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  • Collusion

    Collusion

    Bien entendu je n’ai pas la télé et je ne la regarde pas, mais par contre je regarde des films en vidéos, pas toujours jusqu’à la fin mais ça peut arriver quand même. Dans le tas il y a pas mal de policiers. Et j’ai remarqué, comme vous bien sûr, que le monde des polices et le monde des mafias en fait se connaissent très bien. D’abord pour découvrir, identifier, surveiller les agissements des uns et des autres mais aussi pour mesurer forces et faiblesses des hommes eux-mêmes. Je ne me souviens pas d’avoir vu le gangster et le policier amoureux de la même personne, mais c’est tout à fait possible. Cette proximité s’explique aisément par la nécessité de connaître son adversaire. Sachant bien sûr que les gangs ont, en plus de la police, à se connaître entre eux, puisqu’aussi bien ils sont souvent ennemis. Or donc tous ces gens là se connaissent bien et l’histoire pourrait s’arrêter là, parce qu’il est établi que le chasseur sait tout sur son gibier et réciproquement.

    Seulement il y a des situations disons délicates, par exemple quand la police et un gang font, volontairement ou pas, action commune pour faire tomber un ennemi de l’un et de l’autre. Cette convergence demande une grande connivence entre les dites parties et même une entente basée sur la proximité évoquée plus haut. 

    Alors cette proximité m’interroge beaucoup, bien sûr dans le domaine policier, mais surtout dans le domaine financier et politique. C’est la notion de collusion qui est en jeu. Collusion n’est pas corruption mais c’est du même genre, ou tout au moins le premier pas.

    En fait c’est surtout le domaine financier que je veux évoquer. Et par exemple je me suis demandé pourquoi les SCOP, cette forme d’entreprise non capitalistique, n’avaient qu’un succès très limité et en général de courte durée. Cette création ou reprise d’une entreprise par ses salariés a pourtant des vertus rares et attractives. Pas de dictat des actionnaires que sont aussi les salariés, pas de  spéculation des financiers, des relations égalitaires genre un homme une voix et une responsabilité partagée. Rien que du bon en fait. Et pourtant ça a du mal à attirer et du mal à durer. Pourquoi ? Aïe Aïe Aïe.

    En fait il est assez simple de constater qu’il s’agit d’un manque de collusion. Clairement, les SCOP ont un fonctionnement basé sur le tissu relationnel d’une équipe. Ce n’est pas une question de gens qui s’aiment bien, qui se sont embauchés les uns les autres, non c’est simplement une histoire de choix, le choix d’une équipe de faire fonctionner ensemble une entreprise. Cette équipe a en fait un fonctionnement interne fort mais par nature elle est peu reliée au monde capitaliste, en particulier dans le domaine de la finance. Bien sûr elle a des relations avec les acteurs : banque, pouvoir public, marché, mais ces relations relèvent plus du mode client-fournisseur que du mode main dans la main et discrète amitié. Une chose est de bien connaître son banquier et de déjeuner avec lui, une chose est de faire partie de « la famille » du banquier, genre intérêts croisés ou benoitement parrain du garçon ou de la fille. Idem pour intéresser les investisseurs : une SCOP c’est presque rebutant car non seulement ça ne maximise pas le rendement des placements mais ça recherche plutôt un fonctionnement global harmonieux ou presque. Et puis ces gens qui donnent leur avis sur un peu tout et même que l’on consulte fréquemment ça ne permet pas de faire des affaires entre soi. Eh oui les affaires se traitent en famille.

    Mais nous, nous ne faisons pas partie de la famille.

    Michel Costadau

  • Le camp du vainqueur

    Le camp du vainqueur

    Longtemps, mais alors vraiment longtemps, c’est-à-dire depuis plus de trente ans, je me suis demandé comment à la fin de la guerre les Français avaient pu passer en quelques mois de collabos à résistants. C’était pour moi un total mystère.

    On avait deux époques tranchées au couteau. La période pendant, où Pétain n’avait que des soutiens et était accueilli partout en France à bras ouverts. Et puis on avait la période après, où il n’y avait que des résistants et où personne n’était encore ou même n’avait jamais été pour le régime de Vichy. Le problème, c’est que ces deux périodes n’avaient pas vingt ans d’écart mais s’enchaînaient directement l’une à l’autre.

    Cela me surprenait et je n’y comprenais rien.

    Clairement, la France a fonctionné pendant plusieurs années avec un régime qui depuis a été qualifié de fasciste. Mais à cette époque-là c’était un régime normal, un régime normal d’occupation. Il y avait les services publics, l’école, les fêtes de village, les gendarmes, l’entretien des routes et mêmes des élections locales. Et donc des élus, mais aussi des préfets et des fonctionnaires. Le tout bien sûr sous domination militaire allemande, mais apparemment ça ne gênait pas grand monde. Certains se sont même bien enrichis. Et tout marchait très bien.

