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  • Je gagne ma vie

    Je gagne ma vie

    A votre avis, combien y a-t-il de manières de gagner sa vie ? Vous allez me dire qu’il y en a des milliers, vu toutes les activités humaine que l’on peut observer sur terre. Mais, de nos jours, gagner sa vie est surtout une façon détournée de dire gagner de l’argent. C’est vrai qu’il y a un sens ou gagner sa vie veut dire être autonome, c’est-à-dire commencer à ne plus être à charge. Néanmoins le sens général est gagner sa vie = gagner de l’argent. Bon alors de combien de manières ?
    Ben, en fait, il n’y en a que deux. La première c’est de vendre ses bras ou sa tête ou les deux, et la seconde, euh la seconde c’est de vendre de l’argent.
    Et donc la première manière s’appelle le travail. C’est un simple échange entre votre force intellectuelle, physique, artistique, ou autre, et une rémunération ou un salaire. Médecin ou technicien de surface, même combat. Avocate ou caissière même combat. Et pour monnayer son travail il n’y a pas que le salariat mais aussi le sportif, l’artisan, le freelance, l’artiste et toutes les activités où, grosso modo, on vend son temps, et où l’argent ne rentre plus si l’on s’arrête. L’échelle des rémunérations est très large allant de quelque menue monnaie à une ou plusieurs dizaines de millions  par ans ou… par mois.
    Clairement l’échange travail-argent est devenu la norme et illustre d’une manière crue la mondialisation. Aujourd’hui, pratiquement toute la terre travaille, c’est-à-dire tous les individus qu’il y a sur terre. Il reste sûrement encore un peu d’esclavage, de chasseurs cueilleurs ou de communautés presque autarciques mais c’est marginal.
    Bien et donc maintenant l’autre manière. Elle consiste à avoir de l’argent et à le faire travailler. Que ce soit les placements, le négoce ou même les paris, le principe est de mettre un peu ou beaucoup d’argent en jeu et de voir combien ça rapporte. Et, ô surprise, l’argent placé, rapporte jour et nuit, voire même en une seconde, et continue à produire même si l’on ne fait rien. Et surtout il n’y a aucune limite à ce qu’il peut rapporter. Bien sûr, il y a le risque que ça ne rapporte pas, auquel cas on perd sa mise, mais cette notion de rapporter sans limite et sans trop se fatiguer, a amené beaucoup de personnes à choisir ce moyen. Aujourd’hui, il suffit de placer 1M€ pour vivre  avec le salaire médian des Français. Et si vous placez plus, vous gagnez plus, c’est automatique. Alors me direz-vous, comment faire pour avoir les quelques millions de départ. Là, des méthodes il y en a beaucoup. La plus classique et la plus facile est de naître avec et c’est une grosse distorsion qui ne fait que s’amplifier. La plus risquée est de les emprunter pour les jouer c’est-à-dire les placer. La plus aléatoire est de participer à une loterie, mais quand même la plus pratiquée est de faire fructifier une petite mise par des moyens plus ou moins légaux. Et ces moyens utilisent… le travail des autres. C’est dire que ceux qui travaillent, d’une part gagnent leur vie, mais surtout ils enrichissent ceux qui ne travaillent pas mais qui font seulement travailler leur argent.
    Bon tout ça c’est très bien mais quel est le problème ? Le problème c’est que l’argent est en train de tuer le travail. Pour le moment, il y a encore beaucoup de placements qui nécessitent du travail humain avec échange travail-argent, mais il existe aussi une part croissante d’argent qui fructifie sans le moindre travail. Par exemple, l’industrie du clic repose sur vous mais pas sur votre travail. De même la robotisation permet de se passer de l’échange travail-argent.
    A vrai dire, il y a une troisième manière de traiter le problème, c’est de se passer d’argent, comme ça a été le cas pendant longtemps. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire.
    Michel Costadau
  • Bipartisme

