plus efficace. Bon mais le plus important c’est le moment. Il y en a qui sèment dans le sec en faisant une poussière terrible, ce n’est pas le bon moment. L’autre extrémité c’est quand ça colle trop, car alors le grain n’est plus en contact avec la terre, mais entouré de boulettes tassées. Alors le bon moment c’est quand vous prenez la terre dans la main et qu’elle s’effrite sans presque vous coller les doigts ni être dure et faire de la poussière. Voilà c’est ça le bon moment. Evidemment s’il pleut juste après le semis, c’est un bonus.
    Ensuite, ben ensuite il faut laisser la terre travailler, car quand les agriculteurs disent qu’ils travaillent la terre c’est un abus de langage, parce qu’en réalité c’est la terre qui travaille, c’est elle qui fait le boulot, avec le soleil et la pluie bien sûr et les paysans.
    Le boulot du paysan, c’est alors d’aider la terre. Et pour l’aider il faut comprendre ce qu’elle aime. Clairement elle aime la variété, soit en associant plusieurs plantes, soit en variant les plantes d’année en année. Ce qu’elle aime aussi c’est se reposer de temps en temps, pas forcement en la laissant en jachère, mais surtout en ne faisant pendant quelques années que couper ce qui pousse sans rien planter de nouveau. Typiquement, c’est sa période prairie et en plus c’est joli. Ça elle aime bien. Ce qu’elle aime aussi, c’est voir passer des animaux, broutant, paissant, mangeant. Oh pas des vaches si elles s’enfoncent à pleines jambes, plutôt des brebis qui se dispersent et avancent vite, car la brebis aime la terre et sa fraîcheur. Ce que la terre aime aussi, c’est qu’on la nourrisse : paille, déchets organiques, fumiers, produits minéraux, animaux ou végétaux qu’elle peut digérer. Et pour bien voir si elle assimile ce que vous lui donnez, il suffit de le voir disparaître. Si vous retrouvez des chaumes l’année d’après, c’est qu’elle ne digère pas bien. Ça je l’ai compris.
    Par contre ce que je n’ai pas compris c’est pourquoi la terre s’appelle la Terre.

    Michel Costadau

  • Laïcité

    Laïcité

    Voici encore un sujet difficile mais celui-là tout le monde en parle, bien mal. Car clairement la laïcité est encore une bataille et nous sommes loin de l’avoir gagnée. C’est à l’origine, et avant tout, la lutte pour enlever aux religions leur influence et leur pouvoir politique.
    La loi de séparation de l’Église et de l’État est du début du XXe siècle, autant dire y a pas très longtemps, et ne concernait pas toutes les religions. Certes des progrès ont été accomplis depuis, mais paradoxalement malgré la baisse continuelle de fidèles, le pouvoir des Églises s’est maintenu à un niveau quasiment constant, tout au moins au plan national et international.
    Il faut comprendre que la progression de la laïcité est fondamentalement liée à deux processus de prise de conscience : la démocratisation de nos sociétés et le développement des sciences.
    Dans le premier processus, la population prend conscience de sa propre identité, de la similitude entre les individus, de la possible égalité entre personnes, peut-être même d’une certaine fraternité et petit à petit arrache du pouvoir à l’aristocratie, aux Églises, au clergé et à la bourgeoisie. Cette bataille ne s’est pas faite sans résistance de la part de ces castes. Cependant, malgré certaines évolutions, le constat actuel est assez cruel.
    D’accord l’aristocratie ne possède plus les âmes mais elle existe encore, règne sur plusieurs pays et défend ses pratiques comme la chasse ou les mariages princiers. On est loin de l’égalité.
    Ensuite, les Églises ne font plus partie du gouvernement mais restent immensément puissantes. Elles ont leurs entrées diplomatiques dans tous les États et elles s’en servent. Et il y a même une cinquantaine d’États officiellement religieux dans le monde, dont une petite dizaine en Europe, eh oui. On est loin de la perte de pouvoir politique qu’envisageait la loi.
    Par contre, le clergé a lui quasiment disparu chez nous, c’est le point le plus visible, mais ceux qui restent sont assez activistes et loin de n’avoir que de bonnes idées.
    Enfin la bourgeoisie a bien résisté, entre autres parce qu’elle a représenté un symbole de progrès par l’accès aux études, mais elle s’est maintenant fondue dans la masse. Hélas, une grande bourgeoisie, psycho-religieuse, s’est installée qui truste le milieu des affaires et de l’argent avec un véritable réseau et beaucoup de moyens en nous reléguant dans les oubliettes du labeur et de la médiocrité. C’est elle qui maintenant possède les travailleurs, c’est-à-dire nous, qui se vendent et s’achètent au gré des besoins. On est loin de la liberté.
    Le second processus vient du mélange puissant entre les sciences exactes et la philosophie, et a consacré la valeur du raisonnement. Les notions de démonstration et de preuves ont fini par convaincre presque tout le monde comme étant les seules capables de faire progresser la connaissance. Cela a permis d’établir un rempart contre les affirmations péremptoires et les inventions sans fondements des églises et des puissants sur l’origine de la vie, son sens, et son devenir. Concrètement, les idées ont un peu avancé et presque plus personne ne croit que la terre est une vallée de larmes. Mais là encore le constat est cruel.
    Les nouvelles religions, les desseins, les complots, les fausse nouvelles, les miracles ont encore une bonne prise sur la population. La cause principale en est que la raison demande un minimum d’éducation pour convaincre. Or le niveau d’éducation est actuellement au plus bas, à se demander si ce n’est pas volontairement. Peut-être.
    Bien, bien mais alors c’est quoi le problème ?
    Le problème c’est que beaucoup de gens pensent que la laïcité c’est le respect par l’État des croyances individuelles, et seulement le droit à ce respect. Mais non, la laïcité ce n’est pas de permettre à chacun d’avoir la religion qu’il veut, ça c’est simplement la liberté constitutionnelle de tous les citoyen qui peuvent avoir les croyances et les rites qu’ils veulent.
    Non, la laïcité c’est d’empêcher que les institutions au sein desquelles se pratiquent ces croyances et ces rites en tirent du pouvoir pour intervenir dans la sphère politique. Parce que c’est bien gentil de laisser les Églises s’occuper de leurs fidèles, mais si l’on tient compte du même coup du poids politique qu’elles représentent, tant par le nombre de leurs adhérents que par les sujets de société dont elles parlent, alors là il y a problème. Les Églises ne devraient pas avoir  plus de pouvoir que la fédération nationale des cruciverbistes. C’est exactement le même niveau. Et ce n’est pas le cas.
    Et le combat continue.
    Michel Costadau