    Tout aussi clairement, De Gaulle a été accueilli comme un libérateur et c’était à qui lui ferait le plus de courbettes. D’un seul coup le pays n’a compté que des résistants, intrépides, courageux, nombreux et déterminés. Bien sûr il a fallu trouver quelques brebis galeuses pour défouler la vindicte populaire, mais c’était vraiment l’exception pour confirmer la règle. Tous les collabos étaient devenus des résistants.

    Pour ceux qui auraient le sentiment que j’exagère je crois, au contraire, que je suis en dessous de la vérité.

    Alors, alors, alors j’ai enfin trouvé quel était le ferment de cette alchimie et ça s’appelle le syndrome du camp du vainqueur. En d’autres termes, la population, on dit aussi le peuple, n’a pas de valeurs, de croyances ni de moralité. Le peuple n’a pas le sens inné de ce qui est bon pour lui, le peuple n’a qu’un seul comportement : être toujours du coté des vainqueurs.

    Et si nous revenons à la dernière guerre, les actions barbares de purification ethnique qui ont eut lieu, n’ont été possible qu’à cause du respect par la population du camp du vainqueur. Quand la victoire a changé de camp, le peuple a lui aussi changé de camp. C’est comme ça.

    D’une manière plus large, voilà que ça explique aussi pourquoi il y a eu beaucoup et il y a encore des guerres, eh oui les guerres ça sert à ce qu’il y ait un vainqueur. Et le vainqueur par un coup de baguette magique obtient l’adoration des vaincus et leur servitude. Nos peuples sont des peuples de vaincus qui encensent leurs vainqueurs. En plus, le peuple, mais je préfère quand même dire la population, n’est pas fidèle et même plutôt versatile. Dès que le vent tourne, la population aussi.

    Nous avons la même situation avec notre pauvre élection présidentielle. La population était prête à infliger une déculottée à Hollande et, magiquement, elle encense son successeur. Cherchez l’erreur. Pourquoi ?  parce que ce successeur a été désigné dès le début comme le gagnant. C’est exactement le syndrome du camp du vainqueur. Et on entend déjà la même musique pour les législatives alors qu’il est, encore, impossible de prévoir combien il y aura de triangulaires voire de quadrangulaires et ce qui en sortira.

    Je n’ai pas encore réfléchi à comment contrecarrer ou au moins commencer à lutter contre ce syndrome, mais ce qui est sûr c’est qu’il y a du boulot.

    A vrai dire j’ai déjà commencé à résister, oui, et c’est en n’ayant pas la télé et tout ce qui va avec, car elle ne vante que les mérites du vainqueur. Cela je l’ai toujours senti mais je ne savais pas que c’était une question de survie. Oui parce que le syndrome du vainqueur ne demande pas obligatoirement une guerre. De nos jours, il suffit que le vainqueur soit construit, introduit, validé puis intronisé par les médias. Les médias sont l’arme moderne, plus besoin de chars, les infos suffisent et rendent les élections caduques car le peuple choisira toujours le vainqueur et pas son propre bien. Même si le vainqueur est complètement fabriqué artificiellement, le peuple le choisira, il a toujours fait comme ça.

    Mais une autre réflexion doit aussi être menée : notre régime actuel a-t-il des comportements barbares comparables à ceux de Vichy ? Et la réponses est oui. Les massacres de migrants, les guerres pétrolières, l’exploitation des enfants, les produits frelatés sont notre quotidien. Nous sommes bel et bien au courant, mais c’est la politique que pratique le vainqueur, car aujourd’hui le vainqueur est mondial alors nous ne disons rien, nous ne faisons rien. Et le vainqueur continue ses actions barbares parce que comme toujours nous respectons le vainqueur. Et tristement nous attendons le prochain. Anne ma sœur Anne ne vois tu rien venir ?

    Michel Costadau

  • Gelée noire

    Gelée noire

    Il est clair que le principal événement de ces dernières semaines a été ces trois jours de gelée matinale qui ont fait des dégâts qu’on n’avait pas connus depuis longtemps. Pour les viticulteurs, arboriculteurs, pépiniéristes, maraîchers, c’est une perte sèche de leurs revenus qui se profile. Personnellement, en tant que céréalier, il n’y a, touchons du bois, aucune incidence. Blé et orge n’ont rien ressenti, les pois chiches et les féveroles non plus. Le tournesol était semé mais pas encore né et le soja pas encore semé. Par contre, autour de la maison ce n’est pas pareil. Les figuiers n’ont plus de feuilles, les noyers non plus. Même les jeunes acacias ont flambé et certaines pointes d’asperges ont roussi. Au verger, les cerises sont noires, les pommiers n’ont plus aucun fruit et idem pour les pruniers. Seuls les poiriers semblent avoir bien supporté et le cognassier a encore quelques fruits.

    Mais restons sur les viticulteurs, bon alors c’est allo maman bobo : envoyez les aides.

    Eh oui on a déjà eu l’impôt sécheresse, les calamités naturelles pour les inondations et des milliers de plans d’aide pour le cochon, le canard, le blé ou la grêle. Alors pourquoi pas le gel.