    Bipartisme

    Non, l’Allemagne n’est pas en crise parce qu’elle n’arrive pas à former un gouvernement, c’est tout notre système politique qui est au bout du rouleau. J’ai déjà expliqué que les méthodes utilisées par la classe politique pour se maintenir au pouvoir, non démocratiquement, pouvaient être différentes selon les pays. En France, nous avons l’élection présidentielle et en Allemagne comme aux US ils ont le bipartisme. Ces deux modes de fonctionnement sont tout autant inacceptables l’un que l’autre, car leur seul but est de supprimer la pluralité de la composition du corps électoral, c’est-à-dire notre diversité, qui est justement notre richesse de pensée et de réalisation. A vrai dire, il y a beaucoup d’autres méthodes utilisées dans le monde par les politiques pour garder le pouvoir : le parti unique, la dictature militaire ou civile, le bourrage des urnes et autres recettes moyenâgeuses.
    Bref, ce qui nous concerne aujourd’hui, c’est le prétendu patinage allemand. Les électeurs n’ayant, cette fois, pas obéi à la bipartition, voilà les politiques qui cherchent une majorité à trois ou quatre partis. Bien sûr, certains profiteront de cette situation pour vanter les mérites des autres méthodes, en rappelant que le multipartisme conduit au syndrome des majorités introuvables. Et tout le monde de se gausser de ces ridicules Allemands incapables politiquement, et fonctionnant seulement avec de grandes coalitions majoritaires . Vous savez ce que je pense de cette notion de majorité, inutile d’y revenir, la solution n’est pas là. Pas plus chez eux que chez nous.
    La solution est pourtant on ne peut plus simple et nous l’avons sous les yeux depuis longtemps. La base de la démocratie est, depuis toujours, le principe du gouvernement de la représentation populaire. Une fois élu, le parlement représente, certes très mal pour le moment, l’ensemble de la population. Et c’est cet ensemble qui doit gouverner. Si gouvernement il doit y avoir, alors tous les partis doivent y participer. Pourquoi certains électeurs n’auraient pas droit d’avoir leurs idées défendues. Y a-t-il vraiment des élus non représentatifs ? Certains sont-ils plus élus que d’autres ? Cessons ces lamentations de phoques et ouvrons les yeux. Tous les élus sont égaux. Il n’y en pas qui sont plus égaux que les autres. Ce mécanisme majorité/opposition est une vilaine plaie dans nos prétendues démocraties.
    Certes c’est un peu plus compliqué que ça, parce que ce fonctionnement collectif de tous les élus n’est pas possible avec la classe politique actuelle. Eh oui, les élus actuels sont incompatibles avec la démocratie. Clairement, il nous faut trouver un tout autre type de personnes pour représenter les électeurs et les gouverner. Ce genre de personnes existe, et même en grand nombre, et ce sont ces gens-là qui font fonctionner les associations par exemple. Ils sont capables de travailler ensemble, de chercher le bien commun, de penser à tous et trouvent des solutions à presque tous les problèmes. Evidemment ils n’ont pas pignon sur rue. Ce sont des obscurs et des bénévoles. Ils ne peuvent pas accéder à la représentation nationale, parce que la classe politique actuelle cherche uniquement l’entre-soi. Voilà notre réalité.
    La recherche de la meilleure décision est un idéal sur lequel se sont assis les politiques, car ce n’est pas du tout la meilleure décision qu’ils recherchent, mais uniquement la satisfaction des groupes de pression qui les ont mis en place. Et pour cela il leur faut un pouvoir sans partage, sans limite et sans comptes à rendre. Mais ça ne s’appelle pas la démocratie.