    Cette attitude me gêne un peu, parce que quand on ferme une entreprise et ses usines, et ça doit être autour d’une par jour en ce moment, certes on donne quelque chose aux salariés, mais les actionnaires perdent tout : actions, pouvoir, voire même un peu d’argent. Alors, sans la moindre ambigüité, il est absolument impossible de pleurer sur le sort des actionnaires. Rien ne les a obligés à investir leurs euros dans des projets. Et d’ailleurs, dans la majorité des cas ils font le jackpot, ce qui leur permet de continuer. Ce n’est bien sûr pas le cas des salariés dont la dépendance au marché du travail est totale, marché créé par ces mêmes actionnaires. Et les viticulteurs, comme tous les agriculteurs – on n’ose plus dire paysans – sont des actionnaires, souvent le seul et souvent même pas en société, mais ça ne change rien à leur statut. 

    Bien sûr, il y aussi l’assurance comme solution. Ce système a l’avantage d’être au cas par cas, contrairement aux aides qui sont générales, mais c’est onéreux et il y a une franchise. C’est d’ailleurs une des orientations de la PAC de faire de l’assurantiel, mais pas encore en vigueur. Seulement les assurances c’est le contraire d’une aide : c’est une charge, qui va donc se répercuter sur les prix.

    Techniquement, contre le gel il y a aussi des systèmes de protection, en particulier pour les vergers. Pourquoi pas pour les vignes. Je ne crois pas qu’il y ait de contre-indications. Dans ce cas là une aide a ses vertus pour inciter à s’équiper. L’Europe, hors PAC, aime bien ce genre de concept d’aider les gens à investir parce que ça fait marcher le commerce.

    Mais il y aussi une autre solution toute simple : ne rien faire. Cette idée me plaît assez, d’une part parce qu’il semble difficile de s’engager dans le cercle vicieux de protéger l’agriculture de tous les aléas et d’autre part parce que, qu’on le prenne par n’importe quel bout, c’est toujours le consommateur qui paye les aides. En plus, ne rien faire a comme vertu d’obliger les gens concernés à se défendre, voire à s’auto-organiser. Vous allez me dire que c’est ce genre de regroupement professionnel qui a conduit aux aides que nous connaissons. C’est vrai parce que ça a été porté au plan national et instrumentalisé par les politiques. En fait moi je pense plutôt à des actions purement de terrain concernant des gens qui se connaissent et ça existe déjà un peu, comme une solidarité locale. Parce que là où les gens s’entendent, les intempéries et les politiciens n’ont plus aucun pouvoir. Seulement, vous le savez, tout le travail des politiques consiste justement à ce que les gens ne s’entendent pas, à commencer par eux, car le compromis c’est-à-dire l’intérêt général n’est plus ou pas encore dans leurs gènes. Est-ce qu’on pourrait penser à changer ça ? 

     

    Michel Costadau

  • Rien

    Rien

    Ce soir, lorsque la farce sera terminée, que le rideau sera tombé, tous les spectateurs rentreront chez eux pour s’apercevoir que rien n’a changé. Enfin rien c’est-à-dire seulement le nom du président. C’est comme le plat du jour : on a l’impression que ça change mais ce sont toujours les mêmes qui reviennent. Semaine prochaine même réveil, mêmes voitures, mêmes bruits des voisins. Demain même école, même bus, même jardin, même sécheresse. Et même impuissance. Ce n’est pas en montant un grand barnum tous les 5 ans que le sentiment démocratique peut se développer et se maintenir.

    Rien n’a changé parce que c’est le but de la manœuvre. Il faut à tout prix éviter un retour à la démocratie parce que ceux qui pillent la planète et nous enferment dans la prison médiatique n’ont pas envie de s’arrêter, ni de se remettre en cause, ni de laisser un peu de pouvoir. Ni-ni rien.

    Mais quand même si, un tout petit quelque chose a changé : un petit nombre de personne de plus ont pris conscience que ce n’est pas le choix d’un président qui permettra le retour à la citoyenneté.

    Non, la réforme des institutions, la fin du système présidentiel, le rétablissement d’une démocratie parlementaire pluraliste ne peuvent pas être obtenus par le choix d’un nom. C’est cela que quelques citoyens de plus ont compris. Ce nombre est petit mais un peu plus grand qu’avant. Ce n’est pas grand chose mais c’est un ferment, une levure qui va pouvoir pousser, qui va irriguer la population, par l’éducation, l’explication, la résistance.

    Bien sûr nous ne sommes pas dans le domaine des sciences exactes, nous somme dans l’humain, dans le sentiment, dans le malléable. Et l’ennemi est puissant parce qu’il est aussi un peu en nous. Il n’y a pas de frontière à la pensée, à la conscience, il y a un grand patchwork où nous nous tenons les uns les autres par un lien parfois fort comme un arbre et parfois faible comme une tige de roseau. Mais ce lien par les opinions est la seule arme que nous pouvons déployer. C’est notre lien, c’est notre arme.

    Lent mais irréversible, étape après étape, le mouvement de prise de conscience se développe dans le monde et aussi dans notre pays. Ce n’est pas une ligne droite mais une succession de  hauts et de bas dont le sens général est quand même ascendant. Un haut avec Iglésias et un bas avec Trump, un haut avec Lula et un bas avec Sissi, Un haut avec Mélenchon et un bas avec Macron.

    En fait, la photo n’est pas en noir et blanc : démocratie ou pas. Elle est en couleur, car nous avons encore quelques institutions, encore quelques bribes de représentation populaire. Alors la question c’est plutôt : voyons-nous dans la démocratie qui nous reste  un rempart contre les excès du pouvoir, d’un pouvoir qui pourrait être  Le Pen ou Fillon, où n’avons nous plus confiance du tout et avons-nous surtout peur de ne pouvoir résister à des hypothétiques déferlements de haines et de vengeances.

    Seulement si nous avons peur ça veut dire que nous sommes déjà au-delà de la démocratie, mais alors pourquoi voter.

    Ceux qui veulent briser notre confiance dans nos lois et dans nos résistances et veulent nous culpabiliser parce que nous ne votons pas, sont les fossoyeurs de notre démocratie, en sursis certes, mais encore démocratie. Vraiment le sens même du vote a été travesti. Normalement le vote est là pour indiquer ce que nous ne voulons plus, ce que nous voulons changer dans notre situation actuelle. C’est pour cela que les citoyens ont conquis le droit de s’exprimer. Mais aujourd’hui le vote a été transformé en ce dont nous avons peur pour le futur. Comment, eh bien tout simplement grâce à la création d’un repoussoir avec un niveau de nuisance imaginaire entretenu par les médias.  

    Nous disons clairement que cette élection présidentielle avec deux candidats pour le second tour – pourquoi pas trois, posez-vous la question ?- n’est pas démocratique. Y participer c’est aller contre la reconquête de notre propre pouvoir.

    Et vouloir nous obliger à voter en caricaturant le danger que  représente l’un des candidats est irresponsable. Non Le Pen n’est pas plus dangereuse que Fillon, que Sarkozy ou Hollande. Les charters de la honte existent depuis de longues années.  Les victimes du trafic méditerranéen de migrants se chiffrent en dizaines de milliers, peut-être en centaines. Les centres de rétention, le contrôle au faciès, les cités, les expulsions de Roms, ce n’est pas demain, c’est notre quotidien. Acceptons-nous huit détenus dans des cellules faites pour trois ? Oui ou non. Si nous l’acceptons alors oui la démocratie est balayée car ce sont des conditions inhumaines. Si nous acceptons cela c’est que nous n’avons pas le courage de dire : c’est une situation actuelle inadmissible et je ne l’accepte pas. Ce n’est pas le futur, c’est le présent. Alors je dis que ceux qui veulent que cela continue, c’est-à-dire que rien ne change sont le vrai danger. Vouloir leur laisser le pouvoir est indigne. Quand les élections, socle de la démocratie, sont truquée pour que rien ne change, quand notre vie politique est un simulacre de démocratie, voter c’est rajouter un neuvième détenu dans la cellule.

    Michel Costadau

  • Deuil

    Deuil

    Cette semaine je ne devrais pas publier de billet car nous sommes en deuil de la démocratie. Les riches ont réussi à imposer leur candidat à la présidentielle. Alors nous pleurons, c’est tout ce que nous pouvons faire. Et d’autres rêvent.

    Mais avant de rêver, atterrissons. Retrouvons la bonne vieille réalité. Eh oui à ma grande honte, je dois constater qu’il y a beaucoup de gens qui sont pour la domination de la finance. Des moins jeunes et des jeunes, veste et col de chemise ouvert, chaussure à bout pointu, pantalon serré du haut en bas, un peu moins en haut pour les moins jeunes, pas rasés de la semaine, modernes, téléphone à la main, accros aux réseaux sociaux. Je les voyais, je les côtoyais, mais en fait je pensais que leur plaisir c’était d’échanger des photos, de se retrouver sur les plages et de faire le sacro-saint bbq au bord de la piscine. Mais voilà-t-il pas qu’ils se sont réveillés comme s’ils avaient des idées et qu’ils se sont reconnus ou retrouvés dans le chantre de la technocratie. Mauvais rêve !

    Bien sûr j’avais été alerté. Vous vous souvenez de cette fameuse manif pour Charlie hebdo. Seulement à ce moment-là ils étaient partagés et mélangés, ils ne se connaissaient pas. Mélangés avec la droite classique, xénophobe et bien pensante, mélangés aussi avec les militants progressistes. Mais maintenant le tri est fait. La droite s’est reconnue dans Fillon, la gauche dans Mélenchon et les chaussures pointues dans Macron. Ca ressemble à une mode, vous savez, en ce moment c’est la mode élites éclairées. Combien de temps dure une mode. Ben, jamais très longtemps.