  • Papers

    Papers

    Qu’est-ce que c’est encore que cette histoire de paradis fiscal. Comme si le monde entier n’était pas déjà le paradis des financiers. Tous ça est une blague de mauvais goût. Non, la seule chose à dire c’est que nous hébergeons avec des attentions de cocotte, des zones dédiées à la fraude, que l’on appelle honteusement des pays et même des Etats. Je ne vous parle pas des îles Marshall dont personne ne sait trop où elles sont, non je vous parle de Malte, du Luxembourg, de Man, de Monaco, du Lichtenstein, de l’Andorre, de Guernesey. Rien que des trucs de chez nous, bien au chaud sous la couette des champions de la démocratie, des héros des droits de l’homme, des donneurs de leçons au monde entier.
    Et bien sûr il y a plusieurs types de paradis selon ce que vous voulez cacher. Il y a ceux pour planquer de l’argent plus ou moins propre, ceux pour ne pas payer d’impôts, ceux pour faire des sociétés écrans, ceux pour n’être pas recherchés par la police, et quelques autres. Il y a aussi tous les spécialistes capables de vous donner tous les conseils dont vous auriez besoin. Ceux-là sont non seulement au courant de toutes les combines possibles, mais ils en créent, ils en inventent tous les jours, de façon à ce que, quand une vague tentative hypocrite de normalisation se fait jour, la parade soit déjà en place, afin que les pseudo-opérations de dénonciations n’enfoncent que des portes ouvertes, les bonnes portes restant closes.
    En ayant dit ça est-ce qu’on a tout dit : hélas non, car quand on met clairement sur sur le tapis ces dysfonctionnements, il y a un certain nombre de discours politiques que l’on ne comprend plus. Par exemple, les efforts que doivent faire les salariés pour attirer chez nous l’argent des investisseurs ne sont compréhensibles que si les bénéfices qu’il produit restent aussi chez nous avec l’impôt correspondant. Parce que si, au contraire, les bénéfices s’en vont dans les paradis, le cercle vicieux des dégradations des condition de travail ne se justifie plus. C’est de l’exploitation pure et dure comme au bon vieux temps.
    La réalité c’est que la fraude est la règle du jeu. Ceux qui sont respectueux du droit et de la justice, comme nous, sont les dindons de la farce. Ils n’ont rien compris. Ca veut dire nous n’avons rien compris, les autres oui, parce que la fraude est encouragée de tous les côtés.
    Est-ce que les entreprises fraudent : oui toutes. Est-ce que les institutions religieuses fraudent : oui toutes.  Est-ce que les riches fraudent : oui tous. Est-ce que les banques fraudent : oui toutes. Est- ce que les administrations, les ministères, les collectivités  fraudent : oui tous et toutes. Est-ce que les pauvres fraudent : ben non, avec quoi voulez-vous qu’ils fraudent.
    Je suis sûr que vous avez compris.
    Michel Costadau
  • Harcèlement

    Harcèlement

    En ce moment les sujets ne manquent pas. Et donc, après le glypho et l’indépendance des peuples et avant  les paradis fiscaux, on a le harcèlement sexuel. Sujet un peu délicat c’est sûr. Et d’ailleurs pourquoi délicat. Eh bien parce qu’il concerne des déviations de comportements sexuels, eux-mêmes assez naturels s’il en est.
    Je me souviens d’un documentaire, donc quelque chose d’assez récent, qui montrait un village papou qui venait d’enlever trois femmes dans la vallée d’en face et qui attendait une éventuelle riposte de leur part. Le village agresseur manquait de femmes et chacune avait été donnée à un nouveau mari. Même si vous ne me croyez pas, les femmes enlevées ne manifestaient aucune révolte, l’idée étant que ça ne changeait pas grand-chose pour elles.
    Bien sûr, depuis les Papous pas mal de choses ont évolué chez nous et il n’y a plus beaucoup d’enlèvement de femmes, bien qu’il en reste de solides traditions dont la plus connue est le franchissement du pas de la porte dans les bras de l’époux. Je ne sais pas pourquoi il fallait enlever sa femme, mais ça ressemble à une conquête, ce qui peut expliquer le statut de dépendance de l’épouse et à fortiori des épouses.
    Cependant, la dépendance est une notion domestique et n’explique pas le harcèlement sexuel, centre de l’attention médiatique actuelle. Ces actes peuvent relever de deux causes : soit une forte pression instantanée de la libido masculine, soit  un pouvoir discrétionnaire, c’est-à-dire sans limite de certains hommes. J’opte sans hésiter pour la seconde raison, car expliquer les gestes déplacés, voire le viol, par un irrépressible besoin, relève de la plus grande hypocrisie, qui est celle que nous ont assénée les psychanalystes et qui excuse tous les excès. Je ne vous fais pas non plus l’affront d’évoquer la séduction que mettraient en œuvre les femmes. Non, sans détour, c’est l’absence de retenue et de limite des hommes qui est en cause. Certains hommes se croient tout permis, que ce soit par l’argent, par la violence, par l’idéologie ou par les sentiments et, hélas, ils ont raison car dans notre société en décomposition, rien ni personne ne peut ni ne veut les arrêter.
    Du coup, il faut se rendre à l’évidence, la condition féminine a fortement régressé depuis 50 ans. Je ne parle pas seulement de la femme objet, du développement de la pornographie, des mœurs libres ou des sectes, mais surtout de ce manque de considération dans lequel ont été amenées les femmes, en grande partie à cause de ce concept aberrant de l’égalité des sexes. Avant les femmes étaient différentes, maintenant elles sont inférieures. Avant elles étaient sanctuarisées, maintenant elles sont banalisées. Dans cette situation, les hommes se sont forgé un mode de fonctionnement tout à fait plaisant qui comprend un ensemble de comportements typiques comme l’inertie, le raisonnement, le chantage, les enfants, le rapport de force, l’usure….et le harcèlement sexuel. Bien sûr ce sont les riches qui ont montré le mauvais exemple, mais cela concerne maintenant presque tout le monde.
    Alors y a-t-il moyen de remédier à ça ? Et bien euh non, c’est comme ça. Jusqu’à présent les femmes avaient peur de se promener seules la nuit, eh bien maintenant c’est même le jour, au bureau, dans le bus, chez des amis et chez soi. Certes cela ne concerne pas toutes les femmes ni tous les hommes, mais c’est l’état des lieux.
    En fait le problème est beaucoup plus global. Car il ne faut pas oublier que l’excès de pouvoir des hommes ne concerne pas  que les femmes, mais aussi tout le monde, hommes, femmes, enfants,  biens matériels y compris la nature.
    Je veux dire que seule une vision globale permet des analyses pertinentes, et ce n’est pas le cas des médias qui ne voient jamais qu’un seul aspect des situations et nous le démontrent encore une fois.
    Michel Costadau
  • Rouge et Or