    Certes cette analyse est un peu rapide car, même à la campagne, il s’est voté pour le candidat des médias, mais le fait est là et, à vrai dire, les souliers pointus ne sont qu’une partie des votants de la finance car il y a eu du mélange partout dans cette élection. Bien sûr Mélenchon a récupéré le PS et  Macron a récupéré la droite sans pourtant faire un gros score. Mais à force de mélanger religions, économie et chômage, personne n’y comprend plus rien et c’est du siphonnage à tuyau bouché ou troué. En tous cas ça ne fait pas une belle musique.

    Réalité aussi la confirmation que PS et LR sont bien un seul et même parti et la même classe politique. Ils ont effectivement le même candidat, le même Front républicain dont on ne sait plus s’il est contre Le Pen ou pour les riches et, bien sûr, le même programme.

    Réalité encore le déchainement médiatique contre Mélenchon. A mon humble avis sa position est extrêmement claire et je ne vois pas pourquoi on l’accuse d’imprécision. Bien évidemment il ne veut pas de la finance et ça fait longtemps qu’il ne veut pas de Le Pen. Alors c’est vote blanc ou abstention pour les courageux, le tout sans ambiguïté. Mais les médias n’aiment pas ceux qui sont courageux et disent les choses.

    Dure réalité aussi pour nos clowns habituels Bové, Ruffin, Bendit ou notre ringard PC : eh oui ça sent l’écurie, tous pour la finance et Dieu reconnaitra les siens.

    Mais en attendant on pleure.

    Michel Costadau

  • Qual/Quant

    Qual/Quant

    Toujours agile, je rebondis sur l’annonce de Lagardère de prendre les  rênes d’Europe1. C’est à dire de s’en occuper en direct, personnellement et avec vigueur. C’est, en général, une attitude à la mode de la part de ceux qui ont la faveur des médias. Quand quelque chose ne va pas, nos divers dirigeants entonnent le refrain : attention je vais m’en occuper directement et on va voir ce que l’on va voir. Cette posture de matamore est symptomatique des gens dont les médias disent qu’ils ont du pouvoir et dont les exhortations, déclarations et autres sautes d’humeur font la une de ces mêmes médias.

    On vient de le voir récemment avec Trump, dont le programme tient en quatre mots : je vais m’en occuper personnellement. On ne sait absolument pas pour faire quoi, ni dans quel sens, ni avec qui, ni contre qui. L’important c’est que ce soit lui qui s’en occupe. C’est exactement le schéma de la relation amoureuse qui est splendidement aveugle. « Nobody’s perfect » répondait Joe Brown au fait que son béguin n’était pas une femme mais un homme.

    Et hélas, notre pauvre élection présidentielle n’échappe pas à ce délire. Ce n’est pas le programme qui compte c’est celui que l’on aime. On aime, on défend, on se bat pour LE candidat. Avec un tel mode de fonctionnement, pas étonnant que personne ne soit content du résultat et que les programmes soient n’importe quoi.

    En fait, c’est la classique dialectique qualitatif/quantitatif. Le qualitatif c’est « like » et du coup le quantitatif n’a plus aucune importance. Les candidats peuvent dire ce qu’ils veulent, ce qui compte c’est que ce soit eux qui l’aient dit et du coup les gens deviennent pour ce qu’il a dit, sans réfléchir que, dans la bouche d’un autre, ils seraient contre.

    C’est pour ça que les programmes comportent si peu de chiffres, de vrais chiffres je veux dire, de choses concrètes, qui nous seraient utiles, ou au moins à un grand nombre. Non tout est en pointillés, en esquisse, en possible, en devenir, mais sans aucune certitude que ça voit le jour.

    On pourrait appeler ça de l’hypnose collective, en tous cas moi je l’appelle comme ça.

    Bon dimanche.

     

     Michel Costadau

  • Salada mista

    Salada mista

    C’est vrai que j’ai peu suivi cette campagne, ni écouté le moindre candidat, mais quand même une chose que j’ai retenue c’est qu’il était question de revenu universel. En plus, depuis qu’on en parle, j’ai le sentiment que ce revenu de base a quelque chose à voir avec le plein emploi. En effet certains considèrent que la fin du chômage est devenue une galéjade et qu’il faut donc passer à un modèle non plus basé sur le travail mais sur le chômage. D’où l’idée du revenu de base. Mais ça me laisse franchement perplexe.

    Le premier problème c’est que du plein emploi, i.e. des taux de chômage de moins de 5 % on en trouve et même dans des pays qui comptent un peu, à savoir par exemple les US et l’Allemagne. Bien sût il faut discuter de comment ces taux sont obtenus. En Allemagne il semble que ce soit au prix d’une augmentation de la précarité et aux US par une augmentation des personnes qui ne cherchent plus de travail. Quoi qu’il en soit, il semble que chez nous plus personne ne croit que le chômage puisse descendre en dessous de 5 %, même avec des méthodes statistiques élaborées. Il faudrait donc savoir clairement si les politiques à venir visent le plein emploi ou le revenu de base. Et de ce côté-là il me semble que c’est le grand flou.

    Le second problème c’est de savoir ce que va remplacer le revenu universel. Ce revenu qui devrait être théoriquement une allocation unique à vie d’un montant forfaitaire égal pour tous les individus, va-t-il s’ajouter à ce que certains perçoivent déjà, ou au contraire supprimer tout ou partie des  allocations existantes. Par exemple, allocations familiales, RSA, APA, APL, handicap, retraites, allocation chômage, PAC, bourses, congés maternités, cures thermales et tant d’autres. Sans être devin je parierais bien volontiers que le revenu universel, s’il voit le jour, va être à la française i.e. s’ajouter aux aides existantes mais sous condition et avec un montant variable, c’est-à-dire le contraire du revenu universel. Mais on n’en est pas encore là. 

    Le troisième problème c’est de voir quels seraient les effets secondaires d’une telle mesure. Celui qui vient à l’esprit en premier c’est le développement du travail au noir. En effet, cumuler a toujours été la pratique favorite des Français. La sécu d’un coté et le coup de main rémunéré en liquide de l’autre. Un autre aspect évident c’est l’exclusion des étrangers qui n’y auront pas droit mais c’est vrai qu’eux ils travaillent. Enfin un retour de la femme au foyer se dessine derrière ce projet pour les ramener à élever les enfants et se voir entre copines. Le pied quoi, enfin ça se discute. Il me semble donc que cette idée est bien symbolique de toute la campagne électorale, c’est-à-dire des propos en l’air tenu par des gens qui n’ont aucun moyen de les appliquer. Du vent quoi.

     

    Cependant, comme il s’agit du dernier billet avant le premier tour, je dois aussi essayer de faire des pronostics. Aïe ! Mon souhait évidemment c’est que l’abstention gagne. Le non-vote au sens large, c’est-à-dire bien sûr non-vote, blanc et nul mais aussi toutes les voix des petits candidats, car clairement celui qui vote pour un candidat qui n’a aucune chance et qui le sait, fait un superbe non-vote. En gros j’appelle petits candidats ceux qui n’ont strictement aucune chance d’être au second tour. Si tout ce petit monde pouvait faire la moitié des électeurs ce serait formidable et porteur d’avenir. Sinon on fera avec.

    Maintenant, moment délicat, je dois faire une prévision. Alors avec beaucoup de précautions je dirai que je verrais bien un second tour Le Pen Fillon, mais on peut se tromper. Bonne semaine.

     

    Michel Costadau

  • Moutons

    Moutons

    Un ami me disait hier qu’en Chine, sur un chantier mené par des Européens, on constatait des pratiques assez extrêmes. D’une part, un mépris des règles de sécurité sur les matériels, pelle mécanique roulant sur des câbles électriques ou eau de vidange des bétonnières retournant dans la nappe. D’autre part, l’arrivée un beau matin de 2000 ouvrières pour faire en quelques jours le nettoyage du site. Les premières pratiques sont classiques et encore bien trop souvent en usage chez nous, pour des raisons de manque d’information, mais les secondes pratiques sont pour nous inimaginables. On voit mal les employés d’une usine d’automobile débarquer d’un seul coup sur un site de construction de route pour planter en trois jours 5 km de haies. En France, je veux dire.

    Ce coup de main n’est pas possible chez nous car, en fait, personne n’en aurait seulement l’idée. Sauf que je me demande si, avec le revenu universel, version Suisse je veux dire à 1500€/mois, ça ne deviendrait pas possible, mais il ne faut pas confondre revenu universel et planification centralisée. Bon, la seule entité qui joue de temps en temps un rôle de main-d’œuvre publique c’est l’armée, mais, à part trois pelés dans les aéroports et les gares, ça fait bien longtemps qu’elle a disparu de nos écrans locaux pour aller s’exiler dans le reste du monde. La dernière fois que l’armée a rendu service, c’était il y a longtemps pour emmener, avec ses camions, de la paille en Aveyron frappé par la sécheresse.

    Bref la question c’est de savoir pourquoi nous n’avons même plus l’idée de la mobilisation populaire pour des travaux d’intérêt général. Quand il y a un besoin, nous préférons faire appel à des organismes prévus pour ça, plutôt que de compter sur les citoyens. Il ne viendrait même pas à l’esprit d’un préfet de demander à la population de se mobiliser, par exemple, pour construire une digue contre les inondations. Et quand il y a une catastrophe, seuls les organismes estampillés sont autorisés à agir. 