    Rouge et Or

    Dites donc il se passe des choses en Catalogne. Je crois qu’il s’agit d’indépendance, c’est sympa, mais que faut-il en penser ?
    Une chose est sûre, la Catalogne ne sera indépendante ni cette année ni dans les années à venir. La finance ne le veut pas. Cependant cette pulsion indépendantiste est un belle marque de la crise de démocratie que nous vivons. Je l’ai déjà dit, les pays sont trop grands pour que le sentiment démocratique puisse trouver un semblant de satisfaction. Seuls les pays petits par la population arrivent encore à sentir un peu le lien avec leurs représentants.
    Pour ce qui me concerne, je suis certain que je ne décide rien, mais vraiment rien du tout, de ce qui se passe dans mon pays. Que ce soit l’éducation, la justice, l’armée, le travail, la médecine, l’agriculture, le logement ou les médias je ne fais que constater des situations sur lesquelles je n’ai strictement aucun pouvoir, aucune influence. La seule chose sur laquelle j’ai un peu de pouvoir, c’est ma sphère personnelle et celle de quelques autres personnes qui ont des points communs avec moi. C’est tout.
    Mais quand même, faut-il penser quelque chose de ce qui se passe en Catalogne ? La réponse est non, et, clairement, je ne suis ni pour ni contre l’indépendance.
    Néanmoins, les évènements me fournissent beaucoup de remarques, d’impressions et d’analyses.
    La remarque la plus facile concerne l’attitude de la classe politique espagnole. S’ils voulaient donner l’impression que la Catalogne est effectivement une colonie de Madrid, ils ne s’y prendraient pas autrement. L’idée même de ne pas vouloir  que les Catalans prennent leur destin en main est caractéristique d’une position féodale. Ça fait longtemps que je vous dis que ce n’est pas la population qui a le pouvoir, mais c’est bien de pouvoir l’illustrer par des exemples. A titre de comparaison, chez nous, personne ne demande à la Corse ou au Pays basque  de rester français. Ça ne nous viendrait même pas à l’idée, en tous cas pas à la mienne.
    Ma seconde remarque concerne cet article 155. Je pense qu’il s’agit, clairement, d’une utilisation abusive, car les cas de mise sous tutelle concernent surtout les aspects financiers, et nous avons la même démarche en France où beaucoup de communes sont sous tutelle préfectorale. Dans ce domaine, faut-il s’attendre à des rebondissements juridiques : certainement.
    La troisième remarque c’est que la stratégie espagnole est d’une grande faiblesse. Décider de priver la Catalogne de ses élus et investir comme à la guerre ses organes de communication et, dans le même temps, organiser des élections, est une attitude de perdants. En effet, si les élections donnent une majorité contre l’indépendance, il sera facile de faire ressortir que l’opposition a été empêchée de s’exprimer et donc que le résultat ne provient pas d’élections libres. Si au contraire les indépendantistes font un bon score voire l’emportent, c’est une gifle dont le gouvernement espagnol ne se remettra pas.
    Dans ces conditions, les Espagnols risquent d’être tentés d’empêcher les indépendantistes de se présenter et de faire campagne, de façon à ce que, comme en Afrique, il n’y ait aucune opposition. Mais là nous rentrons dans le domaine de la dictature et c’est alors l’Europe même qui ne s’en remettra pas.
    Pour le moment, on parle beaucoup de ce que les Catalans veulent, en l’occurrence l’indépendance. Mais je n’entends rien sur le pourquoi. C’est-à-dire pourquoi les Catalans ne sont-ils pas bien en Espagne, ou tout au moins pas assez bien pour envisager d’y rester. Cette absence est symptomatique de nos sociétés ultra-médiatisées. Ce n’est pas le rationnel qui compte, c’est l’évènementiel.
    Parce que justement, parmi les raisons, il y en a une que personne n’évoque mais qui est quand même fondamentale : c’est Franco. Même si c’est assez loin pour certains, Barcelone est tombée les armes à la main et, comme vous le savez sûrement beaucoup de réfugiés espagnols en France étaient en fait des réfugiés catalans, qui ont d’ailleurs été fort mal accueillis.
    Tout cela aurait pu s’arrêter là, si le régime franquiste n’avait pas été une lamentable dictature. Mais tout ne s’est pas arrêté là et Madrid n’a eu de cesse de « mater » les Républicains et par là même les Catalans, en particulier en leur disputant l’autonomie qu’ils revendiquaient.
    Mais à force de se sentir colonisé et non pas intégré, un sentiment national a eu la place pour se développer. Belle leçon mais qui ne sert à rien, hélas. À suivre

    Michel Costadau

  • Glypho

    Glypho

    Comment éviter de marcher dans le glyphosate en ce moment. Y en a plein les champs et plein les rues. Mais il ne faut pas se tromper de cible. Non ce n’est pas le syndicat unique qui prône le glypho, c’est le gouvernement. Faut pas confondre. Il me semble même que la profession a entériné la fin de cette molécule. Peut-être quelques attardés comme le ministre essayent encore de se concilier les industriels, mais la messe est dite.
    OK mais quand même y a un vrai problème sous-jacent, c’est le délai, le délai pour interdire le truc. Mettre un délai c’est exactement ne pas interdire.
    Et quand les délais sont de 3, 5 voire 7 ans, c’est même un encouragement à continuer, parce qu’à la fin de ce délai, non seulement ce ne seront plus les mêmes aux manettes, mais il faudra épuiser les stocks, amortir les installations, ne pas licencier de personnel, j’en passe et des meilleures. Autant de bonnes raisons pour prolonger un peu, c’est-à-dire pour continuer.
    Non, la seule mesure correcte, c’est l’arrêt immédiat avec destruction des stocks aux frais des actionnaires, amendes record en cas de fraude, et toutes autres mesures correctement dissuasives.
    De plus, les justifications pour reporter l’arrêt sont inadmissibles. Que veut dire : permettre aux utilisateurs de trouver des solutions de remplacement. C’est comme si vous vouliez remplacer les accidents de la route. Non les accidents de la route ne se remplacent pas. Et le glyphosate non plus. Je n’ai pas entendu les pouvoirs publics dire qu’il fallait s’habituer à conduire bourré, en attendant de trouver  un produit de remplacement.
    Pour le moment, l’attitude des politiques correspond à donner trois ans de délai à un harceleur sexuel pour qu’il change ses habitudes, qu’il puisse bénéficier de soins, qu’il trouve une alternative à ses pratiques, ce qui revient à l’encourager à continuer.
    Clairement, attendre ça veut donc dire pas toucher au business et même lui offrir une protection. Je dis ça parce que ce gouvernement ose recevoir Pinochet sans le moindre état d’âme, c’est-à-dire en se moquant des emprisonnés, torturés et tués pour raisons politiques. Et le même gouvernement vient d’obtenir une grande victoire sur le travail détaché… applicable à partir de 2022. C’est se moquer du monde car, dans le cas précis, les lobbies ont tout le temps de trouver la parade pour que la mesure devienne sans effet et que du coup elle ne soit même pas appliquée. On l’a vu avec le bâtiment, les transporteurs, les chauffeurs, les médecins hospitaliers et les sites de maintenance.
    Alors, pour le fun, il y a aussi la destruction des couverts végétaux. Voila donc nos bons entrepreneurs qui ne sauraient plus comment détruire leurs couverts. Ça me fait penser aux pois chiches. Vous le savez sûrement, le pois chiche ayant une floraison indéterminée,, c’est-à-dire tout le temps, on risque de moissonner du vert et du sec. Qu’à cela ne tienne, en tuant la plante avec du glypho tout le champ est mort et on peut moissonner tranquille. Et le délai autorisé entre le glypho et la moisson, c’est 15 jours. Oui le pois chiche commercialisé  a reçu sa dose de poison 15 jours avant. Poison systémique qui agit de l’intérieur de la plante et comme il y a, par définition, des grains encore verts, ils ont droit à leurs doses. Et vous en mangez.
    Allez, monsieur, encore un délai svp.