    Alors certains diront que c’est le propre des sociétés dites développées d’avoir tout un tas de services plus ou moins publics d’assistance et de sécurité. Eh bien moi je ne dis pas ça, je dis qu’il y a sur notre planète divers modèles de société. Dans notre exemple, nous devons comparer des ouvrières propriété de l’Etat en Chine avec en France des ouvrières propriété de l’entreprise, c’est-à-dire des actionnaires. Y a-t-il un modèle meilleur que l’autre, ça se discute. En continuant notre réflexion, nous pouvons nous demander si les fonctionnaires sont propriété de l’Etat. La réponse est théoriquement oui et l’Etat français pourrait mobiliser tous les employés des impôts pour donner un coup de main, par exemple, dans des écoles ou des collèges. Mais, comme on l’a dit, c’est inimaginable. Attention je ne dis pas que les ouvrières chinoises ont un sens du collectif très développé, car il y a certainement un membre de l’appareil d’Etat qui leur a dit de se rendre sur le chantier, mais le fait est qu’elles ont rendu service et surtout qu’elles se sont retrouvées ensemble en foule à faire un travail de service public. Chez nous, les occasions de foule ne manquent pas : supermarchés, manifs, stades, mais aucune ne représente une démarche collective au service de la société. Je ne dis pas que c’est dommage, je dis que nous devons prendre conscience que notre modèle de civilisation produit des individus sans aucun apport collectif au fonctionnement de la société. Des moutons quoi, mais qui se plaignent d’être mangés. Cherchez l’erreur. Heureusement que les moutons ne votent pas.

    Michel Costadau

  • Pluralité

    Pluralité

    C’est la pagaille. La campagne actuelle ne se déroule pas normalement. A savoir que les sortants sont sortis, que les primaires n’ont servi à rien, que c’est une bataille de seconds couteaux pour le deuxième tour, et que personne ne parle de ce que les Français attendent, qui est tout simplement de mieux vivre, c’est-à-dire sans attentats, sans chômage et sans guerres. J’ajoute, parce que même si personne ne les défend, tout le monde y tient énormément, des services publics qui marchent.

    Mais, pour moi, cette situation est tout à fait normale. Ce qui se passe c’est uniquement la résolution de l’équation française : en France les gens ont des opinions différentes. Pas croyable. Bingo ! Euh il est temps de s’en rendre compte. La soi- disant élection présidentielle, clé de voute de notre république est un miroir aux alouettes où viennent se briser les projets politiques. Eh oui, il n’y a pas un point de vue unique, il y en a une bonne dizaine. Et le fait qu’ils existent est franchement rassurant.

    Du coup il est clair que chaque candidat est porteur d’une partie de notre stock d’opinions. Alors en élire un et un seul consiste tout simplement à éliminer 9 manières de voir les choses sur 10. Or notre richesse c’est cette diversité, ces différences, ce qui veut dire clairement que les régimes présidentiels sont des dictatures. Seuls, peut-être, les régimes parlementaires peuvent rendre compte de cette pluralité. Maintenant regardons ce que nous avons dans notre banque d’opinions en balayant symboliquement le paysage de gauche à droite.

    Dans le compte de Mélenchon, ce sont les utopistes qui veulent que le monde aille mieux. Ils réfléchissent pour essayer de trouver des solutions. Ils sont gentils. Ils ont bien sûr des idées de justice ou d’égalité un peu veillottes mais ils essayent d’être dans le coup, c’est-à-dire de partager les déchirements de notre société. Oublions leurs défauts et regardons ce qu’ils apportent. Leur apport c’est la solidarité, la liberté et l’évolution des institutions.

    Avec Le Pen, ce sont les irrités, les mécontents de leur sort. Ils ne réfléchissent pas, ils attendent. Ils s’engouffrent volontiers dans des solutions toutes faites, du moment qu’elles remettent en cause l’ordre établi. Cependant ils sont pour l’ordre et souhaitent que tout le monde s’entende bien mais sans savoir comment. Leur apport c’est le souci des petits, de la France d’en bas et la méfiance des élites.

    Avec Hamon, ce sont les paléo. Ils ont analysé l’histoire et croient à la révolution façon XVIIIe siècle. Ils savent comment changer les choses à condition que ce soit par le haut. Ils savent que la justice n’existe pas, mais seulement l’équilibre des forces. Volontiers sectaires ils ont besoin du rapport gauche-droite pour exister parce qu’en fait ils ne savent pas très bien où ils sont. Leur apport c’est la valorisation des différences, le respect de l’Histoire et le renforcement de l’Etat.

    Avec Valls ce sont les hommes de partis, intellectuels ou pas, mais ils veulent des structures, de l’encadrement. Ils croient aux technocrates et à leurs solutions parachutées. Ils croient que les pays peuvent s’entendre. Leur apport c’est l’entente internationale, les grands programmes et une valorisation des idées nouvelles.

    Avec Juppé, ce sont ceux qui veulent faire vivre les traditions républicaines : l’égalité a pour eux un vrai sens mais ils n’aiment pas la fraternité. Ils sont pour la séparation des pouvoir et celle de l’Etat et des religions. Ils sont plutôt riches ou aimeraient l’être. Leur apport c’est le maintien des services publics, la laïcité et l’équité.

    Avec Fillon ce sont plutôt les possédants, c’est-à-dire ceux qui possèdent quelque chose, la foi religieuse, l’argent, une femme, un patrimoine, un pays. Ils souhaitent surtout que rien ne change et sont donc défenseurs acharnés de l’ordre établi, les riches d’un côté, les pauvres de l’autre. Leur apport c’est le besoin de stabilité, la croyance dans le mérite et dans la réussite individuelle.

    Avec Macron, ce sont les aventuriers de la fuite en avant. L’avenir résoudra tous les problèmes, il n’y a qu’à laisser faire les forces en présence. Ils n’ont aucun respect pour les autres, pensant que le monde se gère depuis leur moi et il n’y a que ça qui compte. Leur apport c’est de ne pas avoir peur de l’avenir, de rompre avec les clichés et de défier l’ordre établi.

    Avec Bayrou, ce sont les intégristes, les hypocrites, défense du mariage mais maîtresse entretenue. Ils sont aussi pour l’ordre mais pas pour l’égalité. Ils prêchent la fraternité mais n’ont pas de cœur et sont prêts à mettre des bâtons dans les roues de tous les marginaux. Leur apport c’est le respect de la vie privée, les associations et les commémorations.

    Ce rapide survol permet de voir que chacun contribue à sa manière à notre pactole d’idées. Dans ces conditions, voter c’est diviser et ce n’est pas bon.

     

    Michel Costadau

  • L’affaire Macron

    L’affaire Macron

    Je crois qu’au début j’étais comme vous, complètement paumé. Mais d’où sort donc ce loustic que tous les médias encensent à qui mieux mieux. On ne peut plus ouvrir le moindre journal sans tomber sur sa photo, sur ce qu’il a dit, où il a été, ce qu’il a fait ou pas fait. Ce n’est plus la coqueluche de la télé c’est du bourrage, une espèce de pub permanente comme dans le métro.

    Et en plus j’étais très mal à l’aise parce que c’est le blackout sur ce qu’il pense, sur ce qu’il dit, sur le contenu de ses discours, à croire qu’il ne dit rien ou qu’il ne faut pas savoir ce qu’il dit. Il paraît qu’il dit je vous aime, je vous ai compris ou alors de gros bobards comme le crime contre l’humanité du colonialisme, sûrement qu’il voulait dire que le  capitalisme était un crime contre l’humanité mais peut-être qu’il s’est mal exprimé.

    De plus son look, aussi, me rend mal à l’aise. Enfantin, yeux vagues, angélique, le sourire de Carpeaux, exactement l’anti-image des grimaces de Trump et pourtant.

    Donc voilà, paumé et mal à l’aise. Mais quand même je réfléchissais, je regardais, je cherchais.

    Or il se trouve que je lis Le Monde, bien qu’avec dégoût de temps en temps. Il se trouve aussi que c’est Orange mon fournisseur d’accès. Et enfin il se trouve que je regarde Sputnik.

    Pour mémoire, Le Monde est un quotidien généraliste assez porté vers Israël, Orange c’est France Télécom, et Sputnik c’est l’agence de presse du Kremlin.

    Bien, qu’est-il sorti de tout ça ? Ce qui en est sorti je vous le donne en mille c’est Orange Bank.

    Tilt !

    Macron, ancien banquier de Rothschild & Cie, ministre de l’Economie pendant quatre mois pour faire une loi sur les banques et les professions libérales. Macron candidat des banques.

    Fallait oser, mais ils l’ont fait. L’homme sandwich des banques c’est lui. C’est le candidat des affaires, de la finance et tout s’explique.

    Tiens justement, c‘est la finance qui détient les médias. Alors les médias matraquent et en rajoutent. Macron candidat des médias.

    Tiens, le PS c’est le bon plan pour lui, non pas qu’il ait la moindre idée socialiste, mais c’est l’accaparement du centre qui l’intéresse, car comme tout extrême droitier qui se respecte il veut qu’on le croie au centre. Sauf que le centre c’est nulle part ça n’existe pas, c’est une illusion. Macron candidat du centre.

    Tiens aussi, l’engouement de pas mal de députés PS, la moitié je dirais, ben c’est une assurance-vie pour leur réélection. Ces députés-là n’en sont pas à un grand écart près. Comme ça sent le roussi du coté PS/LR ils se rangent derrière l’homme de la situation. Et ce sauveur eh bien il n’est évidemment ni de droite ni de gauche ni d’ailleurs. Il est celui qui va permettre leur réélection et ça vaut tous les sacrifices. Macron candidat des députés.

    Candidat de la finance, des banques, des médias et des députés ok, Sputnik j’ajoute et du Medef. Ca se tient. C’est vrai que personne ne parle du Medef en ce moment, ils se font tout petits mais puisqu’ils ont leur candidat, pas besoin de se montrer. Macron candidat du Medef.

    Comment cela va-t-il tourner ? Bien sûr je ne suis pas le seul à avoir démasqué cette candidature, beaucoup vont le faire et beaucoup vont s’en éloigner. Ce qui veut dire que Macron n’a aucune chance d’être élu. Alors que cherche-t-il ? La réponse est simple : il veut, ou plutôt ils veulent, un nouveau parti et avec des députés. Parce que il y a beaucoup de nouveaux partis mais ils n’ont aucun député. Alors est-ce la fin de l’hégémonie PS/LR ou une nouvelle hégémonie newPS/newLR ? On le saura bientôt.

     

    Michel Costadau