    Michel Costadau

  • Démonstration

    Démonstration

    S’il y bien a une évolution constante dans l’enseignement à l’école c’est la disparition de la démonstration. Pour être clair ce que j’appelle démonstration c’est la suite d’enchainement logique qui permet d’établir la complète validité d’une proposition. Il est bien évident qu’il est beaucoup plus difficile de démontrer que de proposer, d’expliquer ou d’asséner. La démonstration est même la seule démarche qui permet de progresser à coup sûr sans être tôt ou tard rattrapé par les cas embêtants ou ça ne marche pas.
    Quand je parle d’enseignement je parle de toutes les disciplines, pas seulement des sciences. C’est vrai que les mathématiques ont fait de la démonstration la pierre angulaire de leur domaine. Et une fois démontrée la proposition devient théorème. Et les théorèmes peuvent être utilisés dans de nouvelle démonstration. Aujourd’hui les démonstrations font des dizaines de pages et incluent des programmes informatiques ce qui pose, d’ailleurs, un grand problème pour la vérification mais le principe demeure.
    En fait toutes les matières ont leur base logique. C’est même la philosophie  qui a mis en avant la progression des connaissances non par accumulation désordonnée mais par des étapes se validant de proche en proche justifiées à chaque fois par des analyses rationnelles.
    Mais maintenant à l’école on ne fait plus de démonstrations, même en mathématiques. On dit aux enfants voila il y a tel théorème qui dit que « ploum ploum » et c’est comme ça. Bien sûr il faut le savoir par cœur. Et donc les élèves retiennent des tas de règles, de propositions, de théories, de trucs plus ou moins vrais mais sans avoir les moyens de les prouver ou tout simplement de les retrouver. On ne leur donne jamais le chemin, uniquement le résultat. Et du coup de ce résultat ils ne sont fort que du charisme du maitre et non pas comme un acquis que on l’a soi même prouvé, avec difficulté le plus souvent.
    Vous allez me dire ce n’est pas grave parce que ce qui compte c’est de le savoir et si on le dit à l’école c’est que c’est vrai.
    Houla. En fait c’est extrêmement grave parce que c’est le remplacement de la science par la croyance. Et tout ce que l’on dit à l’école est loin d’être vrai. On en voit des exemples tous les jours avec, bien sûr le phénomène des calculettes qui tracent des courbes dont les élèves ne connaissent pas la fonction, mais aussi avec l’économie, le glyphosate, le réchauffement ou le chômage. Les gens ont été habitués à ce que les débats d’idées portent sur des arguments énoncés sans la moindre preuve et mélangés sans aucune échelle de valeur. Du genre  « mauvais pour la santé » contre « bon pour l’agriculture ». Il y a par exemple un amalgame trompeur avec la notion de sciences économiques, alors que l’économie n’est pas une science mais seulement des recettes utilisées par la finance pour se développer.
    Et l’école là dedans n’est plus le repère du savoir, mais l’enjeu de positionnement sur les questions de sociétés. Ainsi la population n’arrive plus à se faire le moindre jugement car la démarche rationnelle lui est impossible faute de l’habitude de démontrer et du bagage correspondant. Et cette absence de jugement est le socle sur lequel prospèrent les bonimenteurs de tous crins qui sont dans le domaine de l’incantation, genre chanter pour qu’il pleuve.
    Et, bien sûr, d’abord les politiques. CQFD.
    Michel Costadau
  • Violence

    Violence

    US : 11 650 personnes sont mortes tuées par balles sur le sol américain depuis le début de l’année 2017. Je trouve que ça fait beaucoup. Surtout que ça ne compte pas les agressions à l’arme blanche, les suicides, les accidents de la route et autres. Clairement ça veut dire 11 650 meurtres, 11 650 exécutions.
    La vie n’est pas tranquille aux US. En fait, c’est une société hyper-violente. Depuis les licenciements minute jusqu’aux règlements de compte en passant par la saisie de ta maison pour payer l’hôpital, rien n’est soft ni ne se passe entre gens de bonne compagnie.
    En France aussi nous avons notre dose de violence, moindre certes, mais qui hélas se développe puisque nos sociétés s’américanisent.
    C’est justement cette violence qui me pose question. Est-ce que nous sommes irrémédiablement condamnés à vivre dans ce registre ? Est-ce que la vie c’est la violence et le meurtre ?
    La réponse n’est pas facile, c’est sûr, mais surtout les conséquences de la réponse sont à bien mesurer. Parce que si la réponse est : oui la violence est intrinsèque à la vie, et donc à l’homme, ça veut dire que les tireurs, les armuriers et autres forces de l’ordre sont dans la bonne attitude, la meurtre attitude. Ca ne te plaît pas, pan tu tires. Si c’est ça notre raison d’être, alors en fait il n’y a pas de violence, il n’y a que le déroulement normal de nos existences. Et ceux qui ne sont pas violents n’ont pas compris les règles du jeu et deviennent les perdants au profit des massacreurs.
    Si la réponse est oui, ça explique aussi que l’Etat soit répressif par nature et qu’il s’efforce d’utiliser la violence à son profit, c’est-à-dire au profit de ceux qui ont le pouvoir ; et qu’il veille seulement à canaliser la violence afin qu’elle ne fasse pas éclater la société elle-même. Canaliser la violence ça veut dire payer des avocats qui expliquent que c’est la victime qui avait tort. Au résultat, ça fait beaucoup de monde en prison, mais surtout des noirs et des pauvres, comme chez nous.
    Et bien sûr, surtout, si la réponse est oui, ça explique les guerres, toutes les guerres. Car seul celui qui comprend qu’il faut prendre par la force ce qu’on refuse de lui donner gentiment est dans la bonne mesure. La guerre on y reviendra dans un autre billet car ça se rapproche.
    Mais est-ce que la réponse est oui ?
    Car il y a en a quand même pas mal qui pensent que la violence est plutôt une erreur, un échec, une faille dans le comportement humain, parce que viscéralement l’homme est cool et relationnel et préfère le calme au déchaînement des armes. L’image du lent laboureur  revenant au logis retrouver sa famille a fait le tour du monde et laisse supposer une vie calme. Ceux-là sont pour que soient rédigés des super-articles dans les constitutions et dans les lois, pour proclamer le droit de vivre et interdire de se faire justice soi-même. Avec, hélas, le résultat que l’on connaît.
    Mais quand même si la réponse est : non la violence n’est pas intrinsèque à l’homme, ça veut dire que l’on a la possibilité de vivre en paix avec ses voisins, de discuter sans se battre ou alors, légalement, pour trouver une solution, d’avoir des relations avec qui on veut sans encourir  les foudres de la population. Ne pas recourir à la violence serait alors l’attitude correcte, celle en accord avec les fondamentaux de l’humanité.
    Seulement la réponse n’est peut-être pas non.
    Michel Costadau
  • Majorité

    Majorité

    Et nous voilà arrivés à la drôle d’heure de « qui gagne perd ».
    Eh oui Merkel se retrouve bien seule, la bulle Macron n’en finit par de se dégonfler, Trump ressemble à un éléphant dans un jeu de quilles et May essaie de figurer Janus le dieu à deux faces, une vers l’avenir et une vers le passé.
    Et pourtant ils ont gagné. Ils ont été portés au pouvoir par un scrutin démocratique, un scrutin légitime, un scrutin non contesté.
    Et c’est là que je me pose des questions. Nos élections sont-elles vraiment efficaces ? Disons que selon les règles en vigueur on peut dire qu’elles sont démocratiques mais, en fait, elles ne reposent sur aucune vraie majorité. Clairement elles ne désignent pas le ou les candidats qui conviennent le mieux à la situation. Pourquoi ? Pourquoi, eh bien le diagnostic est assez simple : la notion de majorité politique ne veut plus rien dire.  C’est un concept dépassé. Historiquement on est parti des règles de l’unanimité pour aller à celle de majorité, et nous entrons maintenant dans celle de pluralité.
    Certes la majorité a eu un sens quand il s’agissait de priver de pouvoir une petite caste qui avait contre elle tout le monde, mais qui gardait ce pouvoir parce qu’elle était la seule à voter, comme c’est d’ailleurs encore le cas aujourd’hui dans les conseils d’administration. Le scrutin majoritaire est celui du nombre, celui de ceux qui ont une cause commune contre une minorité. Il n’est pas besoin de grande démonstration pour se rendre compte que cette notion de cause commune a volé en éclats. La société s’est segmentée, divisée en des dizaines de causes communes et ces divers groupes n’ont pas de dénominateur commun. Clairement, la lutte des classes a fait long feu. On voit aujourd’hui apparaitre le groupe de la cause animale. Nouveau venu qui va encore éparpiller les opinions. Avec qui pourrait-il bien s’entendre ? 30 % des animalistes sont pour la peine de mort, 20 % contre le CETA et le reste à l’avenant. Cette segmentation amène une nouvelle donne sur le tapis vert du fonctionnement de nos sociétés avec plusieurs conséquences.
    D’une part, la classe politique a trouvé là un nouvel élan, se ruant sur la chasse à l’électeur en tenant des discours de bête propagande populiste, le but étant uniquement d’être élu puisqu’une fois élu aucune majorité ne peut se manifester pour les contester. Pour obtenir cette situation, ils ont modifié les institutions pour créer des majorités artificielles. Majorité artificielle à la française avec l’élection présidentielle et le scrutin majoritaire à deux tours, majorité artificielle à l’allemande avec des coalitions alliance de la carpe et du lapin, majorité artificielle à l’américaine avec le bipartisme, c’est-à-dire l’accaparement du pouvoir par la caste financière.
    D’autre part, la classe politique adore le concept de majorité et ne veut pas s’en passer, parce que c’est la seule possibilité de passer par dessus les lois et les institutions par le mécanisme du pouvoir sans partage qui élimine toutes les autres tendances. Ce qui revient, comme on l’a déjà dit, à ne pas fonctionner en démocratie.
    Enfin les divers segments de la population ne cherchent plus aucune communication, compromis ou échange. Chacun milite pour son camp et exige que son opinion soit prise en compte sans la moindre adaptation, comme si c’était la seule qui comptait.
    Et le résultat est que nous sommes chapeautés par des petites minorités qui font ce qu’elles veulent, parce qu’elles sont basées sur des majorités politique artificielles. Ce qui fait que personne n’est content des gouvernants, mais ils n’ont de compte à rendre à personne. En tous cas, pas à nous.
    Bien sûr il y a des solutions pour entrer dans l’ère de la post-majorité : je vous en ai déjà parlé et je vous en reparlerai prochainement.
    Michel Costadau
  • Moustique

    Moustique

    Quand on dit que « l’enfer est pavé de bonnes intentions » on reste sur une version assez naïve qui innocente un peu le fauteur. Mais quand la bonne intention est délibérément et intentionnellement un acte malfaisant, je crois qu’on pourrait transformer le dicton en « n’hésitez pas à utiliser les bonnes intentions comme camouflage des mauvaises actions » .
    Je vais vous expliquer ça par rapport aux zones humides et aux moustiques. Depuis quelques années, les pouvoirs publics, et on sait qui c’est, ont accepté de satisfaire la demande de la population pour éradiquer en début de saison les larves de moustique et de quelques autres insectes volants. Cela permettait de séjourner en ville et en vacances avec les fenêtres ouvertes, ou avec une simple moustiquaire.  Alors  bien sûr cette éradication utilise des produits insecticides dont la nocivité est à la mesure de l’efficacité.
    Les choses auraient pu en rester là, mais quand même ces produits nocifs restaient en travers de la gorge de quelques uns. Et voilà qu’arrive un deal magique : au non de la santé publique nous, pouvoirs publics, allons arrêter d’éradiquer les moustiques afin que la population supporte moins de produits nocifs et….. que ces charmants insectes puissent se développer en liberté.
    Le coup est pour eux gagnant-gagnant, d’abord ils font des économies, sans pour autant diminuer les impôts bien sûr, et ensuite ils repeignent leur blason en vert, c’est-à-dire en propre.
    Mais en fait le coup est pour nous perdant-perdant. Eh oui, parce que la conséquence de l’attitude des pouvoirs publics c’est……qu’il y a beaucoup de moustiques. Et comme il y a des moustiques, la population cherche à se défendre et achète à-tout-va des insecticides dont, on l’a déjà dit, la nocivité est à la mesure de l’efficacité. Et cette fois ce n’est plus seulement la zone de ponte qui reçoit des insecticides mais chaque habitation, c’est-à-dire la ville entière. Qui plus est, en cherchant à se protéger la population achète, c’est dire dépense, c’est-à-dire consomme, en étant une proie facile pour les marchands, et fait monter le PIB. Ouaouh. Nous voilà donc avec une mesure pleine de soi-disant bonnes intentions :  protéger la nature, et qui vire discrètement et directement  à la pollution et à la surconsommation. Bingo.

    Michel Costadau